‹ des feesChapitre 17 sur 18 · X.SS SOUHAITS KmiGULXS · texte numérisé non relu

X.SS SOUHAITS KmiGULXS

Mais , ya tirer du yin derrière ces fagots.

A son retour , il but ; et goûtant à son aise ; Près d'un grand feu , la douceur du repos ,

n dit, en s^appuyant sur le dos de sa chaise :

Pendant que nous avons une si bonne braise ,

Qu'une aune de boudin viendrait bien à propos!.

A peine acheya-tril de prononcer ces mots ,

Que sa femme aperçut , grandement étonnée , Un boudin fort long , qui , partant D'un des coins de la cheminée , S'approchait d'elle en serpentant.

Elle fit un cri dans l'instant ; Mais , jugeant que cette aventure Avait pour cause le souhait Que , par bêtise toute pure , Son homme imprudent avait fait , Il n'est point de pouille et d'injure Que, de dépit et de courroux, EUe ne dit au pauvre époux.

Quand on peut, disait*«lle, obtenir un empire^ De l'or, des perles, des rubis , Des diamans , de beaux habits ,

Est-ce alors du boudin qu'il faïut quel'on désire?

£h bien! j'ai tort, ditril,j'ai malplaoé mon chodi» J'ai commis une faute énorme , Je ferai mieux une autre fois.

Bon, bon, diVeU^; atteud^s-inoi sous l'orme ,

344 ^KS SOVBAITt RIDICULSS.

pour faire an tel souhait il faut être him bœuf t L*époux , plus d^une fois, emporté de oolért. Pensa faire tout bas h souhait d^étre. Teuf ; £tpeut*^tre,entEC]ioiis>nepouTaitril mieux faire» Lesho]limes,disaitri],po«rsouffirirsontbiettnës* Peste soit du boudin , et du boudin encore ^

Pl^ k Dieu , maudite p^ore ,

Qu'il te pendit au bout du nés!

La prière aussit6t du ciel fut écoutée»

£t dés que le mari la parole lâcha ^

Au nez de Fépouse irritée

L^aune de boudin s'attacha.

Ce prodige impréru grandement le fâcha.

Fanchon était jolie ^ elle avait bonne grâce ; Et pour dire sans fard la vérité du fait.

Cet omom^t en cette place

Ne faisait pas un bon effiet; Si ce n^est qu'en pendant sur le ba4 du visage «

n l'empêchait de parier ais^ent;

Pour nn ^oux ^erveiUeul avantage.

Et si grand qu'il pensa , dans oet hentenz mo^ ment ,

Ne souhaiter rien davantage !

Je pourrais bien , disaitril i part soi ,

Après un malheur si funeste ,

Avec le souhait qui me reste ,

Tout d'un plei» saut me faire rot.

LT$ SOUHAITS RIDieiTLlS. Sj^i

Kien ii^^ale, il est imA, là grandéor sùureraiike;

Maïs encore £aut»il softger

Gomment serait £iite la reine , Et dans <{aelie douleur ce serait la plongef ,

De Taller placer sur un trône ,

Avec un nez plus long quWe aune.

D faut l'écouter sur cela , Et qu'elle-même elle soit la mattressè De derenir une gratide princesse , En conservant Thorrible nez qu'elle a ,

Ou de demeurer bûcheronne Avec un nez comme unQ autre personne , Et tel qu'elle l'avait avant ce malheur-là.

La chose bien examinée , Quoiqu'elle sût d'un sceptre et la force et l'effet ,

Et que quand on est couronnée ,

On a toujours le nez bien fait ] Commeau désir déplaire il n'est rien qui ne cède, Elle aima mieux garder son bavolet ,

Que d'être reine et d'être laide.

Ain^si le bûcheron ne changea point d'état ,

Ne devint point grand potentat ,

D'écus ne remplit point sa bourse ; Trop heureux d'employer son souhaitqui restait.

Faible bonheur , pauvre ressource , A remettre sa femme en Tétat qu'elle était

346 LES SOUHAITS ILIDICOLÏS.

BiEv est donc Trai c[a'aiix hommes miséraUcs, Aveugles , imprudens , inquiets , Tariables,

Pas n'appartient de faire des souhaits ;

Et que peu d^entrVux sont capables

De bien user des dons que le ciel leur a faits.

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