‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire à RomeChapitre 72 sur 73 · AJOUTÉES PAU LE TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

AJOUTÉES PAU LE TRADUCTEUR

NOTE 1'* (page ■49).

L’ordre des sœurs hospitalières ou des sœurs grises^ sanctionné seulement par Léon XÏI, avait occupé long-temps la pensée du saint pontife Pie VII. A son retour de France, il avait formé le projet de créer pour l’Italie une congrégation semblable à celle des filles de Saint-Vincent-de-Paule, avec les modifications exigées par la différence des pays et des mœurs ; mais le temps lui manqua et il ne put qu’en déposer à Rome, dans quelques cœurs généreux de femmes, le germe qui mûrit plus tard.

M. Artaud cite à ce sujet une charmante anecdote qu’il m’est impossible de ne pas rappeler ici. Dans une audience de congé que lui donnait le pape, l’entretien roulait sur les choses de France. « Ensuite, dit M. Artaud, la conversation tomba sur les sœurs hospitalières. — Vous nous aviez parlé des religieuses de France, et surtout de ces filles de VÀve-Maria qui allèrent à la mort en chantant le reni Creator,' on entendait moins de voix à mesure que les têtes tombaient. Nous accorderions toutes les faveurs que l’on solliciterait pour un ordre semblable. Mais parlons aussi des sœttrs grises. Écoutez ; Voilà ce que nous avons fait, nous avons cherché à les introduire dans toute la catholicité, et particuliérement en Italie , en Allemagne et en Irlande. On nous a dit : Devant les malades , la femme italienne n’a pas tout à fait assez de courage et de force morale pour se soumettre à tant de fatigues ; l’Allemande a quelque chose de trop soumis et de trop facile ; l’Anglaise ne manque ni d’humanité, ni d’exaltation, mais elle est trop sostenuta (mot difficile à rendre et qui renferme une sorte de reproche do pudeur mal entendue). La femme française

possède l’adresse, l assuiance , la résoliiliou, le commandement doux, la piété sévère indispensable à un tel état. Cependant nous ne renonçons pas au désir d’améliorer en cela le service de nos hôpitaux. »

. {Histoire de Pie y II, tom. 2, pag. 482, édit, de 1857, in-8.)

M. Valéry, dans son Guide en Italie, tronque cette anecdote comme beaucoup d’autres , et va évidemment trop loin quand il prétend que le pape trouvait les Âllemandes trop coquines (bric* cône).

NOTE 2 (page 87).

« On ne peut s’empêcher d’étre vivement ému , eu voyant de près la triste condition de ces pauvres ouvriers , auxquels les plaines romaines doivent leurs récoltes, et qui , mal vêtus, grossièrement nourris , privés des douceui*s de l’abri paternel , et le plus souvent des soins de leurs parents, livrés aux rigueurs de l’atmosphère , aux piqûres des insectes , semblent descendus au plus bas degré de l'échelle des souiïrances. Dès que la chaleur se développe, des maux plus grands encore les accablent ; leurs poumons, habitués à l’air subtil des montagnes, sont mal à l’aise dans l’atmosphère pesante de la plaine; leur corps, dont le soleil a ouvert les pores, se refroidit brusquement par le contact immédiat d’une fraîche rosée et de la terre qui leur sert de couche ; la fièvre en saisit chaque jour quelques-uns, que le caporale, presque aussi à plaindre qu’eux, transporte dans sa tente, en mettant à côté d’eux un peu d’eau acidulée ; et le soir, toutes les victimes < de la journée sont conduites en charrette à l’hôpital le plus voisin, dbtant quelquefois de dix à douze lieues, ha noble et pieuse famille Doria-Pamfili adonné le bon mais unique exemple d’é-, tablir, dans chacune de ses fermes , une voiture commode pour remplir ce charitable devoir ; mais trop souvent on arrive au lieu où se trouvent les secours lorsqu’ils sont devenus inutiles. Quelquefois, dans le paroxisme de la fièvre, ces pauvres gens s’éloi-.

gnent de leur troupe , et il n’est pas rare que la mort les frappe loin de leurs amis. Ces tristes ^événements sont assez fréquents pour que des hommes pieux aient formé une confrérie qui parcourt les campagnes pour y recueillir et pour transporter les malades à l’hôpital , et pour ensevelir les corps de ceux qui meurent ignorés.

« Ainsi dans ces campagnes romaines dont jadis les palais et les jardins avaient chassé la diarnie, l’homme peut mourir seul, et son cadavre serait livré aux oiseaux de proie , si le christianisme n’avait rempli quelques cœurs d’une sublime charité.

« Mais je dois me hâter de dire que l’on ne saurait accuser entièrement les hommes de ces malheurs, résultant en grande partie de la nature des choses qui, nécessitant une immense réunion d’ouvriers dans des lieux malsains , mal fournis d’habitations et situés loin des villes, rend très difficile de donner des soins à huit ou neuf cents moissonneurs qu’emploient quelques fermiers. Cependant il est reconnu que le mal peut être diminué et le sort de ces ouvriers amélioré, par quelques précautions que le gouvernement pontifical et l’administration française ont également recommandées. »

(De Toürnon, Étud. stat. sur Home, tom. 4, pag. 28».)

