PERMÉABILITÉ
complète.
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Beurnier!, en 1886. Ces deux auteurs, élèves du professeur Duplay, nous ramènent entièrement aux idées de leur maître, comme on peut en juger par la première des conclusions de Rabère : « L’anatomie démontre qu'il n'existe pas de prolongement du péritoine, ou ‘anal de Nück, persistant chez la femme après la naissance, dans le canal inguinal. »
Nous trouvons encore la même opinion dans un travail de L, Picqué?, qui élimine, comme peu fondée, l'existence du canal péritonéal chez la femme.
Toutefois, la même année, un interne de Paris, RsesouL, présente à la Société anatomique un kyste qui était certainement « une simple dépendance du canal de Nück », Et deux ans plus tard, RicneLor “ nous décrit un cas analogue, en affirmant que cette observation «ne lui laisse plus aucun doute sur la persistance du canal péritonéal ».
Enfin, en 1894, paraît la thèse de BERTHELIN*, qui nous dit dans le premier paragraphe de ses conclusions : « Le canal de Nück, constant chez le fœtus, peut persister chez l’adulte dans une proportion de 15 à 20 pour 100. »
En résumé, nous devons conclure de cet historique
i Beurnier, Ligaments ronds de l’ulérus, Paris 1886.
? L. Picqué, Encyclopédie internationale de chirurgie 1888, p. 785.
5 Reboul, Tumeur kystique de la grande lèvre, fibro-myome du ligament rond et du canal de Nück (Bulletin de la Société analomique, juillet 1888).
Richelot, Union médicale, 1890, p. 457.
5 Berthelin, Essai sur l’hydrocèle chez la femime, Paris.
que Velpeau et Duplay sont les seuls à avoir apporté des raisons sérieuses pour nier le prolongement inguinal du péritoine chez la femme. Tous les autres, pour la plupart élèves de ces deux maîtres, ont accepté leurs conclusions sans les discuter et surtout sans les vérifier.
Or, Velpeau rejette le canal de Nück parce que le ligament rond s’arrète sur le pubis, mais nous savons aujourd'hui que si, parmi les fibres du ligament rond, les unes se rendent à l’épine du pubis, « les autres, et ce sont les plus nombreuses, se perdent dans la couche cellulo-adipeuse du mont de Vénus et des grandes lèvres. » (Testut!.)
Quant à Duplay, s'il n'a pas trouvé le canal de Nück sur les vingt-cinq cadavres qu'il a examinés à ce sujet avec Spiess, nous ne pouvons en conclure qu'une chose, c'est qu'il est tombé sur une mauvaise série : ce prolongement péritonéal ne persistant qu'un nombre de fois assez limité (10 à 15 pour 100), 1l a pu très bien arriver que Duplay ne le rencontrât pas dans un nombre aussi restreint d'observations.
Du reste, le professeur Duplay a dû changer d’opinion, car dans son Trailé de chirurgie, paru en 1890, il avoue « qu'il ne faudrait pas nier la possibilité de la persistance du canal de Nück ». Et Broca affermit encore notre idée par ces lignes : (L'opinion à peu près unanime des auteurs anciens confirmée par les travaux récents de Zukerkandl et de Féré, est exacte : le canal de Nück existe. J’ai fait, sur ce point controversé, des dissections nombreuses, et j'ai fait voir en 1888, à
1 Testut, Anatomie descriptive, L IT, p. 374.
A CR M. le professeur Duplay, des préparations qui l'ont convaincu. » (Thèse de Berthelin!.)
D'autre part, tous les anatomistes sont aujourd'hui d'accord sur cette question. Nous lisons dans TizLAUx? : « En s’engageant dans le canal inguinal, le ligament rond attire avec lui le péritoine, qui forme ainsi un petit canal, canal de Nück ».
CHarry$a vu aussi « ce diverticule séreux, sorte de vaginale rudimentaire ». Il cite à l'appui de son assertion le cas de Ramonède, qui a donné Le moule d'un canal de Nück, provenant d'une femme de soixantecinq ans.
Nous ne prolongerons pas davantage cet historique, déjà bien long, et nous donnerons simplement, en terminant, le résultat de nos propres recherches.
Nous avons examiné à ce sujet vingt-trois cadavres, d'âge tout différent, et trois fois seulement nous avons trouvé le canal de Nück : dans ces trois cas, 1l se présentait de la façon suivante :
Petite fille de trois mois et demi. — Persistance du prolongement péritonéal à gauche ; canal étroit, permettant l'introduction d'une petite sonde dans une longueur de 2 centimètres.
Femme de quatre-vingt-deux ans. — Le canal persiste en entier du côté droit, largement ouvert, d'une longueur de 3 cm. 50, allant jusqu'au sommet de la grande lèvre, d’un diamètre suffisant pour permettre l'introduction du petit doigt.
1 Berthelin, loco cilato.
? Tillaux, Anatomie lopographique, 9° édition. 5 Charpy. Organes génito-urinaires, 1890, p. 221.
— 19 aa Femme de cinquante-neuf ans. — À gauche, le pro-
longement inguinal du péritoine accompagne le ligament rond dans une longueur de 2 em. 5o ; son orifice est étroit, mais laisse passer une sonde de moyen cahbre.
Si nous ajoutons cette modeste statistique à celles publiées par les auteurs que nous avons déjà cités, nous arrivons au chiffre total de 487 cadavres examinés dans le but de rechercher le canal de Nück. Sur ces 487 autopsies, le prolongement péritonéal a été trouvé Â9 fois, c'est-à-dire dans le 10 pour 100 des cas. C’est évidemment là une proportion bien suffisante pour nous permettre d'affirmer que le canal de Nück existe, tout en avouant que sa persistance esi une anomalie.
