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sant la malade à un air frais et en lui donnant un verre d’eau fraîche.
Quand la déglutition n’est pas possible et qu’il y a une forte constriction dans l’arriére-bouche , on donne des lavemens opiacés, on fait des frictions avec une teinture d’opium sur le cou. On applique sur cette partie des cataplasmes émoiliens.
S’il survient un hoquet opiniâtre , on prescrit le musc et l’opium à haute dose. Si ce sont des | douleurs de ventre , une diarrhée colliquative , on applique sur le b as- ventre des cataplasmes émolliens ou des compresses trempées dans une décoction de plantes émollientes ; on donne des î lavemens opiacés.
Lorsque la constriction de l’anus ne le permet pas , on fait des injections dans les parties sexuelles et des frictions de substances opiacées à la sur-j face du corps et spécialement à la partie interne des cuisses.
Du moment où le spasme ainsi que ses accidens sont terminés , on en prévient le retour en? remédiant à la cause qui y a donné lieu , et €n ||^ diminuant la sensibilité générale du genre ner-^ veux et la sensibilité locale de l’utérus. ■
Si la maladie est due à une frayeur, â des J passions de l’âme , on combat l’irritation de ruté-1 rus par les bains et la saignée , lorsque la per-j est d’une constitution forte , et par leaj , .
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toniques et les dérivatifs y quand elle est d’une constitution faible.
Le spasme qui tient à une maladie propre de lî’iitérus ou à la lésion de ses fonctions n’exige pas ’aulre traitement que celui de ces maladies elles- I mêmes : on le combine avec les moyens propres à diminuer la sensibilité locale derutérus.
Lorsque le spasme est sympathique et qu’il tient à/ une pléthore cérébrale ^ h un embarras gastrique , ce qui est assez fréquent , c’est contre '^'Icces affections que l’on doit diriger le traitement. Quand la cause du spasme utérin a cessé ; si telle est héréditaire , inconnue ou irrémédiable , lil faut s’opposer autant que possible au retour l’des accès par l’usage des moyens propres à dimiinuer la sensibilité générale du genre nerveux et lia sensibilité locale de l’utérus.
Ces moyens se tirent prmcipalement des antifspasmodiques toniques et des anti-spasmodiques iadoucissans. Les premiers semblent calmer î’irrit talion du genre nerveux en le fortifiant ^ les autres «en émoussant sa sensibilité.
Les anti-spasmodiques toniques les plus emjployés et ceux dont on retire les meilleurs effets t sont les feuilles et les fleurs d’oranger , les fleurs I de tilleul , de camomille , de mille-feuilles , de pi- ’.voine, les stygmates de fleurs de safran , la 1 menthe officinale, la menthe poivrée, le caillellail en infusion; les racines de valériane, de pi-
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voine, le giiigseng tant en décoction que sous i forme de poudre et de sirop, ou môme la teinture U de ces substances.
On fait aussi un c’est celui des anti-spasmodiques dont faction est | la plus énergique sur l’utérus. On donne cette j substance sous forme de pilules , à la dose de vingt ; à quarante grains par jour. On fincorpore dans i un juleps , on en administre la teinture, on la | fait prendre en lavement, on la fait entrer dans la composition des emplâtres que l’on place sur le creux de f estomac ou sur les reins ; on la combine aussi heureusement avec la gomme ammoniaque et les autres anti-spasmodiqnes.
Le castoreum, le musc, fambre, le succin sont très utiles. On les administre sous forme de pilules , à la dose d’un à trente grains par jour, ou l’on en prescrit la teinture cjue l’on fait prendre à la j dose de vingt â trente grains, dans un verre d’in- i fusion approprié. * |
Le camphre combiné avec l’assa-fœtida s’emploie aussi avec succès. Il en est de même de l’éther sulfurique et du sirop qu’on prépare avec cette substance , de la liqueur minérale anodyne
d’Hof&nann, de l’éther martial^ ou teinture nervine de Bestuchéff. C’est une dissolution de muriate de fer dans de f éther sulfurique , qui contient un dixième de son poids de cette substance ; elle est un puissant anti-spasmodique tonique. On la
grand usage de l’assa-fœtlda ;
prescrit à la dose d’un demi-gros à un gros, ajoutés à quatre onces d’une potion qu’on fait prendre froide. Dans une boisson chaude , cet éther ,se décompose ; il faut avoir l’attention de ne pas le donner dans une cuillier d’argent , parce qu’il la noircit fortement , et que les malades en prennent quelquefois de l’inquiétude.
L’éther ferré de Klaproth , composé de neuf parties d’acétate de fer liquide et de trois parties d’éther acétique alcoolisé, produit des effets analogues , et exige les mêmes précautions ; on le donne à la dose d’un scrupule à un demi-gros.
On prescrit aussi avec avantage l’acide bpracique , ou sel sédatif de Homberg , à la dose d’un gros , dans une potion calmante ; l’électuaire de baies de laurier , h la dose d’un à deux gros , l’eau distillée de laurier cerise , par gouttes , de quinze à vingt par jour , l’extrait même de laurier cerise ; mais il faut être très circonspect sur sa dose, et commencer par un quart de grain par jour ; on peut la porter graduellement à celle d’un et de deux grains par jour.
La poudre tempérante de Stalh n’est pas seulement diurétique, comme on l’a dit récemment, c’est encore un bon anti-spasmodique ; on l’incorpore à la dose d’un demi-gros à un gros dans quatre onces d’une potion calmante, ou on la fait prendre parpaquets de douze à vingt-quatre grains , trois par jour, dans un peu de vin.
On peut encore faire usage des fleurs de zinc, h la dose de cinq grains par jour, que l’on peut |j porter graduellement à celle de cinquante; on les donne en pilules , ou mêlées à une boisson.
La poudre de Guttète , à la dose d’un scrupule à un gros, la poudre dorée de Zell, à celle de huit grains à un scrupule, le juleps musqué de F uller , r essence anti-hyslérique de Lemort, la poudre anti-spasmodique , l’élixir de propriété de • Paracelse, les pilules anti-hystériques de Selle, et beaucoup d’autres préparations , contre les affeclions nerveuses , dont on trouve les formules dans les pharmacopées peuvent être administrées avec succès.
Quelquefois, lorsqu’on n’a retiré aucun bon effet de ces moyens , on se trouve parfaitement bien du quinquina; on le donne de diverses manières.
La suivante est une des meilleures ; on verse deux tasses de bouillon gras sur deux gros de quinquina concassé : oii laisse infuser pendant une heure, et on passe : on fait prendre ces deux tasses, le matin a jeun , à une heure de distance l’ime de l’autre , et l’on ajoute une cuillerée à café de sirop d’éther pour chaque tasse.
On se sert aussi avec avantage de la glace tant intérieurement qu’extérieurement, des bains d’eau froide courante ou en repos , ou à la glace , des bains de neige , des frictions de neige ; mais on doit être réservé sur l’usage de ces moyens ils sont
fréquemment suivis de douleurs de te le violentes et d’autres accidens.
Les anti-spasmodiques toniques ne sont pErs toujours convenables; il est des personnes qui en sont fort incommodées , et qui retirent de meilleurs effets des anti-spasmodiques adoucissans. Les plus usités sont les bouillons de veau, ide mou de veau, de poulet, d’écrevisses, de grejnouilles, de tortue; le petit-lait, les décoctions (de graine de lui y de gruau, dorge, d’avoine , de I racines de nymphœa y de guimauve , de scorsonère , (de la moitié d’une tête de pavot , de rapures de ( corne de cerf; les émulsions d’amandes, decliien- (dent, de gomme arabique, de semences de potiron, île lait d’anesse , etc. Les bains tièdes, les bains de ^vapeur calment quelquefois l’irritation , souvent lils la rendent plus forte et plus opiniâtre. On rretire habituellement de meilleurs effets des bains ssulfureux; la saignée, l’application des sangsues, qquand la malade est forte et pléthorique , prévienraent parfois les accès. D’autres fois , elfes les déterrminent contre toute attente , et les rendent plus intenses.
On emploie fréquemment les narcotiques pour r-endre les accès moins violens ; mais on en relire rr’arement de bons effets pour les prévenir ; soit ncjn’ils procurent le sommeil, soit qu’il n’assou- )3issent pas , ils augmentent , d’ordinaire , la durée ■ ît l’intensité des spasmes qui surviennent après leur lisage.
Il est bon, pour s’opposer au retour du spasme, d’entretenir un vésicatoire ou un cautère à la cuisse , de donner fréquemment des bains de siège et des pédiluves irritaiis.
Il convient aussi de respirer la vapeur de l’aleool camphré , de l’éther , de l’alcali volatil. Ces moyens peuvent suffire pour prévenir l’accès , lorsqu’on en use au moment où l’on en sent les approches. On applique sur le creux de Festomacou sur les reins un emplâtre de thériaque et d’assa-fœtida , dont les hords sont entourés de diachylum gommé, pour le rendre plus adhérent. On retire de bons effets de ce moyen , lorsqu’après Faccès, les alimens ne passent pas et que la malade a de la disposition à vomir. On fait des frictions sur les extrémités inférieures soit avec la teinture de ciguë ou de digitale soit avec l’éther sulfririque ou l’huile de jusquiame. Pour peu qu’il reste de sensibilité dans l’organe utérin , on donne des iavemens , auxquels on ajoute un gros de baume tranquille , ou un demi-gros d’assa-fœtida dissoute dans un jaune /d’œuf. Tantôt on fait des injections dans les parties sexuelles , avec une décoction de racine de guimauve et de deux têtes de pavots , ou de stramoine et de morelle ; tantôt des fumigations avec les décoctions de ces plantes , en en dirigeant la vapeur sur les parties sexuelles : quelques malades se sont bien trouvées de fumer, au lieu de tabac , des feuilles d’oranger , de pe-
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tite sange , des fleurs de tilleul ou du quiuqulna en poudre.
On prétend que le mariage est un bon moyen pour empêcher les accès : cependant il est loin d’être aussi efficace que quelques auteurs semblent l’annoncer. On voit presque autant de femmes mariées que de jeunes personnes sujettes à ces spasmes.
Le régime doit être doux et rafraîchissant; il convient de prendre des alimens froids ou presque froids. L’habitation à la campagne , les voyages , l’équitation , les exercices du corps , concourent puissamment au rétablissement; il faut aussi éviter la contention d’esprit, et se livrer à tout i ce qui peut le distraire.
Des convulsions de V utérus.
Les convulsions de Tutérus peuvent avoir lieu (durant la grosesse, pendant le travail de l’accou- (chement, avant et après la délivrance.
De même <pie pour le spasme de l’utérus, les (convulsions sont quelquefois précédées de pesan- Iteurs de tête, d’éblouissemens , de vertiges, de vivacités, d’impatiences sans motifs, qui annon- (cent une pléthore cérébrale , ou un excès d’irritabilité dans le système nerveux. Plus souvent, elles se manifestent subitement, sans, symptômes précurseurs , par des mouvemens déréglés dans les
membres. La figure se décompose ^ les traits s’altèrent, et prennent un caractère convulsif; tout le corps se roidit, et il se fait dans le ventre, et spécialement dans la région utérine, des mouvemens qui correspondent à ceux du corps ; l’enfant participe à ces mouvemens et il vient k chaque instant heurter contre les parois de l’abdomen.
Les convulsions ne durent ordinairement que l’espace de quelques secondes : mais elles se renouvellent fréquemment dans un très -court espace de temps. Parfois elles se prolongent presque sans interruption durant plusieurs jours.
^ Elles ne peuvent avoir une longue durée , lorsque la femme est enceinte , sans produire l’avortement, ou l’accouchement : quand l’enfant est à terme , pour l’ordinaire le col se dilate , la tête s’engage, et l’accouchement se termine comme dans le travail naturel.
On a vu des femmes accoucher de la sorte , quoiqu’elles eussent entièrement perdu connaissance et qu’elles fussent dans un état comateux.
D’autres fois le col de l’utérus se dilate avec peine et ne permet que difficilement l’introduction de la main. L’enfant se présente dans une mauvaise position , et l’on'éprouve de grandes difficultés pour terminer l’accouchement.
De même que l’histérie , les convulsions peuvent se compliquer de la lésion générale du système nerveux et de la lésion spéciale de ce s} s-
terne dans divers organes ; ainsi la femme peut / éprouver en même temps ün accès d’épilepsie , de manie , une suffocation et d’autres accidens du même genre (i). Souvent il se manifeste une liémorrliagie foudroyante.
Quelquefois la malade se trouve soulagée , du moment où les convulsions ont cessé. D’autres fois elle s’assoupit, ou elle tombe dans un état comateux qui dure plus ou moins long-temps.
Une constitution grêle, délicate, avec prédominance du système nerveux , dispose beaucoup à cette maladie. Les personnes fortes , robustes , d’une constitution avec prédominance du système sanguin n’y sont guère moins exposées.
Assez souvent les convulsions sont occasionées pendant la grossesse par une percussion sur le bas-ventre, par une frayeur, un mouvement de colère^ un embarras bilieux; la cause la plus fréquente , principalement vers la fin de la grossesse J est une pléthore cérébrale , produite elle- ‘ même par le défaut d’une ou de deux saignées , qu’aurait indiquées l’état de la femme.
Une saignée faite mal à propos chez une personne faible, des hémorrhagies utérines abondantes, tant durant la grossesse qu’au moment de l’acconchement onde la délivrance, peuvent encore occasioner les convulsions. On les a vues
( I ) Y oy . du spasme de l’utérus.
produites par la rigidité ou l’endurcissement du col de Tutérus , qui ne lui permettent pas de se dilater au moment de Faccoucliement ; il en résulte des contractions utérines impuissantes et un trouble dans tout le système nerveux. Enfin la maladie survient souvent, sans qu’on puisse en déterminer la cause.
Les convulsions de l’utérus pendant la grossesse sont peu inquiétantes pour la mère , lorsqu’elles ont peu de durée. Elles le deviennent pour l’enfant qui est sujet à être expulsé avant terme. Au moment de l’accouchement , elles sont très dangereuses, et sont fréquemment suiv ies de la mort de la malade. Après l’accouchement et surtout après la délivrance , il est rare qu’elles soient suivies d’accidens.
Dans le traitement des convulsions , on doit s’attacher à modérer l’irritabilité du genre nerveux, et à détruire, s’*il y a possibilité, la cause qui à déterminé la convulsion.
Si les convulsions sont légères , on commence par donner une potion calmante, par cuillerées; on applique sur l’abdomen des compresses trempées dans une décoction de plantes émollientes et narcotiques ; on donne deslavemens et l’on fait des injections dans les parties sexuelles avec la même décoction. On fait prendre un bain général ou un bain de siège. On donne à l’intérieur une infusion de feuilles d’orangers , et de fleurs de tii-
^eul , avec une cuillerée à café de sirop d’éther yil oour chaque tasse. On applique des sangsues aux ' ■ oardes sexuelles^ ou sur l’abdomen ou au fondelaient.
Ces moyens sont surtout nécessaires , lorsque '.’afTection est survenue à la suite d’une frayeur , le quelque passion vive , ou d’autres circonstances aropres à metti’e en jeu l’excitabilité du système erveux.
Si la malade éprouvait des douleurs de tête , la langue était chargée et qu’il y eût des symp- ;omes d’un embarras bilieux, on prescrirait un romitifet les évacuans.
Quand la face est rouge , animée , que la pléthore cérébrale est manifeste , on pratique une DU deux saignées du bras , qui sont préférables à Déliés du pied. On applique des cataplasmes synapiques aux pieds, ou des vésicatoires aux jambes ",’|Tcdu à la partie interne des cuisses.
Si la maladie tient à un état d’épuisement <|jpar suite d’une saignée ou d’hémorrhagies abon~ cdantes, on donne des caïmans toniques, du vin ^généreux , des consommés et l’on fait usage tde substances éminemment restaurantes. Les vésicatoires volans aux cuisses , et sur les jambes ,
I les synapismes aux pieds sont très-convenables.
On remédie aux convulsions qui tiennent à la rrigidité ou à l’endurcissement du col , en portant cdes opiacés sur son orifice , et en tâchant d’en
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opérer la dilatation. Si elle n’est pas possible , il ne faut pas hésiter à faire la section du col , au moyen d’un bistouri. Il n’en résulte pour l’ordinaire aucun accident.
Lorsqu’on s’aperçoit que la convulsion détermine l’avortement ou l’accoucliement, on favorise la dilatation du col de l’utérus, en introduisant un ou plusieurs doigts dans son orifice , et en faisant avec la main des frictions sur l’abdomen. Ces moyens suffisent pour l’ordinaire , et l’accouchement se termine naturellement.
Si l’enfant se présente dans une mauvaise position , il faut en faire la conversion et le ramener par les pieds. Lorsque le tronc est sorti , pour peu qu’on éprouve de difficultés pour retirer la tête, il faut en faire l’extraction avec le forceps.
S’il se manifestait pendant le travail de l’accouchement une violente hémorrhagie , en même temps que des convulsions , il ne faudrait pas hésiter à terminer le plus promptement possible l’aceouchement. On fairait l’extraction de la tête avec le forceps , si elle était déjà engagée dans l’excavation ; si elle n’était pas engagée , on dilaterait le col , on irait à la recherche de l’enfant , et on le ramènerait par les pieds.
Lorsque les convulsions arrivent à la suite de l’accouchement , on se hâte d’introduire la main dans l’utérus pour détacher le placenta et en
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faire rextraction. Celles qui surviennent après la 'délivrance n’exigent que l’usage des caïmans et ne tardent pas à céder.
Si les convulsions de l’utérus étaient compliquées d’accidens nerveux , soit généraux , soit I locaux , on les combattrait chacun en particulier (i).
Les convulsions ne peuvent guère se renouve- , iler lorsqu’il s’est écoulé un certain temps depuis lia délivrance ; seulement la malade a plus de ! J'Iis position à s’y trouver exposée dans une noui^relle grossesse. Cependant s’il se manifestait queli üques accidens , ils appartiendraient au spasme de 1 l’utérus et exigeraient l’emploi des moyens indi- I ]:jués contre cette maladie (2).
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De V atonie ' de V utérus et de la chlorose.
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Il peut arriver qu’à l’époque de la puberté ’iitérus n’acquière pas cet accroissement d’aci;ion, cette exaltation dans ses proj)riétés vitales ]jui devraient naturellement avoir lieu , ou j.ju’après les avoir acquis, il les perde par l’effet ile quelque circonstance et qu’il n’éprouve plus oes fluxions périodiques dont il est le siège chaque mois. La femme est alors su jette à une suite d’ac-
te
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(i) ^oy. du spasme de l’utérus, (a) Yoy. le même.
cidens très-varl(^^s ; quelquelbis me^me à l’afTeclion connue sous le nom de pales couleurs ou de clilo- , rose.
Le plus souvent le cours des règles est inter- j rompu, soit qu’elles ne se manifestent pas à leur r 1 époque ordinaire , soit quelles se trouvent suppri- r niées (i). Lorsqu’elles n’éprouvent pas d’interrup- i ^ tion., elles sont peu abondantes, le sang qui en » provient est d’un rouge pâle, sans consistance , et; ,j, séreux ; les malades deviennent indolentes , insou- w ciantes, apathiques, incapables d’aucune appli- ji cation , elles sont indifférentes au chagrin et auia
plaisir. Elles- marchent péniblement, la respira-|j
tion est laborieuse , la digestion difficile ; souvent la peau se décolore ; il survient des ennuis do toute espèce , des goûts dépravés ; tout annonco une débilité dans les organes utérins , et mêm dans toute l’économie.
Si la malade succombe , on trouve ordinairement rulériis moins développé, les ovaires stéatomateux , le foie pâle et engorgé , ainsi que le autres viscères de l’abdomen.
I f OfJ t C
L’atonie de l’utérus peut encore avoir lieu dan: le cas de l’inflammation chronique de ses diver: tissus , dans celui d’engorgement, de squirrlie oi du carcinome de cet organe.
(i) Yoy. de la meuslrualion difficile , de la diminnlio: dans la quaulilé des règles , de leur suppression et de leu 1 déviation.
Cette atonie arrive aux jeunes personnes chez lesquelles la menstruation ne s’est pas encore établie , ou qui se voyent forcées de renoncer au marlaoe, aux veuves , ou aux femmes privées de la présence de leurs maris.
Une contention d’esprit habituelle , l’habitation de pays humides , des chagrins profonds , le défaut d’exercice , les engorgemens dans les viscères du bas-ventre , le célibat , un état de débilité générale en sont encore des causés assez communes.
L’atonie qui a lieu dans les cas d’inflammation ou d’engorgement chronique des tissus de l’utérus ^ n’est qu’un effet secondaire de ces affections.
Lorsqu’elle ne tient qu’à la privation des plaisirs des sens, cette maladie est peu grave; elle l’est bien davantage , lorsqu’elle est accompagnée d’engorgement des viscères de rabdomen ou de quelqu’autre organe important. L’atonie qui a lieu par suite d’une inflammation ou d’un engorgement des tissus de l’utérus ne présente d’autre gravité que celle même de ces affections.
