KYSTES SITUÉS AU NIVEAU DE LA PAROI ABDOMINALE
OBSERVATION XL Colmers. (Archio. f. klin. chirurgie, 1906, vol. 79, p. 132.)
Femme de 46 ans, de bonne santé antérieure, ayant eu 11 enfants, dont deux jumeaux. En août 1903, elle fut prise, à l’occasion de chaque mouvement, d’une douleur subite, rapidement irradiée à tout l’abdomen. La malade eut ainsi plusieurs crises douloureuses, puis une crise plus forte avec nausées et vomissements. Un médecin consulté vers cette époque constata la présence d’une tumeur abdominale. La malade dit avoir maigri au cours des derniers mois.
Elle entre à l'hôpital en novembre de la même année. La paroi abdominale est très distendue, et ce n’est qu'après une palpation assez longue qu’on finit par sentir vaguement une résistance dans la région ombilicale. Sous le chloroforme on perçoit, un peu à droite de l’ombilic, une tumeur dure, grosse à peu près comme un œuf, et très mobile.
À l'insufflation. les contours de l’estomac se montrent très nettement, le rebord inférieur de cet organe apparaît à un travers de doigt au dessous de l’ombilic. Le repas d’épreuve est bien digéré ; le suc gastrique,en petite quantité, est peu acide ; pas d'acide lactique.
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Les annexes sont indemnes.
Après plusieurs jours d'observation. la digestion aussi bien que les selles restant normales, on décide de faire une laparotomie exploratrice en posant le diagnostic de tumeur mésentérique (?).
Après ouverture du pérituine, apparaît une tumeur fluctuante, du volume d’un petit œuf de poule, qui adhère à la région ombilicale de la paroi abdominale et se trouve recouverte du feuillet pariétal du péritoine. A la partie inférieure de cette tumeur, on en observe une plus petite, distincte de la précédente, du volume d’une noisette environ, adhérant également à la paroi abdominale, et semblant se prolonger par un péditule, court et rigide, qui aboutit à l’ombilic.
La tumeur est facilement extirpée de la paroi abdominale. L’estomac, l'intestin et le mésentère, de même que l'utérus et les annexes sont absolument indemnes. Pas d’adénite. Un ganglion un peu hypertrophié au niveau de la grande courbure est enlevé et à l'examen microscopique on y constate une simple hyperplasie. On referme l'abdomen.
Suites normales. La malade quitte le service sans aucun trouble quinze jours après.
La tumeur enlevée présente | aspect d'un kyste situé entre le feuillet pariétal du péritoine et le grand droit auquel elle adhère sur une large surface. Ce kyste est accompagné d’un autre petit kyste et ce dernier se prolonge par un pédicule court et rigide de 0 em. 5 de longueur. On incise la tumeur et il en sort une masse de consistance visqueuse, gélatineuse, de saveur salée, presque incolore, transparente, ressemblant à du mucus. Examinée à l’état froid, cette masse renferme un très grand nombre de gouttelettes graisseuses, de paillettes de cholestérine et d'aiguilles d'acides gras, ainsi que des cellules isolées, chargées de graisse, ressemblant à des cellules épithéliales. La paroi des kystes est assez mince, en particulier celle du gros kvste. Elle est recouverte, sur sa face interne, de concrétions calcaires très nombreuses et très adhérentes, mais on
en trouve également quelques-unes détachées dans le contenu du kyste. L'épaisseur de la paroi, dans la portion saillante du côté de la cavité abdminale, ne dépasse pas 0 cm. 2 et, par places, elle atteint à peine 0 cm. 1. A la base seulement l'épaisseur atteint O0 em. 5, et cela à cause de deux petites formations spéciales décrites plus loin. Les deux kystes communiquent entre eux par une ouverture étroite, mais où l'on peut cependant faire passer la sonde. Le pédicule attaché au petit kyste paraît être plein.
Des fragments de la paroi, pris sur divers points du gros et du petit kyste, sont examinés microscopiquement, de même que l'extrémité libre du pédicule ; quant à l'extrémité reliée au petit kyste, elle est examinée en connexion avec la moitié adjacente du kyste.
Dans la portion libre du kyste (celle qui regardait du côté de la cavité abdominale), la paroi, recouverte du péritoine, comprend une couche mince de tissu conjonctif, sur la face interne de laquelle se trouvent incrustées de nombreuses concrétions calcaires. Les.lamelles conjonctives présentent de nombreux indices de dégénérescence. On ne trouve là aucun revêtement : épithelial. Près des concrétions calcaires on constate fréquemment une petite couche de tissu nécrotique dans lequel on ne peut distinguer aucun élément cellulaire, mais qui correspond peut-être à un revêtement épithélial. La structure du petit kyste est la même, mais la calcification de la paroi y est beaucoup moins prononcée.
Au niveau de la portion du gros kyste, adhérente à la paroi abdominale, on constate deux kystes secondaires qui ne pouvaient être vus qu’au microscope et qui communiquent avec le gros kyste, comme le montrent les coupes en série par d'étroites ouvertures. Ces deux kystes secondaires microscopiques sont alors munis d’un bel épithélium à hautes cellules cylindriques élevées et présentent des tubes, un peu irréguliers, il est vrai, mais très nets, correspondant aux glandes intestinales normales de Lieberkühn. Par places apparaissent des formations