‹ Des intérêts catholiques au xixe siècle (volume 4)Chapitre 58 sur 70 · CHAPITRE IX. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. l

de \exationSy avec Taîde des légistes monarchiques du sénat de Chambéry, pour enlever la liberté de$ élections à la fondation de saint Bernard de Menthon,' aujourd'hui victime de la cupidité radicale. Ouvrez l'histoire de Sicile , et vous y verrez Victor- Amédée F' inaugurer sa nouvelle royauté ' par une lutte acrimonieuse et inique contre Clément XI et ]a suzeraineté du saint-siége sur cette île. Il y a des gens naïfs qui se figurent que tout le mal, en Piémont ou ailleurs, vient de ce qu'il y a des chambres, des journaux, une vie politique et publique. Mais s'il n'y avait qu'un roi^ imbu du même esprit, il y mettrait encore bien moins de façon. Les mêmes actes se commettraient sans discussion et sans délai ; les victimes seraient bâillonnées avant d'être immolées. On n'entendrait ni protestation ni murmure ; on ne verrait aucune de ces démonstrations qui honorent l'Église, qui propagent et fortifient l'esprit catholique. Cela ne se passait pas autrement au dernier siècle, quand rien ne gênait plus l'exercice de la prérogative royale, quand la doctrine de Xautorité était seule reconnue et prêchée.

Mais je soupçonne très-fort ceux qui se font de la conduite actuelle du Piémont envers l'Église un argument contre le gouvernement constitutionnel, de n'avoir jamais ouvert une page de l'histoire d'Italie antérieure à la révolution française. On ne

I II fut obli^, en 17x8, d'échanger la Sicile contre la Sardaigne, mais en conservant le titre de roi.

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lit guère l'histoire de nos jours : on la refait, chaque matin, à son gré ou au gré du paradoxe qu'on soutient. Disons toutefois, pour ceux qui attachent encore quelque prix à ses leçons, que MM, de Ca* vour, Brofferio et compagnie sont de bien petits garçons auprès des ministres de la royauté illimitée du xYiii^ siècle; et que les parlementaires du Piémont ont encore fort à faire avant d'égaler les modèles que leur ont fournis , en Italie même, les princes de la maison d'Autriche et de Bourbon. Tout ce qu'ils font n'est et ne sera qu'une contrefaçon assez pâle des actes commis en Lombardie par Joseph II, et en Toscane par Pierre-Léopold, avec l'aide de Tamburini et de l'université janséniste de Pavie, de Ricci, et du synode hérétique de Pistoie. Ils ne commettront pas plus de spoliations et de violences que ces deux souverains absolus; et j'affirme qu'ils n'iront pas, comme le grand-duc de Toscane, jusqu'à imposer à tout le clergé la prétendue doctrine de saint Augustin sur la grâce ^

U n'y avait pas de parlement à Naples , lorsque le marquis Tannucci , premier ministre pendant deux règnes, usa de son autorité absolue pour abolir la propriété et la juridiction ecclésiastique, les recours à Rome; pour interdire la publication et la circulation des actes du saintsiége ; pour faire jeter quatre cents religieux sans repixiche au delà des frontières; et, enfin, pour ériger des sièges épiscopaux : le tout sans daigner

> GisàH Gilrttt, Bisfoin deàentaiîs, ï,l, p. 46S, édition iulîenne.

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consulter ni écouter le pape. Il n'y en avait pas en Espagne, lorsque Charles III, transféré de Naples à Madrid, laissait gouverner l'Espagne et garrotter l'Église par d'Aranda et Campomanes ; lorsqu'il ordonnait l'expulsion de tous les jésuites de son immense empire; de tous, au nombre de six mille, en un seul jour; et cela, pour des motifs que Sa Majesté lient renfermés dans son auguste cœur^ dit le décret, mais dont Sa Majesté n'a pas daigné révéler le secret à la postérité '• Il n'existait plus, en Espagne, un seul corps, une^seule force capable de résister à cet acte de monstrueuse tyrannie. Pas un seul Espagnol n'eut le droit ni le cœur de se plaindre! L'iniquité fut consommée en plein jour, et tous les souverains catholiques de l'Europe l'ap* plaudirent ou l'imitèrent.

Que l'on demande au P. de Ravignan, ou à tout autre jésuite de nos jours, ce qu'ils pré* fèrent : être pris à l'improviste dans leur oratoire, ou au confessionnal, sans qu'on leur permette d'emporter autre chose que leur Bréviaire, et être jetés au fond de cale d'un vaisseau pour être transportés dans les États Romains, avec peine de

^ Et] revanche , dans l'ordre royal du 2 avril t'f^'j ^ adressé à toutes les autorités de l'Espagne » on lit ces.mots ; « Si, après l'embarquement, il existait encore un seul Jésuite, même malade ou moribond, dans votre déparlement, vous serez puni de mort. Moi le boi. ■ C'est ce que son ministre D. Manuel de Rocha appelait ^opération césarienne. Ce ministre du roi Catholique écrivait au duc de Choiseuil, premier ministre du roi Très* Chrétien» ie 17 aVril 1767: <t Succès complet : l'opération n'a rien laissé à désirer. Nous avons « tué l'enfant; il ne nous reste plus qu'à en faire autant à la tnère, « notre sainte Église romaine. » (Cbetiiteau-Joly, Clément XlF^t IfNt JéêUitity p; t78*-iS54}

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mort contre toute tentative de retour et de correspondance; ou bien, subir Tordre du jour provoqué par M. Thîers le 3 mai i845, et la dispersion fictive obtenue de leur général par M. Rossi, ce qui a été le maximum des violences parlementaires de notre temps contre les soldats les plus exposés de l'Église.

Il n'y avait pas, dans ces temps anté-^onstitutionnels, il n'y avait pas jusqu'au petit duc de Parme qui , dans son petit fief du saint-siége ', et vingt ans avant Joseph II, ne tranchât du pontife, en interdisant toute offrande et toute correspondance avec Rome.

L'ordre de Malte lui-même, qui n'était autre chose qu'une corporation religieuse et nobiliaire, se croyait obligé, en sa qualité de souverain, d'imiter les rois et les empereurs. Lui aussi voulut soumettre à sou placée les décrets pontificaux, réduire et supprimer les privilèges ecclésiastiques , jusqu'à ce que Pie VI se vit obligé de dire à l'ambassadeur du grand maître Emmanuel de Rohan : « Qu'est-ce que votre ordre , si ce n*est « un corps privilégié? Nous vous avons toléré jusce qu'ici ; mais, puisque les privilèges doivent être «t abolis , que votre ordre soit aboli avec les au- « très *. » Dix ans après, le général Bonaparte se chargeait d'exécuter la sentence ^.

> Le duché de Parme avait été créé par Paul m pour la matson Famèse, et à titre exprès de fief perpétuel du saint-siége.

» Pahza Vbccria, VUlHmo perwdo délia storia di Malta, i835, P* ^79- 3 Dans sa fameuse conversation avec les députés de l'ordre.

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