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ÉCLAIRAGE DES SALLES

voit, ne laisse rien à prévoir, et l’on sait que, sur ce point du moins, on s’est conformé dans nos nouveaux hôpitaux aux règles tracées par l’illustre académicien.

Il est inutile d’insister sur les détails de l’ameublement d’une salle : chaise, table de nuit pour chaque malade, quelques fauteuils pour les convalescents les plus faibles; des chaises percéesen nombre suffisant pour queles malheureux qui ne peuvent pas quitter la salle n’aient pas à souffrir de leur pénurie, des tables à pansements à la portée des médecins et des élèves ; enfin, une vaiselle propre et simple, tels sont les objets principaux qui composeront le mobilier d’une salle.

Un point plus important, selon nous, et qui mérite de nous arrêter quelque temps, est le système employé pendant la nuit pour l’éclairage des salles de malades.

La lumière devra, en effet, être assez forte pour rendre la surveillance possible, assez faible pour ne pas gêner les malades; de plus, il ne faut pas oublier que c’est aux dépens de l’air respirable que la combustion aura lieu, et l’on emploiera de préférence le système qui absorbera le moins d’oxygène. L’expérience, d’accord avec la science, proscrit donc le gaz d’éclairage dans une salle de malades. Si nous repoussons ce produit, c’est moins à cause delà substitution continuelle d’un agent non respirable à l’oxygène de l’air, qu’à cause de ses propriétés éminemment délétères et indépendantes de son pouvoir asphyxiant. On doit, en effet, à un savant médecin de Strasbourg, M. lourdes, la connaissance de l'influence spécifique du gaz d’éclairage sur l’organisme. Un trouble plus ou moins profond des fonctions du système nerveux et l’interruption des fonctions respiratoires sont les effets les plus ordinaires de l’asphyxie par le gaz d’éclairage et même d’un séjour plus ou moins prolongé dans un lieu éclairé par cet agent et où l’air ne serait pas suffisamment renouvelé. M. Tourdes 1 résume ainsi les symptômes qui se produisent sous cette influence délétère : « 1° invasion insidieuse, prodrome d’une durée variable; 2° céphalalgie, vertiges; 3° nausées, vomissements;

1. Tourdes (de Strasbourg), Conclusions à l’occasion d’une catastrophe survenue, en t84i, à Strasbourg . (Annales d'hygiène et de médecine légale, t. III.)

4° troubles des facultés intellectuelles, perte absolue de connaissance; 5° affaiblissement général, profonde résolution des forces, paralysie partielle, convulsions ; 6° phénomènes d’asphyxie apparaissant avec lenteur, mais complets et prédominants dans les derniers moments de la vie. » On voit par ce simple résumé combien il est important de remplacer cet éclairage facilement funeste à des malades dont les fonctions s’accomplissent déjà si difficilement, par un éclairage à l’huile qui donne peu de fumée, telle que serait une simple veilleuse suspendue au milieu de la salle.

L’importance de la question des fosses d’aisances, soit à cause de l’altération fréquente de l’air par les divers gaz qui se dégagent des" amas de matières fécales, soit à cause de l’odeur nauséabonde qui s’en exhale, explique l’intérêt qu’y ont toujours attaché les administrateurs et les médecins. L’hygiène embrasse tout : nous ne craindrons pas, puisqu’ici nous sommes hygiéniste, de consacrer quelques pages à ce grave sujet.

La commission de l’Académie des Sciences, déjà bien des fois nommée dans le cours de ce travail, n’ose se prononcer d’une manière énergique sur ce sujet, dont elle reconnaît pourtant toute la gravité. « Les latrines, disait-elle1, et leur position sont un objet important dans la création d’un hôpital; il serait bon qu’elles fussent isolées et éloignées; mais la commodité peut engager à les placer aux extrémités des parallèles C’est un objet qui doit être médité et combiné avec

l’architecte, les plans à la main, pour se décider sur le local et en mettre à prolit tous les avantages. »

On comprend l’embarras des commissaires en songeant aux inconvénients du voisinage d'un cabinet d’aisances, et d’autre part à l’impossibilité d’éloigner tant soit peu des salles de malades cette importante dépendance. Il nous semble qu’il sera facile de lever la difficulté en isolant les cabinets des salles, au moyen d’un vestibule chauffé. D’ailleurs on devra dans leur construction chercher à rendre impossible le dégagement des gaz méphitiques. Ce difficile problème peut, avec Félix Roubaud 2 se résumer ainsi : « Eviter le dégagement de gaz qui

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