‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 4 sur 101 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les lésions osseuses dues à la syphilis sont connues depuis très longtemps. Depuis longtemps aussi on a remarqué que dans quelques cas desyphilis avérée, des fractures se produisaient sous l'influence d’une cause très minime, si faible, qu’elle aurait été à coup sûr insuffisante à déterminerune rupture quelconque de l’os chez un individusain. « Sur des pièces du musée on voit des ostéites raréfiantes limitées, d’origine vénérienne (1), » qui expliquent très bien la production de ces fractures en quelque sorte spontanées. On trouve, du reste, dans la plupart de nos classiques, Nélaton, Follin, Terrier, la syphilis notée comme cause prédisposante des fractures. De même nous retrouvons la syphilis mentionnée parmi les causes de pseudarthrose. Mais ces indications sont passées inaperçues au-

(1) Marchand. Dict. encyclopéd. Fractures, 49 série, t. IV, p. 13.

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près de bien des chirurgiens. C’est ainsi que M. Gillette (1) trouve que la syphilis a été trop souvent mise en jeu lors de fracture spontanée, et qu’il n’y a rien de bien positif au point de vue de la prédisposition aux fractures que peut causer la vérole. De même, M. le professeur Gosselin, qui, en 1851, regardait la syphilis comme une cause prédisposante de fractures (2), en 41879 dit qu'il « n’est admis par personne que la syphilis donne de la fragilité au tissu osseux; tout au contraire, elle augmente plutôt leur solidité, en produisant l’exostose et l’'hyperostose (3). » Et plus loin, à propos du même malade, âgé de 30 ans et porteur d’une fracture sous-trochantérienne presque spontanée, dont la consolidation retardée n'avait été obtenue que par l’ingestion d’iodure de potassium, M. Gosselin nous dit que l’iodure avait été sdministré comme moyen fortifiant et non comme antisyphilitique. Nous serions beaucoup plus porté à regarder ce cas comme un cas de fracture chez un syphilitique. Du reste, la syphilis peut être une cause prédisposante de fractures alors même que les os sont plus gros et plus durs. B. Bell en cite deux cas où la fracture a été produite par l'action ordinaire des inuscles du membre (4).

En parcourant les auteurs, on trouve un grand nombre de faits épars; nous-même avons été témoin, soit dans nos salles, soit dans celles de plusieurs de nos collègues, de retards de consolidation chez des syphilitiques. Aussi, en présence des contradictions qui existent entre les auteurs,

(1) Gillette. Clin. chirurg. des hôp. de Paris, 1877, p. 213.

(2) Compendium de chirurgie, par Denonvilliers et Gosselin. Paris, 1851 t. II, p.226.

(3) Clin. chir. de l'hôpital de la Charité, 8e édit, Paris, 1819, t, I, p. 589. (4 B. Bell. Cours complet de chirurgie, trad. Bosquillon. Paris, an IV, Grol, t'VT p3

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du manque complet de travail synthétique sur cette question, avons-nous cru pouvoir en faire le sujet de notre thèse. Qu'il nous soit permis de remercier ici nos différents maîtres dans les hôpitaux, en particulier M. le professeur Péter, qui a bien voulu accepter la présidence de notre thèse. Nous tenons aussi à remercier sincèrement nos collègues qui nous ont aidé dans nos recherches bibliographiques.

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