\OTK S tpape 91).

Innocent, à l’exemple de Clément lU , son prédécesseur et son oncle, favorisa extraordinairement la ville de Rome... Les arts, particulièrement l’architecture qui prend à son service tous les autres , commencèrent précisément à cette époque à recevoir un nouvel essor... H fit rebâtir et agrandir le grand hôpital du Saint- Esprit, appelé en Saxe, près du Tibre, non loin de l’église Saint- Pierre. Marchant sur les traces de Grégoire-Ie- Grand , qui établit la première maison des orphelins et le premier hôpital , il dota richement cette fondation de bénéfices, de possessions, de revenus, d’ornements, de livres, de privilèges. Pour maintenir à per-

pétuité la prospérité de cet étabUssemenl ^ il ordoima que tous les ans , le dimanclie après Toctave de l’Épiphanie , le suaire du Seigneur, cette relique si vénérée, y serait porté de l’Eglise Saint- Pierre en procession solennelle et au milieu de chants de fête, et que le pape luhméme ferait un sermon sur les œuvres de la cha rité chrétienne et sur leur influence, pour le pardon des péchés, et qu’en même temps, outre ses exhortations, il donnerait l’exemple, en distribuant du pain, de la viande et du vin à tous ceux qui assisteraient à cette fête.

On rapporte qu’un pécheur, sentant ses filets très lourds, espéra une riche capture de poissons, et qu’au lieu de poissons, il tira à terre trois enfants morts. On ajoute qu’innocent en fut tellement touché, qu’il résolut de faire construire une maison dans laquelle ces pauvres petites créatures abandonnées trouveraient des soins et de l’éducation. Quel qu’ait été le motif d’innocent, en faisant construire et en dotant cette maison, il est certain qu’il jeta ainsi les fondements d’un établissement digne de la capitale du monde. Autrefois, outre un grand nombre d’orphelins et d’enfants trouvés, on y soignait souvent 1.500 malades, et on y soutenait les pauvres de toute condition et de tout pays. Après avoir reçu les agrandissements , les embellissements et les dotations dont nous venons de parler, il ressemblait , en l’an 1694 , à un château-fort renfermant divers palais avec leurs vastes cours. Dans une division demeuraient 400 nourrices qui nourrissaient les enfants trouvés ; près de 200 orphelins étaient donnés en pension au-dchors ; dans une autre division 500 garçons, et dans une troisième un môme nombre de jeunes filles étaient élevées; dans une quatrième division, il y avait 1,000 lits pour les malades, presque tous occupés; les dépenses annuelles se montaient à plus de 100,000 scudi. Et de nos jours encore, aucune ville dans le monde chrétien ne possède un établissement qui puisse être comparé n l’hApital du Saint-Esprit.

{HUtùire d* Innocent III, parpRED. Hürtbr, rad. française de M. de SAiisT-CnéRON, tom. 5, p. 445.)

Note 4 (page ne).

L’hospice de Saint-Michel étant dans son état actuel, et surtout par son histoire et la date de sa fondation, un établissement de la plus haute importance, j’engage le lecteur désireux de bien connaître celte belle institution , à lire les bulles dans lesquelles les papes qui Pont créé ont déposé l’expression de leurs vues si hautes, d’une si généreuse et intelligente charité. Il verra, surtout dans l’admirable bulle de Sixte V, du mois de mai 1587, qui commence par ces mots : Quamvis infirma, à quelle source les pontifes allaient puiser les inspirations de leur philanthropie.

Le cardinal Tosti, alors simple prélat et président de l’hospicu apostolique, a publié, en 1852, une Relation très intéressante qui complète les renseignements donnés par monsignor Morichini. Cette brochure in-4<>, ainsi que le livre même de M. Morichini, ont été imprimés sous les presses de l’hospice par les jeunes élève».

NOTE î» (pageiri.)

« A Rome, les produits de la loterie ne tournent point au profit du gouvernement. En France, le pauvre qui ne mettait pas à la loterie n’avait pas pour cela moins de besoins , parce que rien ne loi revenait des énormes bénéfices qu’elle procurait à l’État ; à Rome, au contraire, l’enjeu du riche devient l’aliment du pauvre, et l’arrache souvent aux angoisses du désespoir. Benoit XIV supprima la loterie, mais le peuple joua en secret, bravant ainsi l’autorité que le grand nombre des contrevenants mettait hors d’état de sévir. Le pontife crut devoir la rétablir ; mais il en changea la nature et la métamorphosa en œuvre de charité. Il établit entic autres qu'à chaque tirage, cinq jeunes filles prélèveraient leur dot

sur le gain des cinq numéros sortants. Cela s'est constamment pratiqué depuis ; de sorte que tous les mois » le public voit accolé à chaque numéro le nom de la Romaine à laquelle le hasard procure les chances d'un mari^ et que celle-ci ne porte à l'autel ni un nom commun, ni un nom propre, mais un nom de nombre ; c’est mademoiselle 56 ou mademoiselle 88. »

(R. -P. DE Gekamb , Voyagea /Ionie, pag 347.}

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