Lour faire cesser l’atome de i’utérus , on tâche de rendre du ton à toute l’économie et spécialement aux organes sexuels. Le quinquina , la mélisse , le marrhube , l’armoise , les frictions avec une brosse ou avec de la flanelle sur les tégumens , les lavemens , les pédiluves irritans ,
les fumlga lions et môme les douches sur les parties naturelles, quelques purgallfs salins ou aloëtiques, un calaplasme d’absinthe et de pariétaire sur le ventre , et surtout le mariage , sont les moyens les mieux appropriés. Les ferrugineux sont aussi très-bien indiqués. Ils n’agissent pas seulement en exaltant les propriétés vitales, et en rendant de l’énergie à toute l’économie ; ils semblent agir d’une manière chimique sur le sang : ce fluide reprend de la couleur, de la consistance , et une certaine quantité de fer qui lui manquait.
Il est essentiel de rétablir les forces digestives. On prescrit , à cet effet , la thériaque , la conserve d’année et les autres amers , ainsi que les alimens fortifîans , tels que le bouillon de coq avec le céléri , les palais de bœuf, le mouton , les gelées de viandes, les fécules préparées avec des aromates , les haricots rouges cuits dans du vin , etc.
Lorsque l’atonie est un effet secondaire d’ime inflammation ou d’un engorgement chronique de l’utérus, on se comporte , comme il a été dit en traitant de ces affections.
Quelle que soit la variété de l’atonie , il faut insister sur un régime tonique et restaurant, sur l’exercice , la promenade, le séjour à la campagne et généralement sur tous les objets de distraction.
De V inertie de V utérus.
L’inertie de rutérus est une diminution ou même une cessation complète des contractions de cet organe.
Cette maladie peut avoir lieu pendant et après raccouchement , ou immédiatement après la délivrance.
Lorsqu’elle se manifeste pendant l’accoucliement , la femme tombe dans un abattement extrême ; le travail est, pour ainsi dire, suspendu : la malade n’éprouve plus de douleurs ; si l’enfant est engagé dans l’excavation du bassin , il ne fait ])liis aucun progrès. En portant l’indicateur à l’orifice de l’utérus , on en trouve le col dans un état de mollesse et de relâchement : le pouls de la malade est petit, irrégulier, et à peine perceptible. Quelquefois il se manifeste une hémorrhagie plus ou moins forte, la femme tombe en faiblesse, et son état devient très-alarmant.
Lorsque l’inertie ne se manifeste qu’à la suite de l’accouchement , l’utérus ne revient point sur lui-même et ne forme pas de tumeur dans la région hypogastrique. On sent au toucher que l’orifice du col n’a pas de tendance à se contracter. Cet orifice reste béant , et la femme n’éprouve aucune douleur qui annonce les contractions de l’utérus. Les forces vitales sont en général très-
affaiblies. A la plus légère Iracüon sur le cordon , on s’aperçoit que l’utérus accompagne le placenta et commence à se renverser sur lui-méme. Quelquefois il survient une hémorrhagie violente , et le sang coule à flots , ou il se trouve retenu dans la cavité de l’utérus qui se dilate , et le ventre prend la formé d’un ballon; une pâleur effrayante se manifeste sur la face de la malade, qui tombe ordinairement en syncope.
Enfin, dans l’inertie qui survient à la suite de la délivrance , loin de revenir sur lui-même et de former une tumeur dans la région hypogastrique, l’utérus se renverse quelquefois complètement (i). Souvent il se manifeste aussi une hémorrhagie foudroyante , tant interne qu’externe.
Ce sont ordinairement les personnes d’une faible constitution, tourmentées par de longs chagrins , fatiguées par de mauvaises digestions , épuisées par des maladies antérieures > par des hémorrhagies dans le cours de la grossesse , ou par un travail long et pénible , qui sont exposées à cette inertie.
L’inertie est un accident très-grave , surtout lorsqu’elle arrive pendant le ^travail de l’accouchement , et quelle est compliquée d’hémorrhagie. Elle est un peu moins dangereuse dans les autres circonstances.
(i) Voy. du renversement de futérus.
Le traileiiient varie suivant que l’inertie est simple ou compliquée d’hémorrhagie , et suivant l’état de rutérus. " .
L’inertie a-t-elle lieu pendant le travail même et n’existe-t-il point d’hémorrhagie? on cherche à relever l’action de l’organe par des frictions légè- • res sur la région hypogastrique , à l’aide de la , j main ou avec une serviette froide ; on irrite lé- ;gèrémentle col de l’utérus avec l’indicateur; on donne pour boisson une infusion froide de feuilles d’oranger ou de fleurs de camomille , et l’on pres- ■ crit des lavemens avec les mêmes infusions. On peut faire prendre à la malade un petit verre de vin d'Alicante, et une potion fortifiante, dans lat| quelle on fait entrer l’extrait de quinquina.
Quelquefois ces moyens sont suffisans pour rendre à l’utérus son énergie ; d’autres fois la femme perd ses forces et reste plusieurs jours sans que le travail avance. On est alors obligé de terminer l’accouchement. On fait la conversion de > l’enfant, on le ramène par les pieds quand la I tête n’est pas engagée dans le détroit supérieur ,
1 ou l’on se sert du forceps, quand elle y est engagée.
Si l’inertie était compliquée d’une hémorrhagie un peu forte , il n’y aurait pas à hésiter : ü faul| drait se hâter de terminer l’accouchement , en se ! comportant de la même manière.
C’est encore d’après les mêmes principes qu’on doit se conduire dans l’inertie avant la délivrance^
Si
S’il n’y a pas d’hémorrhagie , on attend patiemment que l’utérus ait repris son ressort , et l’on fait usage en même temps des toniques déjà indi- s qués. Si l’hémorrhagie complique rinerlie, on se hâte d’introduire la main dans l’utérus et de faire l’extraction du placenta ^ en prenant les plus grandes précautions pour qu’il ne soit pas suivi de l’utérus qui, dans ce cas, a une grande ten- dance à se renverser.
Enfin , lorsque l’inertie n’a lieu qu’après l’expulsion du placenta , on introduit la main dans ï, l’utérus ; on s’assure si cet organe n’a pas éprouvé ‘i un premier degré de renversement , et on le ré- • tablit , s’il est nécessaire , dans sa position.j On \ exerce ensuite avec la main une forte pression j sur la région hypogastrique, et l’on y applique i: quelques serviettes pliées en carreau et trempées \ dans l’eau et le vinaigre , qu’on maintient avec :j un bandage de corps médiocrement serré. :
Ces moyens sont ordinairement suivis de \ succès.
Pour remplir la même indication , M. Hou- h get (i) a proposé récemment l’introduction d’une ! vessie dans la cavité de l’utérus et son insuffla- ■ tion , afin d’exercer une compression intérieure i sur les parois de cet organe , tandis qu’on en fait I
(i) Mélanges de médecine et de chirurgie, Pai’is , j
ï8io. ï
une extérieurement avec la main. Ce mo^'^en peut en effet être utile ^ quand on a la vessie à sa disposition. D’autres ont proposé des injections alcooliques ^ et même le tampon. Mais la compression bien exercée est suffisante. C’est le moyen le plus prompt , le plus sûr et celui qui offre le moins d’inconvéniens. On continue ensuite l’usage des boissons toniques et légèrement calmantes , jusqu’à ce que l’utérus ait repris son ressort , et que le retour de l’hémorrliagie ne soit plus à craindre.
Des vices de l’uterus.
I/utérus et ses dépendances peuvent devenir , comme nous l’avons dit, le siège de ])lusieurs vices, qui affectent l’un ou plusieurs de leurs tissus en même temps.
Nous nous sommes déjà occupés des symptômes, des causes et du traitement des vices sypbilitique, dartreux, psorique, rhumatismal et goutteux , en parlant des inflammations des tissus de l’utérus qu’ils occasionent si fréquemment. Il nous reste à examiner le vice cancéreux, les végéta^ lions fongueuses , qui en sont ordinairement une suite, mais aussi dont le principe est parfois inconnu, et l’ossification de rutérus. Cette dernière peut être l’effet de l’àge; mais plus souvent elle
«li^pencl d’un vice dont la nature nous est égalenient inconnue.
Du cancer de V utérus j considérations générales,
Depuis Boerrhaave, qui, le premier, a exac- ^tement décrit les phénomènes du cancer de 1 utérus, la plupart des auteurs qui s’en sont oc-' ciipes ont cherché à en tracer les caractères essentiels qui ne se montrent que lorsque la maladie est parvenue à son plus haut degré , sans s’attacher assez à la signaler dans son princqie , époque où l’on peut espérer d’en borner les progrès et même d’y remédier entièrement.
Quelques aùteurs ont encore voulu établir un caractère pathognomonique ou univoque du cancer : les uns ont cru le trouver dans le renversement des lèvres du col de l’utérus , d’autres dans la fétidité et dans la couleur des matières rendues, d’autres, avec plus de raison, dans la nature de la douleur. Mais il n’est pas , a proprement parler , de caractères que l’on puisse regai'der comme absolument essentiels; cette maladie peut souvent exister , sans présenter aucun de ceux qui ont été donnés pour tels.
On ne peut se dissimuler que le cancer de l’utérus ne soit devenu plus fréquent qu’autrefois. C’est une observation générale des praticiens, et ce que démontrent les tableaux comparatifs des
aalaclies à diverses époques. La fréquence de elle cruelle affectionne peut être attribuée qu aux liangeraens qui ont eu lieu dans notre manière lie vivre ^ et à l’augmentation de sensibilité du ; ;enre nerveux qui en est résulté. Les femmes sont i levenues plus sujettes aux dérangemens de la iiicînstruation J aux catarrhes utérins rebelles , et I oar suite aux dégénérescences de l’utérus. Une [ inrconstance qui concourt à accroîlre le nombre lie ces maladies est le peu de douleur qu’elles occasionent d’abord ; distraites d’ailleurs par l’autres intérêts , souvent les femmes s’occupent . i oeu de leur santé et ne cherchent à remédier Li ces affections que lorsqu’elles ont déjà pris un I ÎAcbeux développement. Souvent l’homme de i l’art , pour ne pas porter l’alarme dans les fanmilles , traite de chimériques les craintes que ïi l’on peut en concevoir, et laisse écouler un temps [précieux pour les combattre. Combien de fois l a’ai-je pas eu à gémir sur l’impuissance où je me ,'suis trouvé de procurer du soulagement à des [ personnes chez lesquelles la maladie avait fait de I funestes progrès , et qui venaient ensuite réclaimer d’inutiles et tardifs secours !♦
On regarde trop généralement le cancer comme 1 incurable, et l’on désespère trop promptement (de la puissance de l’art. Les malades, ne recevant [presque plus de secours du médecin , se livrent aux (empiriques de tout genre et terminent bientôt
une existence mallieureuse, lorsqu’elles pouvaient al tendre encore quelque adoucissement à leurs I maux.
Sans doute 1 affection cancéreuse sera souvent ;j incurable ; mais ne restât-il que peu de ressources a 1 homme de lart, est-ce une raison pour aban- ■ donner la malade à ses souffrances et à son dé- | sespoir ? S’il en était ainsi, combien notre mi- | nistère serait pénible et borné ! dans le nom- j bre infini des infirmités qui affligent l’espèce bu- I maine , il en est beaucoup , on le sait , pour la { guérison desquelles l’art est impuissant. Eh bien î 1 c’est alors surtout que le médecin , ami de ses , semblables , s’empresse de prodiguer tous ses soins : que s’il ne peut parvenir à détruire le mal lui-mème , il l’atténue dans ses effets , cherche à , en diminuer les accidens , et porte ainsi au lit des i malades les derniers secours qu’il est en son pou- ! voir de donner. 1
Quoique la nature du cancer ne nous soit pas î plus connue que celle des autres vices , nous pouvons espérer qu’un examen plus attentif des altérations qu’il occasione dans le tissu des organes et des moyens qui ont sur lui quelque action , pourront faire découvrir un remède efficace contre cette terrible maladie.
On a tenté récemment, pour opérer la guérison du cancer, l’extirpation de la portion de l’utérus qui est le siège de la maladie , l’application
d'un caustique sur le col de cet organe, 1 usage de l’arsénic à l’Intérieur ; mais , s’il est nécessaire de redoubler d’efforts pour éclairer le traitement de la maladie, on n’en doit pas mettre moins de réserve dans le choix de celui qu’il convient d em- Lployer contre elle. Notre art est essentiellement [conservateur; nous ne devons jamais adopter des junoyens qui ne sont fondés , ni en raison ni sur P l’expérience, '^qiii n’offrent, pour ainsi dire, aul(cune chance probable de succès et dont au conl traire les résultats peuvent être fâcheux.
Description du cancer de V utérus.
Le cancer de l’utérus présente trois degrés : l’induration ou l’engorgement, le squirrbe et Il l’ulcère , en observant qu’il ne suit pas toujours cette gradation , et que la maladie commence fréquemment par une légère ulcération.
Cette maladie peut avoir son siège dans le col , [dans le corps de l'utérus, rarement dans ses dér bpendances.
L’engorgement s’annonce ordinairement par - des hémorrhagies utérines légères, mais fréquenhtes, qui se reproduisent durant l’acte vénérien , à , a suite du plus léger exercice , ou de quelque contrariété. Ces pertes sont d’abord accompagnées de peu de douleurs. Souvent elles sont précédées ' de douleurs plus ou moins vives , qu’elles semblent calmer. Durant leurs intervalles et meme pen-
clant leur durée , les l'emmes rendent une énorme 1 1 quantité de matières séreuses, d’une odeur fade, | particulière, qui forment sur le linge des taches |
' larges , peu colorées , dont les bords ont généra- | . lement une teinte brune. Ces matières verdissent i le sirop de violettes, et présentent un caractère | alcalin, tandis que les pertes blanches ordinaires, ' quelle que soit leur quantité , rougissent généra- j lement la teinture de tournesol et ont un carac- i tère acide.
La maladie n’est pas contagieuse, elle n’occasione parfois que des écoulemens légers , qui ont peu de durée.
Quelquefois , au lieu d’hémorrhagies , les fem- ' mes ont des règles peu abondantes, qui se suppriment même entièrement ,■ ou elles sont sujetles à ] d’autres vices dans la menstruation. Elles éprou- ; vent un prurit très-incommode dans la région de [ l’utérus et à l’orifice du vagin , des coliques uté- ' rlnes , des tiraillemens dans la région lombaire | et à la partie interne des cuisses. |
A ces symptômes il s’en joint de secondaires : une irritation excessive dans le genre nerveux, des insomnies , des palpitations, une grande sensibilité au creux de l’estoinac, des vomissemens, un trou- I ble dans les fonctions digestives, des spasmes utérins , des difficultés pour uriner ou pour aller à la garde-robe , des lassittides dans les jambes , de I l’amaigrissement ou d’autres accidens qui annoncent une altération manifeste dans la santé.
Lorsque c’est le col de l’utérus qui est le siège de la maladie , ce qui arrive le plus fréquemment , on le trouve ])liis bas, plus volumineux , plus allongé que dans l’état ordinaire , et généralement déformé. Les lèvres sont ouvertes , un peu renversées, et présentent des inégalités, des renflemens qui deviennent surtout très -marqués à l’approche de la menstruation. Le col a plus de sensibilité , " et on ne peut souvent le loucher sans donner Heu à un écoulement de sang.
Si la maladie a son siège dans le corps , l’utérus est bien plus élevé que dans l’état ordinaire. Le col est moins volumineux ; souvent meme il est entièrement effacé : le corps est au contraire plus développé , plus pesant , moins mobile , il se pré^ sente sous le doigt comme le segment d’une sphère, et forme une saillie considérable dans le rectum. Il est douloureux dans quelques-unes de ses parties , et la douleur s’étend h l’abdomen , qui acquiert du volume et un certain degré de tension. En portant un indicateur dans le fimdement, et l’autre au col de l’utérus , tandis que cet organe est assujetti par la mam d’un aide , appliquée sur la région hypogastrique ,on reconnaît, par le lieu où se manifeste la douleur , le siège principal de la maladie.
L’induration peut dén.eurer ainsi stationnaire pendant plusieurs années, sans occasioner beaucoup d’incommodités; quelquefois elle se dissipe
entièrement, comme j’ai eu occasion de l’observer, mais le plus souvent elle fait des progrès avec le temps , et la maladie passe à l’état de scpilrrhe.
L’écoulement séreux des parties sexuelles s’épaissit,peu-à-peu. L’irrégularité des menstrues est plus marquée , les liémorrliagies utérines sont fréquentes , et ne présentent presque aucune interruption. Il se manifeste un sentiment de pesanteur dans le fondement. Les douleurs que la malade éprouvait dans l’organe utérin deviennent plus aiguës , plus longues. Elles sont accompagnées d’élancemens passagers , comme si des , pointes traversaient rapidement la partie affectée ; elles se reproduisent périodiquement à certaines heures du jour , et s’étendent aux aines , au sacrum , à la partie interne des cuisses ; quelquefois elles discontinuent l’espace de plusieurs jours et meme pendant un temps plus ou moins long. ;
Si le col est le siège du squirrhe, il acquiert plus de volume , il devient plus allongé, et s’avance parfois jusqu’à l’orifice du vagin ; il est en outre arrondi, dur, rénitent ; son orifice est inégal, très-chaud, douloureux; les lèvres en sont souvent fortement renversées ; il saigne au plus I léeer attouchement. 5
La malade éprouve de la gêne en marchant , ,
de grandes difficultés pour uriner et pour aller à [ la garde-robe. Les accldens secondaires dont nous | avons ])arlé sont plus intenses.
La maladie a-t-elle son siège dans le corps de rutérus ? le viscère acquiert un volume considérable : il forme dans la région hypogastrique une tumeur très-douloureuse , lorsqu’on en fait l’examen , soit au-dessus de cette région , soit par l’introduction de l’indicateur dans les parties sexuelles ou dans le fondement.
La maladie reste rarement à l’état de squirrbe , sans qu’il se forme quelque ulcération ; ce qui a fait penser ^ quoique à tort (i) , à un praticien dis-^ itingué, que le squirrhe lui-même dans l’organe utérin était toujours précédé d’ulcération.
Les douleurs continuent d’être extrêmement aiguës , et lancinantes. La matière qui s’écoule des parties ulcérées est sanieuse , remplie de flocons , et laisse exhaler une odeur particulière , très-fétide.
L’érosion des vaisseaux sanguins donne lieu à 1 des hémorrhagies fréquentes et difficiles à arrêter.
(i) J’ai présenté , en 1812 , à la société de médecine I pratique , un utérus très-volumineux , entièrement squiri rheux ; le tissu en était intérieurement blanchâtre , parsemé de points purulens , etlardacé. La membrane interne I tout-à-fait saine ne présentait aucune ulcération , tant au 'Corps, qu’au col de l’organe. Il fut procédé avec beau- (Coup d'attention à l’examen de la pièce anatomique , par 'MM. Bonnafox de Mallet , Giraudy , Villeneuve , Bertbotmieu, Pajot Laforet , Duval, et par plusieurs autres mem- Ibres présens à la séance.
Si le col est le siège de l’ulcère, il est dur, très-douloureux, et se présente souvent sous l’aspect d’un champignon : si la maladie a son siège dans le corps, l’utérus acquiert un volume excessif, il occupe quelquefois une grande partie de la cavité de l’abdomen^et remonte jusqu’à la région ombilicale. Le has-ventre devient très-douloureux; la malade ne p>eut supporter les plus légères couvertures.
Il naît quelquefois à la surface des parties ulcérées des végétations fongueuses dont nous parlerons plus bas (i).
La maladie ne peut durer un certain temps sans affecter les dépendances de rutériis, ainsi que les parties voisines de cet organe. Il arrive fréquemment que la vessie et le rectum s’ulcèrent, éprouvent de grandes dégénérescences et communiquent par une ou plusieurs ouvertures avec la cavité de l’utérus.
Les glandes de l’aine se gonflent , les pieds deviennent édémateux , l’édématie gagne peu-à-peu l’ime ou l’autre cuisse , rarement les deux à-lafois , et il se fait un épanchement de liquide dans le bas-ventre. La malade éprouve des irritations et des démangeaisons insupportables aux parties sexuelles , des vomissemens presque continuels ; elle ne peut garder aucun aliment solide.
(i) Yoy. des végétalioas fougueuses.
elle rejette même la plupart des boissons. Sou-vent elle est sujette à des tremblemens, sans doute occasionés par la grande quantité de substances narcotiques qui lui ont été administrées , h des .faiblesses , avec perte de connaissance , à une i I constipation opiniâtre, ou à des dévoiemens col- 1 (quatifs , à des hémorrhagies très-difiiciles à arrê- |iter; elle est dévorée par une fièvre hectique ; elle .jîtombe dans le marasme et survit peu à cet iiiétat.
Les altérations que l’utérus présente, après la )1 mort , se rapprochent beaucoup de celles que le '.ancer occasione dans les autres organes.
On reconnaît rarement les simples indurations* îlles produisent peu de changemens dans le visière. Comme elles ne sont jamais une cause |li e mort , et qu’elles ont peu incommodé pendant U vie , on ne s’occupe guère d’en constater l’exis- ;nce alors qu’elle a cessé. On obtient d’ailleurs iflicilement , dans les circonstances ordinaires , Duverture des corps. Dans les hôpitaux où elle ‘irait facile, on a rarement l’occasion d’observer s maladies cancéreuses dans leur principe , les îrsonnes qui recourent à ces asiles ne s’y déteriinant que lorsqu’elles éprouvent des accidens aves et que la maladie est avancée.
