‹ Des hémorrhagies intra-rachidiennesChapitre 30 sur 30 · IG · texte numérisé non relu

IG

ceux de diverses antres régions, ont subi une atrophie considérable et de plus en plus marquée.

Il reçut des soins à l’hôpital de Rellcville (Ain) où on lui appliqua, dit-d, des vésicatoires sur les épaules.

Il n’y séjourna que fort peu de temps et en sortit dans un état très-analogue à celui dans lequel il y était entré.

Les saillies des os se dessinent fortement sous la peau, celles des muscles ont au contraire disparu presque entièrement sur certains points.

Ce qui frappe dès qu’on découvre le malade, c’est un affaissement considérable des épaules, et celte situation caractéristique de la paralysie du trapèze.

Le deltoïde et les autres muscles de l’épaule et du bras sont considérablement atrophiés; ils le sont d’autant plus qu’on s’approche davantage du moignon de l’épaule. Aussi, dans la station debout ne peut-il pas écarter les bras du corps, le long duquel ils sont pendants et inertes. Couché, il peut, après bien des efforts porter le bras droit à sa tôle, mais il ne peut jamais y porter le gauche.

Cetie paralysie plus complète à gauche est en rapport avec l'atrophie un peu plus marquée encore de ce côté.

Les muscles des avant-bras sont nolablement moins atrophiés que ceux du bras; les mouvements de flexion du coude sont encore possibles par la contraction des muscles épicondyliens et épitrochléens, assez bien conservés. Le biceps et le brachial antérieur sont tout autant diminués de volume que les autres muscles du bras.

Les muscles de la main sont dans un état analogue à ceux des avant-bras.

Les muscles de la nuque sont très atrophiés, de telle sorte que la tète, n’étant plus fixée que p-.tr les sterno-mastoïdiens qui, du reste, ne sont pas enlièrementin lemmes, ballotte Sans certains mouvements, se portant an hasard à droite ou à gauche.

Les muscles des parois antérieures, externe et postérieure du thorax, ainsi que ceux des gouttières vertébrales se trouvent dans un état analogue.

La nutrition des membres inférieurs bien que tiès-compromise, est moins altérée cependant que celle des avant-bras et des mains. — Le malade peut se tenir debout, marcher et se promener mais la jambe droite se fatigue vite, et, au bout de peu de temps, celle-ci ne le soutenant plus, il est obligé de s’asseoir pour éviter une chute imminente.

11 n’a jamais ressenti aucune douleur, d’aucune sorte en aucun point du corps. — La pression et la percussion sur les apophyses épineuses n’en fait pas naître non plus. Jamais de contracture.

Les sensibilités, au contact, à la douleur et à la température, paraissent à peu près normales (les deux premières sont peut-être un peu amoindries;.

La contractilité musculaire explorée au moyen d’un courant d’induction assez fort est â peu près nulle aux membres supérieurs même aux avant-bras. Elle ne paraît pas plus prononcée aux membres inférieurs.— Yu l’état relativement satisfaisant des muscles de ces deux dernières régions, ce résultat nous surprit et nous nous proposions de renouveler nos recherches de ce côté lorsque le malade mourut subitement le lendemain comme on le veria plus tard.

Les fondions digestives étaient languisantes ; il y avait de l’anorexie et un peu de constipation.

Les organes de la respiration, et de la circulation ne présentaient rien d’anormal. — 11 n’y avait et il n’y avait jamais eu de lièvre.

Comme nous examinions ce malade pour la première fois le 6 septembre au matin, il fut, au moment où nous le fîmes asseoir sur son lit pour l’ausculter, pris d’un sentiment deconstriction au gosier, d’ctouffemcntavec menaces de syncope qui nous ob' igèrent à abandonner nos investigations.

Au reste le malade peu intelligent, ennuyé de notre examen, honteux des aveux auxquels nous l’avions amené, ne nous renseignait que de très-mauvaise grâce.

Le lendemain, ce sentiment de constriclion à la gorge revint spontanément.

Il devint vite si violent que le malade éprouvant le besoin de rechercher l’air qui lui faisait défaut, ne put plus rester couché et voulut se promener malgré sa faiblesse. Il n’y parvint qu’en se faisant soutenir Au bout de deux ou trois heures, la constriction s’accroissant toujours, il se recoucha et mourut aussitôt.

Telle était la puissance de la déplorable habitude qu’il avait contractée, que ce malheureux malade ne pouvant plus porter scs aliments à sa bouche, n’en avait pas moins continué à se masturber dans son lit, presque comme par le passé, et que quelques heures à peine avant sa mort, nous avons pu voir ses draps souillés de scs pollutions.

L'autopsie fut faite 28 heures après la mort.

Aucun des viscères thoraciques ou abdominaux soigneusement examinés n’a présenté de lésion appréciable.

Le larynx et les bronches en particulier étaient parfaitement normaux.

Le tissu du cœur était très- pale, ainsi quo les muscles pectoraux. Au contraire, les muscles de la nuque, du dos et des gouttières vertébrales étaient très-fortement gorgés d’un sang très-noir.

L’urèthre, fendu en bas et en arrière montrait toute la portion pénienne de son corps caverneux très-anémiée, le bulbe était au contraire très-congestionné.

