‹ Des Exostoses Infectieuses: Recherches Cliniques et ExpérimentalesChapitre 7 sur 12 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les exostoses ont été confondues longtemps avec les lésions très diverses qui sont caractérisées par une tuméfaction localisée d’un os.

J. L. Petit appelait exostose toute tumeur qui s’élevait à la surface d’un os. Boyer et A. Cooper ne sont pas plus précis dans leur définition : les « exosloses « fonqueuses périostales » d'A. Cooper et celles de la membrane médullaire » correspondent évidemment à des sarcomes ou a des carcinomes.

Les « exosloses médullaires carlilagineuses » ne sont pas davantage des tumeurs formées de lissu osseux.

Nélaton distingue deux sortes d’'exostoses : les «exos- Loses osseuses »et les «exostoses osléo-cartilagineuses ».

Ildivise ces dernières en deux variétés, qui répondent très nettement aux exosloses ostéogéniques et aux enchondromes.

Cornil et Ranvier divisent les exostoses, d’après leur structure, en: 1° exos{oses éburnées, qui ne renferment aucun vaisseau; 2° exos{oses compactes, formées de tissu compact; 3° exosloses spongieuses, constituées par du tissu spongieux ou aréolaire.

Avant Cornil et Ranvier, on n'admettait en général que deux classes d’exostoses, les exosfoses éburnées et les exostoses spongieuses. Virchow y ajoutait les exostoses médullaires contenant de vraies cavités, remplies de tissu médullaire. Il adoptait d’ailleurs cette même division pour les ostéomes en général.

Si l’on considérait le siège des exostoses, on les divisait en : 1° exostoses épiphysaires, développées à la périphérie de l’os; 2° exostoses parenchymateuses développées dans son épaisseur; 3° exostoses situées dans l'intérieur de l'os (Cornil et Ranvier).

Dans certains cas, l’exostose épiphysaire est revêtue d’une lamelle cartilagineuse continue. Il s’agit alors d'une variété spéciale, l’exostose ostéogénique, sur laquelle nous reviendrons plus loin.

Au point de vue de la forme des exostoses, O. Weber distingue quatre variétés : 1° les exostoses en forme d’épine, qui sont surtout des ossifications des tendons et des hgaments, au niveau de leurs insertions; 2° les exostoses pédiculées, ordinairement spongieuses, avec une mince écorce compacte; 3° les exostoses à large base et cependant circonscrites; 4° les exostoses avec tendance à l’hyperostose.

Signalons ensuite les travaux de Lebert et de Roux, le livre de Gerdy, les recherches de Broca.

C'est dans la thèse de M. le D' Soulier, en 1864,

qu'on voit apparaître la notion précise des exostoses de développement.

Soulier, accordant une importance plus grande à la classification étiologique, reconnaît des exostoses symplomaliques ou inflammatoires : 1° de cause locale (traumatisme, inflammation de voisinage), 2° de cause générale (syphilis) ; et des erostoses idiopathiques, qu'il divise en deux catégories : ostéogéniques ou de développement, et aufogéniques, c’est-à-dire ne reconnaissant aucune cause précise, et dont l’accroissement serait indépendant du développement de los.

En outre, la plupart des auteurs faisaient rentrer dans le cadre des tumeurs des os, les exostoses de toute nature, englobées souvent sous le nom générique d'ostéomes.

Les progrès de l’anatomie pathologique, puis de la bactériologie, ont précisé les notions relatives aux exostoses.

« Nombre d’ostéomes ne peuvent être regardés comme des tumeurs : telles sont les exostoses ostéogéniques, les exostoses périostiques, traumatiques (ostéomedescavaliers, certaines exostoses sous-unguéales), les exostoses infectieuses (ostéomyélite et syphilis) !. »

La confusion entre les ostéomes, les exostoses ostéogéniques et les exostoses inflammatoires tient :

«19 À l'insuffisance des connaissances histologiques, qui seules permettent de reconnaître sous le microscope la nature de la production osseuse en présence de laquelle on se trouve ;

1 M. Pollosson et A. Bérard, Congrès de chirurgie 1899. (Des tumeurs des os.)

«2° À ce fait que beaucoup d’exostoses ostéogéniques vraies sont le point de départ d’ostéomes et de chondromes ;

«3° À cette particularité que beaucoup d’exostoses inflammatoires ne reconnaissent comme étiologie, ni la syphilis, n1 le rhumatisme, ni le rachitisme, et qu'on ne sait à quelle cause les rattacher.

« Lorsqu'on lit attentivement toutes les observations publiées, et lorsqu'on accorde plus d'importance à celles qui ont été l’objet d'examens histologiques ou tout au moins de descriptions macroscopiques détaillées, on arrive à la conviction qu'il existe trois variétés de néoformations osseuses confondues par les auteurs‘ :

1° Les ostéomes ; 2° Les exostoses tératologiques (exostoses de croissance) ; 30 les exosloses inflammatoires.

« La caractéristique des os{éomes est de pouvoir s’accroitrei ndéfiniment, de ne jamais se résorber, et de présenter des caractères histologiques spéciaux (ostéome à structure d'os médullaire, ostéome à structure d'os sous-périosté).

«Ce sont des tumeurs primitives des os. Le développement de ces os et leurs échanges nutritifs sont si peu liés à l’évolution de l'os sur lequel ils sont nés, que souvent on les y trouve. à peine enclavés et parfois totalement libérés de leurs premiers points d’attache. Peutêtre arrivera-t-on ultérieurement à déterminer l’origine médullaire ou périostique de ces ostéomes. »

1 Poncet, Trailé de chirurgie Duplay et Reclus. Article: Affections non traumatiques des os,

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