OBSERVATION XIII
Fracture compliquée de la jambe gauche au t'ers moyen. — Fracture sus malléolaire de la jambe droite. — Désinfec”
tion. — Immobilisation simple.
B... Pierre, trente et un ans, tourneur sur métaux, rue Nationale, 158, tombe dans un mauvais escalier et roule ne dizaine de marches. L'accident a lieu le 24 avril 1901. Il essaie de se relever mais ne peut pas. Arrive à Cochin à 5 heures. L'interne de garde constate une fracture compliquée de la jambe gauche au tiers moyen. Plaie assez minime à la face interne du tibia. Presque pas d'hémorragie : les fragments du tibia sont peu déplacés, le péroné est incomplètement rompu. La plaie est immédiatement désinfectée et le membre mis dans une gouttière métallique. A droite existe aussi une fracture sus-malléolaire.
Le lendemain la plaie est nettoyée à nouveau. les fractures sont réduites et immobilisées dans des appareils plâtrés, l’un avec fenêtre. La plaie est guérie en cinq ou six jours.
10 juin. — Les plâtres sont enlevés. Le malade commence
à se lever et à marcher. IL boite un peu les premiers jours.
- Quitte guéri l’hôpital le re juillet.
OBSERVATION XIV Fracture compliquée de la jambe gauche. — Ouverture du foyer. — Ablation des esquilles. — Régularisation des fragments. — Plâtre.
RES quétanie-cini ans, concierge, entre Le 23 avril 1900 à l'hôpital Cochin, salle Demarquay. Il vient de faire un faux
Clermont ô
mn HO pas dans un escalier et est tombé de sa hauteur. On le porte à l'hôpital avec une fracture compliquée de l'extrémité inférieure des os dela jambe. Il existe une plaie assez étendue à 5 ou 6 centimètres au-dessus de la malléole interne. Le fragment supérieur du tibia fait saillie dans la plaie. L’hémorragie est assez. abondante.
Le malade est opéré d'urgence. Sous chloroforme on résèque l'extrémité du fragment, on enlève des esquilles, et le membre est placé dans un plâtre fenêtré.
Tous les deux jours on panse la plaie et on change les mèches de gaze iodoformée introduites dans celle-ci.
4 mai. — La mèche de gaze iodoformée est supprimée et l’on panse à plat.
9 mai. — Comme il existe un peu de suppuration, on met un appareil de Scultet et on fait les pansements tous les deux jours, ainsi que des pulvérisations phéniquées. Il existe de grosses esquilles très adhérentes. A la face dorsale du pied, s'est formée une escarre qui tend à l'élimination.
10 juin. — On constate une amélioration. Pendant tout le mois de juin et juillet le même traitement est continué.
21 septembre. — Ablation de deux séquestres osseux à la face postérieure du tibia.
Ablation des deuxième et troisième cunéiformes.
La fracture du tibia est à peu près consolidée. Suppression du Scultet. ;
19 octobre. — Etat général toujours bon. Ablation d’un séquestre à la partie inférieure du tibia. Pulvérisations phéniquées.
25 octobre. — Pansement sec iodoformé. La suppuration
de la plaie est de moins en moins abondante.
15 décembre. — Suppression d’un petit séquestre derrière le deuxième orteil.
Pendant le mois de janvier et février, état stationnaire : la plaie suppure moins, mais toujours un peu.
Mars 1901. — Pansemeénts secs tous les cinq jours.
Les plaies sont en bonne voie de guérison.
Avril 1901. — Pour hâter le bourgeonnement de la plaie, on fait des pansements picriqués tous les huit jours. Le malade rentre chez lui le 14 juin. Il vient faire panser tous les jours sa plaie du pied qui l’empêche de marcher encore.
La fracture de la jambe est guérie depuis longtemps.
OBSERVATION XV Fracture compliquée de la jambe avec issue de fragment. — Réseclion de la pointe osseuse. — Délirium tremens. — Mort.
Marius A..., cinquante-deux ans, 3 rue du Quatre-Septembre, reçoit le 17 juillet 1901 une grosse pierre sur la jambe droite. Il entre immédiatement à Cochin, salle Gosselin. Il présente tous les signes d’une fracture de jambe fermée. Le malade ne peut détacher le talon du plan du lit. Le pied est dévié en dedans. Dépression en coup de hache quelques centimètres au-dessus du cou-de-pied. Mobilité considérable, grande crépitation. On sent le fragment superieur du tibia qui fait saillie sous la peau. Point douloureux au tiers inférieur du péroné. Pendant qu'on l’examine, le malade, éthylique avéré, fait des mouvements désordonnés qui provoquent l'issue au dehors du fragment du tibia qui perce la peau.
La plaie est désinfectée et on résèque la partie inférieure
très aiguë du fragment supérieur. On fait quelques points de suture. Pansement compressif. Immobilisation dans une
gouttière métallique.
19 juillet. — Le malade a du delirium tremens. Température 39° 5.
22, 23, 24 juillet. — La température reste aux environs
de 4o degrés. Le malade présente en même temps une pneumonie droite quon traite par des ventouses sèches et scarifiées.
Le malade meurt le 24 juillet.