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CHAPITRE IV

SYPHILIDES, ET FRACTURES CCMPLIQUÉES.

Jusqu'ici nous ne nous sommes occupé que des fractures fermées chez les syphilitiques. Nous avons vu que ces fractures surviennent, dans un certain nombre de cas, à la suite de causes si faibles qu’on a pu les considérer comme des fractures en quelque sorte spontanées, attribuables à une véritable friabilité du tissu osseux, friabilité qui peut tenir à une lésion antérieure de l'os, nettement établie à ce niveau par l’observation du malade.

Nous avons vu de plus que si, dans nombre de cas, particulièrement dans ceux où la cause, relativement minime, de la fracture, avait attiré l'attention sur la possibilité d’une cause générale, diathésique, et où, par suite, un traitement rationnel aurait été institué, ces fractures guérissent dans les délais habituels, dans nombre de cas où l’attention n’a pas été appelée sur l’état général, le traumatisme paraissant suffisant à provoquer la rupture de l'os, un retard s’est produit dans le travail de la consolidation; quelquefois même il y aeu une pseudarthrose. Que se passe-t-il dans le cas de fracture compliquée?

Quelquefois la plaie ne paraît en rien modifiée par le fait de la syphilis antérieure. C’est ce qui est arrivé, par exemple, dans le cas que nous a communiqué notre ami Hartmann ; et cependant, dans ce cas, il y a eu retard dans le travail de reproduction du tissu osseux. Dans d’autres, au contraire, la plaie, au lieu de se cicatriser normale-

ment, a pris les caractères d’une ulcération syphilitique.

Nous ne nous occupons pas, bien entendu, des ulcères syphilitiques antérieurs au traumatisme, résultant de l'action diathésique même, comme cela se rencontre dans quelques cas où le malade portait, suit isolément sur le membre fracturé, soit disséminées sur une certaine étendue de téguments, des éruptions spécifiques plus ou moins ulcéreuses. Nous n’entendons parler ici que des moditications produites par la syphilis dans l’évolution de la plaie par le traumatisme. Ces modifications d’une lésion traumatique quelconque ont déjà été étudiées, d'une façon générale, par M. Verneuil et par un de ses éleves, M. L.-H. Petit; elles peuvent se rencontrer dans les plaies de fractures compliquées, et ce n’est là en quelque sorte qu’un point particulier de l’influence que la syphilis peut avoir sur la marche des plaies envisagées d’une façon générale. Aussi n’y insisterons-nous pas. Nous nous contenterons de rappeler 1ci les observations de Cazenave, Moreau et H.-L. Petit, qui nous montrent, de la façon la plus nette, la syphihis se greffant sur une plaie de fracture, et lui imprimant des modifications telles que l'influence diachésique apparaissait de la façon la plus nette.

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