L’ouverture du crâne donna issue à une quantité considérable d’un

sang très-noir. La pie-mère présentait aussi des veines très-diïatesé par un sang toujours très-noir.

Le cerveau coupé méthodiquement dans toute ses parties ne présente rien d’anormal.

Sur la face postérieure de la pie-mère rachidienne, on constate de petites plaques disséminées assez irrégulièrement dans toute la longueur de la moelle, dirigées suivant son axe et mesurant de2 à 4 millimètres de longueur, un millimètre environ de largeur et quelques dixièmes de millimètre d’épaisseur. Le microscope, en constatant dans ces plaques la présence d’ostéoplastes, a démontré leur nature osseuse.

La protubérance, le bulbe et la moelle (sauf les lésions que nous venons d’indiquer) paraissaient extérieurement sains; seuls les deux côtés de la protubérance étaient un peu inégaux. On mit, avec les précautions convenables, ces organes dans une solution d’acide chromique et un examen postérieur permit d’y constater les lésions suivantes :

Des coupes de la moelle, très-multipliées, séparées les unes des autres par un espace de 5 à 6 milimèlres, font découvrir vers l’extrémité inférieuredu renflement cervical, à 10 centimètres au-dessous du bord inférieur delà protubérance, un très-petit foyer hémorrhagique occupant le centre de la substance grise de la moelle, s’étendant plus particulièrement à droite et dans la corne postérieure.

Ce foyer est irrégulier ; il mesure environ deux millimètres et demi transversalement, unmillimètre d’avant en arrière, et 3 à 4 millimètres en hauteur. Presque toute la substance grise environnante présente une coloration rougeâtre, rouillée. Les cornes antérieure et postérieure de la substances grise examinées à uue petite distance du foyer, sont déformées et ont perdu leur symétrie.

Au microscope on peut voir les deux veines latérales vestiges de l’épendyme énormément dilatées, gorgées de sang, et plongeant au milieu de l’hémorrhagie. (Morat et. Charpy).

Les cellules de la substance grise sont colorées à divers degrés par la substance colorante du sang. La substance blanche ne paraît en rien altérée.

A trente huit centimètres au-dessous du bord inférieur de la protubérance, et dans toute l’étendue de la moelle située au-dessus de ce point, on constate dans la substance grise cette coloration rouillée qui environne le foyer du renflement cervical, nous n’avons rien pu découvrir ici d’analogue à ce que nous avons décrit tout à l’heure.

Enfin, sur quelques-unes des racines postérieures qui concourent à former la queue de cheval, on trouve une nouvelle hémorrhagie assez bien limitée et mesurant dans sa plus grande dimension o à 6 milimètres.

Toutes ces hémorrhagies n’ont en aucune façon l’apparence d’ôtre récentes. J1 est toutefois difficile de dire à quelle époque elles ont été produites.

Si elles se trouvaient dans le cerveau on pourrait faire remonter l’époque de leur apparition à un ou deux mois environ.

OBS. LXXXYI. — Payen (Thèse, Paris, 1826, n° 21, p. 19). - Hémato-

myélie avec myélite.

Marie-Louise Michel, 12 ans, entre à l’hôpital le 29 mars 1825, se plaignant depuis quelques mois de douleur et d’engourdissement dans j’épaule et le côté gauche du cou; mouvements faibles, pénibles du cou, qui était roide, un peu incliné à gauche. Accroissement du corps thyroïde : quelques symptômes d’irritation gastro intestinale. Peu de jours après elle sortit, se sentant mieux, conservant néanmoins de la douleur et de l’engourdissement du cou.

1er juin. Ces deux symptômes prennent tout à coup plus d’intensité dans tout le côté gauche; fourmillements, perle de connaissance ; mouvements très-douloureux et presque nuis.

Le 2. Décubitus dorsal, face injectée, tournée à gauche, douleur à la tempe droite et sentiment de fourmillement dans tout le côté gauche, qui reste immobile et dans un état de résolution, moins marqué à la jambe, qu’elle remue encore ; facultés intellectuelles saines ; langue un peu blanche, un peu déviée ; la malade ne peut remuer la tête sans crier ; peau chaude, pouls développé ; respiration un peu accélérée (sangsues, sinapismes).

Le 3. Résolution et insensibilité du côté gauche, excepté à la face. Urines involontaires. (Saignée et sangsues.)

Le 4. Engourdissement du bras droit; douleur au moindre mouvement, à la plus légère pression.

Le 6. Engourdissement de la jambe droite, peu mobile; la résolution persiste à gauche, peu de fièvre.

Le 8. Douleur à la tempe droite; pouls mou, peu développé ; plaintes continuelles; intelligence saine.

La malade meurt tout d’un coup à une heure.

Autopsie. Engorgement sanguin des sinus et des principaux vaisseaux de la surface cérébrale ; arachnoïde peu humide ; cerveau ferme, ventricules sains; pie-mère rachidienne un peu injectée. Au-dessous des éminences pyramidales existe un ramollissement légèrement jaunâtre et diffluent de l’épaisseur de toute la moelle, de l’étendue d’un pouce et demi. Adroite, elle paraît un peu rosée; vers le centre existe un petit caillot du volume d’un haricot et autour la moelle est un peu jaunâtre. L’apophyse odontoïde fait une saillie de trois à quatre lignes dans le canal, à travers la dure-mère qu’elle a perforée; il n’existe plus de trace du ligament odonloïdien; la première vertèbre est trèsmobile , et paraît un peu luxée en avant. Granulations jaunâtres au milieu du corps thyroïde hypertrophié.

