‹ Des fractures spontanéesChapitre 2 sur 10 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

pour que cette spontanéité soit évideate, pour qu'il n'y ait pas hésitation, dans l'appréciation de la valeur de la cause, que la violence qui a déterminé l'accident soit insignifiante et incapable dans les conditions ordinaires d'amener un tel résultat. Ainsi dans les fractures spontanées, il faut admettre que le second facteur gagne en importance ce que perd le premier, et qu'il devient, de simple cause prédisposante, la cause principale. Les anciens l'avaient si bien compris qu'ils faisaient des fractures spontanées le synonyme de fractures pathologiques, et ils comprenaient sous ce nom toutes celles qui en raison d'une altération appréciable d'une partie du squelette se produisaient sous l'influence de causes insuffisantes par elles-mêmes pour fracturer un os sain.

Cette définition pour s'appliqaer à tous les cas ne doit pas être comprise étroitement. S'il y a des faits, et ce sont les plus nombreux, où la lésion osseuse est manifestement de nature morbide, il en est d'autres où la fragilité des os est pour ainsi dire physiologique : on voit des individus parfaitement bien portants, chez lesquels un examen attentif ne révèle aucune tare organique et qui se brisent coup sur coup plusieurs membres sous l'influence des causes les plus légères. Sans doute l'avenir nous montrera peut-être qu'il y a là une lésion matérielle du squelette, mais dans l'état actuel de la science, nous sommes contraints d'admettre que cette tendance aux fractures constiUie chez certains sujets un

état normal, dont l'interprétation nous échappe faute de données anatomiqiies et cliniques suffisantes.

11 y a plus encore : il existe des observations où la contraction musculaire a pu être invoquée seule pour expliquer certaines fractures spontanées. Ici l'obscurité est plus grande encore etsi l'on pense qu'il y a dans ces cas une prédisposition spéciale, ce n'est qu'une simple hypothèse qu'il est encore impossible d'étayer sur des faits.

En résumé, le terme de fractures pathologiques n'est pas absolument synonyme de fractures spontanées : ce qui fait ces dernières c'est la faiblesse du trauma comparée à la grandeur du résultat, et c'est pourquoi nous définissons les fractures spontanées : celles qui résultent d'un traumatisme tel^ qu^il serait à coup sûr insuffisant pour produire une fracture dans les conditions ordinaires.

S'il est nécessaire, pour qu'il y ait en réalité une fracture spontanée, que la violence soit légère, encore faut-il que le traumatisme existe ; sans traumatisme, il n'y a pas de fracture. Aussi, à l'exemple des chirurgiens, éliminons-nous de notre cadre, les solutions de continuité que l'on désigne sous le nom ÔlQ décollements épiphysaires ; ce ne sont pas là des fractures, puisque la séparation de l'épiphyse se fait le plus souvent sans aucun traumatisme appréciable, par le ramollissement et la destruction du cartilage d'union; et d'ailleurs, ce n'est pas ici le tissu osseuxlui-mômequiest enjeu, mais

bien le tissu intermédiaire entre les deux parties d'un même os.

Le but de ce travail est surtout d'étudier les fractures spontanées dans leurs causes, leur mécanisme et leur évolution ; c'est dire que nous laisserons de côté toutes les questions qui ont trait à l'histoire générale des fractures, sauf lorsqu'il y aura à cet égard des particularités intéressantes à relever.

Quant au plan que nous nous sommes proposé de suivre, nous le résumons dans le tableau suivant.

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