‹ Des indices de réfraction et leurs applications à la chimie et à la pharmacieChapitre 10 sur 10 · MÉLANGES ET COMBINAISONS · texte numérisé non relu

MÉLANGES ET COMBINAISONS

Combien de fois n’a-t-on pas soulevé cette question : tel liquide versé dans tel autre produit-il simple mélange, c’està-dire juxtaposition de molécules hétérogènes, ou bien y a-t-il combinaison chimique, c’est-à-dire alliance intime de plusieurs molécules hétérogènes ne formant plus qu’une seule molécule complexe? Pour arriver à la solution de ces problèmes si difficiles à résoudre, on a eu recours au densimètre, au thermomètre, aux distillations partielles ; moyens peu sensibles, employés faute de meilleurs, et qui, le plus souvent, n’ont pu donner de résultats précis.

Lorsque deux substances se mélangent sans combinaison, l’indice du mélange est proportionnel aux indices et aux volumes des composants ; dans le cas de combinaison, au contraire, la loi de proportionnalité n’existe plus, et l’indice est plus fort que celui indiqué par le calcul. Etablie par la théorie, et vérifiée par les expériences d’Arago, Dubourg et Petit sur les gaz, cette loi s’applique également aux liquides ainsi que j’ai pu le constater. Je ne citerai qu’une expé* rience.

{o j’ a i pris un volume d’alcool absolu et deux volumes d’eau; je les ai bien mêlés, et après quelques instants j’ai pris l’indice du liquide :

Eau. . . • Alcool. . .

Mélange A.

Par le calcul j’obtenais mélange An = 1,3431 Différence entre le calcul et l’observation — 0,0098.

Il y a donc eu véritable combinaison.

2° J’ai mêlé un volume du mélange A avec un volume d’eau.

Eau.

1 er mélange A. . .

2 e mélange B. ...

Mélange B par calcul

Il s’était donc formé encore une combinaison chimique.

3° J’ai mêlé un volume du mélange B avec un volume d’eau.

Eau..

2 e Mélange B. . . .

3 e Mélange G. . . .

Mélange C par calcul

Cette différence de 0,0002 est insignifiante. Il s’ensuit donc que dans le mélange B l’alcool s’était combiné à l’eau à sa* turation pour former un liquide inapte à se combiner de nouveau à l’eau, mais susceptible de s’y mêler. Le mé-

lange C est donc constitué par une combinaison définie d’alcool et d’eau dissoute dans l’eau si l’on peut s’exprimer ainsi.

Fin variant les modes d’expérience on pourra décider dans quels cas il y a combinaison, dans quels cas il y a simple mélange, et dans quelles proportions un liquide est susceptible de se combiner à un autre.

J’ai fait sur ce sujet quelques études trop incomplètes encore pour que je me permette de les exposer ici, mais qui offrent assez d’intérêt pour m’engager à les continuer.

Paris. — Imprimé par E. Thhnot et C', 26,

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