01)S. LXXXVII. — Hutin (Recherches et observations pour servir à

1 histoire anatomique, physiologique et pathologique de la moelle épinière.

Nouvelle Bibliothèque médicale 1828. — (Résumée.)

Homme de 70 ans.

Symptômes. Constitution forte, corps légèrement courbé en avant. Il se servait habituellement d’un bâton pour prévenir les chutes en avant. Perle de force et d’agilité des membres supérieurs. — Difficulté de la prononciation. — La veille de sa mort se promène encore, mange et boit comme de coutume; le lendemain à quatre heures du malin on le trouva mort dans son lit.

Lésions anatomiques. Petit épanchement sanguin, gros comme un pois, qui avait détruit la commissure grise, entre l’origine de la cinquième et sixième paire desnerfs cervicaux ; au niveau de la quatrième paire dorsale, autre épanchement plus considérable, qui avait détruit en cet endroit presque toute la substance blanche et grise. Le caillot avait le volume d’une forte noisette, un peu allongé dans le sens de la longueur de la moelle; le voisinage de ces épanchements était un peu ramolli et infiltré de sang. Une injection considérable occupait la totalité du système rachidien.

Sinus cérébraux gorgés de sang, injection de la pie-mère. Cerveau ramolli à la partie postérieure et externe de l’hémisphère gauche.

OBS. LXXXVIII. — Weber ( Journ . hebd., 1829, t. IV, p. 20). — Hémorrhagie de la moelle épinière. — (Résumée.)

Garçon de onze ans, atteint de carie vertébrale.

Gène des mouvements du cou et de la tète, céphalalgie, paralysie du bras droit, marche facile, langue déviée à gauche, parole un peu embarrassée, intelligence intacte. Pouls fréquent, douleurs de tête quand il remue. Le malade succombe quelques minutes après l’application de ventouses à la nuque.

Lésions anatomiques. Roideur cadavérique persistante. Saillie de l’apophyse épineuse troisième cervicale; axis porté en avant; carie de l’articulation occipito-atloïdienne gauche, moindreà droite; ligaments détruits; sang autour de l’articulation. Vis-à-vis l’allas, épanchement sanguin du volume d’un pois à l’intérieur de la moelle ; autour, ramollissement de la substance médullaire. Bulbe et moelle ayant leur forme ordinaire.

OBS. LXXXIX. - Nonat ( Arch . de méd., 1838).

Un homme de 34 ans présentait en octobre 183a les symptômes suivants: douleur au niveau delà partie inférieure du cou et en arrière dou'eur qui gagne le dos ; crampes dans les membres inférieurs avec exîdtatation de là sensibilité et diminution des mouvements volontaires. Plus tard il présente de l’atonie du rectum et de la vessie.

Quelques mois après paraplégie complète ; gonflement des extrémités inférieures, oedème ; deux eschares, l’une au niveau du sacrum, l’autre vers le grand trochanter droit.

21 septembre 1836 : Tl entri à l’hôpital; face altérée , intelligence intacte, constipation opiniâtre; incontinence d’urine; battements du cœur accélérés (108); douleurs au niveau de la région dorsale; perte complète de la sensibilité et de la myotilité dans les membres inférieurs ; infiltration de sérosité dans ces parties. Extrémités inférieures froides, peau pâle, pouls faible, peu développé.

2 Octobre. Respiration difficile, amaigrissement de la face.

5 octobre. Yeux éteints, trouble des idées, pupilles contractées; pas d’agitation; état comateux, pouls insensible. Mort.

Autopsie — Dure-mère rachidienne soulevée par un liquide; à la partie inférieure, au-dessous de l’arachnoïde, grande quantité de liquide séreux rosé. Injection des vaisseaux qui entourent la moelle, surtout à la région cervicale , augmentation de volume de la moelle épinière à partir de la 3e dorsale jusqu’à la 4 e cervicale.

Plus haut moelle aplatie d’arricre en avant. Vers l’extrémité inférieure du renflement, la moelle était moins ramollie que dans les autres parties ; elle était parcourue par des vaisseaux dilatés et remplis d’une matière colorante noire, ou de sang altéré, qui paraissait avoir séjourné depuis quelque temps dans ces vaisseaux. Au niveau de la 5e cervicale, au centre de la moelle, cavité remplie d’une matière noire sanguinolente, mêlée intimement avec la substance médullaire ramollie. Au-dessous du renflement, à l’incision de la moelle, liquide transparent , séreux , qui occupait une espèce de canal creusé dans l’épaisseur de la moelle; canal allant jusqu’à la 8e dorsale, muni d’une membrane fine, luisante. - Moelle cervicale creusée d’un canal central rempli de sérosité limpide, communiquant avec le 4e ventricule par le calamus scriptorius, et divisé par des cloisons médullaires, semblait creusé dans l’épaisseur du cordon latéral droit. Substance médullaire intacte autour de ce canal. — Les autres organes n’ont rien offert de spécial.

