Trélat, loc. cit., p
notre système hospitalier, pour demeurer bientôt convaincu que les incontestables progrès réalisés depuis le commencement de ce siècle n'ont pu donner à nos hôpitaux la salubrité que demande pour eux la philanthropie la plus vulgaire. On reste confondu d'étonnement, après avoir lu les discussions, les discours des hygiénistes les plus illustres, après les avoir vus diriger eux-mêmes l'édification de ces maisons de secours, de ne constater dans ces établissements modèles qu'une effrayante mortalité.
Il n'est peut-être pas un hôpital en France qui remplisse le but désiré, qui ne pèche par un défaut capital, et nous verrons bientôt que parmi nos maisons hospitalières les plus récemment construites, celle-là même qu'on cite comme type parfait, « comme offrant l'ensemble le plus complet des améliorations à introduire dans les constructions hospitalières1, » Lariboisière enfin, si fort envié de nos voisins, donne, d'après les chiffres officiels, une moyenne de décès bien susceptible de faire réfléchir les administrateurs et les architectes.
Avouons-le, d'ailleurs, nous critiquons nos hôpitaux actuels; mais nous ne nions pas l'immense difficulté que présente une bonne installation de ces asiles. Construire un vaste hôpital sur un terrain limité n'est pas chose facile, et « si l'on veut élever dans un espace donné un bâtiment pour contenir le plus de monde possible, on est obligé, ainsi que l'a fait judicieusement observer M. Giraldès2, d'avoir recours à des artifices d'architecture, multiplier les ailes, accumuler étage sur étage et donner à l'édifice une configuration qui, parla nature de ses dispositions, empêche la libre circulation de l'air et l'accès facile des rayons solaires. » Or, pour citer une autorité, dont le nom est bien souvent revenu sous notre plume (et ce ne sera pas la dernière fois), quelles conditions réclame un hôpital pour être salubre? « Il faut, dit M. Trélat 3, que tout soit disposé pour la libre et abondante circulation de l'air ; il faut que les vents puissent balayer facilement les surfaces de