‹ Des lésions trophiques consécutives aux maladies du système nerveuxChapitre 9 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Aux troubles de sensibilité et de mouvement qui caractérisent en général les maladies du système nerveux s’associent, dans un assez grandnombre de cas, des troubles de nutrition. Ces troubles frappent le plus souvent les organes mômes dont les propriétés sensibles ou motrices sont compromises; plus rarement ils se montrent sur d’autres points. Quel que soit leur siège, ils se rattachent par leur évolution à la maladie du système nerveux, dont ils sont cliniquement une dépendance et un signe. Ce sont ces troubles que l’on désigne sous le nom de trophiques. Parmi eux, les uns consistent en des anomalies de circulation, de sécrétion, de calorification et sont purement fonctionnels; les autres sont constitués par des altérations dans la structure des organes intéressés et méritent seuls le nom de lé- Arnozan. 2

sions. C’est donc sur ceux-ci uniquement que nous ferons porter notre étude, ne nous arrêtant aux désordres fonctionnels que lorsqu’ils préparent ou accompagnent la formation des lésions.

Notre sujet, ainsi limité, peut être abordé de deux façons. Suivant un premier plan, nous aurions pris pour point de départ l’action normale du système nerveux sur la nutrition, et nous aurions montré les lésions trophiques comme la conséquence logique du trouble apporté aux fonctions de ce système. Procéder ainsi, c’est supposer que le mécanisme de la nutrition est connu d’une façon indiscutable, que le rôle des éléments anatomiques de chaque tissu, celui des vaisseaux, celui des nerfs est parfaitement établi. Malheureusement, il n’en est pas ainsi. Les théories les plus opposées sont proposées et défendues par des hommes éminents; il faut attendre que l’accord soit fait, que la physiologie soit définitivement établie pour qu’elle puisse nous servir de base. Actuellement, le plan que nous indiquions nous mènerait de l’étude des actions trophiques, que nous connaissons mal, à celle des lésions trophiques, que nous connaissons mieux. 11 est donc logique de suivre une marche inverse.

Aussi après un historique qui sera forcément très bref, sous peine de nous exposer à de stériles répétitions, nous entrerons immédiatement dans l’étude des lésions trophiques. Nous les étudierons successivement dans les différents systèmes, recherchant à propos de chacun d’eux les caractères qu elles présentent, les circonstances cliniques au milieu desquelles elles se développent, les lésions nerveuses qui paraissent les avoir provoquées.

Cette première partie terminée, ayant ainsi fini l’analyse des lésions trophiques, nous les reprendrons d’une façon synthétique, en étudiant leur groupement, leur as-

sociation dans les diverses maladies du système nerveux que nous passerons en revue.

La dernière partie comprendra l’examen critique des théories physiologiques de la nutrition et de leur application au mécanisme par lequel se produisent les lésions trophiques. C’est par l’étude de ces questions que nous terminerons notre travail.

Avant de le commencer, je tiens à remercier M. le professeur Charcot de la bienveillance avec laquelle il a mis à ma disposition ses conseils, ses notes, sa bibliothèque ; M-. le professeur Brown-Séquard, dont la complaisance à mon égard a été inépuisable, et mon ami le Dr Frauçois Franck, que j’ai trouvé, comme toujours, prêt à me rendre service.

De nombreux amis m’ont aidé dans mes recherches avec un véritable dévouement. Je ne puis les nommer tous ici. Qu’ils n’en soient pas moins assurés de ma vive reconnaissance.

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