OBS. XC. — J.-W. Ogle ( Transact . o f the Path. of London, vol. IV,

Ce malade était âgé de 49 ans — avait eu quelques douleurs présumées rhumatismales depuis un ou deux mois.

Tout à coup, difficulté dans l’émission des urines ; le lendemain ne peut sortir dans la rue. — La paralysie des jambes et de la vessie augmenta pendant dix jours.

Apporté à l’Hôpital-Saint-Georges, il était alors absolument privé du mouvement des deux membres inférieurs: un d’eux était insensible. — Extrémités supérieures intactes. L’urine était afnmoniacale et purulente, malgré un cathétérisme répété deux fois par jour.

Trois jours après la paralysie augmente, l’anesthésie surtout, elgagne la région lombaire. Douleurs d’estomac — respiration pénible et sifflante.

Jusqu’au bout, intelligence, et fonction des membres supérieurs intacts, meurt dix jours après son admission, par asphyxie.

Examen des pièces. — Au niveau de la 10e dorsale, épanchement sanguin occupant les segments postérieurs des substances grises et et blanches.

De môme, autre foyer dans la moelle allongée du côté gauche jusqu’au bord inférieur du pont de Varole.

Moelle un peu ramollie.

Artère vertébrale et leurs branches principales athéromateuses.

L’auteur attribue la mort et les phénomènes, à partir du 3e jour de l’admission à la lésion du bulbe.

Il existait en outre une pyélo-néphrite probable due à des altérations vasculaires et ayant causé, plutôt que la paralysie de la vessie, l’alcalinité de l’urine.

OBS. XCI. — E. Moynier (Des morts subites chez les femmes enceintes Paris, 1858). — Ilématomyélie. — (Résumée.)

Femme prend froid à la suite de couches.

Engourdissement des pieds remontant jusqu’aux hanches. Le soir, douleurs aux membres supérieurs, impossibilité de mouvoir les jambes. Dyspnée, face cyanosée.

Mort en 13 heures.

Lésions anatomiques. Epanchement de sang dans le canal rachidien, avec désorganisation de la moelle depuis le niveau de la dixième, jusqu’à la douzième vertèbre dorsale. Autres organes sains.

ÔBS. XCII. — Lancereaux (Soc. de Biol., comptes-rendus, 18G1). — Un

cas d’hypertrophie de l’épendyme spinal avec oblitération du canal central

de la moelle. — (Résumée.)

Homme de 25 ans.

Scoliose vertébrale à 14 ans; — Père mort de phthisie pulmonaire,

Refroidissement à la suite d'un rhume, courbature excessive.

Symptômes : Douleurs d’abord dans les reins et les membres inférieurs, puis dans les membres supérieurs.

En même temps, picotements, engourdissements et fourmillements dans les extrémités , analogues aux sensations dues à la compression du nerf cubital, prurit souvent incommode des extrémités, sueurs des extrémités, et quelquefois de la poitrine et des reins.

Sensibilité tactile et mouvements volontaires graduellement affaiblis.

Contractions involontaires, de temps en temps, surtout au bras gauche, à la moindre excitation-

Marche normale, mais rendue impossible au bout de peu d’instants par une fatigue très-grande.

État général assez bon. 11 a continué son travail.

Miction difficile, goutte à goutte. Dépôt abondant de l’urine, constipation habituelle. Sept ou huit mois avant la mort, se décide à garder le lit. Deux mois et demi avant la mort, marche chancelante, sensibilité tactile et au froid très -affaiblie. Maladresse, impotence des doigts, à cause d'une anesthésie absolue ; sans l’aide de la vue, il lâche les objets parce qu’il ne les sent pas.

Persistance des engourdissements et des douleurs des extrémités, des mouvements réflexes.

Courbature générale. Malaise. Inappétence. Amaigrissement.

Entre alors à l’hôpital, y vient à pied. Il était même sur le point d’en sortir, malgré des douleurs toujours violentes, non-seulement aux extrémités, mais encore dans le dos et dans les reins, lorsqu’il fut pris de roideur, contracture et paraplégie complète, accompagnée parfois de secousses convulsives.

A partir de ce moment, aggravation toujours plus grande. Gêne de la respiration. L’urine, retirée par la sonde, est bourbeuse et sanguinolente.

Terminaison. Par eschares qui se creusent rapidement. Fièvre et érysipèle.

Lésions anatomiques. Légère déviation du rachis, à courbure saillante à gauche et en arrière. Un peu d’œdème des membres inférieurs. Parois du canal rachidien normales. Moelle relativement volumineuse. Consistance extérieure peu ferme, mais pressée entre les doigts, elle résiste très-fortement.

Une section fait reconnaître, à la partie centrale, l’existence d’un cordon grisâtre cylindrique ferme et résistant, du volume d’un manche de plume, s’étendant de la partie supérieure de la région cervicale à quelques centimètres de l’extrémité inférieure de la moelle où il se termine par une pointe conoïde. Il occupe le centre de la moelle et se trouve enveloppé dans toute son étendue par la substance médullaire dont il peut être facilement énucléé.

La substance blanche de la moelle a diminué de consistance sur plusieurs points.

