‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 44 sur 125 · CHAPITRE VU. ia · texte numérisé non relu

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au principe d'autorité, et par conséquent à la vraie liberté ; elle a lâché les rênes à cet esprit de révolte qui a abouti à la réaction actuelle contre la liberté. Mais elle n'avait point changé les conditions ni les habitudes du gouvernement créé par l'auguste auteur de la charte.

Pendant ce tiers de siècle, le gouvernement représentatifa porté victorieusement les armes françaises en Espagne, affranchi la Grèce, sauvé la Belgique, conquis l'Algérie. Il a produit des orateurs et des hommes d'État du premier mérite. Il a donné une vie féconde et glorieuse à toutes les branches de l'intelligence nationale; il a ouvert un libre cours à toutes les forces^ à toutes les industries, à toutes les doctrines, à toutes les idées, à toutes les études. Il a fait prévaloir partout le sentiment du droit et de la modération dans l'exercice du droit. Enfin, ce qui doit être placé en première ligne par ceux à qui je m'adresse , il a imprimé à la foi catholique, à la réaction religieuse un mouvement tel que le monde n'en avait point vu depuis deux siècles. Quand le régime qu'on veut lui substituer aura duré trente-cinq ans, alors, mais alors seulement, on pourra dresser son bilan, et comparer ses pertes et ses profits à ceux du régime que l'on insulte.

Il faudra, en outre, voir comment se comportera la nation sous le régime qui pourra remplacer le système actuel; car, on Ta souvent remarqué, pour bien juger l'influence d'un gouvernement sur une société, il faut pouvoir apprécier la conduite de celte société après que ce gouvernement

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a disparu. De 1789 à 1795, au sorlir du régime ëuervant de rancieniie monarchie^ la France sVst livrée à des attentats sans exemple dans Thistoire. En 18489 21U sorlir de trente ans de luttes parlementaires, et quoique plongée àl'improviste dans Tanarcliie, elle a su se préserver de ces crimes qui déshonorent un peuple. Le sentiment de la justice et de la liberté ne s'est point éclipsé. Le soleil s'était couché : mais on a continué à vivre et à combattre dans le crépuscule.

On dît encore que la France est restée indifférente à la chute de toutes ses assemblées, et on en conclut qu'elle n'a jamais été associée de cœur aux destinées dii régime parlementaire. Pauvre argument en vérité. Oui! la France a applaudi au 18 brumaire et au 2 décembre. Mais, hélas! elle a fait plus qu'applaudir à la chute de la royauté en 179^1 et en i83o : elle y a travaillé. En i79ti, en i8i4, en i83o, en 1848, quatre royautés sont tombées, et la France a laissé faire! Êtes-vous disposé à en conclure que la monarchie répugne à son génie et qu'elle refuse de lui confier ses destinées?

On dit qu'/V occupait agréablement quelques personnes, et que ce n'est pas la peine d'entretenir un système politique pour si peu. On a bien raison. Mais on oublie qu'il occupait en outre le p^ys, et le pays tout entier, tout ce qu'il renferme d'actif, d'instruit et d'intelligent. Il a pu s'impalienter contre son amusement, comme vous dites;

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