‹ Des hopitaux et des hospices (volume 2)Chapitre 28 sur 98 · Cabanis, OEuvres complètes, t. II, p · texte numérisé non relu

Cabanis, OEuvres complètes, t. II, p

Je ne sais pourquoi tout nous presse d'entasser ici les faits pour démontrer une vérité partout admise aujourd'hui; mais il est des vérités d'une telle importance, que l'on ne peut hésiter à les appuyer à la fois du raisonnement et des arguments plus décisifs encore que nous donnent les faits. « Les casernes s'infectent comme les hôpitaux, dit M. Hippolyte Larrey * ; Pringle et bien d'autres hygiénistes militaires l'ont démontré. C'est ainsi que la caserne Napoléon, à Paris, a offert, à l'origine de son installation, un état d'insalubrité qui a disparu par la diminution de l'effectif. C'est encore ainsi que la caserne monumentale du Prince-Eugène, sur le boulevard du Temple, était devenue un foyer morbide, dont se ressentait surtout l'hôpital militaire Saint-Martin par l'affluence des malades. Une commission spéciale s'est activement préoccupée de cette situation, et, après bien des recherches, elle a conclu. à faire évacuer définitivement tout un bataillon de cette caserne, qui désormais est devenue salubre.

» De semblables faits sont multipliés presque forcément à bord des navires, et nos dévoués confrères, les chirurgiens de la marine, pourraient en fournir bien des exemples applicables pour eux à un vaisseau. »

Comment, après de pareils exemples, pouvons-nous nous expliquer qu'un médecin aussi savant que sérieux ait pu dire, au sein d'une réunion d'hommes sérieux, que « lorsqu'on dispose d'un espace suffisant et de constructions convenables, on peut réunir autant d' individus que l'on veut, sans qu'ils courent le moindre danger, » et qu'il ait pu citer, comme preuves à l'appui, nos lycées ou nos casernes 2 ?

Nous pourrions lui répondre avec M. Trélat 3 : « C'est aujourd'hui un fait incontestable que les grandes réunions d'hommes ou d'animaux engendrent un état sanitaire compromettant pour ceux qui en font partie. Que ces réunions soient temporaires ou permanentes, accidentelles ou périodiques, peu compactes ou très-denses; qu'elles aient lieu dans un local

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