‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire a Rome, essai historique et statistiqueChapitre 72 sur 78 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DES ÉCOLES DES PÈBES DE LA DOCTRINE A SAINTE- MARIE - IN - MONTICELLI ET A SAINTE- AGATHE-IN-TR A8TBV ERE .

Le véuârable César de Bus, né à Cavaillon, diocèse d’Avignon, le 3 février 1544, établit en cette ville, le 27 septembre 1592, la congrégation de la doctrine chrétienne , composée de prêtres et de laïques unis par le vœu de persévérance dans une sainte communion , et spécialement destinée à l’enseignement du catéchisme.

Ce serviteur de Dieu, devenu depuis long-temps aveugle, mourut le 15 avril 1607, et ses enfants, pour mieux atteindre leur but , l'enseignement chrétien , ouvrirent des écoles gratuites et publicpies qui eurent beaucoup de succès en France jusqu'à la révolution. Benoit XTII le.s fit venir à Rome en 1727, et leur donna l’antique église de Sainte-Marie , surnommée , du lieu où elle est assise, tn Montieelli, dans le quartier de la Regola. Le |)ontife choisit avec beaucoup de sagesse cette partie de la ville, parce qu’il en savait les habitants ignorants et grossiers, et il pensait qu’un j)eu d’instruction se glissant parmi eux , la morale gagnerait tout le terrain que seraient contraints de lui céder les vices.

Benoit XI V, en 1747, incorpora aux Pères de la doctrine une autre congrégation fondée dans le même but, sous le titre des Agathistes, qu’elle reçut du nom de l’église de Sainte-Agathe-in-rrosteeere, où elle était alors réduite à un très petit nombre de membres. Elle était née sous Pie IV, par le zèle de deux prêtres de Saint-Girolamo, et pour elle le vénérable cardinal Bellarmin avait composé, à la prière de Clément VIII, son petit livre d’or de la doctrine chrétienne. Les Agathistes tenaient déjà une école près de leur église, au Trastevere ; ainsi lorsqu’ils furent réunis aux Pères de la doctrine , cette utile congrégation eut à Rome deux collèges, établis dès-lors comme aujourd’hui, dans les deux quartiers de la ville les plus pauvi'es sous le rapport de l’instruction, le Trasfevere et la Regola.

Sainte - Marie - in- Afon(iceBt a trois écoles, Sainte- Agathe en a deux , et ces cinq écoles sont divisées en trois

classes ; dans la premièi'e ou enseigne le catéchisme, la lecture, l'écriture, les rudiments du latin ; dans la seconde, la grammaire latine élémentaire et supérieure ; enfin dans la troisième, à Sainte-Marie, ou fait un cours d’humanité. Sainte-Marie compte en tout 200 élèves et 3 professeurs , Sainte-Agathe 2 professeurs et 110 écoliers. I.<e8 classes ont lieu pendant trois heures le matin et autant le soir ; tous les enfants y sont reçus gratuitement, tant qu’il y a de la place, car l’étroitesse du local ne permet pas, malheureusement, d’admettre un très grand nombre de ceux qui en sollicitent l’entrée. La messe et d’autres pratiques de religion remplissent certains moments de la journée.

La méthode d’enseignement pour l’étude de la doctrine chrétienne est la dispute imaginée par le vénérable César, mode qui grave bien les choses dans la mémoire, mais qui laisse beaucoup à désirer pour le cœur. Or, à mon avis, le but de l’instruction est moins d’apprendre que de goûter, de s’assimiler ce que l’on apprend.

Les Pères de la doctrine ont des biens à eux ; le trésor public leur donne seulement 1 20 écus pour les écoles de Sainte-Agathe.

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