Mémoires de l'ancienne Académie de chirurgie, t. V
2. Renault (d'Alfort), Bulletin de V Académie impériale de médecine, t. XXVII,
sera salubre qu'autant que ses salles vastes et aérées ne contiendront qu'un nombre très-limité de malades.
Sans vouloir en effet calculer ici à priori la capacité numérique exacte que devra avoir une salle de malades, chose peu difficile d'ailleurs d'après les chiffres que nous avons cités plus haut, n'oublions jamais qu'une salle d'hôpital n'est pas un dortoir, pour nous servir de l'expression de M. Giraldès *.
« Plus les salles sont petites, dit Michel Lévy 2 (et évidemment, par cette expression de petite le savant hygiéniste prétend indiquer le nombre des malades, et non la capacité de la salle), plus on peut rapprocher chaque malade des conditions de son hygiène privée, accoupler les cas semblables ou analogues, écarter le péril des transmissions morbides. »
Même en mettant à part les graves intérêts qui nous défendent de rassembler un grand nombre de malades dans une même salle, on trouve d'incontestables avantages dans cette manière d'agir si rationnelle que l'unanimité des médecins et des hygiénistes se prononce ouvertement en sa faveur. « Le malade est sous l'œil de la religieuse ou de la surveillante; ses moindres besoins sont facilement aperçus. Quinze ou vingt malades se gênent moins les uns les autres que trente ou quarante; dans ce dernier cas, si des cris, des plaintes partent d'un lit, ce sont vingt-neuf ou trente-neuf malades troublés; dans le premier, il y en a un moins grand nombre 3. » N'est-ce pas d'ailleurs au petit nombre de malades contenus dans les salles des hôpitaux anglais que l'on doit en partie la salubrité qui a frappé tous les observateurs?
« Londres, Liverpool, Manchester, Edimbourg, Glascow, au dire de M. Le Fort 4, possèdent de grands hôpitaux : mais, en général, le nombre de ceux qu' les habitent est moins grand qu'à Paris. Le nombre des lits dans les principaux hôpitaux de Londres donne un total de 3765 lits partagés entre les douze établissements principaux. »