‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire a Rome, essai historique et statistiqueChapitre 55 sur 78 · DE 1.A COMMISSION DES SUBSIDES · texte numérisé non relu

DE 1.A COMMISSION DES SUBSIDES

Pie Vil avait institué une œuvre de bienfaisance pour distribuer à domicile des aumônes aux pauvres qui en seraient reconnus dignes, et pourvoir à l’emploi des bras inutiles des mendiants valides. Mais cette œuvre n’avait pu remplir son but, parce quelle ne réunissait point en un centre commun les moyens nécessaires , et c’est pourquoi Léon XII , par un chirographe du 27 février 1 826 , chargea une commission composée d’un cardinal-président , de huit membres et d’un secrétaire, d’établir un relevé de toutes les sommes versées dans le tré-sor de la bienfaisance publique, par la datairie, la se-

fi’étairerie des brefs, la ehambre apostolique, la loterie et autres établissements publics ou partieuliers , et d’en former une seule caisse centrale , nommée caisse des subsides, afin qu’une main unique dirigeant la distribution des secours , une seule tète ne cumulât plus indûment plusieurs sortes d’aumônes. On devait verser dans celte même caisse tous les dons laissés aux pauvres par testament, sans indication d’une personne chargée de l’exécution , et tous les legs faits à des établissements de charité , pour les répartir ensuite selon les vœux du disposant; on j devait joindre également le produit des taxes directes ou indirectes imposées en faveur des indigents , les sommes recueillies dans les églises , soit paiquêtes pendant le cours des prédications , soit dans des troncs à ce destinés, la recette des spectacles donnés au profit des pauvres, et tous autres secours quelconques. La commission devait en outre calculer le chiffre des subventions accordées aux établissements publics, de manière qu’elles ne fussent plus fixes et invariables, mais pussent augmenter ou diminuer en raison des besoins , quelques fonds restant toujours en caisse pour les cas imprévus ; elle devait encore réviser toutes les pensions gratuites, les enlever aux non-méritants, les assigner aux personnes qui y avaient des droits réels , sous la sanction du pape. Enfin les secours à domicile étaient Répandus dans une juste mesure sur tous les indigents, sur les pauvres honteux en particulier, et sur les mendiants dont on proscrivait par là même l’oisiveté.

La commission remplit ponctuellement les intentions du souverain pontife; elle [)résenta à T.éon XI 1 le résul-

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tal de ses recherches, et le l(i decenihre 1826 , fut le motu proprio qui prescrivait des formes très louables pour la distribution des secours à domicile,

U ne nou velle commission établie sous le titre de commission des subsides, et actuellement en exercice, se compose d’un cardinal-president et de quinze membres nommés par le pape, et entre lesquels sont toujours admis le trésorier {jénéral, l’auménier et le supérieur de l’hospice des Thermes. Leurs fonctions durent six années seulement, parce que l’on a pensé qu’au bout de ce temps leur activité pourrait se ralentir. La ville tout entière est divisée en douze parties qui conservent l’ancien nom romain de région ; chaque réjçion se subdivise en paroisses, et un nond)re correspondant de congrégations régionaires et paroissiales répartit les aumônes. Les premières se composent d’un député de la commission centrale, nommé prèfet-régionaire , de tous les membres des congrégations paroissiales, d’un médecin et d’un chirurgien; les secondes sont formées du curé , d’ un habitant de la paroisse et d’une dame de charité. Les membres de ces dernières demeurent pendant trois ans en charge. La commission centrale a un secrétariat et nne comptabilité qui occupent douze employés salariés, et ehaque congrégation particulière paie également son secrétaire et son bedeau. La commission se rénnit une fois par mois chez le cardinal-président ; une fois par mois aussi se réunissent les congrégations régionaires et paroissiales. Dans ces dernières on discute les demandes des pauvres de la paroisse ; deux députés vont les visiter dans leurs maisons , vérifient leurs assertions , constatent leurs be-

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soins et proposent la nature, le. montant, la durée du secours nécessaire ; puis les demandes avec les observations et les avis de la congrégation paroissiale, sont envoyées à la congrégation rcgionairc qui examine le tout, et transmet les suppliques quelle en juge dignes à la commission elle-même , à laquelle il appartient de déterminer la qualité, la quotité et la durée de l’allocation. Chez le député préfet régionaire se trouve une liste des familles pauvres du quartier, dressée suivant un modèle général imprimé. Dans les congrégations régionaircs on s’occupe aussi avec soin de rechercher l’état moral des pauvres de chaque paroisse du ressort; on s’enquiert de leur conduite, des causes de leur misère et des moyens d’y porter remède, proportionnant toujours les secours aux nécessités.

Les aumônes de la commission sont entièrement personnelles, et comme on ne les accorde qu’ après une visite à la demeure des pauvres et avec toutes les précautions possibles, elles ne s’adressent qu’à la véritable indigence et en proportion de ses besoins. Elles se divisent en ordinaires, extraordinaires et urgentes. Celui qui veut en profiter doit présenter au député paroissial une supplique adressée au cardinal-président. Les secours ordinaires consistent en argent et s'accordent pour six mois ; si le besoin subsiste encore au bout de ce temps, l’allocation continue. Les secours extraordinaires se composent de dons pécuniaires, de vêtements, de fournitures de lits, de linge et d’outils de différents métiers. Tous ces objets sont fabriqués dans l’hospice des Thermes, marqués d’ un signe particulier, et ne peuvent être vendus sous peine de dix

jours de prison et de la perte de T objet lui-iuètne. Les secours d’ urgence enüu sont accordés par les députés régionaires, saus attendre le jour de rassemblée de la congrégation, pour satisfaire aux exigences les plus impérieuses.

Les réglements tiacés par Léon \ll, et l’ instruction aux députés, qui les suit, sont pleins de sagesse et de charité. La mendicité était alisolument défendue; lemendiants pris sur le fait devaient être arrêtés et conduits dans la salle correctionnelle de la maison d’industrie , où on les gardait pendant trois jours eu leur donnant une soupe et trois livres de pain, puis reuvojés dans leurs pays s’ils étaient étrangers, attachés aux ateliers de travaux s’ils étaient Romains. Les travaux forcés étaient la peine de la récidive ; et afin que la religion ne servît point de prétexte à l’oisiveté, les pèlerins euxmêmes ne pouvaient point demander l’aumône eu publie et devaient se rendre dans les établissements destinés à les recevoir; les religieux s’entendaient avec la commission pour la distribution la plus utile des restes de leur table.

Dans les années 1827 et 1828, la commission distribua G48,120 écus, c’est-a-dire 324,000 par an; dans cette somme étaient compris 72,000 écus donnés aux hôpitaux, 35,000 à la maison d’industrie, 6,000 à l’aumônerie, et d’autres subventions semblables à d’autres établissements de bienfaisance. Ceux-ci, pour les obtenir, devaient produire en novembre, devant la commission, leur budget pour l’année suivante, en mai le compte de l’année précédente, ce qui fut exécuté, en effet,

à la satisfaction générale, dans les deux années précitées. Léon XII désirait aussi que des rapports lui fussent adressés sur les progrès de l’économie, sur les bons effets produits par la distribution des aumônes, sur les mœurs et l’éducation des indigents, sur le zèle des députés, enfin sur tout ce qui concernait le perfectionnement moral et domestique du pauvre. .Aujourd’hui la commission des subsides répand annuellement 172,145 écus fournis par le trésor seul ; les caisses de la datairie, des brefs et de la loterie ne concourant plus à alimenter ses fonds, mais donnant directement leurs aumônes aux indigents.

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