Au niveau de la troisième vertèbre cervicale sur le trajet du cordon central : caillot sanguin légèrement grenu, mais récent et du volume d’un gros noyau de cerise. A quelques millimètres au-dessous, petit kyste d'où s’écoule un liquide séreux.

Un peu plus'bas, second noyau hémorrhagique , plus ancien et plus petit que le précédent.

« Le siège de ces foyers multiples est sans aucun doute le cordon

épcndémique hypertrophié, h quelques millimètres au-dessous de son extrémité terminale supérieure. »

Examen microscopique. — Substance grise en grande partie réduite en granulations; cependant à côlédes cellules déformées, déchirées, on parvient à en trouver d’autres presque normales : quelques-unes des libres nerveuses de la substance blanche et des racines des nerfs sont atrophiées et granuleuses ; la substance médullaire des dernières se trouve remplacée par quelques granulations.

La partie la plus inférieure de la moelle, au-dessous du cordon central, paraît saine, et les nerfs qui en partent ne sont pas altérés.

Texture du cylindre central de la moelle :

Matière amorphe légèrement granuleuse, granulations moléculaires isolées. Fibres de tissu conjonctif, fines, enchevêtrées, en tout semblables à celles qui à l’état normal font partie de la membrane de l’épendyme. Vaisseaux nombreux avec abondants granules d’hémaloïdine, sur leur trajet, dont quelques-uns en voie d’altération. Pas de cellules épithéliales.

Réflexions de l’auteur.

Le fait primitif dans notre cas est l’hypertrophie de l’épendyme et l’oblitération consécutive du canal spinal. Le fait secondaire est l’altération des capillaires et l’hémorrhagie qui en a été la conséquence.

Il y a peu de temps; j’eus l’occasion d’examiner une pièce anatomique provenant du service de M. Vigla, et qui m’avait été confiée par M. Landetta. Il s’agissait d’une hémorrhagie de la moelle occupant la région cervicale. Le sang épanché n’était pas en grande abondance, mais néanmoins la paraplégie avait été subite , et la mort trèsrapide.

A l’intérieur de la moelle, au niveau de l’exsudation sanguine, la pointe du scalpel éprouvait une légère résistance, et à l’examen microscopique ou trouvait au milieu des faisceaux du tissu conjonctif des capillaires offrant tous les degrés de la dégénérescence graisseuse.

Dans ce dernier fait comme dans le précédent l’hémorrhagie de la moelle semblait donc avoir été précédée par une altération du tissu conjonctif et principalement de cette portion qui constitue le noyau épendymique; ensuite est survenue la dégénérescence des capillaires, et eu dernier l’hémorrhagie médullaire.

OBS. XCII. — Lagardelle ( Courr . mèd., 9 mars 1861). — Méningomyélite. — Hémorrhagie de la moelle.

M. X. Couvreur, âgé de 26 ans, doué d'une forte constitution, éprouva, sans cause connue, une vive douleur uu niveau delà dixième vertèbre dorsale; il eut quelques engourdissements passagers dans les membres inférieurs, etc. Ces symptômes disparurent très-rapidement- Il se remit au travail, et ce ne fut que cinq jours après qu’il tomba paralysé de la jambe droite; la jambe gauche, le rectum cl la vessie

furent paralysés progressivement, mais cependant avec assez de rapidité. Les neuvième et dixième espaces intercostaux étaient douloureux; il avait une paralysie complète du mouvement et du sentiment de toute la partie intérieure du corps. 11 entra le neuvième jour dans cet état à l’hôpital de la Charité. Le lendemain, un symptôme nouveau s'était ajouté il l’état du malade; des troubles de la vue se manifestèrent, et il lui semblait toujours avoir un brouillard devant les yeux. M. Piorry diagnostiqua un épanchement sanguin dans le rachis, par suite d’une phlegmasie des méninges ; il ordonna 60 sangsues au niveau de l’épanchement. Tout resta stationnaire; deux jours après le traitement, il y eut paralysie du bras gauche, puis du droit, du hoquet et de la difficulté derespirer. Les troubles de la vue avaient disparu, mais des eschares au sacrum se développèrent, s’étendirent rapidement; le malade s’affaiblissait toujours de plus en plus; on pansa le sacrum avec la teinture d’iode; rien ne put entraver la rapidité du mal ; les eschares se gangrenèrent, une diarrhée colüquative produite par la septicémie se déclara, et la mort fut l’inévitable conséquence de ces graves désordres, au milieu desquels l’intelligence resta intacte jusqu’au dernier moment.

L’autopsie fil découvrir les lésionssuivanles, qui du reste, justifiaient jusqu’à un certain point le diagnostic qui avait été porté.

La partie postérieure du corps de la vertèbre était parfaitement saine; du pus était épanché dans le conduit rachidien, et la moelle, augmentée de volume, avait par suite produit la compression (sic). Une coupe verticale de la moelle fit trouver le foyer hémorrhagique dans l’intérieur de cet organe La moelle, tout autour de ce foyer sanguin, était ramollie dans une étendue de oà 6 centimètres, et les veines situées au-dessous étaient considérablement injectées.

OBS. XYC. — Koster (De pathogenie der Apoplexia medullæ spiualis

Nederl. Archiv. voor Genees en Natuurkunde, IV, p. 426, 1869). Canstatt

1870. — (Extrait.)