Les parties qui sont le siège de l’induration ont [ quis le double et le triple de leur volume ordiire ; elles sont déformées, leur tissu est plus
Je.!
dénse , et se rapproche de la dureté du cartilage , ou bien il est d’une couleur rosacée ou blancliAtre , parsemé de petits points blancs , desquels il découle une matière séreuse blancliAlre et puriforme.
Lorsc[ue l’induration est ancienne et qu’elle a passé à l’état de squirrlie , les parties qui en sont ; le siège ont encore plus de volume et sont plus déformées : leur tissu a perdu de sa densité; il est ( d’un gris blanchâtre , et recouvert d’une énorme
quantité de points purulens cpii lui donnent un
aspect lardacé. On y trouve encore fréquemment j q des petites portions d’une matière blanchâtre , di- j||| visée en lobules inégaux ^ que séparent de petites •; cloisons celluleuses , traversées en tous sens par j;
des vaisseaux san<ïuins assez volumineux. C’est ;
ce qui constitue la dégénérescence cancéreuse que i: M. Laennec a désignée sous le nom de cérébri-d
forme fl â. f.
Enfin, lorsque la maladie a passé à l’état d’ul-*L^j
cération , et quelle occupe le col de l’utérus
cette partie est ordinairement détruite et rongée-B ^ On trouve à sa place des végétations fongueuses ‘
ou une couche putride , plus ou moins épaisse ;|
d’un gris noirâtre très-
Quand on lave à i)lusieurs eaux cette partie
la couche putride s’enlève avec facilité . et oi|j|
“’iN,
(i) Voy. clicllonnaire des scieuces médicales
, art. cai^j
' cer , tom. ù, pag. 55a
Irouve au-dessous de petits tubercules ^ semblables h ceux de la peau de chagrin , ou de la surface d’une mûre et tels qu’on en voit aux lèvres , aux narines et sur les autres parties des tégumens qui sont extérieurement le siège du cancer. On y aperçoit aussi les ouvertures des vaisseaux qui ont été corrodés par le progrès de la maladie.
Le tissu de la portion de Tutérus qui n’est pas rongée , est épais et dense , dans la longueur d’un pouce J d’une couleur blanchâtre , d’un aspect lardacé et entièrement squirrheux. Quelquefois le fond de l’utérus paraît sain. Le plus souvent il est aussi squirrheux.
Lorsque l’ulcère a son siège dans le fond ou sur les parois dé l’utérus , le volume de l’organe est de beaucoup augmenté , les parties affectées sont de même désorganisées et rongées; elles sont recouvertes par une couche putride , au-dessous
à l’état squirrheux.
On peut quelquefois confondre le cancer de l’utérus surtout dans son premier degré, avec plusieurs autres affections du même viscère.
Je fus appelé en i8io , par M. Goyon , pour une dame qu’il soupçonnait atteinte d’un carcinome de l’utérus , et qu’un autre praticien regardait comme atteinte d’un polype utérin.
Le col de l’utérus était en effet inégal à, sa
surface et très-volumineux ; il présentait vers son milieu une sorte de boule , qu’on pouvait facilement prendre pour un polype utérin , au moment où il commence à entr’ ouvrir le col , pour se montrer au-dehors. Cependant le défaut de mobilité de la tumeur, l’impossibilité de faire glisser le | doigt entre cette tumeur et la paroi^ interne du i col , les inégalités de l’orifice de celte j)artie , la nature des matières qui en découlaient , ne me f permirent pas de méconnaître un carcinome , diag- | nostic que les progrès de la maladie ne constatèrent que trop , peu de temps après.
Le même chirurgien me fit appeler, en 1812 , pour une dame qui était altelnte d’une tumeur à ' l’ovaire gauche. La maladie avait été prise d’abord par de très-habiles praticiens pour un cancer du corps de l’utérus , a raison des douleurs i poignantes que la malade éprouvait , et de la | ' saillie que l’ovaire formait dans le vagin. Cepen- | dant on a été assez heureux pour faire cesser les douleurs ^ et cette dame a eu depuis deux enfans à terme. Elle conserve encore la tumeur de l’ovaire gauche , que l’on croit être formée par une hydropisie de cet organe.
La malade affectée d’une inflammation chronique de l’ovaire gauche , et dont j’ai parlé précédemment (i), avait de même été regardée par
(i) Yoy. page 269.
un médecin distingué, comme atteinte d’un carcinome de Tutérus.
Divers déplacemens, la présence des corps étrangers , l’inflammation chronique des tissus de l’utérus , peuvent purfois être pris pour un carcinome ; mais avec un peu d’attention , et en se pénétrant des signes de chacune de ces maladies , on peut , pour l’ordinaire , se préserver de semblables méprises.
Le cancer de l’utérus ne se manifeste pas avant la puberté. On ne l’observe guère que de quarante à cinquante ans , époque ordinaire de la cessation des règles.
La constitution avec prédominence du système nerveux , le célibat , l’habitation des lieux bas et humides , les chagrins vifs , les écarts dans le régime , une compression habituelle sur le bas-ventre pour en diminuer le volume , les coups , les chutes sur cette partie , surtout pendant la grossesse , des abus du mariage , les irritations fréquentes des organes sexuels, des injections âcres pour déterminer la cessation des fleurs blanches, la suppression des règles et les vices divers de la menstruation , les fausses couches, les manœuvres imprudentes pendant l’accouchement , une inflammation chronique et ancienne du tissu propre et de la membrane interne de l’utérus , la disparition d’une affection dartreuse , rhumatismale, et la fixation du vice syphilitique ,
( 5Go )
oa de tout autre vsur cet organe ajoutons une disposition primilive et héréditaire : telles sont les circonstances principales qui prédisposent à la formation du cancer de Tutérus.
Mais quelle est la cause déterminante, la cause matérielle de cette maladie ? Soupçonnerons-nous, comme le professeur Dubois, quelle a son prin- | cipe dans une altération morbifique du système nerveux ? Cette opinion était , à la vérité , celle des anciens , puisqu’ils en attribuaient la formation î à l’attrabile et que chez eux les effets de l’atlrabile étaient les mêmes que ceux que nous attribuons au principe nerveux. Dirons-nous, avec Boerbaave , qu’elle est due à une lymphe coagulée et devenue îlcre , ou bien , avec d’autres praticiens modernes , ; qu’elle est occasionée tantôt par un principe ' acide ou alcalin , et tantôt par la présence d’un gaz ■ hydrogène sulfuré animal ou d’un oxide d’azote ? | Convenons plutôt , avec les auteurs d’un excellent | article sur le cancer (i) , que nous ignorons encore quelle est cette cause déterminante^ quoique sa connaissance pût être d’un si grand secours pour le traitement de la maladie.
Quelques dangers qu’offre le cancer de l’utérus, nous sommes loin de partager l’opinion récemment reproduite de Paul d’Egine (2) , que celte
(1) Dlct. des sciences médicales , lom. 5, pag. 54o^
(2) Lib. 3 , cap. 5.
maladie est essenliellement incurable dans tous -ses degrés. Plusieurs auteurs rapportent des guérisons bien constatées de cette maladie. T’ai vu :moi-méme un assez grand nombre d’engor- .gemens caractérisés par d’habiles praticiens , (qui sont devenus stationnaires et qui ont fini même par guérir entièrement. En vain dirait-on qu’on s’est mépris sur la nature de la maladie ; qu’on a confondu l’inflammation cbronique du tissu propre de l’utérus avec un commencement d’affection cancéreuse ; qu’il n’existe pas de signes suffisans pour distinguer ces affections enlr’elles. IMais alors sur quoi se fonderait-on pour affirmer que les autres se sont trompés , quand on avoue soi-même qu’il n’y a pas de signes suffisans pour distinguer la maladie dans son principe ?
Parvenue à l’état de squirrbe et de cancer ulcéré , celte maladie est véritablement alors au-dessus des ressources de l’art. On a prétendu que lorsqu’elle provient du vice syphilitique, elle peut être guérie par des moyens appropriés. Mais cette assertion est sans fondement, l’usage desmercuriaux ne faisant qu’aggraver ses progrès. Toutes fois quelque avancé que soit le cancer , il peut absolument devenir stationnaire et même rétrograder contre toute espérance. Avec des soins bien dirigés on parvient à calmer ses accidens et à rendre supportable l’état de la malade.
Le traitement de cette maladie présente des
différences suivant son degré, sa cause, la nature et l’intensité des accidens , et le lieu où elle est sitùée.
Si le col de l’utérus ne présente qu’une induration , sans douleur , ni accroissement sensible de chaleur, survenue par suite d’un coup , d’une chute, d’une distention trop violente opérée pendant l’accouchement , d’une inflammation chronique du lissu propre ou de la membrane interne de l’utérus , on doit regarder l’engorgement comme l’effet d' une atonie du système des vaisseaux lymphatiques, et il faut avoir recours aux légers excitans tant internes que locaux , comme nous l’avons indiqué dans la description de la métrite chronique (i).
Il est essentiel de porter une grande attention h l’état de la menstruation. Quand les règles sont trop abondantes , on prescrit la décoction de riz , avec le sirop de grande consoude, la gomme arabique , le suc de limon et d’autres substances mucilamneuses et légèrement astringentes. On v joint la saignée du bras, réitérée à divers intervalles , pourvu que la femme soit d’une forte constitution. Les anti-spasmodiques , unis aux toniques , conviennent mieux lorsqu’elle est d’une constitution faible, avec excès de sensibilité dans
(i) Voy. de rinflammalion chronique du tissu propre de r utérus.
le genre nerveux. On se comporterait pour les i autres vices de la menstruation comme nous le dirons par la suite (i).
Il importe de s’attacher h faire cesser les douleurs dès qu’elles se manifestent dans l’utérus. Outre qu’elles sont extrêmement fatiguantes , elles augmentent la sensibilité de cet organe, y déterminent l’afllux d’une grande quantité de liquides , et contribuent beaucoup h accélérer sa dégénérescence.
On parvient à modérer ces douleurs, au moyen de la saignée et des opiacés. La première est trèsutile, même dans le cas où il n’y a pas de pléthore bien marquée. Elle est bien préférable à l’application des sangsues aux parties sexuelles , au fondement , ou à la partie interne des cuisses , recommandée par beaucoup d’auteurs. Je l’ai vue fréquemment calmer des douleurs utérines insupportables et dissiper des engorgemens qui paraissaient inquiéta ns.
Les opiacés n’ont pas seulement l’avantage de soulager la malade ; en diminant le sentiment de la douleur et la sensibilité de l’utérus , ils concourent puissamment à arrêter la dégénérescence de ce viscère.
Il n’est pas moins important de remédier aux
(0 Voy- des vices de la metistrualion,
écoiilemens trop abondans de matières séreuses qui ont lieu par l’organe utérin. Ces écoulemens sont souvent supplémenlaire^ du llnx menstruel : on les combat par les moyens pro])res à faire cesser le vice de la menstrualion qui les produit. D’autres fois ils sont un effet immédiat de r engorgement, et ne peuvent diminuer que par l’emploi des moyens propres à en obtenir la résolution.
Cette résolution est diflîcile. Quand l’engorgement est dd à un vice syphilitique , dartreux, rhumatismal, etc., on emploie les moyens appropriés contre ces divers vices. IVIais le plus souvent ils sont sans effet , et on se voit réduit à user de ceux dont l’expérience a constaté l’utilité contre les engorgemens réduits à leur état de simplicité. Au nombre des meilleurs, on doit sans cloute compter la ciguë.
Ce médicament, d’abord préconisé outre mesure, a été ensuite trop dé]3récié ; comme tous * les autres moyens, il est impuissant dans le cas d’ulcération ancienne : mais dans ceux d’engorgement , il produit souvent des résultats inespérés.
On en prescrit habituellement l’extrait sous forme de pilules , à la dose de cinq h dix grains par jour, que l’on peut augmenter graduellement jusc|u’à un gros et meme jusqu’à deux. J’ai cru remarquer cju'on en retire de meilleurs effets en
I l’incorporant dans le sirop de douce amère , dans la proportion de dix grains d’extrait de ciguë pour une once de sirop. On donne ce sirop composé par demi-cuillerées h bouche matin et soir, en en portant la dose à une, à deux, et ])ar la suite à trois cuillerées à bouche matin et soir.
La ciguë est sujette à débiliter les voies digestives et l’on ne pourrait l’administrer qu’à une petite dose , si l’on n’avait le soin de fortifier en. même temps l’estomac au moyen de quelque stimulant. On prescrit pour cet objet une cuillerée abouche de sirop anti-scorbutique, ou l’extrait de quinquina, la racine de Colombo en poudre , un mélange de cachou anisé et de magnésie , à la dose de douze grains , dans la première cuillerée à bouche de soupe au moment du dîner. Quand il y a des douleurs utérines , la ciguë concourt puissamment à les faire cesser, et on la combine avantageusement avec l’extrait thébaïque et avec les autres opiacés. Les eaux de Plombières sont aussi très-bonnes : j’ai vu des personnes qui en ont éprouvé des effets avantageux , quoique leurs engorgemens eussent fait beaucoup de progrès. lien est de même des bains tièdes..Il est bon aussi de porter une irritation vers un point de la surface du corps éloigné de l’utérus. Ainsi lorsque les femmes ])euvent s’y résigner on retire de bons effets de l’application d’un vésicatoire ou d’un cautère au bras, ou d’un emplâtre de poix de Bour-
gogne entre les deux épaules. Un médecin dlslinqué de Montpellier a récemment proposé l’usage de l’oxide d’or dans les affections cancéreuses de l’utérus. Je dois dire , pour rendre liommage à la vérité , que les essais assez nombreux que j’en ai faits ne m’ont pas procuré jusqu’à présent de résultats satisfaisans.
Il convient aussi de faire des injections locales, d’abord calmantes , avec la décoction de morelle et de têtes de pavots^ ou une forte dissolution d’opium. Lorsque la sensibilité du corps de l’utérus est diminuée , et que la malade ii’y éprouve absolument aucune douleur, on rend ces injections légèrement toniques, en les préparant avec le sulfure do potasse , l’acétite de plomb liquide , étendu dans beaucoup d’eau , ou avec des eaux de Barrège , de Coterets, de Plombières naturelles ou factices. Quand les circonstances le permettent on fait ces injections prolongées sous forme de douches , ayant soin que le bquide ne frappe pas rutérus par une colonne trop forte. On se sert pour cet objet d’un conduit dont l’extrémité , percée comme un arrosoir, divise la colonne d’eau en plusieurs filets (i). Quels que soient au surplus les moyens qu’on emploie , il faut
(i)M. AublL potier cf étain , rue Si. -Honoré, ii.° iql» confectionne ties seringues pour femmes de différentes forme's , Irès-uliles pour cet usage.
-les varier J et ce n’est que par un long usage qu’on □eut borner les progrès de l’engorgement et le dissiper entièrement.
Dès que la maladie a pris le caractère de squirrlie , qu’elle détermine des douleurs aigues et .ancinantes, les excitans, quelque légers qu’ils soient, ne peuvent convenir ; ils augmentent la sensibilité , l’irritation et accroissent les accidens. [I faut alors se borner à arrêter les progrès de la l I imaladie , à la rendre stationnaire , par les moyens propres à diminuer la sensibilité des parties. On prescrit à l’intérieur la ciguë , ainsi que les divers;es préparations d’opium à des doses variées, en lyant soin de commencer par les plus petites.
On insiste sur l’usage d’une décoction de douce
amère , coupée avec moitié lait , du bouillon de [poulet, du petit-lait , du lait d’ânesse, ou de cliè- \rre, et généralement sur les boissons mucilagi- 1 rieuses et calmantes.
On applique des narcotiques et des oxides de iplomb sur le col de l’utérus, lorsqu’d est le siège ^ ade la maladie. Lorsque c’est le corps , on ne peut ^^uère donner localement des caïmans qu’au I moyen de lavemens ; encore le rectum est -il (alors interposé entre l’utérus et la liqueur sédauive.
On fait usage d’injections , avec une forte dis- '^solution d’opium, ou avec une décoction de jusriquiame , de tabac , de stramoine , de ciguë , de
lailLie ou d’autres plantes émollientes et narco- ; tiques. j
On donne des lavemens et des bains de siège j avee les mômes décoctions. |
Les injections dans la cavité du corps occasionent souvent des syncopes , des évanouissemens des douleurs insupportables qui forcent à y renoncer. ,
Les saignées locales et même générales diminuent la douleur : mais il ne faut pas trop en user; elles affaiblissent les forces , et la douleur .
reparaît ordinairement au bout de quelques heures aussi forte qu’auparavant.
Les injections prolongées d’eau froide , de meme que celles d’eau de Barrèges diminuent quelquefois les douleurs ; mais souvent elles les i augmentent et l’on est obligé de même d’en suspendre l’usage. I
Les cautères, les exutoires ne sont guère d’aucune utilité ; ils occasionent de violentes irritations, augmentent l’amaigrissement et la faiblesse.
Il en est de même des purgatifs drastiques ; les laxatifs sont néanmoins utiles pour prévenir la constipation.
Parfois il est nécessaire de relever les forces digestives au moyen des amers aromatiques , comme la conserve d’aunée , la confection d’hyacinte, etc.
Il importe peu, sous le rapport de la cure, que
la maladie puisse être attribuée à telle ou telîci I cause. Qu’elle provienne d’une inflammation locale , d’un dérangement de la menstruation ou de la répercussion d’un vice > il est rare qu’elle ccède. Lors même que l’on soupçonne le vice vé- Dttérien, les médicamens anti-syphilitiques ne doivent pas être administrés; ils ne font, comme liions l’avons dit , qu’aggraver la maladie , sans Diroduire aucune amélioration.
On a cependant quelques chances de plus , lorsjue l’affection tient à un vice dartreux. Le professeur Pinel rapporte l’observation d’une dame chez laquelle le cancer déterminé par ce vice a été isensiblement diminué. J’ai eu moi-même l’occaision d’obtenir un succès plus complet dans un 'cas semblable*
LFne dame d’une constitution délicate , avec crédominence du système nerveux ^ mère de pluisieurs enfans, fut atteinte , à l’âge de trente-quatre ms , trois ans après son dernier accouchement , le douleurs permanentes dans les parties sexuelles.
Elle eut recours successivement à plusieurs iiommes de l’art qui prescrivirent des traitemens variés , sans préciser la maladie. Impatientée de le pas éprouver d’amélioration dans son état, elle uivit les conseils d’un empirique qui lui adminisra les anti-syphilitiques ; elle en ressentit les plus âcheux effets.
Les douleurs devinrent aiguës ) lancinantes
clans la région utérine , principalement quand la malade était debout ou quelle marchait ; elle se vit forcée à garder le lit ; lorsqu’elle allait à la garde-robe , elle éprouvait comme la présence d’uii poids sur le fondement. Elle avait un léger écoulement de matières rnuqueuses, et les règles étaient peu abondantes et très-dérangées.
Elle eut recours enfin à un praticien estimable , qui fit cesser le traitement anti-sypbilitique et prescrivit les caïmans et les adoucissans tant généraux que locaux.
C’est dans ces circonstances que je fus appelé, à raison du départ de ce praticien pour l’armée d’Egypte.
La malade éprouvait les mêmes symptômes que précédemment , mais beaucoup plus modérés. Le col de l’utérus me parut plus abaissé que dans l’état naturel , plus gonflé , rénitent dans toute sa circonférence ; la lèvre antérieure plus épaisse , un peu plus sensible et renversée. Tout le pourtour du col était parsemé d’aspérités rugueuses ; il était sensible à la plus légère pression.
Comme le pouls était dur et élevé , la pléthore marquée, je prescrivis une saignée du bras, dont la malade éprouva beaucoup de soulagement.
Je fis continuer le traitement précédemment indiqué : les boissons mucilagineuses et calmantes que j’alternai avec les boissons amères , pour empêcher la débilitation de l’estomac , les bains
; généraux fet les bains de siège tiède$ , les injec- ' tiens et les laveniens préparés avec des substances imucilagineuses et calmantes.
La malade éprouva de ce traitement une améiboration marquée. Les douleurs lancinantes cessèirent presque entièrement; elles ne se reproduis îsaientqu’à certaines époques, lorsque la malade î s’était fatiguée , ou quelle avait beaucoup marché.
Enfin il se manifesta , au bout d’un an , une érupttion cutanée sur le cuir chevelu , sur les deux (Oreilles et sur la joue du côté droit.
Je continuai l’usage des mêmes moyens , en injsistant sur la douce amère, dont on coupait la dét coction avec moitié lait , sur la pensée sauvage , sur lies pastilles soufrées, et sur les moyens usités (Contre les affections dartreuses. On variait ces imoyens, pour prévenir l’effet de l’habitude et pour (que la malade n’en éprouvât pas de dégoût. Cette (éruption diminua peu-à-peu , de même que les iirritations de l’utérus. Ces dernières n’avaient llieii qu’à la suite des changemens de temps , (OU d’exercices pénibles. Les règles se régulàri- ^sèrent, et la malade devint enceinte, en 1812, (dix ans après son dernier accouchement, au moiment où elle ne comptait plus sur les douceurs de lia maternité. Vers le cinquième mois de la grosssesse , je repris connaissance de son état; les deux lèvres de l’orilice du coi étaient un peu gonflées , molles , lisses et ne présentaient pas la plus légère
aspérité , la grossesse suivit son cours ordinaire , la malade donna le jour à un enfant bien portant , et ne s’est plus ressentie de l’affection de l’utérus.
