‹ Des Lésions Buccales de l'HydroaChapitre 12 sur 13 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Quinquand.)

Malade de vingt-cinq ans, ayant eu antérieurement plusieurs poussées analogues. L’éruption actuelle date d’une quinzaine de jours; elle est absolument classique par son aspect et ses localisations : anneaux érythémato-vésiculeux, concentriques, sur la face palmaire et plantaire des mains et des pieds. Placard érythémateux avec soulèvement bulbeux aux coudes, aux genoux et aux régions suscalcanéennes ; bulles avec ou sans aréoles érythémateuses disséminées en petit nombre sur les membres inférieurs. La face et les conjonctives sont respectées.

L'affection est surtout remarquable par l'intensité des lésions buccales.

La face interne des joues, la voûte palatine et les piliers sont le siège d’une stomatite intense, caractérisée par de la rougeur, de la tuméfaction et des ulcérations d'aspect pseu= do-menbraneux ou recouvertes d’épithélium en exfoliation.Le maximum des lésions se voit sur la langue qui est tuméfiée

et porte sur les bords des crètes pseudo-membraneuses, par

impression des interstices dentaires. La face dorsale de la langue est parsemée d’anneaux hydroïques comparables à ceux des mains; avec cela, légère salivation, douleurs, déglutition difficile. |

Ces localisations buccales pourraient en imposer pour une stomatite d'une autre nature, (mercurielle ulcéro-membraneuse) et surtout pour la syphilis. ‘

Le diagnostic se fait avec une entière certitude par le

simple examen des lésions cutanées concomitantes.

OBSERVATION II (Inédite)

Émile N.., ving-cinq ans, le 18 novembre 1908.

Depuis un an a eu trois poussées d’'érythème polymorphe. La première, qui remonte à un an, a été localisée dans la bouche ; la seconde a aussi en premier lieu été localisée dans la bouche ; il est apparu ensuite des éléments bulbeux sur les mains.

Actuellement et depuis dix jours, nouvelle poussée qui a commencé par la bouche et qui s’est étendue aux mains,deux jours après.

Les lésions occupent toutes les parties des mains, mais principalement la face palmaire des deux annulaires. Elles correspondent nettement à des bulles flétries et se présentent sous la forme de macules rougeâtres.

Dans la bouche, on trouve des phénomènes de stomatite

(rougeur, salivation, douleur). Ils étaient plus accentués il y

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a quelques jours. Un peu de fêtidité de l’haleine. A la face interne des joues (partie antérieure) et sur les lèvres, érosions arrondies, qui ont pour origine des bulles d'hydroa rompues.

25 novembre 1908. — Les lésions buccales sont guéries. Celle des mains sont très améliorées.

30 novembre 1908. — Le malade sort complètement

guéri.

OBSERVATION III (inédite)

Célestin D..…., vingt-sept ans, journalier, le 21 novembre ‘

Antécédents personnels. — Croup dans le jeune âge.

Chancre il y a trois ans.

Soigné à la salle Casenove, on fit le diagnostic de chancre mou et il n'a jamais eu de traitement spécifique.

. Il y avait un bubon du côté droit et même une sorte d’abcès sur le côté externe de la verge.

Pas de roséole; pas d’éruption secondaire. Angine deux ou trois fois, soignée à Tenon, la dernière fois : on n'a pas songé à la syphilis.

Actuellement, vient à l'hôpital pour éruption discrète des avant-bras avec lésions buccales.

Les éléments desavant-bras datent de douze jours. Audébut, c'étaient de tous petits éléments acuminés qui, parait-il, ont suppuré. Ily a eu ensuite de petites croûtes. Ces éléments étaient prurigineux. Ils se sont élargis pour donner des

taches arrondies érythémateuses (la plus grande de la largeur

d’une pièce de 1 franc) avec un point central qui correspond à l'ancien pourtour accuminé. Quelques éléments semblables sur le bras droit ; une quinzaine sur le bras gauche.

Dans la bouche, les lésions ont débuté il ÿ a huit jours. C’est une éruption bulleuse caractérisée par des éléments presque confluents, situés à la face interne des lèvres et des joues en avant.

Il y en a aussi à chaque commissure. Beaucoup de ces élévations sont déjà affaissées et sont remplacées par un enduit blanchâtre. ;

Il y a de la douleur en mangeant. Il y a un élément sur la paupière gauche.

L'éruption a débuté trois jours après une angine, qui fut ; accompagnée d’une fièvre assez élevée. Elle fut soignée par des gargarismes et le malade ne prit aucun médicament interne.

Pas d’adénopathie cervicale ou épitrocléenne. Il y a un petit ganglion dans la joue gauche à 2 centimètres de la commissure labiale.

23 novembre 1908. — État gastrique prononcé ; on administre au malade une purgation, plus 60 cgr. de sulfate de quinine.

2 décembre 1908. — Sort guéri.

OBSERVATION IV (Inédite)

Georges P..., trente-deux ans, comptable, Le 8 mai 1905. Entre pour lésions muqueuses et cutanées ayant débuté il

a huit jours. État fébrile et saburral. Fatigue.

