‹ Des maladies héréditaires these présentée au concours pour l'agrégation (Section de médecine et de médecine légale) et soutenue à la Faculté de médecine de ParisChapitre 3 sur 34 · APERÇU HISTORIQUE · texte numérisé non relu

APERÇU HISTORIQUE

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L’étude des maladies héréditaires domine, sous certaii points de vue, l’histoire de la pathologie, et est surtout ii portante en hygiène et en thérapie. Aussi depuis les temps 11

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plus recalés, les médecins ont-ils attaché une grande importance à l’hérédité dans l'étude étiologique des maladies.

Hippocrate (De la maladie sacrée , tom. VI, p. 365, traducion Littré), dit que l’épilepsie naît comme les autres maladies par l’hérédité; si, en effet, d’un phlegmatique naît un phlegmatique, d’un bilieux un bilieux, d’un phthisique un phthisique, d’un individu à rate malade un individu à rate malade, où est l’obstacle que la maladie dont le père ou la mère ont été affectés n’affecte aussi quelqu’un des enfants? Car le sperme venant de toutes les parties du corps vient sain des parties saines, malade des parties malades.

L’opinion d’Hippocrate a été partagée par la plupart des médecins qui l’ont suivi. Fernel (De morborum causis patho logia,Y\b. I, cap. 11, anno 155 b), s’exprime ainsi: « Quo- » cumque etiam morbo pater cùm générât tenetur, eum semine » in prolem : quandoquidem ex corpore universo (ut ali- » quando demonstravimus) decisum semen, tum morbi, tum » causa ejus vim in se continet. Sic senes et valetudinarii, im- » becilles, nephretici et epileptici fîlios vitiosâ constitutione » gignunt, quâ tandem in morbos similes, hæreditarios idcirco » nuncupatos, incurrant, ut parentibus liberi succédant non » minus morborum, quam possessionum hæredes. »

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Jusqu’au milieu du xvmc siècle, les médecins admettaient généralement des maladies héréditaires, lorsque, en 1748, l’Académie des sciences de Dijon proposa pour un de ses prix I de déterminer comment se faisait la transmission des maladies chroniques des pères aux enfants. Louis concourut pour ce prix, et rédigea à cette occasion une dissertation dans laquelle il chercha à réfuter les idées admises sur l’hérédité ; niant que le germe pût être primitivement altéré, il ne voulut pas adopter la transmission des maladies des parents aux enfants. Malgré le talent avec lequel l’auteur développa son argumentation, ses opinions n’ont pas prévalu; elles ont, d’ailleurs, été

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combattues énergiquement par Pujol (1) et Portai (2), etréfu- jg§ tées enfin une dernière fois par M. Pi'orry.

Il est nécessaire d’autre part de remarquer qu’Hippocrate Fernel, Baillou, Boerhaave, Van-Swieten, etc., etc., pensaien que les maladies se transmettaient héréditairement, mais qu’il ont souvent confondu ensemble le tempérament et la maladie

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De la maladie sacrée). Ils ont aussi adopté la transmission lié réditaire des affections aiguës, question qui mérite au moin d’être discutée et que nous essayerons de présenter sous soi véritable jour.

On voit bien que dans le passage cité d'Hippocrate les médecins grecs considéraient l’épilepsie, la phthisie, comme héréditaires, mais il n’est pas possible de donner une énumération exacte des maladies qu’ils croyaient héréditaires. Cette énumération ne fut présentée pour la première fois qu’au commencement de ce siècle par Portai dans le remarquable mémoire que nous avons cité tout à l’heure.

Voici cette énumération : Scrofules, rachitisme, manie, épilepsie, convulsions, apoplexie, paralysie, maladies de dentition, phthisie, asthme, hydropisies, goutte, pierre, cancer, cataracte, surdité, mutité, anévrysmes.

Quelques années plus tard, MM. Virey (3) et Petit (h) re-f produisaient les idées émises par Portai, et donnaient à peu près la même classification des maladies héréditaires.

Depuis cette époque nous avons à noter surtout comme ayant traité la question de l'hérédité dans son ensemble, la thèse de M. Piorry (5) et, l’ouvrage considérable de M. Prosper

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(1) Essais sur les maladies héréditaires , août 1790.

(2) Considérations sur la nature et le traitement des maladies héréditaires ou de famille , 1808.

(3) Article Germes des maladies, Dict. des sciences méd., t. XVII I.

(h) Article Maladies héréditaires, Id., t. XXI.

(5) Sur l'hérédité dans les maladies , soutenue à la Faculté de médecine de Paris, I8Z|0.

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Lucas (1), auquel nous avons fait de si nombreux emprunts.

Plusieurs thèses pour le doctorat ont encore été soutenues sur ce même sujet : les auteurs, tout en envisageant les uns, soit les maladies héréditaires individuellement, les autres, soit l’hérédité isolément dans les maladies, ont ajouté peu de choses nouvelles aux détails déjà accumulés par leurs devanciers. Quelques-unes d’entre elles cependant font exception à a monotonie générale dont ces dissertations sont empreintes, 3t révèlent dans ceux qui les ont faites un certain talent d'observation, des recherches patientes et quelques idées originales ; c’est ainsi que nous citerons particulièrement celles de V1M. Lafond , t. X, 1856; Aymé, Allary, 1855; Lenepveu, 1852; Lustreman, 1835, etc..., et celle enfin de M. Mitivié 1860, qui se recommande par des observations judicieuses et les idées générales sur la marche et l’évolution des maladies héréditaires.

Quant aux questions spéciales, nous avons mis à contribution les œuvres des principaux auteurs qui se sont occupés des nrincipales branches d’études que nous avons successivement envisagées.

C’est ainsi que pour les maladies scrofuleuses et tubercueuses nous avons eu recours à l’ouvrage justement célèbre de Lugol, Sur les scrofules , à celui de Baudelocque, aux leçons :1e M. Bazin, sur le meme sujet ; aux travaux de M. Louis (2).

Pour les maladies cancéreuses, nous avons emprunté quelles faits intéressants aux recherches de Récamier, Sur le tancer eX à la Clinique médicale de Cayol (Paris, J 833).

Les détails que nous avons donnés sur la syphilis héréditaire ont été particulièrement empruntés aux recherches de MM. Dilay , Rieord, et surtout à l’excellente thèse soutenue au dernier concours d’agrégation par le docteur Vidal, qui a discuté

(1) Traité philosophique et physiologique de V hérédité naturelle .

(2) Sur la phthisie , etc.

et résumé avec un soin scrupuleux tous les problèmes que sou lève cette question.

Pour les maladies du système nerveux, nous avons fait no emprunts aux auteurs qui font autorité sur la matière. Le travaux d’Esquirol, de MM. Baillarger, Moreau (de Tours), Par cliappe, Morel (1), etc. , nous ont presque constammen guidé.

Les Annales médico-psychologiques nous ont, du reste fourni une série de documents de la plus haute importance relatifs aux statistiques des pays étrangers ; nous les avons cité à mesure que nous les avons exposés.

Enfin, pour les détails qui ont trait à notre troisième partie touchant la question de transmission des maladies hérédi taires chez les animaux, nous avons eu recours aux principau> ouvrages sur ces matières que nous avons pu recueillir tan en France qu’à l’étranger, et nous avons successivement indiqué la liste des principaux auteurs auxquels nous avons fai' nos emprunts.

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