DE L^ETAT ET DE L'EGLISE
l'État n'aient droit d'apporter aucun obstacle à la formation des Églises qui préfèrent l'isolement à Talliance. Il faut que la société civile et la société religieuse demeurent profondément distinctes et ne puissent ni s'envahir, ni s'opprimer mutuellement. Mais il n'est pas vrai que, pour échapper à ce péril, elles doivent rester absolument étrangères Tune à l'autre, et qu'elles ne puissent, pour le bien comme à l'honneur de toutes deux, contracter des liens publics et se prêter un mutuel appui. Le mérite d'une telle alliance dépend des termes auxquels elle est contractée : il se peut que ces termes soient contraires aux droits essentiels de l'État et à ceux de l'Église, et deviennent ainsi une cause de désordre et d'oppression. Il est plus d'une fois arrivé, sous l'influence des égoïsmes humains, que l'État et l'Église, en s' alliant, se sont mutuellement livrés leurs droits et leurs libertés. Plus d'un concordat célèbre en est un exemple. Mais ce n'est point là une condition nécessaire de l'alliance ; elle n'a point