Le malade, âgé de 48 ans, ressent d’abord quelques fourmillements dans les extrémités inférieures. Quelques jours après, le 24 août, il se trouve, en se réveillant le matin, atteint d’une paraplégie complète. La sensibilité est abolie en même temps que la motilité, non-seulement dans les membres abdominaux, mais aussi dans la moitié inférieure du tronc; il y a de la constipation, de la rétention avec incontinence des urines, de la gêne de la respiration. Le malade n’éprouve pas de douleurs, même sur le trajet du rachis. Une application de ventouses scarifiées diminue un peu la dyspnée ; la sensibilité reparaît en partie au tronc et aux cuisses; le 29 octobre, le malade succombe avec des symptômes d’infection putride; une eschare profonde s’était formée dans la région sacrée.

Autopsie. La moelle ne renferme pas de foyer sanguin, l’organe est Hayem. 16

atrophié dans son tiers inférieur ; la substance grise est ramollie jusqu’au niveau de la région cervicale, Examen microscopique. A l’état frais, on voit des corps granuleux, des tubes nerveux atrophiés et variqueux, une grande quantité de pigment brun et jaune et des cristaux d’hématol'dine. Après durcissement, on constate que beaucoup de tubes ont disparu et sont remplacés par d’épais faisceaux conjonctifs. Abstraction faite de la grande quantité d’amas pigmentaires qui sont irrégulièrement disséminés dans la moelle, on ne trouve pas d'épanchement sangnin proprement dit.

OBS. XCVI. — Dug;uet (obs. inédite). — Ramollissement delà moelle.—

Hématomyélie. — Eschares profondes du sacrum, s’ouvrant dans le canal

rachidien. — Méningite cérébro-spinale.

Iluret cordonnier, âgé de 44 ans, est entré à l’Ilôtel-Dieu, salle Sainte- Jeanne, n° 12, le 14 septembre 1868. On ne noie dans ses antécédents rien autre que des accidents syphilitiques dont Je début remonte à deux ans et demi. Depuis trois mois, le malade ne pouvait marcher que lentement et avec une canne, en traînant la jambe gauche, qui lui semblait très-lourde. 11 y a trois jours il s’est vu tout d’un coup atteint d’une paraplégie complète ; il y a rétention des matières fécales et incontinence d’urine ; mouvements réflexes conservés, même exagérés : la sensibilité au simple contact à la douleur et la température est diminuée; il se produit spontanément et de temps en temps des soubresauts dans les deux membres inférieurs, plus accusés du côté gauche; il existe vers le milieu du tronc une douleur en ceinture avec sentiment de conslriction ; on ne note rien d’anomal ni du côté des membres supérieurs, ni du côté des yeux. Le malade ressent en outre une douleur assez vive le long de la colonne vertébrale dans les régions dorsale et lombaire.

"Vers la fin du mois de septembre, ie malade est dans le même état; constipation opiniâtre, il y a toujours incontinence des urines; il existe un peu de rougeur au sacrum ; l’appétit s’est bien conservé.

Le 13 octobre, on remarque au sacrum une eschare large comme la paume de la main, datant de quelques jours seulement. L’exagération des mouvements réflexes persiste toujours.

Le 26. L’état du malade s’est fortemeut aggravé ; l’altération des traits est très-marquée; il existe des sueurs profuses depuis la veille; le malade vomit dès qu’il fait quelques tentatives pour boire; il a du râle trachéal.

Mort dans la journée.

Autopsie. L’eschare du sacrum grande comme la main a détruit ioute les parties molles, nécrosé l’os et ouvert le canal rachidien.

L’ouverture de ce canal montre une imbibition de la face externe de la dure-mère par les liquides putréfiés de l’eschare, donnant une tende noirâtre remontant assez haut dans larégion dorsale.

La moelle enlevée, la ilare-mère incisée longidutinalemerit, montre l’existence d’une méningite fibrino-purulente, accentuée surtout au niveau du renflement lombaire et remontant jusqu’à la région cervicale.

La couche verdâtre qui enveloppe ainsi le renflement lombaire a jusqu’à 2 millimètres d’épaisseur; les vaisseaux qui rampent à la surface de la moelle sont gorgés d’un sang épais et noirâtre. La partie moyenne de la moelle paraît ramollie ; la partie supérieure et inferieure ont leur consistance normale. Vers la partie supérieure de la région dorsale, sur la face antérieure et à droite, on remarque une tache ecchymotique d’un bleu noirâtre et de forme allongée. Des coupes transversales faites au niveau des régions cervicale et lombaire démontrent l’intégrité de ces parties.

L’examen microscopique de ces parties fait à l’état frais, confirme ces données. Au contraire, une coupe faite dans la région dorsale, met à nu un tissu très-ramolli. Les cornes de substance grise sont de coloration foncée et noirâtre; cette disposition est surtout accusée pour la corne droite et plus haut celte altération vient se confondre avec ie foyer plus étendu qui a déterminé la tâche superficielle signalée plus haut. L’examen microscopique montre dans cette portion ramollie des débris de tubes nerveux, fort peu de cellules intactes, et un nombre assez considérable de corps granuleux.

En examinant la matière noirâtre qui remplace la substance grise, on trouve de la fibrine coagulée.