À la langue. — Érosion peu profonde sur le bord droit de la langue; les bords en sont peu marqués. Le fond est opalin. La muqueuse voisine est opalescente. Il y a de la gène des mouvements de la langne, le malade éprouve des sensations de brûlure à chaque déglutition.

Aux lèvres. — Érosion de la lèvre inférieure et suppuration.

Aux mains. — Le malade se plaint de sensation de chaleur et de douleur ; le dos de la main est le siège d’une éruption caractérisée par des taches érythémateuses disparaissant à la pression. Certaines sont surmontées de bulles, dont quelques-unes sont en état de suppuration secondaire.

Les coudes et les genoux sont aussi le siège d'éléments érythémoïdes.

Pas de fièvre. Pas de diarrhée. Pas de syphilis.

Albuminurie légère.

Traitement. — Repos au lit. Enveloppement sec. Régime lacté. ; |

4 mai 1905. — Le malade sort sur sa demande. Les lésions buccales sont presque complètement guéries. Les mains portent encore des taches érythémateuses. Les placards des coudes et des genoux desquament.

“6 juin 1905. — Depuis sa sortie, le malade avait été bien portant, quand, il y a quinze jours, apparurent aux mains et aux genoux de nouvelles bulles. Les lésions sont actuel: lement en voie de cicatrisation.

24 juin 1905, — Sort guéri et va à Vincennes.

26 janvier 1906. — Troisième séjour. Le malade n'a pas eu de poussée depuis sa dernière sortie (24 juin 1905). Le début

de la poussée actuelle date de quinze jours environ. Il y eut

un léger mouvement fébrile, puis l'apparition de bulles sur les mains.

Actuellement, sur la face dorsale des mains on aperçoit de larges bulles, mais ne contenant que très peu de liquide. Beaucoup sont desséchées et ont une couleur rouge violacée. Quelques-unes sont nettement en cocarde.

Mêmes lésions à la face dorsale des doigts. Quelques

phlyctènes, affaissées pour la plupart, à la face palmaire des”

doigts avec coloration blanche.

Une vésicule desséchée et infectée à la commissure labiale gauche. Une bulle desséchée à la pointe dela langue.

Pas de fièvre. Digestion difficile. Quelques douleurs d’estomac.

Traitement. — Application de vaseline boriquée.

30 janvier 1906. — État stationnaire.

3 février 1906.— Amélioration notable, va à Vincennes.

OBSERVATION V (Inédite)

Marguerite V..., vingt ans, crémière, le 5 mars 1907.

Malade depuis neuf jours. Fièvre, anorexie. Depuis cinq jours, éruption cutanée papuleuse, dure au toucher, légère ment douloureuse à la pression.

Les lésions siègent sur les oreilles, sur le menton, sur les genoux, autour des pieds, sur les mains et sur les poignets. . On trouve aussi quelques éléments à la paume des mains. On remarque aussi des lésions sur les muqueuses: sur le

pourtour des lèvres, sur la langue, la face interne des joues,

les piliers du voile du palais.

Ces lésions ont l’aspect vésiculeux, elles sont très superficielles et érosives,

Sur la langue, on remarque des taches rose vif paraissant dépapillées FR

Traitement. — Purgatif.

8 mars. — Les lésions sont presque guéries.

10 mars. — La malade sort.

OBSERVATION VI (Inédite)

Jeanne S..., vingt ans, 5 janvier 1902.

La malade présente un érythème polymorphe induré,datant de six jours et récidivant pour la sixième fois depuis le mois d'août dernier.

Aucune cause d'intoxication n’est décelable. Pas de surmenage.

Elle entre avec de la fièvre, des [douleurs rhumatismales. On remarque sur le dos des mains, sur la poitrine, et dans la bouche des plaques rouges infiltrées et douloureuses.

Elle sort sur sa demande avant la guérison.

OBSERVATION VII (Inédite)

Ferdinand Z..., quarante ans, le 2 mars 1904.

Syphilis en 1889, soignée à Saint-Louis pendant deux mois. Traitement pendant un an par des pilules.

A eu, il y a sept ans,une poussée d’érythème polymorphe,

succédant à une attaque de rhumatisme et soigné dans le service. ,

Actuellement, présente un érythème localisé sur les deux bras et le long de la colonne vertébrale. Onvoit également, de chaque côté du cou, quelques bulles d’hydroa. Une bulle flétrie siège sur le voile du palais du côté droit.

Traitement spécifique mixte. :

Sort le 13 avril pour aller se faire opérer d’une adénite

inguinale droite subaiguë, probablement bacillaire.

OBSERVATION VIII (Inédite)

H..., vingt-cinq ans, infirmier, 16 mai 1910.

Depuis quelques jours, le malade présente des éléments d’érythème polymorphe sur l’avant-bras et sur le genou gauche.

Entre à l'hôpital,le 20 mai. Il présente à la face postérieure des deux avant-bras, des placards érythémateux dont plusieurs ont une forme en cocarde des plus nettes. Placards érythémateux en cocarde sur les deux genoux.

Aux commissures labiales estune grosse vésicule affaissée, laissant une pellicule blanchâtre d'aspect diphtéroïde.

7 juin 1910. — Le malade sort guéri.

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