‹ Des grâces d'oraisonChapitre 162 sur 199 · M"« Guyon · texte numérisé non relu

M"« Guyon

1° « Cette âme ne se met pas en peine de chercher ni de rien faire. Elle demeure comme elle est, et cela [lui] suffit. Mais que fait-elle? Rien, rien, et toujours rien... Mais quelle différence [y a-t-il] de cette âme à une personne toute dans l'humain? La différence est que c'est Dieu qui la fait agir sans qu'elle le sache, et auparavant c'était la nature qui agissait » {Les Torrents, part. I, ch. ce, n» 9).

2° « L'activité » est « opposée à l'union... parce que Dieu étant dans un repos infini, il faut, afin que l'àme puisse être unie à lui, qu'elle participe à son repos; sans quoi il ne peut y avoir d'union, à cause de la dissemblance » {Moyen court, ch. xxiv, n» 3). — On peut rétorquer l'argument en disant : Dieu est l'activité infinie; donc il faut qu'on participe à son activité. « Sans quoi il ne peut y avoir d'union, à cause de la dissemblance. »

3» « Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement de l'autel est le modèle de l'état mystique. Sitôt qu'il y vient par la parole du prêtre, 11 faut que la substance du pain lui cède la place, et qu'il n'en reste que les simples accidents. De même il faut que nous cédions notre être à celui de Jésus-Christ... Or cela ne s'exécutera jamais que par Vanéantissetnent » {Moyen court, ch. xx, n" 3).

4» « L'àme se laisse détruire et anéantir pour rendre hommage à la souveraineté de Dieu... La destruction de notre être confesse le souverain être de

(1} D'après lui cette vote t uniqae > doit remplacer les trais voies pargalive, illomiDative, nnitive, qu'il déclare être une conception « des plus absurdes • (prop. 36}.

IM QLIETISME. 8»

Dieu... L'anéantissemeiU est la Téritable prière, laquelle r^nd à Dieu l'honneur et la gloire » (Moyen court, rh. xx, 3).

5» « U faut seconder les desseins de Dieu qui sont de dépouiller l'âme de ses propres opéraliou», pour substittur les siennes eu leur place. Laissez-le donc faire » {Moyen court, du irn, n" 1). Bossuet ajoute : « Ce laissez faire, dans ce langage, ce^t ne faire rien, ne désirer rien, ni demander rien de son côté, et attendre que Dieu fatse tout » {État d'or., 1. III, n° 4\

6» « L'abandon est un dépouillement de toitt soin de nous-mêmes pour nous laisser entièrement à la conduite de Dieu... Pour la pratique [de Tahandon], elle doit être de perdre san? cesse toute Tolonté propre dans la volonté de Dieu; renoncer à toutes les inclinations particulières, quelque bonnes qu'elles paraissent, sitôt qu'on tes sent naître » {Moyen court, ch. vi, n»" 3, 4). Bossuet ajoute : ainsi « il faut renoncer [aux actes] dès q^u'on les sent naître. Ce qui n'emporte rien moins que l'entière extinction de tout acte de piété, dont le moindre commencement, la moindre étincelle et la pensée seulement pourraient s'élever en nous. Si l'on doit y renoncer lorsqu'ils paraissent, à plus forte raison se doit-on empêcher d'en produire >» (État d'or., 1. III. n" 40).

T L'idéal est d'arriver à agir automatiquement : •< Qui pourrait dire jusqu'où se doit porter cet abandon, suivant la grâce qui en est accordée, jusqu'à devenir enfant ou saintement insensé pour tontes choses; jusqu'à agir sans connaissance, sans résistance, sans répugnance,... et sans bornes, ainxi qu'u7xe penonne qm n'est plus, et qui ne peut pas plus être en peine d'elle-même que si elle nètait pas au rooMke. Ce nest pas s'en fier entièrement à Dieu, si on n'en vient jusque-là; c'est plutôt vouloir ^tartager avec lui sa souveraineté, se réservant le domaine de sa propre conduite en quelque chose » [Règle des associés â l'mfanoe de Jésta, i 9, n» 5i. M"* Goyon développe ensuite cette id 'e absnrde que ceux qui oot cette sorte d'abandon aveugle ne peuvent être trompés, puisque c'est I)i*^u qui les conduit. Mais on nie précisément que Dieu les conduise.

8» M*** GuyoQ fait cependant ane petite concession aux commençants : elle leur permet un certain nombre d'actes : •< On ne dit pas, comme quelques-uns l'ont cru, qu'il ne faille pas passer par l'action; puisque au contraire c'est lu porte; mais seulement q\ïil n'y font pas toujours demeurer » {Moyen cou»f , ch. XXIV, n" 9). Du n3>trî. sa concession n'est pas très étendue {ibid., n» 8 et ch. xxu). Elle interdL'talt dès le début beaucoup d'actes excellents, feignant que la grâce n'y est pour rien.

$ S. — Appneation : suppression des pensées.

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