OBSERVATION LXII
Fracture en V du tibia droit chez un syphilitique tertiaire. Pas de manifestations actuelles, Retard de la consolidation, Traitement | par l'iodure de potassium,
(Observation personnelle.)
Le nommé Courché (Nicolas), âgé de 32 ans, journalier, entre le 28 avril 1884 à l' hôpital Saint-Louis, dans le service de M. Péan,
.Cet bomme, couché au n° 18 de la salle Nélaton, raconte qu'une roue de voiture a passé sur sa jambe droite, On constate à l’union du tiers
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moyen de la jambe droite avec son tiers inférieur une saillie en forme de V que fait le fragment supérieur de la fracture, La pointe du V est tournée en bas et menace de perforer la peau; iln’ya pourtant pas de plaie...
L'homme porteur de cette fracture est grand, robuste et paraît jouir d'une bonne santé; il est alcoolique et en l'interrogeant sur ses antécédents et sur l'existence de cicatrices arrondies, blanches, déprimées, que nous trouvons sur le tronc et les membres inférieurs, il raconte qu’il a eu un chancre il y a douzé âns considéré comme syphilitique par les médecins du Midi. H 4 rs :
Les accidents secondaires ont été de courte durée (un peu d’alopécie, quelque plaques muqueuses buccales); aussile malade a suivi à peine un mois un traitement mercuriel. Il y a cinq ans, il a eu les boutons (?), qui ont laissé les cicatrices que nous avons trouvé sur le corps. A cette époque il prit pendant. quelque temps (à peu près six semaines) dé . l'iodure de potassium; lés accidents disparurent et depuis lors il n’a. eu aucune manifestation syphilitique.
Quoi qu’il en soit, dès son entrée, le malade’'est placé dans un appa: reil plâtré; aussi le gonflement du membre est peu-considérable, mais lé déplacement en avant du tibia s'étant reproduit au bout de quelques jours, l’appareil plâtré ést enlevé. On applique. des bandelettes dé diachylon formant une âänse sous la plante du pied et on met un appa: reil de Scultet; un poids de 3 kilogrammes est fixé par üue corde à l’anse des bañdelettes de diachylon.
\ Sous l'influence de cette traction continue, le déplacement se-corrige, et le 18 mai, c’est-à-dire vingt jours après l'entrée du malade, on peut appliquer un nouvel appareil plâtré qui maintient bien réduite la fracture. k ;
7 juin. Le malade est envoyé avec cet appareil à Vincennes; il en revient lé 28 suivant. L'appareil est enlevéet, quoique la fracture date de. deux mois, on constate qu’il existe un cal gros, douloureux, fibreux, nullement solide,
Aussi un nouvel appareil (appareil silicaté} est immédiatement appliqué et on donne au malade à prendre tous les jours 4 grammes d’iodure de potassium.
Pour clore la série des observations inédites, voici un fait dû à notre ami Hartmann. La fracture a peut-être bien été précédée par une lésion osseuse, car le traumatismen’a pas été bien intense. Il a été cependant suffisant pour avoir
pu agir indépendamment de toute lésion de l’os. C’est une de ces fractures dont l’étiologie est obscure, ainsi qu'il est aisé de s’en rendre compte. La limite n’est pas toujours nette entre les fractures spontanées et les fracrures traumatiques proorement dites.