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Des influences françaises au Canada. Préf

•* Li CaiKuUoi fran(:ais. an rour-s de sa brève existence, écrit M. (iahrirj Hanotau.r, sut trouver en lui-même un principe <Jr vitalité, je veii.r (lire une âme. une âme l(K-ale et française tout à la fois^\ Par cette âme, (ju'iî réchauffait ainsi en lui-même, le Canadien français a vécu. Il a résisté. Il est resté ce qu'il était. Cela seul lui mériterait le respect et l'admiration, si ceux qui alfectent de le ntéprîser pouvaient se hausser jus- (ju'à le comprendre, l'ne même penser )tourrit sa volonté patiente: survivre, rester fidèle à ses orif/ines, transm<ttre à ses descoidtnits rhérita(/e qui fait sa fierté, ^^on esprit routinier et têtu le servit à merveille, dès les premiers jours de la défaite. En déposant les armes, il fpirda son couraffe. ^^on attitude fut nohh' et simple, et son cour fut juste, même S(tus les coups de l'injustice, même au sein du malheur, même après qu'il eût triomphé. Comhioi j>ourraient en dire autant / Hi quelqu'un dfninu une leçon de tolérance et de (jrandeur, ce fut lui. Encore aujourdliui il inclinerait à Vimluhience, si les assauts répétés d'un orf/ueil traditionnel n'avaient pas fini pav agacer sa placidité paysanne, s'il ne sentait pas qu'une dernière concession serait une irrémissible faiblesse si, subissaiit les mêmes af-

YI PREFACE

fronts^ il )i avait pas compris , au mêtne tressaillement du son êtfe la nécessité de recommencer Fkistoire. Lahoureurj il y est habitué: le même sillon se creuse où la terre s'est fermée.

Il a vécu. Comment voudrait-on quHl eût fait mieux et de plus essentiel f Pouvait-on vraiment lui reprocher^ comme Va fait Diirliam, de n'avoir ni littérature ni histoire ? Et si Vimportance que donnait cet Anglais à la littérature peut constituer pour nous une singulière leçon, qui ne voit pourtant combien cette remarque était injustifiée et maladroite, à Vépoque même où elle était formulée f Pas d'histoire ni littérature! Y r aiment ce grand seigneur a beau jeu. Que n'en demande-t-il davantage eyicore ? Et pourquoi^ par exemple, 7ie nous gourmandait-il pas de 7i' être, après tout, que de pauvres et honnêtes gens, de onoeurs sévères, d'habitudes modestes, d'esprit pondéré f Avions-nous eu le temps d'écrire et de chanter, de fonder des arts et d'établir des fortunes, quand notre premier et unique souci devait être de durer et de protéger jalousement, contre les empiétements de prétendus civilisés, des droits qui dépassent les plus beaux poèmes, fussent-ils de Shakespeare; quand notre langue, pieusement parlée, on ourdissait déjà dans l'ombre de noais l'enlever, et quand il fallait, avant que de l'enrichir, mettre tout notre soin, toute notre forcée, toute notre constance à la garder seulement ? D'ailleurs, si Von y tient absolument, quelle littérature vaâi-

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