CHAPITRE V
Le Cycle martien.
Le titre de ce livre devrait m’engager à étudier le roman hindou avant le cycle martien. Une considération de méthode me décide à renverser cet ordre. Il vaut mieux aller du simple au composé, et bien que la planète Mars nous soit assurément moins connue que les Indes, le roman qu’elle a inspiré au génie subliminal de Mlle Smith est relativement plus facile à expliquer que le cycle oriental. En effet, il ne paraît relever que de l’imagination pure, tandis qu’on rencontre dans ce dernier des éléments historiques réels dont il est très difficile de savoir où la mémoire et l’intelligence d’Hélène ont bien pu les puiser. Il n’y a donc dans le roman martien qu 'une faculté à l’œuvre, comme aurait dit un psychologue classique, tandis que le cycle oriental en met plusieurs en jeu et doit, par conséquent, être abordé en second lieu, en raison de sa plus grande complexité psychologique.
Bien que la langue inconnue qui sert de véhicule à beaucoup de messages martiens ne puisse naturellement être dissociée du reste de ce cycle, elle mérite cependant une considération spéciale et le chapitre suivant lui sera plus particulièrement consacré. Elle ne figurera dans celui-
ci, où je traiterai des origines et du contenu du roman martien, qu’autant que son apparition ne fait qu’un avec l’apparition même et les premiers développements de ce roman.