‹ Des fistules ossifluentes de la région analeChapitre 3 sur 4 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

î)e la résection du coccyx, et de ses indications.

Sons ce titre, mon but est d’étudier dans ce chapitre :

I. Les états pathologiques du coccyx, susceptibles d’en nécessiter la résection.

IL L’anatomie et la physiologie du coccyx, comme préface à la description du procédé opératoire de résection.

III. Je terminerai par quelques courtes considérations sur les opérations,- se pratiquant au devant de la pointe du coccyx, entre cet os et l’anus, qui peuvent parfois être singulièrement facilitées par son excision.

I. Maladies du coccyx. — Userait superflu de retracer ici l’histoire déjà exposée de la carie de cet os.

Ses fractures sont rares, non pas tant à cause de la mobilité de ses pièces, soudées déjà dans l'âg’e adulte, que de sa situation dans l’intervalle des muscles fessiers. Le relief qu’ils forment en arrière lui permet d’échapper, dans un bon nombre de cas, à l’impulsion des corps extérieurs. Malgaigne ( Journ . de chirurgie, 1846) en cite un Denucé. 3

exemple confirmé par l’autopsie. Son blessé n’avait que 37 ans.

Quoique peu importante au premier abord, la fracture du coccyx est cependant parfois suivie d’accidents assez graves : elle peut ne pas se borner aux douleurs éveillées par la défécation et par la marche ; l’inflammation peut s’emparer des parties environnantes et produire de vastes abcès au périnée, la nécrose de l’os, etc. Dans ces circonstances, la nécessité de la résection s’impose.

Coccyodynie. — Affection du coccyx dont l’histoire trouve ici sa place, en raison du seul traitement auquel elle cède dans les cas rebelles.

C’est à Simpson que revient l’honneur d’avoir bien décrit et avec détail cette affection singulière.

Cependant déjà en 1844, le Dr Nott, chirurgien américain, publiait une observation de névralgie du coccyx (c’était le nom qu’il donnait à la maladie), occasionnant des douleurs atroces, et contre laquelle toutes les ressources de la thérapeutique étaient venues échouer sans la modifier en rien. C’est à ce point qu’en présence de l’inutilité absolue des moyens réputés les plus efficaces, il se décida à pratiquer la résection du coccyx. 11 incisa directement sur l’os, rompit ses attaches musculaires et ligamenteuses, en pratiqua ensuite la désarticulation, puis l’extraction. Examiné aussitôt, il fut trouvé carié, comme

évidé, et réduit à une coque osseuse. Durant les premières heures qui suivirent l’opération, il y eut de vives souffrances, que la morphine donnée à haute dose ne parvint pas à calmer sensiblement. Cependant peu à peu l’intensité de la douleur commença à diminuer. La cicatrisation marcha régulièrement et fut obtenue au bout d’un mois. A ce moment, la malade était délivrée de ses horribles douleurs passées [Journal de médecine de la Nouvelle-Orléans, mai 1844 (1).

Le mémoire de Simpson de 1859 [Medical Times) est un des travaux les plus importants qui aient été écrits sur la matière. On y trouve exposés les symptômes saillants de la maladie et les divers traitements qui lui sont applicables.

Le mémoire est tout entier à citer ; nous en donnons les principaux passages, en commençant par l’observation qui sert de thème aux développements dont elle est suivie :

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