CHAPITRE IV
ÜE l’hôpital de SAIlNTE-MAniE-DE-LA-CONSOLATIOH.
Au lieu ou Sainte-Galle, matrone romaine, filledeSymmaquepatriccet sénateur de Rome, avait coutume de donner à manger à douze pauvres , le pape Saint-Jean consacra à la bienheureuse Vierge une ^lise qui, devenue célèbre et riche d’aumônes et d’offrandes, trouva le moyen d’élever un hôpital au xi*^ siècle, sous Grégoire VI. On le nomma Sainte-Marie-du^Porlique , et il était à la place même de l’église de Sainte-Galle; près de là , dans le siècle suivant, il .s’éleva un autre hôpital sous le titre de Sainte-Ma» ie-des-Grâces, durant le l ègnc de Gélase II ;
enfin sous Calixte III, vers 1455, on en créa un nouveau près des deux premiers et on l’appela Sainte- Marie-de-la-Consolalion. Alexandre VII fondit les trois en un, sous le nom du dernier, et le destina au traitement des blessures, fractures , contusions et de tous les maux qui exigentles prompts secours delà chirurgie. En 1660, lecardinalGiacomoCozza augmenta l’édifice, y ajouta un bâtiment pour les infirmiers , et un amphithéâtre anatomique. Deux salles parallèles sont séparées par la voie publique; la plus grande, qui a trois-cent trente-sept palmes de longueur, quarante de largeur et trente-six de hauteur, est destinée aux hommes ; elle est belle, propre, aérée, capable de contenir cent vingt-deux lits ; sous cette salle on voit encore le vieil hôpital de la Consolation enterré par les éboulcmcnts continuels du mont Tarpéien. L’aile consacrée aux femmes , plus petite et moins belle que l’autre, fut élevée par le duc Valentin. Elle est longue de cent onze palmes , large de treize , haute de dixneuf et pourrait recevoir trente-quatre lits. La députation des hôpitaux, sous Léon XII, amena cet établissement au degré d’ordre, de netteté et d’élégance qui le distingue aujourd’hui.
Les maladies soignées à la Consolation ne dépendant point de la température, mais de tout autre cause, ne suivent pas les variations observées dans les autres hôpitaux. Elles sont en plus grand nombre an carnaval et en octobre, quand le peuple s’abandonne à toute sa joie, d’où il résulte des rixes et des folies d’ivresse. Le nombre moyen peut être fixé à soixante. Chaque jour il se présente des blessés, que l’on soigne gratuitement, en tes renvoyant chez eux ou bien en leur donnant un
lit, s’ il est nécessaire. La nourriture dépend du médecin (d varie suivant les degrés indiqués dans les précédents chapitres. Ici viennent aussi de pieuses confréries pour visiter , instruire les malades , les réjouir par quelques douceurs. Celle de la Madone de la Consolation administrait cet hôpital , soumis ensuite à un cardinal visiteur, plus tard à la députation des hospices , et aujourd'hui à une administration particulière et indépeudante.
On y compte trois prêtres, c'est-à-dire un prieur et deux chapelains ; im médecin eu chef , un assistant , deux chirurgiens en chef, deux substituts, dix étudiants, un pharmacien; en tout trente individus logés dans l’établissement. Les deux chirurgiens tiennent l’école de chirurgie et d’anatomie, à laquelle sont annexées une chambre d’opérations , quelques préparations des cas ordinaires de chirurgie et une petite bibliothèque. Le cimetière, où de bons frères viennent ensevelir les morts comme dans les autres hôpitaux, esta peu de distance. Ce qui manque, c’est une infirmerie pour les employés et un logement pour les femmes de service. Deux églises , Sainte-Maric-de-la-Consolation et Sainte-Marie-des-Gràces, desservies par un recteur et un sacristain dépendant de l’administration de l’hôpital, sont jointes à l’hospice.
Comme souvent on apporte à Sainte-Maric-de-la-Consolation des hommes blessés ou foulés par suite de crime, il serait utile de mettre des sentinelles aux portes pour m garder l’entrée et maintenir l’ordre, surtout quand le peuple s’assemble autour des nouveaux venus. Les registres pouvant servir de preuve légale devraient être tenus avec plus de soin encore que partout ailleurs ; cl il
ne faudrait pas croire trop facilement les paroles des malades , mais les vérifier rigoureusement.
La faible mortalité de cinq, quarante-trois par cent, fait grand honneur à l’établissement. Ses revenus sont de 12,000 fr. , dont 3,750 fournis par le trésor.