Quelques auteurs ont proposé de faire l’extirpation de la partie squirrheuse , et même ulcérée de l’utérus. M. Osiander, professeur de Goetlingue , dit avoir fait avec succès plusieurs opérations de ce genre et les avoir répétéés deux fois à des époques différentes sur la même personne. ,
Son procédé consiste à introduire dans le col de l’utérus , et à fixer aux quatre côtés de la tumeur , quatre aiguilles courbes garnies de fils cirés. Ces préliminaires difficiles et dangereux a remplir terminés, il fait sortir le carcinome en dehors , par le moyen d’une traction insensible et bien ménagée sur les fils réunis dans une même main. Après s’être assuré par le tact des limites du mal , on l’extirpe avec un bistouri courbe introduit dans le vagin. Pour remédier à l’énorme effusion de sang qui résulte de cette opération , on lâche d’introduire dans le vagin une éponge imprégnée de substances fortement styptiques , le traitement se continue au moyen d’injections , et de ces mêmes éponges différemment imprégnées , quoique le plus souvent on ne se serve que de miel.
Un chirurgien très-distingué qui a pratiqué plusieurs fois cette opération à Paris en a beaucoup perfectionné le procédé ; il se sert avec raison d’une double airigne pour saisir l’utérus et le tirer au-
dehors, l’hémorrhagie est en général peu considérable. Dans Fune de ses opérations , on avait extirpé la lèvre postérieure de l’orifice utérin , transformée en une tuméfaction cancéreuse de la grosseur d’un œuf. La malade étant morte long-temps après d’une tumeur cancéreuse , développée dans l’abdomen , on trouva l’utérus parfaitement sain. ‘î.
A la place de la portion qui avait été excisée on remarquait un enfoncement revêtu d’une cicatrice (i).
L’opération n’est pas toujours aussi heureuse , elle est quelquefois suivie d’une mort prompte , et il est véritablement peu de cas dans lesquels elle doive être pratiquée. Si l’on s’y résolvait, ce ne pourrait être que lorsque la maladie affecte le col de l’utérus, et n’a pas fait de grands progrès ; dans le cas contraire l’opération serait inutile. La maladie se reproduirait, comme cela ne s’observe que trop souvent à la suite des opérations du cancer du sein. On a proposé aussi récemment de porter un caustique sur le col de l’utérus y pour détruire la partie affectée , mais on ne pourrait nullement y parvenir sans léser les autres parties et sans hâter les progrès de la maladie , aussi ce moyen doit-il être entièrement rejeté.
Lorsque la maladie a passé à l’état d’ulcère , et qu’elle est ancienne^ on ne peut plus espérer
(i) Voy. Diction, des sciences médic. art. Cancer,
ii’en obtenir la guérison. Il faut se borner à dimb ïjuer les accidens secondaires qu’elle détermine.
La douleur est le plus grand de ces accidens. i On la diminue , comme nous l’avons dit , par l’u- j sage des opiacés h l’intérieur, portés graduelle- | ment h des doses très-fortes , ou administrés sous 1 forme d’injections , de làvemens , de bains de siège, f et de frictions à la partie interne des cuisses et sur l’abdomen.
Les hémorrhagies utérines deviennent aussi parfois très-inquiétantes ; on y remédie par l’usage des moyens indiqués contre les hémorrhagies passives (i).
Il arrive souvent qu’li la suite de l’usage de l’opium , surtout lorsqu’il a été pris à forte dose , soit furtivement par les malades , soit à raison des progrès de la maladie, cette substance donne lieu h des tremblemens très-opiniâtres.
Il faut alors faire usage des caïmans toniques , tels que les infusions de feuilles d’oraftger , et de fleurs - de inille-feuilles , de tilleul, le sirop de pivoine, Vaasa fœtida ^ le musc, et diminuer la quantité d’opium que l’on fait prendre à la malade ou le supprimer entièrement.^
On remédie à là fétidité qui s’exhale des parties ulcérées , au moyen d’une extrême propreté , et d’injeetionS fi’équentes , a^^c une décoction j
(i) Voy, des hétaorrhâgtes utérines passives.
( SyS )
mucilagineuse , contenant une certaine quantité de poudré de charbon de bois blanc.
L’on peut aussi donner cette poudre a l’intérieur J à la dosé d’une et tnême de deux onces par jour, soit en pilules y soit délayée daiis un peu d’eau sucrée , etc.
On a soin de tenir dans l’appartement l’appareil désinfecteur de Gùyton - Morveau ; on le rapproche même du lit de la malade , avec la précaution qu’elle ri’en soit pas incommodée.
La perte d’appétit , les faiblesses d’estomac sont ordinairement sympathiques dé la maladie; on tâche d’y remédier en donnant quelques légers toniques , tels que la thériaque , le sel essentiel de quinquina , une heure avant le dîner.
S’il se manifeste de la diarrhée, dudévoiement, et que l’on juge , d’après l’état peu avancé de la maladie , que ées accidens rie proviennent point de la lésion de la vessie , et du rectum , et du passage de l’urine dans ce dernier , on a recours à l’usage du diascordium , du cachou et des autres àstringens.
Si au contraire il y a constipation , ce qui est le plus fréquent, cet état ne poutant que produire de nouveaux accidens , on prescrit des Javemens des bains émotliens , tant généraux que locaux , On donné des aliniens doux , muqueux , des boissons mucilagineuses. Ces moyens sont quelquefois irisuflîsans ; on voit des malades rester 36 ,
40 jours , sans aller à Ja garde-robe , ce qui aggrave beaucoup leur situation. Les matières durcies, arrêtées parla tumeur que forme l’utérus dans le rectum , ne pouvant le franchir sans causer de vives douleurs, on est obligé d’avoir recours aux laxatifs , tels qu’un mélange de sirop de fleurs de pêcher et d’huile de palma chrisli , ou à des purgatifs plus actifs. L’incontinence de l’urine , des excrémens ; le passage de ces derniers par le vagin n’arrivent que dans le dernier degré de désorganisation, et la malade est rarement alors en état de sentir toute l’horreur de sa situation; on ne peut y opposer que les soins de la propreté.
Il est encore beaucoup d’accidens qui surviennent au dernier période de la maladie , c’est au médecin à y apporter autant que possible des secours appropriés ; mais ce que nous ne saurions trop répéter, c’est qu’il faut plutôt s’attacher à combattre ces accidens que tenter par des moyens évidemment infructueux de détruire une maladie , désormais au-dessus des ressources de l’art.
• A quoi pourraient servir alors un vésicatoire , un cautère , un séton , un moxa , que se plaisent quelquefois k indiquer divers praticiens ? Ils ne font que tourmenter inutilement la malade.
Quelle que soi,t au reste sa position , la personne tire toujours un avantage marqué des soins assidus du médecin ; il diminue ses douleurs , il
écarte d’elle ces traitemens intempestifs ^ que ne sont que trop enclins à indiquer les gens qui l’environnent , traitemens dont la malade a malheureusement trop de propension à faire usage et qui , loin de répondre à son attente , ne font qu’acr croître ses souffrances.
Du cancer des dépendances de V utérus.
L’utérus est ordinairement le siège primitif du cancer et les dépendances de cet organe n’en sont guère atteintes que d’une manière consécutive.
Quand la maladie affecte les ligamens, les trompes ou les ovaires , elle s’y trouve la plupart du temps à l’état de squirrhe. Ces parties forment dans l’abdomen une tumeur inégale , mobile , que l’on sent parfois sur l’un des côtés de la région hypogastrique.
Le cancer du vagin se manifeste pour l’ordinaire par une ulcération. Il est accompagné de peu de douleurs , et donne lieu h l’écoulement d’une matière séreuse et fétide. C’est à sa ténacité, à la lenteur de ses progrès , à l’endurcissement de ses bords, aux végétations fongueuses qui y j prennent naissance, à la nature des matières qui en découlent, qu’on distingue cette ulcération de ' celles qui proviennent des autres vices.
‘ Les causes du cancer de ces organes sont les mêmes que celles du cancer de l’utérus. La maladie est incurable, quand elle affecte les ligamens , les trompes , les ovaires. Elle peut néanmoins , sans causer de graves incommodités , se prolonger durant plusieurs années. Elle offre un danger plus pressant lorsqu’elle a son siège dans le vagin. Dans les premières de ces parties , elle n’exige aucun traitement spécial : il faut seulement diminuer les douleurs qui pourraient se manifester^ par l’usâge dés caïmans à l’intérieur. On doit de même diminuer la sensibilité du vagin lorsqu’il est lé siégé delà itialadie, en usant d’injections narcotiques. Quand l’ulcération a peu d’étendue,' on peut en obtenir là guérison par l’applicatiOn d’une pâte arsénicale, sur toute la surface affectée. J’ai vu avec M. Souberbielle une dame qui avait depuis quatre ans une maladie de ce genre , ét que cè praticien a guérie par ce moyen.
De^ 'Végétations fofigùeuses de Vutérus.
Il peut se développer à la surface de la meiribfane interne de l’uférus et du vagin , surtout lorsqu’elle est ulcérée , ainsi que dans la prôpre substance de ce viscère , des végétations molles , rougeAlres et fongueuses.
Ceis excroissances , quand elles sont extérieures, donnent lieu h l’écoulement de matières séreuses , floconeuses, par le vagin, et à des liémori’hagies souvent abondantes , sans occasibner cependant beaucoup de douleurs. Elles font ordinaireitient saillie dans là cavité dé l’utérus et autour de Son col , quelquefois elles remplissent toute la cavité du vagin ; il s’en détache souvent des pbrtions plus oli moins volumineuses , sans aucun avantage pour la malade, attendu qu’elles né tardent pàs à se renouveler.
Les végétations situées dans l’épaisSeur même de l’iitérus ne peuvent être reconnues qu après la mort. J’en ai observé de cette espèce dans une cavité formée àccidentellettient dans le tissu propre de l’utérus. Elles ressemblaient à Une crête mollasse , les bords en étaient découpés et comme frangés. La cavité qui contenait ces végétations était remplie de sérosité ; l’utéruS entièrement sain ne présentait aucune apparence d’engorgèment carcinomateux; on ne trouvait dans les parties sexuelles aucune trace de vice syphilitique , et il était bien difficile de déterminer à quel vice on devait rapporter ces excroissances.
Les végétations fongueuses , quel que soit le lieu où elles se développent, ne sont recouvertes que par une membrane extrêmement fine ; leur structure est un peu fibretise et vaéculeuse.
La cause de ces excroissances est rarement bien
tléterminée ; il en est qu’on a cru pouvoir allribuer soit à des contusions durant raccoucliement, soit au vice syphilitique; le plus souvent elles ne sont qu’un effet secondaire du vice cancéreux.
Quand elles sont extérieures et accidentelles , on peut en faire la ligature , mais ordinairement sans utilité, elles tiennent h un vice, et ne tardent pas à se renouveler. On peut , lorsqu’elles font saillie au-dehors et qu’elles deviennent trop gênantes, les réprimer au moyen d’une dissolution de sulfate d’antimoine ou de nitrate d’argent ; mais on doit être très-circonspect dans ces applications : il faut se borner à calmer les accidens qu’elles déterminent.
Les excroissances qui se développent dans le propre tissu de l’utérus n’exigent aucun traitement; leur existence reste inconnue, à moins qu’elles ne parviennent à se faire jour au-dehors; on se comporte alors comme dans les cas précédeiis.
De rinduration du col de V utérus \ de V ossification et de la pétrification du corps de cet organe.
Le tissu propre du col de l’utérus est dense et d’une consistance fdiro-cartilagineuse dans l’enfance : il éprouve ensuite un certain degré de ramollissement vers l’époque de la puberté.
Quelquefois cet étal flbro-cartilagineux se continue dans l’adulte , et l’orifice du col de l’utérus reste resserré , ce qui nuit à la première menstrua- Ition. Le col peut même devenir calleux et en- Itièrement cartilagineux. Il en résulte souvent des .accidens graves au moment de l’accouchement, ,à raison des difficultés que l’orifice éprouve à •se dilater.
Le corps de l’utérus est aussi sujet à devenir ^ cartilagineux , à s’ossifier en totalité ou en partie, tel à éprouver même une sorte de pétrification , itant dans l’état de vacuité que durant la gros- >sesse. ^
Les mémoires de l’Académie de chirurgie (i) [font mention d’un utérus pétrifié, conservé dans lie cabinet de Verdier, du poids de trois livres et idemie. Le diamètre vertical était de cinq pouces iquatre lignes , et le transversal , à la partie supéirieure , de six pouces six lignes. Les parois favaient six lignes d’épaisseur \ elles étaient remjplies intérieurement d’inégalités, semblables à (des stalactites. Les mêmes mémoires font encore I mention d’une pareille observation de Lafite. Ce (chirurgien fit , en lySo , l’ouverture du corps • d’une personne de soixante ans, célibataire, dont ll’utérus avait trois fois plus de volume que dans 1 l’état naturel. La surface en était raboteuse , et la
(i) Tome 2 , page \l\.
siibs^unce pétrifiée. Nous avons rapporté de semblables observations durant la gestation (i).
La pép’idcation cause peu d’accidens pendant la vie , et elle est très-difficile à reconnaUre. On s’aperçoit seulemeot que l’utérus est plus voluminepx , plus pesant, et qu’d n’offre aucune sensibilité , quand on le touche , soit du côté du vagin , soit au-dessus de la région hypogastrique. Je soupçonne en ce moment cette maladie chez une dame | âgée d’environ qi^arante-huit ans , qui éprouva , il y a quator^se ans , les symptômes d’une grossesse. Son ventre prit du volume, elle crut même | sentir les mouvemens de l’enfant , et arriva au ^ neuvième mois avec f’ppinion quelle était enceinte. La sage-femme qui lui donnait des soins l’assura même quelle était sur le point d’accoucher. Cependant cet accouchement n’eut pas lieu , la personne est depuis environ treize ans dans cet | état : le ventre est très- gros, l’utérus très-déve- ! loppé ; quoiqu’il y ait beaucoup d’embonpoint , j on en sent distinctement les parois à travers l’ab- ! domen; en portant l’indicateur dans le vagin on ne trouve aucune trace du col. Le corps est dur , insensible , et forme une grosse tumeur. La santé est d’ailleurs assez bonne , et rien n’annonce qu’elle doive être troublée de long-temps.
(i) Des conceptions extra- utérines , et de la réteuliou du fœtus dans l’utcrus.
L’induration du col est parfois reffet de la cicatrisation d’un ancien ulcère ; plus souvent elle tient à une disposition naturelle dont la cause est inconnue. L’ossification du corps ainsi que sa pétrification peuvent aussi être l’effet de l’âge : mais le plus souvent elles dépendent d’un viçe particulier , dont il est difficile de se rendre compte.
L’induralion du col est généralement peu inquiétante pendant la vacuité de l’utérus ; elle peut cependant nuire à l’écoulement des règles chez les jeunes personnes. Elle devient dangereuse au moment de l’accouchement ^ en ce qu’elle nuit à la dilatalion de l’orifice du col. L’ossification et la pétrification de l’utérüs occasionent peu d’accidens ; on ne s’en aperçoit guère qu’après la mort.
L’induration du col n’exige aucun traitement pendant la vacuité de rulérus ; cependant, si elle s’opposait à la première menstruation , on pourrait faire le débridement du col.
Quelques auteurs ont regardé cette induration comme suffisante pour motiver la nécessité de l’opération césarienne ; mais je ne pense pas quelle puisse être portée au point de rendre cette opération indispensable. Il serait préférable , pour éviter la longueur et la difficulté du travail , de dé- I brider le col de l’utérus. Simson (i) nous apprend
(i) Voyez Essais d’Edimbourg , tome 5 , page 184.
qu’il a fait cette opération, après avoir attendu inutilement la dilatation de l’orifice , dans un ac-* coucliement dont le travail durait depuis trois jours. Une incision d’un demi -pouce de longueur sur le col ne put opérer une dilatation suffisante ; quoique la tète se présenta, il fut obligé de faire plusieurs autres incisions à la circonférence du col, dont le pourtour était cartilagineux. Il ne sortit pas une goutte de sang. La malade n’éprouva aucune douleur, si ce n’est celles que lui avait occasionées la dilatation du vagin opérée avec un spéculum. Elle mourut vingtquatre heures après l’accouchement : l’auteur assure que ce fut par suite d’une douleur de côté et d’une fièvre aiguë.
MM. Verdier-Heurtin et Bordes ont été récemment plus heureux dans un cas semblable. Appelés auprès d’une femme en travail depuis plusieurs jours, et voyant que la dilatation de l’orifice du col ne s’opérait pas , à rai^n de l’endurcissement du col, ils se décidèrent à v faire une incision pour en opérer le déhrldement ; cela donna lieu à un bruit semblable à celui que ferait la section d’im parcliemln , l’accouchement se termina ensuite avec facilité et la malade se rétablit parfaitement.
La crainte de l’hémorrhagie ne doit pas empêcher de pratiquer cette opération lorsqu’elle est indiquée : l’hémorrhagie est toujours peu consi-
idérable j les parlies calleuses rendant peu de sang et les moyens de l’arrêter étant nombreux et faciles. La pétrification du corps de l’utérus m’exige aucun traitement particulier ; il faut seullement s’attacher à combattre les accidens secon- (daii’es quelle détermine.
Des LESIONS des fonctions de l’utérus.
Les lésions des fonctions de l’utérus sont trèsinombreuses ; elles sont la source de la plupart des incommodités des femmes.
La menstruation s’établit quelquefois difficilement y les règles coulent en trop petite quantité , sse suppriment ou se fraient une voie nouvelle. D’autrefois elles sont trop abondantes , elles se imanifestent chez les femmes enceintes et chez les mourrices , elles donnent lieu à divers accidens à '/époque de leur cessation.
Ces vices ne présentent souvent que des nuancées. La menstruation difficile , la diminution clans la quantité des règles, leur suppression eît leur déviation ne sont pour l’ordinaire que clés variétés , ou des effets d’une même maladie, ’atonie de l’utérus; tandis que les règles trop abondantes , la menstruation chez les femmes , I enceintes et chez les nourrices tiennent à l’excès l’énergie du même organe.
Les lésions de la grossesse ne sont pas moins remarquables. La femme peut être privée de la faculté de concevoir, ou n éprouver qu’une fausse conception. La grossesse peut avoir lieu chez les nourrices, elle peut être accompagnée de divers accidens , troublée par les maladies qui surviennent pendant sa durée et ])roduire elle-même des cliangemens remarquables dans ces maladies. L’enfant est exposé dans le sein de sa mère à des accidens qui peuvent le faire périr.
L’accouchement est fréquemment prématuré ; c’est ce qui constitue l’avortement. Il peut être précipité^ ralenti dans sa marche , éprouver des obstacles à sa terminaison et se compliquer , ainsi que la délivrance^ de divers accidens.
Les lochies offrent des variations dans leur quantité, leur nature, le mode de leur expulsion, ce qui donne lieu aux tranchées utérines. Elles peuvent se supprimer , éprouver une sorte de déviation , ou se prolonger au-delà de leur terme ordinaire.
En général , les lésions des fonctions de l’utérus ne sont que le résultat des affections propres à ce viscère , ou à d’autres organes éloignés. Elles sont ordinairement rebelles , cependant elles cessent avec les circonstances qui les ont produites. Dans le traitement, il faut s’occuper princlpale- ’ ment des maladies primitives : c’est le seul moyen d’obtenir du succès.
De la menstruation difficile.
M Cl'
Nous avons indiqué lés phénomènes de la preimière menstruation dans l’état naturel (i). Il est irare que cette fonction s’établisse sans accidens. ILa phipart du temps elle est précédée de violens maux de tête , de saignemens de nez , (d’oppressions, d’étouffemens , de palpitations, de (crachemens de sang , de vomissemens , de colicques , de douleurs lancinantes dans les régions llombaires et dans le bas-ventre, d’éruptions daritreuses à la peau, principalement à la face, qui irendent quelquefois les jeunes personnes hideuses , cd’ affections nerveuses très-variées, telles que des imouvemens convulsifs, la danse de St.-Guy , U’épilepsie, etc.
Il est aussi beaucoup de femmes chez les- (quelles la menstruation est presque toujours difh- (cile , surtout lorsqu’elles n’ont point eu d’enfans. IL’approche des règles s’annonce alors par des (douleurs dans les reins , des coliques , une tenssion dans le bas-ventre ou par divers accidens 1 nerveux.
La menstruation s’établit et se régularise diffî- (cilement chez les jeunes personnes d’une consttitutlon délicate , qui se nourrissent mal , et dont lia vie est sédentaire , dont la croissance a été
(i) Voy. de la menstruation , pag. 54-
trop rapide. Elle produit parfois les mêmes difficultés chez les personnes d’une constitution forte , avec excès d’embonpoint.
Ce défaut de développement est fréquemment occasioiié par des maladies préexistantes. De ce nombre sont l’affection scrophuleuse , qui a pour résultat d’affaiblir la constitution ; le premier degré de la phthisie pulmonaire. La fluxion locale qui devait avoir lieu sur l’utérus est alors détournée par l’irritation permanente qui existe dans l’organe affecté. Quelquefois la maladie tient à l’atonie de l’utérus , d’autres fois , quoique plus rarement , à un excès de sensibilité , à un spasme de cet organe. Enfin il peut arriver que l’éruption ne s’établisse pas , à raison de l’ira perfora lion du vagin , du resserrement de col de l’utérus et de l’oblitération de ses orifices.