Du reste, le. canal péritonéo-vaginal de l’homme, guère plus fréquemment : Ramonëbe! a fait, à ce sujet, 215 dissections cadavériques, et 32 fois seulement il a
que personne n'a songé à nier, ne se rencontre
trouvé le prolongement du périltoine accompagnant le cordon dans le canal inguinal, c'est-à-dire dans une proportion de 15 pour 100 des cas.
. Il y a donc analogie entre les deux sexes, elil ne peut exister de contestation dans l’un pas plus que dans l’autre.
Après avoir prouvé l'existence du canal de Nück et après en avoir montré la fréquence, nous devons dire maintenant comment ilse développe et sous quel aspect *
il se présente le plus souvent.
1 Ramonéde, le Canal vagino-périlonéal el la hernte élranglée chez l’adulle, Paris, 1883.
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Nous n'avons trouvé dans les traités d'embryologie aucune description bien nette du développement de ce prolongement péritonéal qui accompagne le ligament rond. Tourneux ‘nous dit que « le fœtus femelle du tro1sième mois possède un processus vaginal entièrement semblable à celui du mâle et également pourvu à son extrémité péritonéale d'une petite fossette (diverticule de Nück ».
SouLié ? a observé sur des fœtus femelles une disposition sensiblement analogue à celle des fœtus mâles correspondants : 1l ne donne, par conséquent, qu'une seule description se rapportant aux fœtus masculins, mais qu'on peut appliquer aux fœtus féminins, en tenant simplement compte de l’analogie du gubernaculum testis de l'homme et du ligament rond de la femme. Nous citons textuellement cet auteur : « Le processus vaginal apparaît de très bonne heure,en même temps que le ligament inguinal de Koœlliker, dont 1l représente, en réalité, l’extrémité inférieure enclavée dans le canal inguinal. Il est parfaitement visible sur des fœtus mâles de 24 millimètres, mais le développement encore peu accusé à cette époque des parties voisines (muscles et aponévroses); ne permet guère d’en préciser les rapports. Nous commencerons donc notre description par un fœtus de 32 à 40 millimètres®, »
: Tourneux, Précis d'Embryologie, p. 279.
? Soulié, Recherches sur la migration des testicules dans les principaux groupes de mammifères (th. de Toulouse, 1895.)
$ «Nous indiquerons les dimensions des fœtus humains, par une fraction dont le numérateur représente la longueur du vertex au coccyx, et le dénominateur du vertex au talon. »
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« Fœtus 32 à 40 millimètres (décomposé en coupes transversales sériées, à raison de 28 coupes par millimètre). Le processus vaginal, dont le tissu cellulaire dense se continue sans transition avec celui du ligament inguinal, occupe toute la longueur du canal inguinal. Il s'étend sur une hauteur de 14 coupes, c’est-à-dire mesure environ un demi millimètre de long. Au niveau de son origine péritonéale, existe une légère fossette qu'on retrouve sur trois coupes. |
« Les muscles de la paroi abdominale se comportent de la façon suivante en regard du processus : les muscles transverse et petit oblique, que l’on peut facilement suivre de haut en bas jusqu’à l’origine péritonéale du processus, accolent à ce niveau leurs extrémités inférointernes, qui vont se fixer en dedans sur la gaine des droits, en décrivant en avant du processus une courbe à concavité interne. Le processus glisse au-dessous du bord inférieur des muscles transverse et petit oblique, auquel il est intimement uni, sans qu’on puisse, toutefois, reconnaître à ce stade s’il renferme, comme partie constituante, des fibres musculaires appartenant à ces deux muscles. Il traverse ensuite l’aponévrose du grand oblique, pour venir faire saillie dans le tissu cellulaire
lache sous-jacent...
« Fœtus 5 à 6 cm. 5 (environ 25 coupes par millimètre). On retrouve le processus vaginal sur 22 COUpes et la cavité vaginale sur 11.11 n’est guère possible d'indiquer, d’une façon précise, la limite inférieure du processus vaginal, dont le tissu, après avoir franchi l’aponévrose du grand oblique, se continue
FT CNRS sans ligne de démarcalion accusée avec le issu cellulaire lâche qui occupe les bourses.
« On rencontre des fibres musculaires striées à l'intérieur du gubernaculum, sur une hauteur de 6 coupes, à parür du fond de la cavité vaginale. Ces fibres musculaires, disposées autour d’un axe conjonctif, affectent en général une direction longitudinale et se continuent, inférieurement, vers la terminaison du gubernaculum, avec les muscles transverse et petit oblique fusionnés dans la paroi antérieure du processus...
« Fœtus 10 cm. 5 à 14 cm. 5 (24 coupes par millimètre). La longueur du processus, évaluée d’après le nombre de coupes, serait de 4 millimètres, et la profondeur de la cavité vaginale de 1: millimètre ; mais les dernières coupes ont intéressé longitudinalement le processus et sa cavité, et, par suite, les mensurations précédentes nous paraissent au-dessous de la réalité. Il n'existe pas trace de fibres musculaires striées à l'intérieur du gubernaculum.
« Au niveau de son origine, le processus est en rapport, en dedans, avec l'artère épigastrique qui le croise obliquement, et, en avant, avec les bords inférieurs du transverse et du petit oblique fusionnés, qu'il englobe partiellement dans son épaisseur, sans que l’on puisse distinguer les fibres de l’un ou l’autre muscle, même en remontant la série totale des coupes. Les faisceaux du petit oblique sont toutefois de beaucoup les plus abondants. Plus bas, le processus glisse entre la gaine des grands droits en dedans et l’aponévrose du grand oblique en dehors,entraînant avec lui les bords inférieurs du transverse et du petit oblique, qui cons-