L’encéphale ne présente rien autre à noter qu’un peu de méningite fibrino -purulente, située à la base, au voisinage du bulbe, de la protubérance et des circonvolutions inférieures du cervelet.

Les poumons sont fortement congestionnés ainsi que le foie, la rate et les reins.

OBS. XCVIT. Trasbot ( Recueil de méd. vétér., mars 1870'. — Paraplégie aigue, due à une congestion de la moelle épinière au renflement lombaire chez le cheval.

Cheval entier de race commune, propre au service du gros train, gris pommelé, taille de 1™, 65 environ, 6 ans.

Ce cheval resta à i’écuiie du *21 novembre 1869 au 26, sans être malade; il reçut sa ration ordinaire et engraissa notablement,

Le 25, il fut attelé par une température au-dessous de 0, à un camion vide, et à peine eut-il fait quelques pas qu’il fut pris de tremblement; puis, après un moment d’arrêt, tomba lourdement sur le sol, sans qu’il lui lût possible de se relever. ^

Un vétérinaire pralique de suile une saignée de 4 litres, et on traîne le cheval à l'écurie. Il n’y a eu de la part de l’animal ni efiorls, ni li ssade avant la chute.

On conduit l’animal le 27 à Alfort, et on constate un embonpoint très-marqué, des excoriations sur les parties du corps sur lesquelles il est resté couché : la face est grippée, les naseaux sont dilatés, l’œil est anxieux : le cœur bat 60 à 7b fois par minute ; les extrémités sont refroidies, les deux membres postérieurs absolument dépourvus de mouvement et de sensibilité; ce n’est qu’à la région dorsale que la sensibilité reparaît. L’animal n’a pas mangé depuis la veille.

Ou pose le diagnostic de paraplégie aiguë ou rapide, due à une congestion de la moelle épinière.

L Saignée de 4 litres, 30 grammes d’aloès en pilules, lavements de sulfate de soude ; frictions sur les reins avec l’essence de térébenthine et la charge de Lebas.

Le 26. Physionomie anxieuse, décubitus latéral droit ; le cœur bat quatre-vingt-dix fois, les extrémités sont froides, la vessie est presque vide ; l’exploration rectale constate que l’aorte et ses divisions sont saines.

La paralysie du mouvement et du sentiment remonte jusqu’aux côtes et le cheval meurt le soir.

Autopsie, huit heures après la mort.

Appareil digestif sain. Appareil urinaire sain. Congestion des poumons.

Ecchymoses sur l’endocarde, notamment dans l’oreillette droite.

Les psoas sont volumineux, jaunes et friables; le grand psoas droit présente, vers le milieu de sa longueur, une déchirure oblique, dentée, à bords ecchymosés, déchirure qui a dû se produire quand on a traîné l’animal dans son écurie.

La moelle étant mise à nu, on observe que les enveloppes à partir du renflement lombaire jusqu’à l’extrémité sacrée sont d’un rouge vif et le siège d’une riche arborisation vasculaire, qui tranche sur la blancheur et le défaut de vascularisation apparente des parties antérieures,

La cavité de l’arachnoïde est remplie d’une sérosité rougeâtre au milieu de laquelle la moeile est immergée, et qui s’étend jusque dans la région dorsale, là même où la face interne de l’arachnoïde est blanche et parfaitement saine. C’est sans doute cette sérosité exhalée seulement à la surface des parties congestionnées qui, en s’écoulant dans la cavité arachnoïdienne, d’arrière en avant, a produit une compression graduelle de la moelle dans la région dorsale eL occasionné cette paralysie progressant vers les parties antérieures, qui s’est manifestée avant la mort et a causé l’asphyxie.

La moelle est fortement congestionnée; elle a sensiblement augmenté de volume et présente une couleur rosée ou rouge foncé par places ; cette coloration est produite par un fin pointillé rouge très-riche. La substance nerveuse est friable.

La congestion si accusée de la moelle et de ses enveloppes se propage sur les racines nerveuses jusqu’au delà des trous de conjugaison

où elle est accompagnée, en dehors du canal rachidien, d’un épanchement fibrino-albumineux, rosé, semi-coagulé; entre les faisceaux nerveux, sur les troncs sciatique et crural notamment, cette altération existe jusqu’à Om. 07 à 0m. 08 du rachis. Plus loin, les nerfs, môme le fémoral droit, dans le point voisin de la déchirure du psoas correspondant, sont parfaitement blancs et sains.

La congestion de la moelle trés-manifeste dans les couches superficielle de la substance blanche, est moins intense dans les couches moyennes, et plus accusée, au contraire, dans les couches blanches profondes, au voisinage des cornes et dans la substance grise à l’extrémité de celles-ci. Dans la portion la plus large du renflement lombaire et dans une étendue de 0 m. 03à0m., 05 à l’extrémité des cornes supérieures, la congestion a été suivie d’une hémorrhagie interstitielle qui a creusé dans les cordons supérieurs une véritable cavité de 0 m. 005 environ, remplie d’une bouillie liquide rougeâtre, formée par le mélange du sang à la substance nerveuse désagrégée. Autour de cette cavité pathologique, la substance de la moelle, fortement injectée, est fortement ramollie et s’écrase facilement jusqu’au point d’émergence des racines nerveuses sensitives.

