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Trélat, Société de chirurgie, loc. cit., page

4. Léon Le Fort. Statistique comparative des hôpitaux en Angleterre. Gazette des hôpitaux, 1861.

DISPOSITIONS INTÉRIEURES

C’est une moyenne de 313 lits environ.

Ces idées, disons-le, ne sont pas nouvelles, et s’il faut en croire un homme de talent, nos vieux hôpitaux même auraient présenté une disposition semblable : « Le moyen âge, dit M. Yiollet le Duc *, montrait dans la composition de ses établissements de bienfaisance l’esprit ingénieux qu’on lui accorde dans la construction des monuments religieux. C’est un singulier préjugé, en effet, de vouloir que ses architectes eussent été si subtils lorsqu’il s’agissait d’élever des églises, et en même temps si grossiers lorsqu’il fallait élever des édifices civils. Ce n’est pas leur faute si l’on a détruit, depuis le xvie siècle, la plupart de ces établissements de bienfaisance divisés à l'infini, mais généralement bien disposés d’ailleurs, pour les remplacer par des hôpitaux dans lesquels, au contraire, on a cherché, peut-être à tort, à concentrer le plus grand nombre de malades possible »

Un détail d’une aussi haute importance ne pouvait échapper à la sagacité des commissaires de l’Académie des sciences, et Tenon, en deux endroits différents, formule ainsi son opinion : « Nos confrères ont retrouvé dans tous les hôpitaux d’Angleterre un usage que nous désirerions établir dans les nouveaux hôpitaux, c’est celui de ne mettre qu’un petit nombre de malades, c’est-à-dire de douze à trente, dans la même salle. Cet usage, si opposé à celui de l’Hôtel-Dieu, qui les y accumule jusqu’au nombre de trois ou quatie cents, nous annonce que les résultats pour la guérison et la salubrité doivent être également

opposés. » « Nous avons reconnu, dit-il plus loin l, que

le premier moyen d’obtenir la salubrité dans un hôpital est de ne réunir dans une même salle que le moindre nombre pos- | sible de malades. Nous nous sommes proposé de le fixer à peu près à trente : « l’expérience des Anglais a confirmé notre principe; on peut dire, à quelques exceptions près, que, dans toutes les salles de leurs hôpitaux, le nombre des lits est audessous de trente 2. »

Le Conseil général des hôpitaux, chargé en 1839 d’élaborer

I. Viollet Le Duc, Dictionnaire de l'Architecture française du XIe siècle au |i XIVe siècle. (T. VII, page 117.)

. 2. 3e Rapport à l'Académie des sciences, 12 mars 1788.

les plans d’un nouvel hôpital à édifier proposa aussi de construire des salles de dix lits seulement. M. Sanson-Davillier chargé du rapport, appuyait ce projet sur l’insalubrité des grandes salles d’un hôpital : nous n’avons pas besoin de dire que le plan était trop rationnel pour pouvoir être admis par l’administration.

En résumé, quel sera le chiffre de malades que devra contenir une salle d’hôpital ? M. Hippolyte Larrey 1 propose de le fixer de vingt à trente. Ce nombre, quelque restreint qu’il puisse paraître, nous semble encore trop élevé, et nous proposerions de prendre comme maximum le chiffre vingt. « En effet, dit M. Trélat 2, trente lits divisés en deux rangs, à trois mètres par lit, cela fait quarante-cinq mètres, c’est trop long. Le parcours du lit extrême à l’office et le retour à ce lit sera de quatrevingt-dix mètres, ce n’est pas une bonne condition, .ni de soins, ni de propreté. »

Un homme qui n’est pas médecin, mais dont nous invoquons le témoignage avec confiance, parce que c’est le jugement d’un savant, et surtout parce qu’il n’est pas médecin, et qu’on ne pourra l’accuser de parti pris, le général Morin, l'auteur des Études sut' la ventilation 3, a écrit : « Les salles d’un hôpital ne devraientcontenir qu’un nombre restreint de malades, douze à dix-huit lits. Dans les constructions anciennes ou récentes, on a beaucoup trop sacrifié les conditions hygiéniques à la facilité du service, et les grandes salles des nouveaux hôpitaux, malgré leur belle apparence, et l’espèce de luxe avec lequel elles sont établies, ne sont pas des modèles à imiter. »

Les salles destinées aux malades, percées de larges fenêtres, devront, pour être salubres, recevoir librement le jour et l’air par les deux faces; « les croisées monteront jusqu’à la hauteur du plafond, afin que la couche supérieure de l’air, qui est toujours la plus infecte, ait une libre issue4. » Nous condamnerions, à priori , un projet d’hôpital dont les salles ne présenteraient de fenêtres que d’un seul côté, condition émi-

1. Hippolyte Larrey, Société de chirurgie, toc. cit., page 106.

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