JE NE SOULÈVE POINT DE QUESTIONS IRRITANTES
Celle-ci, ce n’est pas moi qui l'ai soulevée ; je l'ai trouvée et prise dans l'air où elle s'agite avec une persistance qui donne à réfléchir aux esprits sérieux. Question irritante, dit-on. Pourquoi irritante, si on l’envisage sans idées préconçues, sans parti pris, à la simple lumière des faits? Pourquoi irritante,
si on la pose, comme je le fais, avec la modération et les réserves nécessaires, en laissant aux autres la liberté de penser que l'on prend poursoi-même? Question irritante ! Mais qui peut-elle irriter ? À coup sûr ce ne sont pas les hommes de sens et d'expérience qui dirigent nos collèges. Ceux-là ne sauraient S'offenser de mes paroles : car ils pénètrent le sentiment qui m'inspire, ct ils savent que ee sentiment n'est pas la malveillance à leur égard ni l'hostilité aux études classiques.
En tout état de cause, s'il me faut donner un gage de plus, je le donnerai par les paroles de M. L.-O. David, que je fais miennes parce qu'elles rendent ma pensée :
“ Quelles que soient les modifications que le temps et les circonstances pourront apporter à notre système d'instruction publique, l'étude des auteurs anciens restera toujours l’un des meilleurs modes de former et d'embellir l'esprit humain, de marquer d'un cachet de supériorité indiscutable les intelligences façonnées dans le moule classique. On pourra, on devra même autant que possible introduire dans notre enseignement l'étude de la science et des classiques modernes, atin d'armer notre jeunesse pour la lutte sur les champs de bataille du commerce et de l’industrie, Mais les littératures grecque et romaine seront toujours le jardin des Hespérides, la terre promise des esprits amoureux du beau, de l'idéal, où les géné-
Et