On ne peut douter que la menstruation difficile qui se continue après la première éruption des règles ne soit fréquemment entretenue par une atonie de l’utérus , puisque cette difficulté diminue ou cesse même entièrement , lorsque les femmes ont eu des enfans.
Le retard de la menstruation n’est pas sans quelque danger pour, les jeunes personnes. Si elles sont atteintes de quelque maladie chronique, il contribue beaucoup è en accélérer les progrès. Ainsi, lorsqu’elles ont une disposition à la phthisie pulmonaire, la maladie se développe , comme on ne
Ue voit que trop souvent : il en est de même des affections nerveuses qui deviennent plus intenses ot plus opiniâtres.
En général , lorsque les règles prennent bien teurs cours , tous les accidens cessent en peu de emps.
Le traitement h suivre pour provoquer la prenière menstruation doit varier , en raison de la constitution du sujet, de l’état des forces, et de aa nature des accidens.
La jeune personne a-t-elle une constitution vec prédominence du système nerveux ? est-élle lible , délicate ? dans un état de débilité généaale ? On cherche à donner de l’énergie à sa onstitution, et à relever l’action de l’utérus par usage des toniques, tant généraux que locaux , rn choisissant de préférence ceux dont l’expélence a constaté une action plus spéciale sur l’u'» fe';rus , et une utilité plus marquée dans ce genre iVaffections. De ce nombre sont , les infusions ’j’absyntlie , de citronelle , d’armoise, de canelle, Varnica , de safran ; la limaille de fer porphyrisée , ucorporée dans du chocolat , les pastilles mariales, l’éthiops martial, l’eau ferrée , les eaux !»^ minérales et les diverses préparations ferrugineu- •îs. On emploie aussi avec succès diverses prénarations pharmaceutiques , comme l’elixir de rropriété de Paracelse , à la dose de douze grains un demi-gros; l’élixir amer, l’élixir américain,
h la dose d’une à trois cuillerées à café par jour, les pilules laxatives de Fuller, à la dose de deux ou de trois le soir en se couchant; l’assa fætida, la valériane , et les autres toniques anti-spasmodiques , indiqués contre l’atonie de l’utérus (i).
Il faut aussi porter une action spéciale sur ce viscère , au moyen de bains de siège, de bains de vapeurs, dirigés sur les parties sexuelles, et pré- • parés avec une décoction de rhue et de Sabine , ,
de lavemens et de pédiiuves irritans , de cataplas- • mes synapiques aux pieds et à la partie interne ; des cuisses.
La malade est-elle robuste , d’une constitution f avec prédominence du système sanguin ? on obtient I souvent de meilleurs éifets de l’usage des mucilagineux et des caïmans , des bains généraux et des bains de siège tièdes ; lorsque la face est ‘i rouge, animée, il convient d’appliquer des sang- • sues aux parties naturelles, à la partie interne des cuisses ou aux pieds, et de pratiquer une ou plu- | le sieurs saignées du bras. Ces derniers moyens sont j <li surtout nécessaires lorsque la jeune personne a j lis des crachemensde sang, quelle que soit d’ailleurs | su sa cpnstitution. Quand elle éprouve des affections | à: nerveuses ou d’autres aecidens , on emploie les j joi ahti-spasmodiques et les autres moyens appro- j priés contre chacun des aecidens. j ^
(0 de l’atouie de fiUérus. Isi
8i la maladie tenait à l’imperforation du vagin ou du col de Tutérus , on y pourvoirait comme il a été dit précédemment (i).
Enfin on diminue et on lâche de remédier aux difficultés de la menstruation que les femmes éprouvent dans le cours de leur vie par l’usage des pédiluves irritans , quelques jours avant les règles , des lavemens un peu chauds pendant la menstruation , et des anti-spasmodiques toniques , tant généraux que locaux.
De la diminution dans la quantité des j'ègles.
Les règles sont sujettes à diminuer de quantité , de manière que le sang évacué à chaque période n’est guère que de quelques onces ; quelquefois elles finissent par se supprimer entièrement.
On juge que les règles pèchent par défaut , lorsque la femme a été dans l’habitude de rendre durant cinq à six jours une quantité de sang suffisante pour imbiber plusieurs linges , et qu’ensuité Indurée de la menstruation se trouve réduite à un terme moins long , comme de deux ou de trois jours , et que les linges sont à peine imprégnés.
Les personnes , dans ce cas , éprouvent des
(i) Yoy. de la congestion du sang dans fulérus et dans le vagin.
pesanteurs X la tête, des éblouissemens , des alTections dartreuses , ou des efflorescences à la peau , principalement au visage , parfois des crachemens de sang , des palpitations , des douleurs d’estomac , des affections nerveuses et des pertes blanches souvent périodiques , qui semblent suppléer l’écoulement menstruel (i).
Cet état des règles se rencontre ordinairement chez les femmes d'une constitution nerveuse ^ ou chez celles qui ont un excès d’embonpoint , dont la vie est sédentaire , et qui se livrent habituellement à des affections tristes (2).
La diminution clans la quantité des règles lient le plus souvent à une débilité générale , ou à l’atonie de l’utérus , par suite d’un excès d’embonpoint ou d’une maigreur excessive , par l’effet d’une mauvaise nourriture , de l’habitation dans mi pays humide et marécageux , par l’existence d’une maladie chronicjue très-ancienne; quelquefois elle est due à des évacuations trop abondantes. Ainsi la salivation , une forte expectoration, les vomissemens , la diarrhée , les flueurs blanches excessives , les hémorrhagies qui ne tiennent pas à l’utérus , les sueurs à la suite de violens exercices , la sueur hal^ituelle des pieds , peuvent produire çette diminution.
(1) Voy, du catarrhe utérin.
(2) Voy. Des circonstances qui diminuent le cours des règles.
Celle infirmité , quand elle tient à des écarts de régime , h un état trop sédentaire , est parfois d’une guérison facile : mais lorsqu’elle arrive par suite d’une maladie chronique , elle ne forme qu’un accident de plus ajouté à cette maladie, et la cure en est très-difficile. Il en est de même lorsqu’elle provient d’une évacuation qui n’est pas de nature h pouvoir être terminée , telle , par exemple , que celle qui provient d’une phthisie pulmonaire y d’une maladie organique de l’estomac. On ne peut guère espérer de rendre alors aux règles leur écoulement naturel.
Pour rétablir la quantité de l’écoulement , il faut en général ranimer l’action de l’utérus , et donner du ton à toute l’économie.
On peut prendre, pendant tout le temps qui précède chaque époque des règles , une boisson légèrement calmante et stimulante, comme l’infusion de feuilles d’oranger et de fleurs de safran , avec une cuillerée à café du sirop d’éther pour chaque tasse. On coupelle vin des repas avec les eaux de Passy, de Balaruc, de Spa , de Seltz , soit naturelles , soit artifieielles ; on prescrit, quelques jours avant la menstruation, des pédiluves irritans, des fumigations aux parties sexuelles avec la vapeur de l’eau chaude , ou d’une décoction de plantes aromatiques , des bains de siège , des frictions , avec des flanelles chaudes sur les reins et sur le bassin , des synapismes sur les
cuisses et sur les jambes ^ en observant de lesre-
nouveler fréquemment ; enfin on indique tous les moyens propres à porter à la peau et aux membres inférieurs ( i ) . |
L’emploi de ces moyens doit être discontinué pendant la menstruation ; s’ils n’avaient pas rétabli la durée et la quantité habituelles de l’écoule- . i ment, il faudrait appliquer huit sangsues aux parties sexuelles, et revenir ensuite à l’usage des \ mêmes moyens , ainsi qu’à ceux indiqués pour la | menstruation difficile , et pour l’atonie de l’u- 1 térus. !
Lorsque la diminution dans la quantité des | règles lient à l’existence d’une maladie chronique , ,
ou d’une évacuation abondante d’autres matières excrémentielles , il faut peu s’en occuper : on doit t s’attacher à obtenir là g^iérison de la maladie , i ou hi cessation de l’évacuation; c’est le meilleur moyen de rétablir la menstruation.
De la suppression des règles.
La suppression des règles peut avoir heu subitement ou par degrés ; dans ce dernier cas , elle se confond avec la diminution dans la quantité
(i) De la menslruaüou difficile.
des règles , dont elle n’est que le plus haut degré.
La suppression qui arrive subitement peut n’occasioner pendant long-temps aucun accident ; les règles reparaissent souvent le deuxième ou le troisième jour , ou à leur époque ordinaire. Quand elles ne reparaissent pas , les malades éprouvent ordinaire ment des acciclens très-nombreux. Tantôt ce sont les symptômes d’une pléthore générale , des douleurs a la tête., des étourdissemens , la figure est rouge et animée , les seins se gonfient ; tantôt ce sont des affections nerveuses très-variées , des insomnies , des palpitations , des étouffemens , des défaillances , des lassitudes dans les jambes; la digestion s’altère, l’appétit se perd, la malade ne peut prendre aucun aliment sans vomir , même les boissons les plus douces ; il sur-^ vient des flueurs blanches supplétives de l’écoulement sanguin , où le sang se fraie une route par une autre voie.
La suppression peut aussi donner lieu à des maladies très-graves , ou augmenter beaucoup la gravité des maladies préexistantes.
Je fus appelé , au mois de février 1808, auprès d une femme d une constitution forte , pléthorique et habituellement mal réglée. Cette dame ayant éprouvé à l’approche de ses règles une violente contrariété , qui en avait entièrement arrêté le cours , fut atteinte d’affections nerveuses , et
de divers accklens c[ue l’on s efforça en vain de dissiper au moyen de pollons calmantes ; je la trouvai dans un état très-alarmant. Elle respirait avec peine j elle éprouvait des étouffemens et une forte oppression ; ses bras étaient tendus et gonflés comme dans un rhumatisme ai^u ; les douleurs très-vives , la peau était brûlante , le pouls irrégulier et accéléré
Ayant jugé que la plupart de ces accidens pouvaient tenir à la suppression des règles , j’employai des moyens propres à calmer l’irritation générale , et à opérer une révulsion utile vers l’utérus : je prescrivis l’application de huit sangsues aux parties sexuelles , et des boissons mucilagineuses et calmantes.
Ces moyens réussirent au-delà de mes espérances. Immédiatement après l’application des sangsues , la tète se trouva débarrassée, les membres revinrent , pour ainsi dire , dans leur état naturel, et dès le second jour la malade put reprendre ses fonctions habituelles. Je l’ai engagée à suivre un régime propre à donner plus d’activité aux menstrues, et depuis cette époque elle jouit de la meilleure santé.
Je puis citer encore une observation non moins intéressante , qui prouve combien cette suppression peut influer sur les maladies les plus communes , et en aggraver les symptômes.
Je fus appelé , le 1 5 mars 1 809 , près d’une dame
affectée depuis un mois d’un catarrhe de poitrine d’une nature très-incjuiélante. La malade, d’une constltulion grêle et déliêate, éprouvait des étouffemens continuels , des défaillances et une grande difiîculté de respirer; les pommettes étaient rouges et injectées, les lèvres violettes , les accès de toux très-forts et très-rapprochés. Ils étaient suivis de l’expectoration d’une matière muqueuse , d’apparence puriforme ; le jdouIs était irrégulier , intermittent, à peine sensible. L’élit de la malade ne parut entièrement désespéré ; c’était aussi opinion du médecin qui l’avait suivie jusqu’à ;ette époque. L’exposé des circonstances qui ivaient précédé la maladie m’ayant appris que es règles avaient été peu régulières depuis un m, et qu’elles avaient manqué entièrement à
h :*évulsion vers les parties inférieures. Je prescrivis ] un vésicatoire à la cuisse , des synapismes aux I pieds , huit sangsues aux parties sexuelles, et des ; boissons toniques et calmantes. Ce traitement , et spécialement l’applicalion des sangsues , produisirent au-delè de toute attente un tel soulagement que la malade se trouva , dès le lendemain , en état de se lever. Comme il existait un embarras bilieux prononcé , que la langue était blancbe, chargée et l’appétit perdu, je jugeai utile l’emploi d’un vomitif. Il débarrassa en effet
eur dernière époque ^ je cherchai à leur rendre ' eur cours naturel, en opérant une puissante
les premières voies, mais il cxcila apparemmeiil une nouvelle irritation vers les régions supérieures. Il survint de nouveaux étoufTemens , des défaillances, et la malade revint dans un état presque aussi alarmant que peu de jours auparavant. Je fis réappliquer les sangsues aux parties sexuelles ; j’insistai sur les synapismes aux pieds, sur les vésicatoires aux cuisses , etj’obtins aussitôt une nouvelle amélioration; en peu de jours les crachats reprirent leur état habituel , et la malade se trouva complètement rétablie.
La suppression des règles arrive en général aux personnes d’une constitution faible , délicate , et qui ont le genre nerveux très-excitable.
Souvent elle est due à un état d’irritation ou de spasme, produit par un refi’oidissement subit à la suite de l’immersion des pieds ou des mains dans l’eau froide , ou du passage d’un lieu chaud à un lieu froid ; par une vive passion de l’ame , telle que peuvént en produire une violente contrariété, un mouvement de colère, un danger iiiiminent, l’annonce d’un événement heureux ou malheureux.
L’excitation dans une partie éloignée de l’uté-; rus , par l’effet de la pleurésie , de la péripneumonie , de l’hépatite ou de toute autre inflammation locale , peut encore occasioner la suppression des règles. L’exaltation des propriétés vitales de l’organe affecté y détermine l’afflux des llqui-
des, au détriment de rulérus , dont l’énergie vi- Uale est bien moindre que celle de la partie qui est le siège de l’inflammation.
La présence d’un cor]3s étranger dans la cavité de l’utérus , telle que celle qui résulte d’une grosvsesse vraie, ou des affections connues sous le inom de fausses grossesses (i) , peut encore occassioner cette suppression ; il en est de même parifois de l’inflammation chronique ou d’un engorgement de cet organe , quoique le plus souvent ces affections donnent lieu à des règles trop abonantes ou à des hémorrhagies utérines. Enfin la suppression peut tenir, comme la diminution dans la quantité des règles , soit à une faiblesse générale , soit à l’atonie de l’utérus , soit à d’autres évacuations trop abondantes.
La suppression des règles qui tient à un spasme général cède le plus souvent avec facilité, lors-' pi’on la traite dans son principe , mais elle est ujette à des retours fréquens. Elle devient trèsipiniàtre, et peut donner lieu à des accidens .Mchéiix lorsqu’elle a été négligée , ou qu’elle a r-.ésisté aux premiers traitemens , quoique bien iclmimstrés.
Celle qui tient à une excitation locale , pro-
(i) Voy. de la présence des corps étrangers dans luérus.
( 4oo )
ctuile par l’inflammatioii J’un organe éloigné de Futérus , est peu dangereuse par elle-même ; elle cède en général avec la maladie qui l’a déterminée , mais il n’est pas rare qu’elle devienne une complication fâcheuse de cette maladie dont elle aggrave les accidens.
La suppression qui est l’effet de la présence d’un corps étranger dans l’utérus cesse après l’expulsion de ce corps étranger.
Celle qui tient à une débilité générale ou locale et â des évacuations abondantes n’est dangereuse qu’en raison des circonstances qui la déterminent.
Dans la suppression occasionée par un spasme général , celle , par exemple ^ qui est survenue à la suite d’une grande frayeur , il faut s’attacher à ramener le sang vers l’organe utérin , et à remédier à la pléthore , aux spasmes , et aux autres accidens qui ont suivi la suppression.
On rappelle le sang vers l’organe utérin par l’application de sangsues aux parties sexuelles , à la partie interne des cuisses ou aux pieds , par l’usage des pédiluves rendus stimulans au moyen de fumigations sur les parties sexuelles , par des lavemens irritaiis , par l’application de cataplasmes de farine de riz et de décoction de pariétaire sur le bas-ventre , par des frictions avec un liniment camphré sur l’épine du dos , sur les reins et sur le bas-ventre , et par les autres
( 4oi )
iUoyens indiqués contre la nœnstrualion diflîcile (i).
Quand la face est rouge et animée ^ qu’il y a des symptômes d’une pléthore générale, la saignée du bras est nécessaire i elle doit précéder l’application des sangsues aux parties sexuelles.
Si la malade éprouve des vOmissemens , ou d’autres accidens nerveux , on les combat par les moyens indiqués en parlant du spasme de l’utérus (a).
Lorsqu’il y a un trouble dans les fonctions digestives , on emploie la thériaque , le sel essentiel t de quinquina , et les autres moyens usités pour ; les rétablir. On remédie de même à tous les accidens secondaires de la suppression.
Si cette affection a lieu par suite d’une rtiala- »die aiguë , il faut insister sur l’application dessang- ’sues, plusieurs fois réitérée, aux parties sexuelles , I et sur les moyens propres à ramener le sang vers il’utérus ; on combat ensuite l’inflammation par le i traitement qui lui est spécialement applicable.
Quand elle est l’effet d’une débilité tant g éiiéirale que locale , ou d’évacuations trop abondantes, 'On se comporte comme dans le cas de diminution • dans la quantité des règles parles mêmes causes.
(i) Voy. de la meiislrualioTi difficile, ('2) Yoy. du spasme de Tutérus.
De la déviation des règles.
Il arrive quelquefois que les règles dont la quantité est diminuée , qui ont été supprimées , ou qui cessent à l’époque du temps critique , se fraient une voie extraordinaire.
On les a vues couler par le front, parle grand angle de l’œil , par les narines , par les extrémités des doigts (i). 3’ai en ce moment une malade qui les a rendues, durant plusieurs années, par la partie interne du gros orteil du pied gauche. Elles n’étaient pas entièrement supprimées par la voie naturelle , mais elles se manifestaient en même temps par l’orteil, à chaque époque de la mensiruation. Elles s’écoulaient par une sorte d’ex sudation qu’une forte compression sur l’orteil ne pouvait arrêter. Cette déviation n’a point empêché la malade de devenir enceinte et d’accoucher à terme. La déviation a cessé durant les derniers mois de la grossesse , et elle n’a point reparu depuis.
Les déviations par la surface de la peau et par les extrémités sont rares. Le plus souvent le sang prend son cours par la surface de la membrane muqueuse qui tapisse les narines , les bronches , l’estomac ou parles vaisseaux hémorrhoïdaux.
Des douleurs de tête, renchifrenement , la rou-
(0 ^ oy* Haller, physiolog. de la menslrualiou.
gelU' de la figure précèdent ordinairement la dé- Aviation par les narines. Bientôt la malade a des ssaignemens de nez difficiles à arrêter.
Lorsque la déviation a lieu par les bronches, es malades éprouvent un serrement dans le cou , lie l’enrouement, de l’oppression, de la difficulté iti respirer, des douleurs dans diverses parties de ia poitrine , et elles expectorent , à la suite de ! uelques accès de toux , tantôt un sang rouge et ermeil , tantôt un sang noirâtre , dont l’évacua- Mton procure beaucoup de soulagement. Cette éya- □atioii continue sept à huit jours et reparaît ordi- ;airement avec une nouvelle menstruation.
Il survient des dégoûts , de l’oppression , une l'iisioii et une douleur dans la région épigastriie , lorsque la déviation a lieu par l’estomac, es malades rendent par le vomissement ou par 55 selles un sang rouge ou mêlé de caillots. Dans la déviation par les vaisseaux liémortoïdaux , les malades éprouvent des douleurs au idement et un flux hémorrhoïdal plus ou )ins considérable.
yA.ucun accident n’accompagne pour l’ordinaire déviation par quelque partie des tégumens. Il fait seulement une exsudation sanguine qui »araît aux diverses époques de la menstruation. !.l est quelquefois difficile de reconnaître cette iation. On doit toujours la soupçonner lors- 1 s’établit un écoulement de sang dans une
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parlie du corps , et que les règles sont diminuées , supprimées, ou que la femme est à l’époque de son temps critique.
La déviation des règles se manifeste principalement au commencement ou vers la fin de leur époque ordinaire ; aux époques où elles auraient dû avoir lieu , lorsqu’elles sont supprimées ou qu’elles ont cessé par l’effet du temps critique.
Elle est généralement produite par les circonstances qui occasionent la diminution dans la quantité des règles ou leur suppression. Elle paraît entretenue par une exaltation des propriétés vitales des parties dans lesquelles l’écoulement s’établit, et par une diminution dans l’énergie de l’utérus.
La déviation par les narines est peu alarmante ; celle qui a lieu par les poumons l’est davantage , elle annonce une grande disposition à la phthisie pulmonaire. La déviation par l’estomac est encore plus dangereuse, elle doit faire craindre squirrhe du pilore ou une maladie organique de l’estomac.
On doit moins s’inquiéter de la déviation parl^ les hémorrhoïdes , elle est quelquefois salutaire:; lorsqu’elle arrive à l’époque de la cessation de règles , c’est un moven dont la nature se serü pour se débarrasser d’une surabondance de sangj qui ne ])eut plus être évacué par l’organe ulérint Cette déviation est cependant d’une guérison diD|
‘ncl.
