I. — DE LA RÉDUCTION DANS LES LUXATIONS RÉCENTES
A) Conditions. — Elles sont au nombre de deux, il faut :
1° Qu'il n’y ait pas d'infection ;
2° Que l’astragale ait encore assez de moyens de nutrition pour ne pas se nécroser.
Pour qu'il y ait infection de la région du cou-depied, il est nécessaire qu'il y ait eu auparavant une plaie par où elle soit entrée. Est-ce à dire que toutes les fois qu'il y aura plaie, on devra s’abstenir de réduire la luxation ? C'était l'avis de Broca, Dubreuil, Delorme. Aujourd'hui, on est plus tolérant, et on admet qu'il soit permis de tenter la réduction, quand la plaie ne parait point infectée. Si l'on tentait de réintégrer un astragale dans sa loge à travers une plaie déjà septique, il arriverait qu'on enfermerait les microbes dans les cavités articulaires et le développement d’une violente inflammation viendrait vite montrer sa faute à l'opérateur.
La seconde condition est que l’astragale ne soit pas privé de ses moyens de nutrition. Dans les luxations par rotation, il est rare que l’astragale soit complètement dépourvu de toute communication avec le reste du pied.
Schalter de Zurich (1894) recommande l'essai de la réduction même dans les cas les plus compliqués. D'après lui, l'astragale recoit des vaisseaux non seulement par’ sa face inférieure, comme le veut Malgaigne, mais aussi des artères plantaires externe et interne en dedans, de l'artère malléolaire interne au niveau du col, de l'artère dorsale du tarse et de l’artèré péronière externe, de sorte qu’on doit, même dans les cas graves, faire la réduction. D'ailleurs, il y a des cas, croyons-nous, dans lesquels l’astragale qui ne pouvait se nourrir dans sa nouvelle position, se reprend à vivre dès qu'il est remis en place,
Poinsot,en1884, Ho) HEPScpapiets, signale