A M. LE D" DESMARRES
Professeur particulier d’Ophthalmologie , Officier de la Légion d’Honneur.
Agréez , moD très-cher maître , ce témoignage de la plus profonde gratitude pour les savantes leçons et les excellents conseils que vous m’avez toujours donnés.
A m. ISIDORE GEOFEROY-SAINT-HILAIRE,
Professeur au Muséum d’Histoire naturelle,
Membre de l’Institut et de l’Académie im|)ériale de Médecine, Président de la Société zoologique d’Accümatation ,
Officier de la Légion d’Honneur.
Hommage de profonde reconnaissnjice.
A M. MOQüIN-TANDOiN,
Professeur d’Hisloire naturelle médicale à la Faculté de Médecine de Paris» Membre de l’Institut et de l’Académie impériale de Médecine, Chevalier de la Légion d’Honneur.
Je ne saurais trop vous remercier du bienveillant intérêt que vous m’avez montré pendant mes études.
Je prie MM. les Professeurs de l’École préparatoire et mes chefs de serv ice dans les hôpitaux de Nantes d’agréer l’expression de ma reconnaissance pour la bienveillance qu’ils m’ont témoignée.
L'iris, ce diaphragme membraneux qui plonge dans l’humeur aqueuse el qui sépare les deux chambres de l’œil, peut devenir le siège de différentes tumeurs. Les auteurs les ont divisées en bénignes et en malignes ; d’autres, et c’est peut-être la meilleure classification, les ont divisées en tumeurs solides et en tumeurs non solides.
Toujours est-il que l’iris peut-être le siège :
1° D'abcès, qui ne sont alors qu’un mode de terminaison particulier d’une phlegmasie de l’iris.
2® De condylomes, qui le plus souvent sont symptomatiques d’une affection syphilitique constitutionnelle ; on a voulu en faire un signe pathognomonique de la syphilis. Cette opinion est beaucoup trop absolue, et si, dans la plupart des cas, les condylomes sont syphilitiques, il existe des faits qui prouvent qu’ils peuvent aussi se développer chez des sujets dont l’iris est déjà malade, sans qu’il y ait jamais eû de syphilis dans les antécédents du sujet.
3° De papules syphilitiques, qui correspondent toujours avec des accidents identiques de la peau.
4“ De tubercules. M. Desmarres a, dans son livre, rapporté deux faits de tubercules iridlens chez des sujets atteints d’éléphantiasis.
5” De tumeurs hématiques ou vasculaires. Maîlre-Jan en adonné une bonne observation; plus tard Bettenrich, en Allemagne, observa un faitsemblable. Delarue, dans son traité (Paris, 1824), leur cotisacre un chapitre assez court, sous le titre excroissances fongueuses de l’iris. On a noté auosi des tumeurs de la cornée, qui, au pre-
nîier abord, semblent venir de l’iris; MM. Desmarres et Robin en «>nt donné la description.
6° De kystes. C’est cette dernière variété de tumeurs de l’iris que îious nous sommes proposé d’étudier. Nous en avons rencontré deux cas à la clinique de M. le D*^ Desmarres, et avons recherché les observations déjà publiées. C’est avec ces documents que nous allons essaver leur histoire.
Nous nous sommes proposé de définir les kystes de l’iris, de présenter le résumé succinct des faits déjà observés, en le faisant suivre des observations que nous avons recueillies; puis des faits découlera la pathologie. Cette étude ne sera certes pas aussi complète que possible. On nous pardonnera certaines omissions, si l’on veut bien se rappeler que c’est la première fois que l’on réunit en corps les documents jusqu’ici épars dans les recueils périodiques.
Nous avons joint à notre travail le dessin des kystes que nous avons fait d’après nature; pour mieux montrer les détails, nous avons beaucoup grossi les objets. M. Lackerbauer a bien voulu se charger de donner une physionomie artistique à nos deux esquisses, jTjui n’avaient d’autre mérite que l’exactitude.