Physique réactionnaire
11 s’agit ici de Grove, physicien du premier ordre et l’un des membres les plus honorés de la Société royale de Londres. Qu’il nous suffise de dire que son livre, dont le retentissement était énorme au delà du détroit, fut traduit, peu de temps après la publication de sa troisième édition, par les savants rédacteurs du Cosmos français, commenté par M. Seguin aîné, l’un de nos physiciens les plus distingués, et présenté à l’admiration de l’Institut, sous le patronage de noms fort célèbres.
L’Institut remercia, renferma ses éloges dans des termes un peu vagues, et depuis se garda bien d’y revenir.
Quant à l’ouvrage, il avait pour titre t Corrélation des forces ■physiques.
Celui qui eût dit au baron de Humboldt, alors qu^il rédigeait ses plus belles pages sur les forces et les fluides impondérables, véritable pivot de tout son monde cosmologique, celui qui lui eût dit qu’avant dix ans peut-être la science la plus avancée en viendrait à déclarer, précisément comme nos trois auteurs chrétiens , ces mots « fluides impondérables, incompatibles entre eux , » celui-là l’eût certes bien étonné ; il l’eût étonné bien davantage encore en lui montrant la même science, ajoutant que tout ce qifon appelle ainsi, c’est-à-dire « la chaleur, la lumière, l’électricité, n’existent pas comme causes fluidiques ; , que tous ces effets sont le pur et simple résultat d’unè affection de la matière, causée par des forces qui, sans être nécessairement intelligentes, n’ont absolument rien de PHYSIQUE, et qui, toutes corrélatives entre elles, se rattachent au mouvement causé lui-même par un moteur absolument