‹ Des hopitaux et des hospices (volume 2)Chapitre 83 sur 98 · Le Fort, Des maternités. Paris, 1866, p · texte numérisé non relu

Le Fort, Des maternités. Paris, 1866, p

partagé en deux moitiés par un escalier central. Le premier et le deuxième étage, destinés aux femmes en couches, seraient séparés par cet escalier en deux moitiés qui pourraient être soumises à tour de rôle à l'alternance; des portes vitrées empêcheraient une trop libre communication entre les deux moitiés du bâtiment. Sur l'une de ces façades régnerait un corridor commun percé de fenêtres sur toute la longueur, sur l'autre façade seraient placées des chambres à trois lits. Chacune de ces petites salles aurait une fenêtre donnant à l'extérieur et une porte qui s'ouvrirait sur le corridor commun.

Complètement isolé de ce premier bâtiment, et ne communiquant avec lui que par un tunnel souterrain destiné au service matériel, au transport du linge et de la nourriture, par exemple, transport uniquement mécanique et auquel le personnel hospitalier ne devra prendre part que pour lui donner l'impulsion de départ, s'élèvera l'infirmerie destinée aux affections puerpérales.

M. Tarnier blâme dans ce projet la disposition du corridor commun où s'ouvriront les portes de toutes les chambres, de telle sorte qu'il sera le réceptacle dans lequel viendront se rendre les miasmes engendrés dans chaque compartiment et l'isolement sera illusoire 1.

Quant à nous, en rappelant ici les projets de deux chirurgiens, dont la parole a tant de valeur, nous n'avons eu d'autre but que d'appuyer les principes généraux que nous avons posés de l'autorité de leur nom : aux architectes et aux administrateurs le soin de les mettre en pratique.

Mais où construirons-nous notre hôpital de maternité ?

Devons-nous le construire à la campagne?

La question peut paraître embarrassante. Nous demandons de l'air pur et on nous en offre ; on nous offre même l'air le plus pur possible, plus la tranquillité, plus ce calme moral qu'amène le séjour des champs, ainsi que nous l'avons constaté tout à l'heure. Eh bien ! sans hésiter un seul instant nous refusons, parce qu'un hôpital de maternité doit être central.

Se fait-on l'idée d'une malheureuse femme prise tout à

J, Tarnier, loc, cit,

MAISONS D'ACCOUCHEMENTS 17i

coup des horribles douleurs de l'enfantement, quittant à la hâte son grabat, et par tous les temps, été comme hiver, nuit et jour, avec la pluie ou la neige, le soleil ou la lune, faisant à pied plusieurs kilomètres pour gagner le lit de misère ? Parfois l'accouchement précipité se fera au milieu de la route, et l'infortunée succombant aux douleurs, peut-être sans un bras pour la soutenir jusqu'au but désiré, peut-être prise d'un de ces accidents subits qui accompagnent parfois l'accouchement, devra, si elle ne veut pas compromettre deux existences à la fois, se traîner quand même, si elle ne tombe pas auparavant épuisée sur le chemin. Un hôpital d'accouchements à la campagne est aussi impossible qu'inhumain i.

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