RME
Nous avons déjà signalé le tartre stibié employé par Bæcquel.
Richet (1) recommandait le chlorure de zinc qui à amené des accidents forts graves, phlegmon et nécrose du pariétal (2).
Le professeur Le Fort employait l'acide nitrique mono-hydraté, procédé renouvelé de Jobert de Lamballe et de Tenon.
Les caustiques agissaient en produisant une ouverture au sommet du kyste, par cette ouverture, on enlevait la poche kystique. Souvent le caustique pénétrait plus avant, amenait une suppuration étendue et après quelques semaines la guérison avait lieu. Il est évident que dans la plupart des cas la cicatrice devait être difforme et les souffrances très vives. Ce procédé ne mettait nullement à l'abri des complications les plus graves, érysipèle, phlegmon, infection purulente etdans bien des cas, il n’amenait pas la guérison. |
L'extirpation au bistouri a toujours eu ses partisans plus convaincus, il est vrai, en théorie qu’en pratique de son efficacité.
Nous ne ferons que signaler le procédé vraiment barbare de Chopart qui amputait la loupe. Cette intervention faisait une plaie énorme, très lente à cicatriser et ouvrait la porte à toutes les complications.
Les procédés préconisés pour l’ablation au bistouri sont fort nombreux.
Boyer incisait la peau sans toucher au kyste et l'arrachait d’un seul coup.
Dupuyÿtren y passait un fil pour le soulever.
« Blandin, l’incision faite et la peau renversée en dehors,
(1) Gaz. des hôpitaux, 1869.
(2) LEcoQ, Thèse Paris, 77.
enlevait les kystes sébacés peu volumineux du cuir chevelu, en engageant la pointe d'une spatule, sous la tumeur, qu'il arrachait brusquement d’un seul coup, par un mouvement de bascule de l'instrument (1) ».
Astley, Cooper et Jobert de Lamballe embrochaient la tumeur. D'un seul coup de bistouri ils fendaient la peau et pénétraient dans le kyste. [ls le vidaient, et à l’aide des doigts, arrachaient les deux moitiés de la capsule, adhérente à la peau (2).
En un mot les anciens opérateurs avaient surtout pour but d'opérer rapidement, élégamment, en évitant le plus possible l’effusion de sang. De nos jours, grâce à l’anesthésie locale, il y a tout avantage à conduire lopération avec plus de lenteur
Malgré la répugnance bien naturelle des médecins, à publier leurs insuccès, les recueils de chirurgie relatent un grand nombre de faits où la mort fut la conséquence de l’intervention.
Cooper, dans son Mémoire sur les tumeurs enkystées, signale de nombreux cas d’érysipèle et un cas de mort.
Nélaton dit dans son Traité de pathologie chirurgicale: « L’extirpation est la méthode la plus sûre; mais comme l'incision, elle expose à l’érysipèle du cuir chevelu, accident qui a plusieurs fois amené la mort. »
Velpeau, dans son Traité de médecine opératoire, cite deux cas mortels.
Guersant disait (Gazette des hépit., 1851) « qu’il n'est pas d'année qu’il ne meure un individu auquel une loupe a été
(4) SÉniLLoT, Médecine opératoire.
(2) MALGAIGNE, Médecine opératoire.