‹ Des ExostosesChapitre 13 sur 50 · ONE · texte numérisé non relu

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Article III. — Etiologie.

Deux faits surtout sont à signaler,d’une manière toute spéciale, dans l’étiologie des exostoses ostéogé- : niques : l’époque de leur apparition et la fréquence det'hérédité:

19 AGE. — Comme l’indiqueleur nom, les exostoses de croissance apparaissent uniquement pendant la période de développement du squelette ; dès que la soudure des épiphyses aux diaphyses est terminée, non seulement il ne s’en produit plus, mais celles qui existent, cessent de s'accroître. C’est [à un fait acquis ; toute exostose qui survientou qui continue à évoluer après la terminaison de la période de croissance, n’est pas une exostose ostéogénique.

Dans la grande majorité des cas, leur première apparition se fait entre douze et seize ans. Peut-être faut-il relier ce fait à la suractivité nutritive qui se manifeste au moment de la puberté et dont une rapide augmentation de la taille est souvent la conséquence. On a invoqué aussi l'influence des traumatismes si fréquents à cet âge; ce ne serait, en tous cas, qu'une cause étiologique de bien faible valeur et qui n’en a mème aucune, lorsqu2 les exostoses sont multiples.

Dupuytren, Hutchinson,'Rebell,etc., ont cité des cas d'exostoses ostéogéniques congénitales ; Reulos en a rapporté également un exemple remarquable. Il s'agit, là, de faits exceptionnels, à moins, toutefois, d'admettre une origine intra-utérine au bourgeonne-

nent initial du cartilage, lequel resterait à l’état latent jusqu'au moment où une circonstance favorable déterminerait son accroissement. C’est là, du reste, un des arguments que soulèvent les partisans de la théorie tératologique.

Quoiqu'il en soit, l’exostose, une fois apparue, s'accroit ordinairement peu à peu, parallèlement à l'accroissement du squelette; quelquefois, cependant, elle subit des poussées brusques, entre lesquelles son état reste stationnaire. Peut-être faut-il attribuer ces poussées à l'influence de maladies intercurrentes.

Sans entrer dans des considérations cliniques, il est nécessaire d’élucide: la question de la douleur provoqué2 par les exostoses ostéogéniques pendant le cours de leur évolution. Les avis sont partagés ; les uns, avec Soulier, Laget, Lapasset, admettent sans conteste que la douleur est insignifiante ou manque complètement : c'est un des caractères les plus saillants des exostoses ostéogéniques ; Labarthe admet une douleur au début, puis une indolence absolue. Heidenreich partage cette manière de voir. Brun incline à penser que l’exostose n'est pas douloureuse par elle-même, mais par la bourse séreuse, si fréquemment développée à son niveau.

Il n'y a rien d'absolu, mais on’peut penser que les douleurs qui se produisent au cours de l'évolution des exostoses doivent être le plus souvent consécutives aux compressions ou irritations des organes voisins.

20 HÉRÉDITÉ. — Nous aurons àdiscuter la question de certaines héréditée spéciales. Quant à l'hérédité

OO ee exostosique, sa grande fréquence est horsde doute et a, depuis longtemps, attiré l'attention des observateurs. Reinicke relate 36 cas où l’hérédité est manifeste. Sur 50 observations d’exostoses ostéogéniques multiples, prises au hasard, nous avons vu que l’existence d’exostoses, soit chez les parents, soit chez les collatéraux, était mentionnée 21 fois ; il ya, là, évidemment, autre chose qu’une simple coïncidence.

Parfois même, il y a plus que de l'hérédité; les exostoses revêtent le caractère d’une véritable maladie familiale.

L'observation suivante, choisie entre plusieurs, est un exemple remarquable d’exostoses familiales, en même temps que congénitales.

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