‹ Des maladies héréditaires these présentée au concours pour l'agrégation (Section de médecine et de médecine légale) et soutenue à la Faculté de médecine de ParisChapitre 20 sur 34 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des époques d‘ apparition des maladies héréditaires.

L’aptitude héréditaire pour apparaître a besoin d’une certaine opportunité qui est singulièrement favorisée par les phases successives que parcourt l’être vivant dans son développement.

Chaque âge en effet dont se compose la vie est marqué par une plus grande activité de certains appareils organiques qui se mettent successivement enjeu et qui absorbent à leur profit, à mesure qu’ils fonctionnent et se développent, toute l’activité du mouvement d’évolution.

Quoi donc d’étonnant que chacun d’eux, pendant la période où il se développe, se trouve par cela même dans un état spécial de réceptivité propre à l’éclosion des manifestations morbides héréditaires? Et l’expérience ne nous montre-t-elle pas que les maladies auxquelles nous sommes prédisposés par le fait de l’hérédité attendent pour se développer ce moment d’évolution de nos organes, où leur énergie fonctionnelle est tantôt au maximum, comme la méningite tuberculeuse et les convulsions pour les appareils encéphaliques, et tantôt au minimum lorsqu’à l’époque du retour, l’utérus et les mamelles commencent à s’atrophier, et que c’est de préférence à ce moment que,

sous l’influence des causes impulsives les plus légères, elles font leur apparition soudaine?

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1° Dans les premières périodes de la vie les forces vives qui président au mouvement de composition agissent avec une activité et une continuité remarquables.

D’un côté, c’est la vie organique qui se décèle et s’accroit ; le développement des néoplasmes se poursuit avec une luxuriante rapidité ; les tissus primordiaux se transforment ; des appareils nouveaux apparaissent; la vie végétative se généralise et se perpétue jusque dans les derniers éléments histologiques des tissus ; c’est alors que chez les enfants issus de parents, sous l’empire de diathèse scrofuleuse, apparaissent des manifestations morbides qui ont précisément leurs localisations dans ces appareils organiques, dont les attributs spéciaux sont d’être en conflit avec les phénomènes intimes de la

vie végétative. A ce moment les glandes lymphatiques, soit du mésentère, soit des régions cervicales, s’indurent, s’infiltrent de matières strumeuses, et dès lors la scrofule a pris droit de domicile dans l’organisme de l’individu, qu’elle ne quittera plus; elle le suivra bénigne ou maligne à travers la série suc-' cessive des âges, et se perpétuera avec lui jusque dans sa descendance. • • :

’ D’ün autre côté, le système nerveux qui se développe parallèlement comme tous les autres appareils organiques avec une rapidité surprenante, devient tous les jours chez l’enfant le théâtre de nouvelles manifestations. Son cerveau reçoit incessamment une série d’impressions nouvelles qui s’y fixent, s’y perpétuent, et suscitent par un travail continu de réflexions une mise enjeu non interrompue des appareils encéphaliques. Delà une activité constante, un état de tension continu qui déterminent un afflux permanent des liquides nutritifs; de là ces manifestations morbides si terrifiantes qui apparaissent en pleine santé, sous forme d’accès d’épilepsie, chez les jeunes

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