:£cile , altendu que les moyens qu’on emploie ipour rappeler le sang vers l’ulérus sont aussi proipres à le retenir clans les vaisseaux hémorrlioïdaux. Quant à la déviation par les tégumens , elle ne présente aucun danger ; c’est celle dont 3n obtient la guérison avec le moins de difficultés.
Dans le traitement de la déviation , il faut rendre aux règles leur libre cours, diminuer la seniiibilité des parties qui sont le siège de la maladie , t arrêter l’écoulement de sang qui a lieu par ces
•arties.
Pour remplir ces indications, on emploie les Qoyens propres à ramener le sang vers l’utérus , comme il a été dit en traitant de la suppression es règles ; on prescrit en même temps les muciigineux, les acidulés , et les légers astringens , Q choisissant de préférence ceux qui sont a})ropriés aux parties qui sont le siège de la déation.
La maladie a-t-elle son siège dans le nez ? On lit inspirer par cette partie, lorsque le sang coule vec trop d’abondance , de l’eau et du vinaigre ,
1 en fait des aspersions à la face , on en frotte tempes , on y trempe les mains. Ces moyens ffisent ordinairement. ,
< Quand la déviation a lieu par les bronches, ou terclie à diminuer leur sensibilité^ tout en opént un certain degré d’astringence , par l’usage des
( 4oO )
looclis blancs J avec addition d’une petite quantité de sirop de loin, du petit lait , avec addition du sirop de grande consolide , du diascordium , de la conserve de roses , de la thériaque , et l’on insiste plus particulièrement sur les moyens propres à ramener le sang vers Tutérus.
Les mêmes moyens conviennent dans le vomissement de sang , en choisissant de préférence ceux qui ne le provoquent pas. Il est bon d’appliquer un cataplasme de farine de graines de lin et de décoction de racine de guimauve sur le creux de l’estomac.
Dans le cas de déviation par les hémorrhoïdes , il faut se borner à donner des demi-lavemens avec une décoction de riz et de deux têtes de pavots. Employer l’onguent populéum , avec addition d’un peu de laudanum liquide de Sydenham ^ les cataplasmes avec de la farine de riz et des ognons cuits.
La déviation par quelque point de la surface des tégumens n’exige aucun moyen particulier.
Des. règles trop abondantes.
Quoique l’on ne puisse pas déterminer la quantité de sang fournie à chaque évacuation périodique , et que cette quantité soit variable en raison du climat , du lieu qu’on habile ^ de la constitution
çt de la manière de vjvre du sujet ^ on juge que l’évacuation est trop forte lorsqu’elle se prolonge immodérément J qu’elle est précédée de douleurs d’étouffemens , et suivie d’une diminution dans les forces vitales.
Il arrive parfois que les femmes ont des règles plus abondantes et d’une plus longue durée que ne le comporte leur constitution sans qu’il y ait hémorrhagie ; le sang coule d’une manière régulière aux époques ordinaires , son évacuation est précédée de douleurs dans les régions lombaires , d’étourdissemens et de pesanteurs à la tête , accidens qui diminuent à mesure que l’écoulement s’opère. Lorsque l’écoulement se prolonge long-temps et qu’il est trop abondant à chaque évacuation , il est suivi d’abattement , de débilité générale , de flueurs blanches , et même de l’édématie des pieds.
Le vice de la menstruation par excès a lieu également chez les personnes d’une forte complexion , avec prédominance du système sanguin, et chez celles d’une constitution grêle , délicate, avec prédominance du système nerveux. Des circonstances nombreuses peuvent le déterminer (i) , et il est entretenu, de même que les hémorrhagies utérines hors la grossesse ,
(i) Voy. des circonstances qui augmentent le cours des règles , pag. 6o.
l^ar une iiléthore générale ou locale , par un spasme de l’organe utérin , et par une débilité générale ou locale (i).
On ne saurait trop se hâter de diminuer la quantité des règles lorsqu’elles sont immodérées. Leur excès chez les jeunes personnes peut produire une faiblesse à laquelle il est difficile de remédier , il dispose les femmes aux avortemens, surtout dans les premiers mois de la grossesse , et à des hémorrhagies utérines foudroyantes à la suite de l’accouchement ; il rend plus graves les accidens de la cessation des règles.
Comme dans le cas de menstruation difficile ^ pour obtenir la diminution dans la quantité des règles, il faut avoir égard à la constitution du sujet, et cl l’état des forces vitales. La malade estelle forte , robuste , éminemment pléthorique , on cherche à modérer l’excitation générale des systèmes vasculaire et nerveux, par l’usage des mucilagineux et des caïmans. On coupe habituellement son vin avec une décoction froide de gruau , ou d’orge perlé. Ce moyen seul est quelquefois suffisant ; on peut aussi donner du bouillon de veau ou de poulet , des émulsions de gomme arabique , de graine de lin , d’amandes , de semences de potiron , etc. Le lait d’ânesse est aussi très-convenable : on diminue la quantité
^i) Voy, des hémorrhagies actives et passives.
( 4og )
des alimens , et l’on clioisit de préférence les légumes herbacés, tels que la chicorée , la laitue , les épinards , qui nourrissent moins et passent plus facilement par les urines. On prescrit aussi les légumes farineux ; ils semblent donner plus de consistance aux liquides , et diminiient sensible- / ment révacuatioii. On fait aussi usage des boissons aqueuses léeèrement acidulées , comme les décoclions d’orge avec le sirop de limon , d’épine vinette, ou de vinaigre. On prescrit le repos du lit, avec la précaution de tenir le bassin plus élevé que le reste du corps.
Lorsque la trop grande quantité des règles paraît tenir à un état spasmodique de l’utérus ou de toute l’économie , on prescrit les moyens indiqués contre le spasme (i). •
La maladie est - elle ancienne , et paraît-elle tenir à une débilité générale , à une faiblesse des organes de la digestion, on cherche à rétablir les forces digestives et à ranimer l’action vitale dans toute l’économie. On prescrit à cet effet les boissons toniques légèrement astringentes, les infusions de camomille , de tilleul ; les conserves d’aunée , de cynorrhodon , de roses \ la thériaque , le diascordium. On donne pour aliment des substances nourrissantes et de facile digestion : le bouillon de coq , le mouton rôti , etc. Si la ma-
(i) Voy. du spasme de l’utérus,
( 4îo )
Imlie élait entretenue par un engorgement , ou par un lU^placeinent de l’utérus , ou se comporterait conmio il a été indiqué eu traitant de ce» maladies (i).
Des règles chez les Jemmes enceintes et chez les
nourrices.
Quoique les régies se suppriment ordinaireluent: chez les femmes enceintes, il en est iiéanmoius chez qui cette évacuation a lieu durant les premiers mois , et même jusqu h la fin de la grossesse.
Cette menstruation prolongée se rencontre surtout chez les femmes d’une constitution pléthorique , et affectées d’un engorgement de l’utérus.
Elle est généralement jieu alarmante ; mais lorsqu’elle est la suite d’une lésion organique^ elle doit être mise au rang des hémorrhagies. Elle est alors dangereuse, moins par elle-même qu’ii raison de l’engorgement de rutérus.
Ce vice de la menstruation mérite peu d’attention. Il exige seulement que la femme prenne des boissons muqueuses et adoucissantes, s'interdise les travaux pénibles , les courses forcées , les exercices violens , et qu’elle évite tout ce qui peut porter le sang vers rutérus.
(i) Voy. des déplacemens et du cauccr de l’utérus.
Le retour des règles chez les nourrices est l’indication d’une trop grandè abondance de lait ou de l’insuffisance de l’allaitement de l’enfant. Il se manifeste ordinairement le sixième ou le huitième mois après l’accouchement, lorsque la nourrice est robuste et très-nerveuse ou que son enfantiest faible. Ce retour chez une nourrice mercenaire inquiète assez souvent les parens de l’enfant. On demande fréquemment si ce n’est pas un motif suffisant pour changer de nourrice. La réponse est facile. Quand l’enfant est fort, robuste , il n’y a aucun inconvénient à conserver la nourrice. Dans le cas contraire , il est avantageux de la changer.
On peut quelquefois faire cesser cet accident en diminuant l’exubérance des forces de la femme ou son' excès d’irritabilité. Pour cela on prescrit l’eau d’orge, une décoction de gruau ou de gomme arabique, le petit lait, le bouillon de poulet , les boissons acidulées; on fait prendre des alimens en petite quantité et peu nourrissans.
Il est bon aussi d’augmenter les forces digestives de l’enfant, en lui donnant de l’eau de rhubarbe du sirop antiscorbutique que l’on peut faire précéder parfois d’un vomitif.
Des accidens qui arrivent à l’époque de la ces-
salion des réglés.
La cessation des règles est aussi naturelle que leur éruption. Cependant elle est souvent aggravée par des accidens qui affectent toute l’économie, ou qui se bornent à l’organe utérin.
Cette cessation s’annoncé , à l’âge de quarante ou quarante-cinq ans (i), par une irrégularité dans la durée du flux menstruel et dans les intervalles des périodes. L’écoulement diminue ou se supprime pour deux ou trois mois , et revient ensuite sous forme de perte ; l’énergie vitale de l’utérus étant affaiblie , le sang ne se porte plus à cet organe avec la même force ; il devient surabondant dans toute l’économie. La femme est sujette à des rêves fatigans ; elle éprouve des étourdissemens , une respiration pénible , des oppressions, avec dureté et plénitude du pouls , ou d’autres symptômes d’une pléthore générale ; il survient une suite d’accidens qui annoncent que les systèmes cérébral et nerveux sont affectés : tintemens aux oreilles, migraine, vertiges, insomnies , envies et sensations bizarres , bouffées de chaleur à la ligure, palpitations, spasmes tant généraux que locaux, gonflemens du ventre et
(0 de la meuslruation , pag. 6o.
mouveraens dans celte cavité ^ qui y feraient soupçonner la présence d’un enfant.
A ces accidens se joignpnt un vice dans les digestions et dans la nutrition ^ des faiblesses d’estomac, beaucoup de vents, des sueurs abondantes, un état de langueur et de consomption ou un excessif embonpoint ; parfois une irritation au pilore , avec de fréquens vomissemens qui semblent indiquer une maladie organique de cet ori- Ijce, quoiqu’ils soient purement sympathiques ; des éruptions d’apparence psorique à la face et sur les téüumens , des douleurs vagues dans les membres qui simulent les affections rhumatismales et goutteuses , etc.
Ces accidens surviennent principalement aux femmes d’une constitution avec prédominance du système nerveux , qui ont abusé et des excitans et des débilitans ; ainsi, ils peuvent être produits par des exercices violens , des purgatifs drasti- qiies , des accouchemens laborieux ou des irritations trop fréquentes de l’organe utérin ; par l’habitation de lieux bas et humides, par des chagrins profonds , des dérangemens dans la menstruation ou par des maladies chroniques propres à diminuer l’énergie vitale de l’utérus.
Les femmes redoutent , avec raisôn , l’époque de la cessation des règles. En dérangeant leur constitution , en imprimant une nouvelle manière d’être à leur économie, en augmentant chez elles
l'ëtat pléthorique , elle les dispose à une foule d’affections : lièvres intermittentes , fluxions à la tête, péripneumonie, entérite et autres inflammations locales ; hémoptysie , vomissemens de sang ou autres déviations de règles; flux séreux, qui reviennent aux diverses époques de la menstruation ; enfin, elle peut donner lieu à des maladies organiques tant de l’utérus que des autres viscères , et si ces maladies préexistent, cette cessation leur fait faire des progrès plus rapides.
Tant que la cessation des règles n’occaslone que de légères incommodités , elle n’exige aucun traitement ; ou pourrait par des moyens intempestifs troubler le travail de la nature qui tend h faire cesser une évacuation périodique désormais inutile. Mais si la malade éprouve des étourdissemens , des oppressions et d’autres symptômes d’une pléthore générale , une saignée au bras est nécessaire , en même temps qu’on soutient l’énergie de l’utérus et qu’on rappelle le sang vers cet organe , au moyen de frictions sur le bassin , de fumigations et de l’application de sangsues aux cuisses et aux parties sexuelles.
Y a-t-il des accidens nerveux bien prononcés ^ les boissons légèrement toniques et calmantes ( i ) sont alors indiquées , en les alternant en raison de leurs effets , avec les boissons murpieuses ; on
(i) Yoy. (lu spasme de futérus.
prescrit des lavemeiis émolilens , ainsi que des bains.
Si les digestions étaient pénibles , et que la malade menaçât de tomber dans un état de dépérissement , on aurait recours , comme nous Ta- >
\'ons dit précédemment (i) , ^ la conserve d’aunée , à l’extrait d’angélique et aux autres amers et toniques pris quelques heures avant le repas. Les frictions générales sont aussi très-utiles.
Quand la débilité est accompagnée d’une irritation au pilore de vomissemens , on relire de bons effets de l’application crun emplâtre de thériaque et d’opium ou d’assa-fœtida sur le creux de l’estomac, d’un vésicatoire au bras, de l’usage du bouillon de poulet , de la décoction de navets , du petit lait , de l’émulsion de semences de potiron et des autres boissons douces , en choisissant de préférence celles qui passent le mieux.
Lorsqu’il survient des maladies locales de l’utérus, on suit le traitement approprié à chacune d’elles , en observant de diminuer l’action de cet organe et de hâter J a lin de la menstruation , au moyen d’une saignée au bras , de cautères , de vésicatoires et de frictions sur les extrémités supérieures.
Quand , au contraire , il existe des maladies
(i) Voy. de l’atonie de rutérus.
chroniques clans quehjue paiiie du corps , comme un cngoroement aux mamelles , une disposition h la phthisie^ un crachement ou un vomissement de sang , on cherche à retarder l’époque où ce fluide cesse de sc porter vers l’utérus , en entretenant l’énergie de cet organe , au moyen d’un exercice modéré , de pédiluves irritans , de l’applh cation de sangsues aux cuisses; l’expérience ayant appris que plus la cessation des règles est lente à s’opérer moins les accidens cjui en résultent sont à craindre.
Quelle que soit la nature de ces accidens, il est certaines précautions qui conviennent également à tous. On doit éviter, par exemple, de frécjuenter les spectacles , les hais , tous les lieux de rassemblement propres à éveiller les passions , et où l’on respire un mauvais air. Il faut s’alistenir déshabitations situées dans des lieux bas et humides , se o^arantirde l’imuression du froid , et éviter les compressions sur l’abdomen. Les malades doiventporter des vêtemens larges et se tenir médiocrement couvertes. Elles doivent encore , surtout celles qui ont de l’embonpoint , garder peu le lit, qui abattrait leurs forces, faire usage de bains , tant pour nettoyer la peau , que pour faciliter la transpiration et attirer le sang à la péi’lphérle du corps. Pour prévenir ou calmer les insommi's, il convient qu’elles se livrent à un exercice modéré, et qu’elles s’abstiemieiit de café, principalement
le soir. Leurs aliniens doivent être doux et de faelle digestion.
De la stérilités
A moins que la stérilité ne provienne d’un vice de conformation ou d’une lésion bien prononcée des organes utérins , elle présente peu de signes extérieurs. On voit des femmes bien constituées en apparence et privées des douceurs de la maternilé. Il en est d’autres qui , après avoir eu des enfans , perdent la faculté de concevoir. D’autres enfin sont jugées stériles, d’après le laps de temps qui s’est écoulé sans qu elles aient eu d’enfans , et deviennent néanmoins enceintes, soit par la cohabitation avec la même personne, soit par un second mariage.
La stérilité survient quelquefois aux personnes d’une constitution avec prédominance du système nerveux. Les organes utérins ont alors trop de sensibilité : il en résulte des spasmes irréguliers dans quelques-unes de leurs parties, qui les rendent moins propres à l’exercice de leurs fonctions.
Les femmes qui ont un excès d’embonpoint sont encore plus exposées à la stérilité. Elles sont généralement indolentes , apathiques et peu sensibles aux plaisirs des sens. Il existe une dirai-
îîutîoii lie sensibilité dans toute leur conslllulion tîtplus spécialement dans les organes utérins.
On a remarqué que les personnes d’une complexion forte, et, pour ainsi dire, masculine, qui ont les goûts et les habitudes de notre sexe^ et jusqu à ce duvet qui couvre notre menton, sont de même sujettes à être stériles. Cette disposition tient quelquefois à un excès de pléthore tant générale que locale ; mais le plus souvent elle a lieu sans qu’on puisse rendre compte de ce qui i’a produite.
Les femmes qui abusent des plaisirs des sens , celles de mauvaises mœurs, sont aussi sujettes à cette affection. Leurs organes se trouvant dans un état d’excitation presque continuelle, finissent par perdre de leur sensibilité et par n’être plus nj)tes à la conception.
Les nourrices deviennent rarement enceintes , surtout dans les premiers mois qui suivent l’accouchement. C’est un bienfait de la nature qui porte alors aux organes de la lactation la sura- Jrondance des forces vitales, et ne permet que ■rarement à l’utérus d’en devenir lé siège, ce qui no pourrait être qu’au détriment de l’enfant.
Des causes matérielles très-nombreuses peuvent produire la stérilité. Elle peut dépendre de l’absence de l’utérus et de ses dépendances , du défaut de développement de cet organe , du resserrement du col et de l’impcrforation de son ori-
fice , du défaut de longueur ou de largeur des ligamens , ce qui occasione rinclinaison de l’utérus en divers sens ; de l’oblitération des trompes , des adhérences qu’elles contractent avec le péritoine ou les parties voisines , et qui ne permettent pas au P avili on d’embrasser l’ovaire dans le moment du spasme vénérien ; de l’absence des ovaires; de celle du vagin , de son défaut de longueur, de son imperforation (i) ; dans ces derniers cas , la maladie porte le nom d’impuissance. La faculté de concevoir existe , mais elle ne peut avoir son effet, à raison des difficultés que présente la copulation.
La stérilité peut encore dépendre de la plupart des maladies des organes utérins : ainsi , elle est souvent produite par l’élévation, le second et le iroisièine degré de la descente , l’inclinaison et le renversement de Tutérus (2) ; par la présence des corps étrangers dans cet organe ou dans ses dépendances (5), par les solutions de continuité, par l’inflammation chronique du tissu propre et de la membrane interne de l’utérus, par les hémorrhagies utérines , les spasmes et l’atonie , tant de l’utérus que des trompes et des ovaires , par
(1) Voy. (les vices de conformation de fulerus et dQ ses dépendances.
(2) Toy. des déplacemens de Tutérus.
(5) Yoy. de la présence des corps étrangers.
tîivei's Vices fix^s sur ces parties, enfin par la, plupart des dérangemens de la menstruation.
Quelquefois la stérilité est occasionée par une maladie de quelque organe éloigné de l’utérus , à raison vraisemblablement de la débilité qui en résulte dans toute l’économie. Elle peut encore ^tre produite par une lésion des organes sexuels de l’homme : comme l’hypospadias , vice qui consiste en ce que l’urètre s’ouvre à une distance trop rapprochée de sa racine , par les rétrécissemens de ce conduit , et par diverses affections des testicules et des vésicules séminales. Quelquefois elle est l’effet d’un défaut de convenance entre leS iépoux , de la vieillesse ou d’autres causes moins connues et qui échappent h nos sens.
On ne parvient guère à faire cesser la stérilité qui tient aux vices de conformation et aux maladies de l’utérus , ou à la lésion des organes sexuels de l’homme , qu’en remédiant à ces vices et à ces maladies.
On voit quelquefois la stérilité qui tient h des causes peu connues et inappréciables , cesser contre toute attente , mais les cas en sont rares.
Pour obtenir la guérison de cette infirmité , il faut s’attacher d’abord à diminuer la prédominance du système qui est en excès dans la constitutioii.
Existe-t-il une trop grande sensibilité dans la (gfenre nerveux ? on a recours aux bains ^ aux
bouillons adoucissans , aux boissons acidulées , aux émulsions et aux anti-spasmodiques , tant généraux que locaux , indiqués contre le spasme de l’utérus (i).
La femme a-t-elle un excès d’embonpoint ? on lâche de rendre de l’énergie à toute la constitu-* lion et de ranimer l’action de l’utérus*
On administre à l’intérieur la menthe , la mélisse , la roquette , la racine et les semence» de chardon rolland , la noix muscade et les autre» moyens indiqués contre l’atonie de l’utérus.
Les eaux minérales , acidulés , alcalines , ferru-r gineuses et sulfureuses , et principalement celles de Plombières , de Vichy , d’Aix-la-Chapelle et de Barrèges , jouissent pour cette infirmité d’une célébrité qu’elles justifient quelquefois.
On les donne à l’intérieur ou sous forme de bains ^ de demi-bains , d’injections , de douche» dirigées sur Içs reins ^ de pédiluves et de lave^ mens.
Les frictions sur les tégumens avec une flanelle chaude imprégnée d’huile de pétrole , de safran, ou de rhue , de la vapeur du succin et du benjoin , produisent de même de bons effets. Ce» moyens , stimulant les organes de la génération > peuvent faire cesser leur engorgement et augmenter l’action des nerfs qui vont s^y distribuer..
(i) Yoy. du spasme de Tutérus^
Il faut, dans runion des sexes, saisir l’instant de l’approclie des règles ou de leur disparition ; c’est le moment où le col de l’utèrus est ouvert , où cet organe a le plus d’action et où il est le plus propre ù opérer la fécondation. C’est en recommandant une semblable attention que Ferrein eut le bonheur de procurer un dauphin à la France.
