CHAPITRE VI
Le Cycle martien (suite) : la Langue martienne.
Des divers phénomènes automatiques, le « parler en langues » est un de ceux qui de tous temps ont le plus piqué la curiosité, mais sur lesquels on a le moins de documents précis, par suite de la difficulté de recueillir exactement, au moment où ils jaillissent, des flots de paroles confuses ou inintelligibles. Le phonographe enregistreur, qui a déjà été employé dans quelques cas exceptionnels tels que celui de Le Baron (2), rendra sans doute un jour d’inestimables services pour ce genre d’étude, mais il laisse encore trop à désirer à l’heure actuelle au point de vue de son utilisation pratique avec des sujets hors de leur sens normal, qui ne sont pas maniables à volonté et ne s’inquiètent guère d’attendre, pour proférer leurs paroles insolites, que l’instrument soit installé et juste au point (8).
Il y a bien des genres de glossolalie. Le parler exta-
(') Le contenu de ce chapitre a été communiqué à la Société de Physique et d’Histoire naturelle de Genève dans sa séance du 6 avril 1899. (Archives dessc. phys. et nat. 1899, t. VIII, p. 90.)
(*) Proceed. oftheSoc. for. Psych. Res. 1897, vol. XII, p. 278.
(5) Une tentative de ce genre a été faite à une séance de M"* Smith, grâce à l'obligeance de M. Eug. Demole qui avait apporté son phonographe enregistreur; mais elle n’a pas abouti.