L’examen microscopique confirme pleinement les faits constatés à la simple vue.

La sérosité arachnoïdienne, examinée- immédiatement, ne montre que de fines granulations grises ; quelques rares globules rouges de sang, en nombre très-petit, et des leucocytes encore moins abondants.

La bouillie rougeâtre prise dans la partie ramollie et diffluente de la moelle, examinée commelasérosité arachnoïdienne, montre des globules du sang en grand nombre et des fragments informes de tubes nerveux qui sont écrasés et ne seraient pas reconnaissables si l’on ne savait d’où ces débris proviennent.

Aucune altération de la substance musculaire proprement dite, pas de dégénérescence graisseuse, mais seulement de l'adiposité du muscle.

La moelle, enlevée depuis la région dorsale jusqu’à sa terminaison, est divisée en trois portions à peu près d’égale longueur, et placée avec les nerfs congestionnés dans une solution de 1 millième d’acide chromique. Cette solution durcit lentement, mais n’altère pas les éléments si délicats des centres nerveux, ce que ferait, au contraire, une solution plus concentrée. On prend des vases suffisamment grands pour que chaque portion de moelle soit parfaitement droite et suspendue à l’aide d’un fil, par son extrémité supérieure, au milieu de beaucoup de liquide. Vingt-quatre ou quarante-huit heures après l’immersion, on pratique entre chaque paire nerveuse une incision transversale de toute l’épaisseur jusqu’au feuillet viscéral de l’arachnoïde. Huit ou dix jours plus tard, on change le liquide, que l’on remplace par une nouvelle solution identique. On arrive ainsi, en cinq ou six semaines, à

obtenir un durcissement parfait sans aucune altération des éléments à examiner.

On pratique ensuite des coupes aussi minces et aussi régulières que possible avec le rasoir.

Ces coupes sont d’abord placées pendant six à douze heures dans une solution légère de carminale d'ammoniaque, qui colore fortement les cylindres-axes, la névroglieel l'épithélium du canal central en laissant la myéline presque blanche. De là, ces coupes sont mises dans un bain d’acide cristallisable, une partie, et alcool, deux parties, pendant douze heures, ce qui rend transparente la névroglie, puis dans del’acool pur pendant vingt-quatre heures, afin d’enlever ce qui reste d’eau. Enfin, on les met pendant deux à cinq jours dans l’essence de térébenthine, qui donne de la transparence à la myéline, et on les conserve indéfiniment dans le baume du Canada.

Dans les parties les plus antérieures, la moelle ' est parfaitement saine; les coupes montrent très-distinctement, dans la substance blanche, les tubes nerveux coupés perpendiculairement avec leur cylindre-axe rouge, la zone de myéline translucide et le cercle fin formé par le périnèvre; quelques fins vaisseaux capillaires allant presque directement de la périphérie vers le centre; dans la substance, grise des cellules parfaitement conservées avec tous leurs caractères physiologiques.

Les coupes prises dans un point rapproché du renflement lombaire montrent déjà une dilatation notable des vaisseaux capillaires, dont quelques-uns présentent des renflements fusiformes où ils mesurent jusqu’à 40 et 60 p.. De plus, en dehors de ces vaisseaux, on voit, notamment à la périphérie, et dans la couche la plus profonde de la substance blanche, comme aux extrémités des cornes, un épanchement d’une matière rosée jaunâtre presque amorphe et finement granuleuse, matière qui n’est que le blastème inflammatoire dont l’épanchement avait déjà commencé et qui, étant semi-fluide et transparent à l’état frais, a été coagulé et un peu coloré par le liquide durcissant. A mesure qu’on examine plus postérieurement, ces lésions s’accusent de plus en plus. Au point où une hémorrhagie interstitielle a eu lieu et a creusé une véritable cavité, la substance blanche et la substance grise des cornes, au voisinage, sont tellement imprégnées de la matière granuleuse épanchée en dehors des capillaires qu’on ne reconnaît plus la forme d’aucun élément. Quelques capillaires sont même rupturés ou déchirés et s’ouvrent dans la cavité anormale sus-indiquée. Dans celte partie, la plus altérée, le canal central est parfaitement libre et l’épendyme intact revêtu de son épithélium cylindrique à cils vibratiles. Les faisceaux de tubes nerveux transversaux, entourant l’épendyme, en passant des cornes droites aux gauches, ne présentent pas d’altération visible.

L’altération est donc concentrée presque exclusivement dans la zone

moyenne aux points d’union des substances grises et blanches, là où la moelle présente, d’ailleurs, dans l’état normal, sa plus grande vascularité. Les coupes passant directement par les racines nerveuses montrent une forte congestion autour de celles-ci, depuis leur émergence des cornes jusqu’en dehors de la moelle, congestion qui s’étend sur les cordons nerveux, quelques-uns, au'moins, jusqu’à 0m, 07 à 0m,08 du rachis.

En arrière du renflement lombaire, dans la portion effilée de la moelle, toute trace de lésion disparaît.

• «**4* ■ % ?.:■ K. -tàt'iH.. - /« >.UUt " ,"J ' ■

yf J; y y y !>y; '<>) ; yy:'- y ;.ë ffi

Page 1