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Chapitre III. — Conclusions

L’agglomération rcpugne à première vue. — La question d’économie est illusoire. — La simplicité du service n’y gagne pas. — Projet d’un hospice général. — La campagne perd tous ses avantages avec l’agglomération. — Impossibilité d’établir une maternité à la campagne. — Réponse à quelques objections. — Conclusions.

Au moment d’achever ce travail et de poser nos conclusions, nous demeurons effrayé de l’immensité de la tâche que nous avons entreprise, et, jetant les yeux sur ces pages trop longues et cependant incomplètes, nous nous prenons à regretter que le temps, qui nous tyrannise, ne nous permette pas d’ajouter encore quelques idées, quelques réflexions, quelques recher-

1. A cet argument, qui nous paraît, hélas! trop sérieux, on a répondu qu’il était assurément « bien peu de personnes, se rendant à la Maternité, qui ne pussent recourir à une voiture. » ( Rapport au Conseil municipal de Bordeaux, 22 janvier 1866.)

Nous nous demandons si nous avons bien lu. . . — Mais sans discuter ici la question malheureusement trop bien tranchée du plus ou moins d’aisance des pensionnaires d’une maternité, il nous semble démontré que les femmes en couches préféreront de beaucoup la clinique d’un hôpital urbain, si celui-ci leur ouvre ses portes, à une maternité éloignée de plusieurs kilomètres du centre de la ville. Ne sera- ce pas là une cause d’encombrement?

ches surtout à ce mémoire écourté, qui n’est en réalité, lainsi que nous le disions en commençant, qu’un résumé des opinions des maîtres sur la matière. Plus nous avançons, plus nous sentons notre faiblesse en présence de cette gigantesque question, et nous voudrions encore nous mettre à l’abri de quelques noms célèbres, dont l’éclat pût un peu dissimuler l’infériorité de notre travail ; nous eussions cité avec bonheur quelques lignes d’une remarquable brochure de M. Gachet (d’Issoudun), l’Hôpital et la famille dans les petites villes; nous eussions fait appel à l’expérience de M. le Dr Chenu, dont le Rapport au conseil de santé des armées , sur les résultats du service médico-chirurgical aux ambulances de Crimée et aux hôpitaux militaires français en Turquie pendant la campagne d’Orient, riche de faits et de précieux documents, nous eût sans doute aidé sur beaucoup de points; nous eussions voulu consulter encore un important ouvrage, véritable monument élevé au moment même où nous écrivons ces lignes, nous assure-t-on, au génie hospitalier, par un savant agrégé de la Faculté de Strasbourg, et tant d’autres travaux publiés ou en voie de publication, depuis que nous avons entrepris nousmême la rédaction de ce mémoire.

Le temps sera notre excuse...

Mais il est un point du programme que nous avons jusqu’ici laissé de côté et auquel il est bien temps de nous arrêter quelques instants... nous voulons parler de l’agglomération, de la réunion si l’on préfère, des hospices et des hôpitaux d’une ville dans un même point. Pour tous ceux qui connaissent nos idées, ou plutôt pour tous ceux qui se sont pénétrés de la lecture des hygiénistes spéciaux et plus encore des discussions des sociétés savantes sur les hôpitaux, la conclusion que nous allons poser ne saurait être douteuse. Nous avons montré, de concert avec les voix les plus autorisées de la science, la nécessité absolue d’un air pur, et pour arriver à ce résultat nous avons vu les hommes les plus compétents repousser les grands hôpitaux, exiger de petites salles, demander de développer les bâtiments en lignes constamment parallèles, et déclarer enfin que l’on ne pouvait admettre des hôpitaux de plus de 300 malades. Gomment songera-t-on, après cela, à accumuler dans

CONCLUSIONS

un même local tout ce que les misères humaines peuvent enfanter de maladies ou d’infirmités ? Cependant jugeons froidement la question, et demandons-nous si l’agglomération de ces établissements dans un espace plus ou moins étendu, présente quelques avantages ou des inconvénients sérieux.

Les partisans d’un semblable projet ne peuvent, ce nous semble, baser leur opinion que sur deux motifs : 1° la réunion des hôpitaux et des hospices en un seul réalise une économie considérable ; 2° facilite le service.

Nous pourrions répondre que l’économie n’est pas une question d’hygiène ; mais nous comprenons trop bien la valeur de tout ce qui touche à la fortune du pauvre pour vouloir un seul instant appuyer nos idées de cet argument peu solide, et nous le rayons aussitôt.

11 est incontestable pour nous que l’on ne peut admettre une dépense plus considérable de première installation et un prix de journée plus élevé pour plusieurs petits établissements charitables que pour un seul très-vaste. Pour assurer le service de ces grands édifices, pour faciliter leurs fonctions, il faut des installations excessivement coûteuses ; il faut que tout concorde avec l’étendue de l’hôpital, avec le nombre des pensionnaires, et la dépense considérable qu’entraîne l’institution de services généraux immenses compense bientôt quelques économies réalisées sur la construction. Nous rappellerons encore la proportion établie par M. Le Fort 1 relativement à l’étendue du terrain à accorder à un hôpital ; et tout en reconnaissant, si l’on veut, que les chiffres de cé chirurgien ne sont pas absolument admissibles, personne ne nous contestera, je pense, la vérité du principe : plus un hospice général sera grand, plus aussi l’emplacement devra être vaste, et au prix fabuleux des terrains aujourd’hui, on pourrait bien dépenser en frais d’emplacement beaucoup plus qu’en constructions de toute espèce.

Quant à faciliter le service, le prétexte nous semble spécieux, nous l’avouons au premier abord ; mais, en somme, moins on aura de malades à surveiller, plus la surveillance sera facile et régulière.

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