Chez les personnes d’une constitution trop forte , la saignée et les boissons acidulés pourraient être employées avec succès.
La stérilité déterminée par les excès dans les plaisirs des sens exige qu’on mette de la modération dans l’usage de ces plaisirs , et qu’on ait recours ensuite à des toniques légers et caïmans.
Enfin , quand elle est produite par des vices de conformation , par des déplacemens de l’utérus , par des flueurs blanches abondantes , par des vices dans la menstruation , ou par d’autres ma- * ladies des organes utérins , on a recours aux ! moyens indiqués contre chacune d’elles. Il en | serait de même si la stérilité tenait à une affection dont le siège serait éloigné de l’organe utérin.
On emploierait les moyens appropriés contre cette affection.
De la fausse conception.
Quelques femmes éprouvent, <i la suite d’un retard d’un ou de deux niois dans l’époque de la
menstruation, des douleurs violentes dans la région des reins, de fortes coliques accompagnées parfois de vomissemens et de mouvemens convulsifs. Ces douleurs se prolongent l’espace de quelques heures et se terminent par une hémorrhagie utérine souvent inquiétante , et par l’expulsion d’une petite masse charnue , blanchâtre ou rougeâtre, absolument semblable aux membranes d’un fœtus de deux ou de trois mois. Cette expulsion est fréquemment prise pour une fausse couche, et quelques auteurs regardent la substance évacuée comme formée par la membrane caduque.
Il n’est pas facile de rendre compte de la forhiation de celte membrane. Je ne l’ai vue cependant arriver que chez les femmes jeunes , bien constituées , qui ont eu commerce avec leurs maris et qui sont stériles.
Il est encore plus malaisé d’en empêcher la formation. Les personnes chez lesquelles elle a lieu y sont souvent exposées pendant un grand nombre d’années , quel que soit le traitement qu’on emploie pour 1 aprévenir.
Dès que les femmes éprouvent les symptômes de l’expulsion d’une de ces membranes , on fait des frictions sur l’abdomen, pour exciter les contractions utérines et faciliter celte expulsion. On favorise avec l’indiçateur la dilatation du col, lors-
qu’il y a trop de rigidité , et on donne des potions calmantes et adoucissantes.
Après que la membrane est expulsée, on tâche d’en prévenir une nouvelle formation , soit en rendant aux organes utérins la faculté de concevoir (i) , soit en prévenant toute communication entre les sexes.
De la grossesse chez les nourrices.
La grossesse chez les nourrices est très-difficile à reconnaître dans son principe. On ne peut être éclairé par l’état de la menstruation , puisque les règles sont habituellement supprimées. L^allaitement empêche le gonflement des mamelles , et le ventre d’une personne accouchée depuis peu de mois conserve toujours une certaine tuméfaction, produite par l’état de relâchement des muscles et des tégumens du bas-ventre. Les difficultés sont encore augmentées chez les nourrices mercenaires ; elles ont souvent intérêt à tromper , et elles taisent les circonstances qui pourraient éclairer sur leur position.
On soupçonne cependant l’existence de la grossesse , lorsque la femme éprouve des envies de vomir, des vomissemens sans cause déterminante, des douleurs de tête et les autres symptômes ra-
(i) Voy. de la stérilité.
tlonnels de la gtossesse ; lorsque l’enfant vomit le lait ou les alimcns , qu’il a de mauvaises digestions et qu’il dépérit.
Quoique les personnes qui nourrissent deviennent moins souvent enceintes que celles qui n’allaitent pas , cet accident arrive quelquefois ; il est plus fréquent chez les nourrices mercenaires qui ont donné leur lait à un ou plusieurs enfans.
La grossesse est un accident peu dangereux pour la nourrice : mais il n’en est pas de même pour l’enfant. La nourriture qu’il reçoit de sa mère lui devient funeste ; il perd sa fraîcheur , son embonpoint ; ses membres se ramollissent ; il dépérit à vue d’œil , et il ne tarderait pas à succomber j si on ne faisait cesser cet allaitement.
I Pour peu qu’on ait de motifs de soupçonner la ' grossesse , il faut se hâter de sevrer l’enfant , ou de le changer de nourrice , quand il est trop jeune pour être sevré. On le purge , et on lui donne ensuite de l’eau de rhubarbe , du sirop anti-scorbutique et de légers toniques. La nourrice n’exige d’autres soins que d’éviter une trop forte impression de l’air , et de faire usage d’une infusion de scolopendre et de fleurs de camomille , ou de toute autre boisson légèrement diurétique et calmante.
Des accidens de la grossesse j de ses effets sur les
maladies qui suiviemient pendant sa durée , et
de ceux de ces mêmes maladies sur la grossesse,
La grossesse est souvent accompagnée d’accidens divers ; elle est la source de plusieurs maladies , et d’un autre côté elle produit des changemens remarq^uables dans celles qui existaient avant elle.
En augmentant la pléthore générale , elle donne lieu à des étourdissemens ^ à des pesanteurs de tête; parfois à des hémorrhagies ^ à des fluxions et à des inflammations plus ou moins graves. Souvent elle est accompagnée d’envies bizarres , de palpitations , d’affaiblissement dans les facultés intellectuelles , qui annoncent une lésion des systèmes cérébral et nerveux; la malade éprouve des aigreurs, la perte de l’appétit , ou une faim extraordinaire , des vomissemens , la constipation ou la diarrhée , et divers symptômes d’un trouble dans les digestions. L’accroissement de volume du ventre , la diminution de capacité de la poitrine , occasionent des difficultés de respirer , des étouffemens , des accès d’asthme, des hernies, ou d’auü’es déplacemens ; le développement du système lymphatique, la pression que le fœtus et ses dépendances exercent dans le bassin sur les gros troncs des vais-
seaux sanguins et nerveux produisent des cram^ pes, Tœdémalie des extrémités inférieures, l’hydropisie , des varices aux jambes et aux cuisses , etc.
Les maladies qui surviennent pendant la grossesse éprouvent elles - mêmes des changemens. Ainsi on voit des fièvres intermittentes , des éruptions cutanées cesser alors et ne reparaître qu’après raccoucliement : les fractures , au rapport de quelques auteurs , ne se consolident que difficilement.
Il est des affections que la grossesse aggrave , tandis qu’elle est pour d’autres un puissant moyen de guérison. En effet, après la conception, il s’établit dans l’utérus, et par suite dans les mamelles , un nouvel ordre de fonctions : le pouls s’élève , la femme prend de l’embonpoint ; les systèmes sanguin et lymphatique acquièrent plus de développement. S’il Survient uiie maladie aiguë , telle que l’inflammation des poumons , par exemple , les fonctions dé l’utérus , ainsi que celles des seins sont troublées ; l’accroissement de sensibilité des poumons y détermine l’afflUx des liquides, et la femme ne tarde pas ordinairement à avorter ; heureuse encore si elle échappe ali
1 terrible pronostic d’Hippocrate : les femmes enceintes, atteintes d’une maladie aiguë, périssent indubitablement (i) ; pronostic trop généralisé ,
(i) Hip. Aphorism. 5o , liv. Y.
sans doute , mais que j’ai vu se vérifier plusieurs fois , dans le cas de péripneumonie , malgré les secours les mieux administrés.
Si l’inflammation se manifeste à la tête ou au tas-ventre , les mêmes effets ont lieu ; mais dans ce dernier cas on doit craindre la péritonite , surtout après que l’accoucîiement est terminé.
La grossesse aggrave , en général , toutes les maladies aiguës , principalement lorsqu’elles ont leur siège dans l’utérus , à raison de l’affluence des liquides qui se portent vers cet organe, et de l’exaltation de ses propriétés vitales. Elle peut devenir un moyen de guérison de l’hémoptysie , du saignement de nez et des hémorrhagies dont le siège est éloigné de l’utérus. L’accroissement de sensibilité de ce viscère fait cesser l’irritation qui entretient ces hémorrhagies, tandis qu’elle augmente et rend plus irrégulières celles dont le siège est dans l’utérus même , ou dans les vaisseaux hémorroïdaux.
La grossesse produit des effets moins marqués dans les affections chroniques. Celles qui ne sont pas voisines de l’utérus sont cependant ralenties dans leur marche : ainsi on voit des engorgemens aux seins , qui auraient pu se convertir en equirres et en cancers , se dissiper entièrement. Les éruptions cutanées , les taches, et cette coloration de la face , connue sous le nom de masque ^ lesdouleurs rhumatismales, etc. devieiment
întenses , quancl elles ne disparaissent pas entièrement. Si la grossesse détermine des affections nerveuses , il en est souvent quelle fait cesser. Combien de fois n a-t-elle pas produit la guérison temporaire et même radicale de l’épilepsie , de la manie , de diverses surdités , et des affections hystériques ?
L’expérience a appris qu’elle produit momentanément de bons effets dans la phthisie , à raison de l’espèce de dérivation qu’elle occasione : on voit les crachats devenir plus abondans , perdre leur caractère de purulence , devenir blancs et comme laiteux ; les progrès de la maladie sont ainsi suspendus. Mais , après l’accouchement , si l’on n’a pas recours à de puissans révulsifs la malade contracte un nouveau rhume , qui attire les fluides aux poumons , et elle succombe en peu de temps. •
On a vu plusieurs hydropisies des cavités disparaître par l’effet de la grossesse , tandis qu’elle augmente ou détermine l’anasarque et les hydropisies cutanées des parties inférieures.
Si l’on en excepte les spasmes et la descente, elle ne produit que de mauvais effets dans les maladies chroniques de l’utérus , à raison de l’abord des liquides qu’elle y détermine.
Les maladies n’influent pas moins sur la grossesse que cette dernière n’agit sur les maladies. P’abord il e» est plusieurs qui la simulent^ «t
dont il est difficile de la distinguer. Telles sont dans leur principe la plupart des maladies chronicj[ues ou organicpies de lulérus, telles que l’hystérie ^ les polypes , la tympanite , les obstructions J la présence d’un ténia dans le conduit intestinal , les accidens du retour d’âge , et généralement les affections qui déterminent la suppression des règles. On ne peut déterminer avec certitude le véritable état de la femme que lorsque le corps de l’utérus fait saillie dans l’abdomen , et qu’on reconnaît les raouvemens de l’enfant ou son balottement.
En exaltant la sensibilité générale et en augmentant l’état pléthorique , la plupart des maladies inflammatoires nuisent au développement de l’enfant et occasionent l’avortement.
Les maladies chroniques dont le siège est éloigné de l’utérus produisent moins d’effet. Suivant quelques auteurs , la débilité générale qu’elles déterminent prolonge le terme de la grossesse , accroît le volume du ventre , et l’enfant acquiert plus de développement. Au rapport de Rœderer , les femmes phthisiques ont des enfans énormes.
Il est cependant de ces maladies qui , à raison de quelques-uns de leurs symptômes , peuvent avoir des résultats fâcheux. Le ce nombre sont les catarrhes pulmonaires chroniques et les engorgemens du pylore, par rappoi’t aux accès de toux et aux vomissemens qu’ils déterminent.
Les maladies dont le siège est dans rulériis , lorsqu’elles ont une certaine intensité , produisent pour la plupart l’avortement.
On ne saurait mettre trop de circonspection clans le traitement des maladies , quand on a quelque raison de soupçonner la présence de la grossesse. Combien de fois , pour l’avoir méconnue, n’a-t-on pas compromis l’existence de la femme ou celle de son enfant ! et lors même quelle n’est plus incertaine , il faut avoir égard à l’accroissement ou à la diminution qu’elle occasione sur la maladie , et au danger qui peut résulter de la prolongation de cette dernière sur l’état de la femme.
La malade est-elle affectée pendant la grossesse d’un engorgement aux seins , d’une disposiition à la phthisie , il est bon de favoriser la tendance des liquides h se porter vers l’utérus, au moyen de frictions sèches sur le bassin et sur les cuisses, de purgatifs doux et aloëtijliques ; en prescrivant l’habitation de la campalUgne , l’exercice modéré , les bains de siège ou de |ifauteuil, les lavemens émolliens ou légèrement irritans , etc.
Après l’accouchement , on favorise l’écoülement des liquides dont l’économie de la femme est surhargée, et l’on prévient leur retour vers les parles supérieures , en insistant sur les moyens précéllemmeut indiqués^ sur les sinapismes aux jambes
et aux pieds , et sur un vésicatoire ou un cautère, vers ces mêmes parties.
Si la malade est atteinte, avant la grossesse , d’un engorgement de l’utérus ou de quelcju’autre affection susceptible d’accroissement par l’afflux des liquides vers cet organe , on s’efforce de retarder cet afflux, au moyen de frictions sur les bras et sur les extrémités supérieures. On fait une ou deux saignées pendant; le cours de la grossesse, et l’on s’attache après l’accouchement à ce que les liquides soient promptement expulsés et ne restent pas en stagnation dans l’utérus. Il est indispensable que la femme allaite ; qu’ello fasse usage de vomitifs après le sevrage , et quelle porte habituellement un vésicatoire ou un cautère au bras, nu sur quelqu’ autre partie des régions supérieures.
Il est des maladies qui exigent im traitement particulier : dans d’autres , on est forcé de rejeter ou d’employer avec modération des moyens qui seraient employés utilement , mais qui pourraient nuire à la grossesse. Ainsi , dans les fièvres inflammatoires, dans les phlegmasies , on doit être modéré sur la saignée ; il en est de même des vomitifs pour les fièvres bilieuses , de l’électricité , du moxa, dans les cas de paralysie. On ne peut pratiquer aucune opération grave , à moins d’une très-grande urgence ; on s’abstient , dans le dernier temps de la grossesse , d’arracher les
dents, quoiqu’elles soient affectées de carie et souvent très-douloureuses; on évite l’usage des cautères , des vésicatoires , des purgatifs violensi Il est rare qu’on fasse suivre à cette époque un traitement anti - syphilitique complet, siirtout quand il n’y a pas de symptômes alarmans. Enfin , on s’abstient de tout ce qui pourrait exciter une action trop vive et produire un ébranlement dans la constitution , tant au moral cjuau physique.
Il est au contraire des symptômes dont la continuité est plus à craindre que la maladie principale ; tels sont les accès de toux , le vomissement , la constipation opiniâtre, la diarrhée , les colic|ues, et généralement tous les accidens cj-ui, en excitant des mouvemens trop forts ou trop continuels , pourraient déterminer une fausse couche. On doit les modérer ou en obtenir la cessation par des mo)'ens appropriés à chacun d’eüx.
Des maladies et de la mort du fœtus dans le sein
de la mère.
Le fœtus est exposé dans le sein de la inère à plusieurs maladies , et il est sujet à y perdre la vie.
De même qu’on rencontre deux jaunes d’œufs dans la même coquille , il peut exister deux em-
In •ions sous la môme enveloppe. Ces emb rions n’ont pas alors assez d’espace pour leur libre accroissement. Leurs surfaces molles se trouvant en contact adhèrent souvent ensemble , c’est ce qui fait que les jumeaux naissent parfois avec des adhésions , par le dos , par la poitrine etc.
La cohésion peut être si forte dans quelques parties des deux embrions qu’elles s,e confondent en croissant , et ne forment plus qu’une seule partie pour les deux embrions. Ce phénomène est analogue à ce qui se passe dans les végétaux ► Lorsqu’on lie fortement ensemble deux branches de jeunes arbres , elles contractent en grossissant des adhérences, se confondent et finissent par n’en former qu’une seule.
Ces monstruosités peuvent varier , en raison de la place respective qu’occupent les deux fœtus , des parties qui sont en contact, qui adhèrent entr’elles , ou qui éprouvent des obstacles à leur développement.
C’est ainsi qu’on voit naître des enfans avec deux têtes et deux troncs, un bassin et deux extrémités inférieures , ou deux bassins et quatre extrémités inférieures , pour un seul tronc et une seule tête. Réaumur a déterminé à volonté un grand nombre de ces monstruosités dans Fincubation du poulet.
Il pourrait se faire cependant qu’il n’y eût pa*
lDU]ours deux embrions dans Fœuf , et que le même embrion eut le germe de plusieurs parties surabondantes , comme on le voit chez les enfans qui naissent avec six doigts , six orteils au même membre.
Quelquefois les vices de conformation sont moins importans. Ce ne sont que des séparations de parties qui auraient dû être réunies , comme la division de la lèvre supérieure , connue sous le nom de bec de lièvre, l’écartement des os du pubis , etc. D’autres fois c’est l’occlusion d’une cavité naturelle par une fausse membrane ou par quelque adhésion, comme l’occlusion des paupières, des narines, etc.
Le fœtus peut éprouver des changemens dans la forme de son corps. On en voit naître dont la tête est diversement pencbée sur le cou, dont les épaules sont inégalement élevées. On en a vu dont les omoplates étaient relevées , ce qui a fait dire à des personnes simples que l’enfant avait des ailes. D’autres fois, le corps du fœtus éprouve un très-grand applatissement qui l’a fait comparer à un crapeau.
Le fœtus peut éprouver dans le sein de la mère divers déplacemens, t( Is que l’encéphalocèle ou hernie du cerveau, la hernie ombilicale, celle de l’aine. Il peut se ressentir des coups , des chutes auxquelles la mère est exposée pendant la grossesse. Il en résulte quelquefois une riqjture
du cordon ombilical, et une hémorrhagie qui fait périr l’enfant. M. Chaiissier a présenté à la fa-culté de médecine le squelette d’un fœtus sur lequel on trouvait les traces d’une infinité de fractures , tant aux os des côtes , qu’à ceux des membres, lesquelles s’étaient irrégulièrement consolidées dans le sein de la mère.
Il sui’vient des inflammations à la peau qui donnent lieu à la plupart des signes, et aux marques plus ou moins variées , que les enfans ap- ' portent en naissant sur les tégumens. D’autres fois il se manifeste des dépôts et des abcès assez considérables pour occasioner la mort ou pour détacher quelque membre. C’est ce qui fait qu’il naît des enfans avec une cuisse ou un bras de moins , et dont on trouve fréquemment les débris dans le délivre.
Le fœtus est ordinairement atteint de convulsions lorsque la mère en éprouve (i). Il peut contracter divers vices , et spécialement le syphilitique. Il est exposé à plusieurs hydropisies , telles que l’hydrocéphale ou hydropisie du cerveau, de laquelle il peut résulter l’acéphale ; le spina bifida ou hydropisie du rachis, l’iiydropisie du bas -ventre, l’hydrocèle, etc.
Enfin le fœtus peut être privé de la vie , à la suite d’un coup , d’une chute , ou de toute autre
(i) Voy. des couyuIs. de futcrus.
* circonstance inconnue. Il est bien difficile de reconnaître cette mort , surtout quand elle a lieu à un terme peu avancé de la grossesse. Qnla soupçonne , quand l’enfant a eu des mouvemens trèsmarqués et qu’il cesse d'en avoir ; lorsque les forces de la mère diminuent, que ses seins se flétrissent, c[u’elle a le sentiment d’un poids dans le bas- ventre , qui se porte tantôt d’un côté , tantôt de l’autre , suivant le côté où elle se couche ; enfin lorsque l’abdomen a une température moins élevée que dans l’état ordinaire. Mais on ne peut avoir avant l’accoucbement la certitude de cette mort. Tous les jours il naît des enfans qu’on croyait depuis long-temps privés de la vie et qui sont très-vigoureux.
On reconnaît plus facilement la mort du fœtus pendant l’accouchement. La tête est froide , les cheveux s’en détachent avec facilité. Le cordon, quand on parvient a le toucher , est froid , sans hattemens. Les eaux de l’amnios sont fétides et noirâtres. Le fœtus , après sa sortie, est ordinairement d’une couleur verte, et exliale une odeur très-fétide.
Les vices de conformation et les maladies dont l’enfant peut être affecté dans le sein de sa mère n’occasionent ordinairement aucun accident , ne peuvent être reconnus qu’après la naissance , et n’exigent alors aucun traitement particuiier. Quand on soupçonne cj[ue le fœtus a péri durant
la grossesse , on allcml que la nature en provoque elle -même l’expulsion, et l’on soutient les forces (le la mère par l’usage des toniques et des restaurans.
Ve r ai^ortement.
L’avortement se déclare sans aucun symptôme précurseur , ou il s’annonce par un malaise général , des lassitudes dans les membres , un sentiment de pesanteur vers le fondement, des coliques , des tiraillemens douloureux dans les régions lombaires et dans les aines ; les mouvemens de l’enfant sont plus forts ou plus obscurs , ou ils ne se font plus sentir ; il s’établit par les parties sexuelles un écoulement de matière séreuse, glaireuse ou sanguinolente, suivi d’une hémorrhagie plus ou moins forte : le col de l’utérus se dilate et la poche des eaux se forme. Quand la grossesse est peu avancée , le produit de la conception se présente à l’orifice du col sous la forme d’un corps globuleux , et il y reste engagé plusieurs heures, et même un ou deux jours. Quelquefois il est rendu par parties ; l’embrion est si petit qu’il se perd dans les vidanges. On n’acquiert la certitude de l’avortement que par les débris des membranes et du placenta : c’est ce qui rend d’une si grande importance , dans le
cas cVliéniorrliagie utérine , l’examen de tous les corps évacués par rutérus.
