‹ Des Kystes Hydatiques Primitifs de la PlèvreChapitre 11 sur 13 · OBSERVATION INÉDITE ET PERSONNELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION INÉDITE ET PERSONNELLE

Mme L. C.., demeurant à Rollebaise (Seine-et-Oise), âgée de 38 ans. Mariée, pas d'enfant ni de fausses couches. Toujours règles régulières. Mère morte à 43 ans d'affection organique, et père mort à 63 ans de cystite calculeuse.

Elle n’a jamais habité de maison ouily a eu des chiens ou des moutons.

En 1888, elle a été prise subitement, une nuit, de douleurs violentes dans le côté droit, ces douleurs, accompagnées d'oppression avec intensité terrible ont duré 3 heures, lors de cette première crise, survenue sans cause appréciable.

Pendant un mois, des crises analogues, mais durant seule-

HQE

ment une heure ou deux, revinrent toutes les après-midi ; elles étaient à peu près arrêtées par des piqûres de morphine.

Au bout de ce temps, les crises s’atténuèrent, mais il persista quand même de l'oppression et se manifestèrent de la peine à mouvoir le bras droit, en même temps, qu’au moment des efforts, une sensation de poids à l’épigastre.

En 1890, se reproduisit une série d’accès d’oppression et de douleurs qui dura 4 mois ; entre les accès la gêne de la respiration persistait, quoique très atténuée.

Jusqu'à ce moment, la malade avait été traitée pour une pleurésie chronique et c’est alors que je la vis pour la première fois. Le diagnostic porté me parut du reste satisfaisant: la matité remontait, du côté droit, jusqu’à un travers de doigt au-dessous de l’épine de l’omoplate, le murmure vésiculaire était à peine perceptible, le cœur légèrement déplacé; pas d’égophonie. J'appliquai un vésicatoire sur le côté.

Le 15 août, je remarquai, au niveau du 5° espace intercostal droit, un peu en avant de la ligne axillaire, une tumeur fluctuante à plus grand diamètre transversal, et du volume d’un œuf de poule. La malade me dit qu'elle avait recu quelques jours avant en ce point un coup de têle de vache.

Le 20 août, incision de 5 centimètres de long, écoulement de quelques gouttes de pus, drainage et lavages phéniqués. Le drain ne s'enfonce que de quelques centimètres et semble arrêté par des adhérences pleurales car la paroi thoracique a été entièrement traversée par le bistouri.

Le 26 août, la malade élait assise dans son fauteuil lorsqu'elle sentit toutà coup, sans cause appréciable son pansement inondé : il fut au bout de quelques minutes traversé complètement : On vint me chercher, et je constatai en le défaisant qu'il était sorti par la plaie, en même temps qu'une quantité de liquide clair comme de l’eau de roche, des débris de membrane et quelques petites vésicules absolument transparentes.

Il en sort quelques autres pendant les jours suivants variant du volume d’un œuf de tourterelle à celui d'un œuf de poule.

Certaines absolument inlactes, d’autres réduites à l’état de longues membranes.

Le 3 septembre, le D' Baronnet de Mantes vient voir ma malade, et confirme le diagnostic porté depuis quelques jours de kyste hydatique intra-thoracique, certainement pleural et non pulmonaire à cause de l’absence de tout symptôme d'affection de l'organe respiratoire (toux, crachats).

Malgré les précautions antiseptiques, le liquide qui continue à couler par l’orifice suppuré légèrement, puis abondamment, et les quelques hydatides qui en sortent encore de temps en temps sont suppurées, jaune-verdâtre.

La malade se cachectise et malgré tout refuse toute autre intervention que des pansements tout à fait superficiels. Nous insis tons en vain, le D' Baronnet et moi, dans une nouvelle consultation sur la nécessité d’une pleurotomie faite très au-dessous de l'incision actuelle.

Enfin, et très tard, le 26 novembre nous obtenons de dilater l’orifice avec des tiges de laminaires, et de faire, 2 fois par jour des lavages pleuraux à l’eau boriquée ou a l’eau bouillie simplement.

Malgré son insuffisance, cette thérapeutique améliora la malade. La suppuration dimunua peu à peu, quoique bien lentement, lorifice réduit à une fistule étroite et peu profonde, finit par se cicatriser.La malade n’avait plus de poussement le 20 décembre.

Actuellement (octobre 94) elle présente seulement de la submatité dans la région thoracique droite au-dessous de la 6° côte, et sur la même étendue un peu d’obscurité du murmure vésiculaire. L’élat général est parfait, et l’aspect des plus vigoureux.

Page 1