TOT
Libertinage, excès de tous genres.
A l'\ 1 1 c rl 1 1 wt O o 1 1 1'* P
Aac lîmiPIII^Q /ilfonlifiiiPS
r\a ciinr*nT*nlif»i'i lialllfllpllp.
lu
L'étude des causes de l'aliénation mentale est aussi importante que difficile. Les malades sont hors d'état d'indiquer les circonstances qui ont précédé le délire; leurs parents et leurs amis ignorent souvent les causes de la folie des aliénés qui sont admis dans l'établissement; s'ils ne les ignorent pas, ils y attachent peu d'importance et quelquefois ils les dissimulent. Quelques aliénés, vivant isolés dans Paris, sont envoyés à Charenton sans le moindre renseignement ; il en est de même des militaires et des marins, qu'ils arrivent de Paris ou d'autres villes. Aussi n'ai-je pas la prétention de donner un tableau bien exact de la folie des malades admis à Charenton pendant les huit années dont je rends compte. Tel qu'il est, ce tableau indique ce qu'on peut faire, et olOFre des résultats qui ne sont pas sans intérêt.
Une faut pas perdre de vue que les causes de l'aliénation mentale, prédisposantes et excitantes, physiques et morales, n'agissent pas seules, mais qu'elles se combinent, deux, trois, quatre, et exercent leur action, tantôt avec lenteur, tantôt avec brusquerie.
De toutes les maladies, l'aliénation mentale est la plus éminemment hérc-
DE CHARENTON
ililaire. Quoique uotce 337 fois sur 1375 aliénés, je suis persuadé que cette cause prédisposante est encore beaucoup plus fréquente.
Les écarts de régime, les excès de toutes sortes, soit en afl'aiblissant lentement les organes de la sensibilité , soit en pervertissant brusquement leurs fonctions, provoquent très-fréquemment la folie.
L'épilepsie, et surtout le vertige épileptique, modifient toujours l'innervation des individus affligés de cette affreuse maladie. Les épileptiques sont tous d'une extrême susceptibilité, d'un caractère difficile, irritable, emporté; les accès d'épilepsie se terminent quelquefois par la manie la plus furieuse , la plus indomptable, rarement par la monomanie, souvent par la démence et par la démence la plus stupide. Mais ce délire consécutif n'est pas de longue durée ; ordinairement il cesse après quelques heures , après quelques jours , pour se reproduire à la suite d'un nouvel accès d'épilepsie, et lorsque l'épilepsie a persisté pendant plusieurs années, lorsque les accès se rapprochent, surtout lorsque les vertiges sont fréquents, l'intelligence s'altère, s'affaiblit et s'éteint. Dans un mémoire sur l'épilepsie, j'ai constaté par des faits nombreux, recueillis à la Salpêtrière, que le vertige, dont la durée est si courte, tue plus promptement l'intelligence que les accès complets d'épilepsie.
L'aliénation mentale, pendant les huit années dont je rends compte, ne s'est montrée que 28 fois à la suite des couches et de l'allaitement, c'est-à-dire 36,12 sur la totalité des femmes admises. J'avais observé bien plus souvent à la Salpêtrière la folie à la suite de couches parmi les femmes aliénées envoyées dans cet hospice, puisqu'un douzième des aliénées admises avait perdu la raison à la suite de couches ou de la lactation. La misère, le dénûment des femmes aliénées admises dans l'hospice, expliquent suffisamment cette différence. Mais pourquoi la folie, à la suite des couches, est-elle plus fréquente dans les classes élevées et riches? (Voyez t. 1, pag. 115.)
Le choléra, soit par la terreur, soit par les perturbations consécutives du canal digestif, a exercé son influence sur la production de la folie. La maison de Charenton a reçu trois aliénés dont la maladieaété causée par le choléra.
Il a été noté un plus grand nombre de causes physiques que de causes morales, contrairement aux observations dePinel et à celles que j'avais faites précédemment. Pinel et moi rendions compte des aliénations mentales observées à la Salpêtrière, oii l'on ne reçoit que des femmes; or, les femmes sont bien plus dépendantes des influences morales que les hommes. Les renseignements sur les causes morales sont plus difficiles à obtenir. Les passions n'ont pas d'enseigne, elles restent cachées. Les parents ont hâte quelquefois d'indiquer des causes physiques , espérant donner le change sur la vraie cause du mal ; peut-être aussi la médecine étant plus positive, l'esprit d'investigation se porte-t-il plus activement sur la recherche des causes apercevables par les sens.
Par chagrins domestiques, il faut entendre toutes les affections morales qui exercent leur action dans l'intérieur de la famille, les contrariétés, les découragements du ménage, les soucis pour les enfants, la perte d'un mari, d'une sœur, d'un fils ; les mécomptes dans les affaires, les jalousies de profession, etc. ; on ne s'étonnera pas si le chiffre des chagrins domestiques est si élevé.
La frayeur pi'oduisit en 1830 un plus grand nombre d'aliénés que les années précédentes. Avant 1830, la politique ne se trouve point dans nos notes. Cette cause s'est rencontrée 13 fois en 1830, 18 fois en 1831, 2 en 1832 et 1 en 1833.
En combinant la fréquence de la folie en 1830 et 1831 dans quelques positions sociales, ainsi qu'il a été constaté dans le tableau des professions, avec les causes morales dont nous parlons, on est conduit à celte conséquence : que les perturbations sociales de cette époque ont exercé leur influence sur la production de la folie, non-seulement par la frayeur, par l'exaltation politique, mais encore par le bouleversement dans la position sociale de beaucoup d'individus.
Cette conclusion confirme ce que nous avons imprimé pour la première fois en 180S ; savoir, que les idées dominantes de chaque siècle, que l'état de la société, que les commotions politiques exercent une grande action sur la fréquence et le caractère de la folie. Je pourrais donner l'histoire de notre pays depuis 1789 jusqu'à nos jours, par l'observation de quelques aliénés dont la folie reconnaissait pour cause ou pour caractère quelque événement politique remarquable dans cette longue période de notre histoire ; et si j'avais à rendre compte du grand nombre des suicides observés en 183i, et des causes de leur fréquence, il me suffirait de l'histoire bien faite de l'état intellectuel et moral de la société en France. Nous verrions que le mal est ancien, mais que des circonstances nouvelles l'ont exaspéré (1).
TABLEAU
Des admissions relativement aux variétés du délire.
ANNÉES
TOTADX.
ïï.
Moaornanie. . . .
Non aliéné. . . .
TC