Les causes de l’avortement sont nombreuses; une constitution forte ^ pléthorique, et une constitution débile , avec excès de sensibilité dans le genre nerveux , y disposent également. L’iiabitation des lieux humides, malsains, où l’air est vicié , les passions vives , les peines d’esprit , les écarts dans le régime , les veilles prolongées , les vêtemens trop serrés , l’immersion des mains ou des pieds dans l’eau froide , les courses , la danse , les sauts , les exercices trop violens , les secousses, les mouvemens du corps trop brusques , les coups , les chutes sur l’abdomen , sont quelquefois sufûsans pour donner lieu à l’avortement.
Cet accident ])eut encore arriver-par suite du resserrement du thorax , d’un vice de conformation de l’épine ou du bassin , de l’insertion du placenta sur le col de l’utérus , de la grossesse de deux ou de plusieurs enfans , de la ténuité des membranes du fœtus , qui se déchirent au moindre effort , et laissent échapper les eaux de l’amnios, de la petite quantité de ce liquide. Les maladies tant aiguës que chroniques qui ont lieu pendant la grossesse , les affections propres de Tutérus, la mort du fœtus, sont aussi des causes fréquentes de l’avortement.
On peut souvent prévenir cet accident en sui-
vant un régime et un traitement appropriés. On voit des personnes sujettes h faire des fausses couches amener ensuite leur enfant à terme , cjuoiqu’elles en 'eussent perdu l’espoir presque entièrement. Les symptômes de l’avortement s’arrêtent aussi fréquemment , quoiqu’ils se fussent déclarés par des douleurs et des hémorrhagies utérines graves. On doit toujours conserver l’espérance de se préserver de cet accident lorsque le col de l’utérus ne s’efface pas , et que son orifice n’éprouve pas de dilatation.
Quand les personnes sont fortes , robustes , avec excès de pléthore tant générale que locale , il faut , pour prévenir l’avortement y diminuer la quantité habituelle des alimens , pratiquer plusieurs saignées dans le courant de la grossesse ^ et donner des boissons acidulés et adoucissantes.
La femme est-^elle d’une constitution avec prédominance du système nerveux , on a recours aux bains et aux antiT-spasmodiques toniques. Ces moyens conviennent également eu les associant à une nourriture restaurante , lorsque la femme est; en même temps, d’une constitution faible.
Si la femme s’esf livrée à des mouvemens désordonnés , si elle a reçu des coups ou fait des chutes sur l’abdomen , on prescrit le repos, et l’on combat l’irritation par la saignée et l’usage des adoucissans et des caïmans, Enfin lorsque
ravortèment tient aux maladies cfui surviennent durant la grossesse à une affection propre de l’utérus , ou à la mort de l’enfant, on emploie le traitement indiqué pour ces diverses circonstances.
Les moyens dirigés cpntre l’avortement ont-ils été infructueux ,*;'on se comporte comme dans un accouchement ordinaire.
Des accidens relatifs a V accoucliemenU
Quelquefois le travail de l’accouchement se fait avec une promptitude étonnante ; il est terminé en moins d’une heure , et même de quelques minutes. On est alors hors d’état de porter à la femme des secours assez prompts et il en résulte des contusions des déchirures au périnée, des accidens divers pour l’enfant. Epuisé par des efforts trop violens, l’utérus tombe dans une sorte de stupeur , ne revient pas sur lui-même et la femme est exposée à des hémorrhagies utérines graves.
Cette précipitation a lieu chez les femmes dont le bassin est large et évasé et dont l’utérus jouit d’une grande contractilité. Pour y remédier on engage la femme à retenir ses douleurs ; on soutient en même temps le périnée avec la paume de la main ; on retarde un peu les progrès de l’enfant;, et l’on prévient les désordres qui pour-
raient survenir dans les parties sexuelles par suite d’une distension trop forte et trop rapide.
Le ralentissement du travail et son interruption momentanée ont lieu plus fréquemment que sa précipitation ; quelquefois le travail est commencé , le col de l’utérus dilaté , la tète ou quelqu’autre partie de l’enfant sont engagées dans les détroits du bassin : cependant les douleurs s’arrêtent; la femme paraît dans un état d’épuisement et l’accouchement ne fait pas de progrès : l’enfant et la mère elle-même peuvent alors succomlDer , à raison de la longueur du travail. Diverses causes produisent ce ralentissement : tantôt c’est un état de pléthore et la rigidité du col qui ne permettent que difficilement la dilatation de son orifice : tantôt c’est une faiblesse ou une inertie complète de l’utérus.
Le ralentissement qui tient au resserrement du col nécessite souvent l’emploi de la saignée et des autres moyens de débilitation; celle qui tient à une faiblesse ou à l’inertie de l’utérus exige l’usage des moyens indiqués contre ces affections.
L’accouchement peut encore éprouver des obstacles è sa terminaison. La femme se consume en efforts superflus et tombe dans un état d’épuisement.
Ces obstacles peuvent tenir soit è un vice de conformation du bassin* ou de l’utérus, soit à un
vice de position de l’enfant , lorscpi’il se présente à l’orifice extérieur de cet organe. Ce n’est pas ici le I lieu d’indiquer tous ces obstacles et les moyens d’y remédier , c’est plutôt l’objet d’un traité spécial ^d’accouchement , et divers auteurs viennent de i ,'s’en occuper avec non moins d’exactitude que de 1 ibrièveté (i).
Enfin la plupart des maladies de l’utérus ^ ainsi I rque diverses autres affections peuvent troubler la I imarche de raccouchement. De ce nombre sont (divers déplacemens : la descente , l’obliquité ^ la lhernie ; la présence de divers corps étrangers; la |1 lésion, la rupture et l’inflammation de cet or- Lgane. Souvent il se manifeste des hémorrhagies I iLitérines , des convulsions ou une inertie corn-' i}plète; enfin r utérus peut être affecté de divers \Rces qui s’opposent tant à la dilatation du col R^u’aux contractions utérines.
Il peut aussi survenir une congestion céré- I Drale , une attaque d’apoplexie , des défaillances , oies nausées , des vomissemens , des coliques , une rétention d’urine, des contusions ou une rupture nu périnée , etc. Nous nous sommes occupés de ;a marche à suivre dans le traitement des affeclions propres de l’utérus : quant aux affections
(i) Voy. MM. Gai’dlen , Capuron et Maygrier , dans ; esnrs excellens traités sur les accoiichemeus.
^trnng^res à cet organe, on suit le traitement indiqué pour chacune d’elles.
Des accidens relatifs à la délivrance.
Comme l’accouchement , la délivrance peut se faire avec trop de précipitation, éprouver des obstacles à sa terminaison, ou être compliquée par la présence de diverses maladies tant de l’utérus que de tout autre organe.
La délivrance est trop précipitée quand elle a lieu avant que l’ utérus soit revenu sur luimême ; il en peut résulter une hémorrhagie foudroyante ou même le renversement de cet organe.
Il est rare que la délivrance se fasse trop promptement par les seuls efforts de la nature : cet accident est la suite ordinaire des tractions exercées sur le cordon ombilical immédiatement apres l’accouchement, ou de la précipitation que l’on a mise à terminer la délivrance avec la main portée dans l’utérus.
Lorsque la délivrance a été opérée trop promptement , il faut s’assurer si l’utérus est renversé, et le rétablir dans sa position : on remédie par les moyens ordinaires h l’héinorrliaç^ie et aux autres accidens qui auraient pu se manifester.
La lenteur dans l’expulsion du délivre est plus
fréquente que sa précipitation. Quelquefois le placenta est retenu plusieurs heures et même durant plusieurs jours dans l’atérus ; il y éprouve un état de décomposition , et devient très-fétide. Ce retard dans l’evpulsion de ce corps peut donner lieu à des hémorrhagies utérines , aux convulsions etc.
Diverses circonstances peuvent mettre obstacle à l’expulsion du délivre ; un trop grand volume du placenta , les contractions du col , immédiatement après l’accouchement, reiichatonnement du placenta , ses adhérences avec futérus , la rupture du cordon ombilical , enün l’inertie de l’utérus.
Le volume excessif du placenta rend son expulsion plus difficile : la femme éprouve des douleurs et des contractions utérines presque aussi vives que dans raccouchement. Cet accident n’exige cependant aucun soin particulier ; la nature ne tarde pas à se débarrasser de ce corps. Les contractions ou le ♦resserrement du col de l’utérus immédiatement après l’accouchement , n’exigent de même aucun soin particulier , elles ne tardent pas à cesser d’elles-mêmes.
On désigne sous le nom d’enchatonnement la contraction d’une partie de futérus ou de cet organe lui-même sur le placenta ou sur une de ses portions ; de manière à f embrasser étroitement.
Cet encliatonnemeiit est causé par le retour troj) prompt de l’utérus sur lui-même.
S’il n’y a point d’iiémorrliagie ni de convulsions, on peut abandonner l’expulsion du placenta à la nature : dans le cas contraire , il faut porter une main dans l’utérus pour dilater peuà-peu la portion de cet organe qui est contractée et opérer ensuite l’extraction du placenta.
Uni à l’utéru^par un tissu très-iâche, le placenta s’en détache ordinairement avec facilité après raccouchement ; quelquefois néanmoins il y tient par de fortes adhérences. Cette disposition se remarque surtout lorsqu’il est inséré à la paroi antérieure de l’utérus : la femme éprouve alors des coliques et des douleurs expulsives ; l’utérus forme dans l’abdomen une tumeur dure, globuleuse; cependant l’arrière-faix ne se détache pas , et il résiste aux tractions que l’on fait sur le cordon. Si les adhérences sont fortes et ont lieu dans toute la surface du jilacenta , elles n’occasionent d’abord aucun accident ; mais lorsque ce corps commence à se détacher , elles peuvent donner lieu à des hémorrhagies difficiles à arrêter, et à d’autres accidens.
Les adhérences sont peu fortes chez les fem- ‘ mes dont la grossesse est à terme ; ce n'est guère que dans les avorleniens et les accouchemens prématurés, qu’on les rencontre et qu’elles présentent quelque danger. 3’ui vu cepetidant une
personne chez laquelle les adhérences ont eu lieu dans cinq grossesses successives. Dans son dernier accouchement ^ elles étaient si fortes c|u’on éprouva les plus grandes difficultés pour détacher ' le placenta de l’utérus. L’organe éprouva un renversement complet dont la réduction fut extrêmement difficile ; il se manifesta plusieurs hémorrhagies utérines, et la femme succomba dans une sorte d’épuisement.
Quand il ne survient aucun accident , on peut laisser à la nature le temps d’opérer peu-à-peu le décollement du placenta , ce qui a lieu ordinairement après un temps plus ou moins long. S’il arrive une hémorrhagie utérine ou des convulsions, on se hâte d’aller à la recherche du placenta , et d’en faire l’extraction avec la main.
La rupture du cordon ombilical après l’accouchement nuit a la délivrance, en ce qu’on ne j)eut plus se servir de ce cordon pour faire des tractions sur le placenta, et guider la main lors de son introduction dans l’utérus. Cette rupture exige cependant peu d’attention f quand il ne se manifeste aucun accident , il faut alors abandonner l’expulsion de l’arrière-faix à la nature, mais s’il survient des hémorrhagies ou des convulsions , il faut opérer la délivrance au moyen de l’introduction de la main dans l’utérus.
L’inertie de l’utérus est aussi un des obstacles
les plus fréquens de la délivrance ; on se cottl-* porte comme il a été dit précédemment (i).
Lorsque la délivrance se complique du renversement de Tutérus ou d’autres affections, on suit la marche indic|uée pour chacune de ces affec^ lions.
Des accidens relatifs a V excrétion des lochies.
Les lochies sont quelquefois trop abondantes ^ leur écoulement met la femme dans un état de faiblesse et d’abattement , l’appétit se perd , la fioure devient paie et décolorée.
Cet accident a lieu principalement chez les personnes très-irritables, d’une constitution forte , qui ont eu plusieurs enfans , qui habitent des lieux chauds et se livrent à des travaux pénibles. Il est généralement peu grave.
Les lochies ne tardent pas à diminuer , il suffît de modérer l’irritabilité de la femme par l’usage des boissons adoucissantes et de celles réputées incrassantes ; les décoctions de riz, de gruau, d’orge mondé , de gomme arabique , les gelées de coings , de groseilles , etc.
D’autres fois lès lochies ne viennent qu’en petite quantité. La malade est alors sujette aux'
(i) Yoy. de l’inerlie de fulérus.
étouffemens , à des accès de toux , à des éblouisse-^ mens , à des douleurs violentes de tête , de reins , de bas-ventre , etc.
Une constitution faible , un état maladif durant la grossesse, une mauvaise nourriture, des cha-^ grins long-temps prolongés peuvent donner lieu à cet accident. On y remédie en prescrivant une boisson tonique , telle que celles qu’on prépare avec la verge dorée , le mille pertuis , la saponaire , la pervenche, la racine de canne, etc. On donne des potions calmantes à l’intérieur y et l’on applique sur la partie interne des cuisses un vésicatoire volanp On fait des frictions sur le ventre et sur les cuisses avec une once d’huile de camomille et une demi-once d’éther ; on prescrit des lavemens légèrement irritans.
Les lochies présentent aussi beaucoup de variétés dans leur nature. Il est des femmes chez ^ lesquelles elles sont pendant trois ou quatre mois colorées en rouge , au point de former de vraies hémorrhagies utérines. Il faut peu s’inquiéter de cet état des lochies ; beaucoup de personnes les ont de cette sorte sans en être incommodées ; cependant lorsqu’elles sont trop longtemps sanguines , il convient de les modérer , au moven de boissons adoucissantes et aigrelettes : la décoction de riz , l’infusion d’alieluia , les sirops de grande consoude ^ d’épine vinette
ayant soin de ne pas insister sur leur usage , au point de déterminer la suppression des lochies.
Quelquefois ces évacuations deviennent séreu- ’ ses , purulentes , très-fétides. Elles indiquent alors ordinairement soit une inflammation , soit toute autre maladie de l’utérus. Mais il suffît de s’attacher à la maladie qui a occasioné cet état ; lorsqu’elle est passée , les locliies reprennent d’ellesmêmes leur état naturel.
L’expulsion des lochies est provoquée après l’accouchement par les contractions de l’ulérus , dont le renouvellement a lieu chaque fois qu’il s’accumule une certaine quantité de ces matières dans la cavité de cet organe. Lorsque les contractions sont fréquentes , difficiles , elles constituent les tranchées utérines. La malade éprouve dans 1^ région de l’utérus des douleurs plus ou moins vives , qui durent deux ou trois minutes ^ et se renouvellent , avec plus ou moins d’intensité , d’heure en heure , ou de quart-d’heure en quart-d’heure. Ces douleurs font éprouver la même sensation , que celles qui ont lieu durant l’accouchement. Au moment de la tranchée , rulérus fait saillie dans la région hypogastrique ; il diminue de volume et se durcit , tandis qu’d est moins dur et plus volumineux après la cessation de la douleur. En portant l’indicateur à l’orifîce du col de cet organe , on le trouve resserré pendant la douleur ; on s’a-
perçoit aussi que Putérus se contracte et que chacune de ses contractions donne issue à des matières sanguines ou muqueuses.
Les tranchées sont ordinairement fortes le premier et le second jour; elles diminuent le troisième et ne se prolongent guère au-delà du quatrième.
Il est rare qu elles se manifestent dans une première couche , un second enfant les provoque ordinairement ; plusieurs les rendent encore plus fréquentes ; elles ont aussi d’autant plus d’intensité que l’accouchement a été plus prompt. On ne doit pas chercher à les diminuer aussi long - temps quelles sont tolérables : c’est un effort salutaire de la nature pour faire revenir l’utérus à son premier état. Cependant quand elles sont trop vives , il est bon de les modérer ; on y parvient en facilitant le prompt retour de l’utérus sur lui-même , et en calmant la sensibilité du genre nerveux. A cet effet , on prescrit des frictions sur le ventre avec un linge chaud , ou avec la main, et on donne à l’intérieur une ' légère potion calmante et excitante. Comme il est prouvé que les tranchées s’apaisent lorsqu’il se manifeste des sueurs , on tache de faire porter à la peau et aux urines , au moyen de boissons légèrement sudorifiques et diurétiques.
Il peut arriver que les lochies se suppriment
entièrement ; il en résulte les memes accidens que lors de leur diminution de quantité , mais avec plus d’intensité : la malade éprouve de violons maux de tête, des étouffemens ; la respiration est courte , laborieuse ; le ventre se tend et devient douloureux- Il se manifeste des douleurs dans les régions lombaires et dans les aines , il survient du délire ( i ) ; quelquefois une diarrhée , une éruption miliaire , et la maladie se termine par le retour des lochies , par un saignement de nez , par des hémorrhagies , ou par des sueurs.
La suppression des lochies a lieu ordinairement chez les personnes d’une constitution avec prédominance du système nerveux et chez celles qui ont beaucoup souffert durant l’accouchement. Quelquefois elle est produite par l’impression des corps Iroids , par le spasme qui résulte d’un accès de colère , d’un saisissement ou de passions vives, par des erreurs dans le régime ou par un excès de chaleur ; le plus souvent elle n’est qu’un effet secondaire d’une inflammation de l’utérus , du péritoine, ou de quelqu’ autre organe. Cette maladie est toujours dangereuse, elle annonce un état de spasme ou une autre affection grave de quelque
(i) Voy. Hipp. prorretiq. , I. art. 82 , traduct. de M. De Mercy, p. i4i.
partie du corps. Quand la suppression provient d’un spasme de Tutérus ou d’une affection spasmodique générale , on cherclie à combattre cette affection par l’usage des moyens indiqués contre le spasme de l’utérus. On provoque en même temps le retour des lochies par l’application de huit à dix sangsues aux parties sexuelles , par un vésicatoire à la partie interne des cuisses , par des cataplasmes synapiques aux pieds et des cataplasmes de pariétaire sur le ventre. On prescrit des injections calmantes , des bains , des demibains et des lavemens émolliens. Lorsque la suppression tient à l’irritation du conduit intestinal, occasionée par des alimens trop relevés , on donne des boissons muqueuses et calmantes. Sicile était produite par l’abus du vin ou des boissons spiritueuses , qu’il en fut résulté une irritation au cerveau ou quelqu’ affection comateuse , on insisterait sur la saignée du pied et sur les cataplasmes synapiques aux pieds. Enfin si la maladie était due à une inflammation de l’utérus ou à quelqu’autre affection , on s’attacherait à combattre cette affection tout en cherchant à rappeler l’écoulement des lochies.
Ces excrétions , de même que les règles, sontelles sujettes à éprouver une déviation? Ici se présente un fait de pratique sur lequel on n’est pas d’accord. Je suis cependant porté à croire , que celte déviation peut exister : la correspondance qui
se remarque entre la secrétion du lait et l’excrétion des lochies démontre bien ce me semble la réciprocité d’action de ces deux fonctions enlr’elles. On ne peut douter que les accidens qu’on attribue communément à la suppression et à la déviation du lait ne puissent de même être rapportés aux dérangemens des lochies , puisqu’ils ont lieu en même temps. On doit de même attribuer à cette suppression et à cette déviation les éruptions miliaires , les douleurs rhumatismales et les autres accidens qui arrivent ordinairement peu de jours après la suppression des lochies et la suppression du lait dans les mamelles.
Lorsqu’on a lieu de présumer qu’il existe une déviation des lochies , on se comporte comme dans le cas de leur suppression : il convient de porter une forte irritation clans l’organe utérin pour rappeler l’excrétion des lochies , et de faciliter la diminution des matières lymphatiques surabondantes dans l’économie , au moyen des purgatifs, des diurétiques , des sudorifiques et des autres évacuans , et de s’attacher h combattre les accidens c|ui sont l’effet de la déviation. Quelquefois les lochies se prolongent indéfiniment , sous forme de flueurs blanches, ce qui finit par occasioner des douleurs d’estomac , et par affaiblir la constitution ; il convient , comme dans le cas précédent, de donner issue au liquide surabondant dans l’économie, au moyen des évacuans. On prescrit
ensuite des boissons toniques légèrement astringentes , telles que deux cuillérées à bouche par jour de sirop de quinquina ou de sirop antiscorbutique , une décoction de scolopendre , de pervenche , de quinquina. On fait des injections légèrement toniques et astringentes ^ et l’on se comporte comme dans le cas du catarrhe utérin chronique.
Tel est le précis des maladies de l’utérus. Je dois faire remarquer, avant de terminer, que ces affections se rencontrent rarement seules. On en trouve ordinairement plusieurs sur la même personne , compliquées de fièvres ou de toute autre affection.
Pour les distinguer , il faut examiner soigneusement les symptômes de chacune d’elles. Ne dissimulons pas cependant que cette distinction est quelquefois très -difficile , les mêmes symptômes étant communs à plusieurs maladies , et même à diverses fonctions de l’utérus.
Dans ces cas incertains, il faut bien se garder de prononcer et d’agir avec trop de précipitation ; il vaut mieux s’abstenir de donner des rhédicamens que d’en administrer dont l’action pourrait être nuisible.
Lorsque plusieurs affections existent en même temps, on combine leur traitement en combat-
tant de préférence celles qui sont primitives , où dont les symptômes sont les plus urgens , et l’on passe ensuite aux affections secondaires et à celles qui occasionent le moins de douleurs et d’incommodités.