TABLEAU DES CAUSES
Causes physiques.
Désordres menstruels 15
Temps critiques 35
Suites de couches 8
Chutes sur la tête 3
Progrès de l'âge 49
Fièvre ataxique 3
Suppressions des hémorroïdes 2
Manie 18
Monomanie 15
Paralysie 5
Apoplexie. . 2
Syphilis, abus du mercure 3
Écarts de régime 0
Abus du vin 6
Mastj.irbalion 11
Causes morales.
Amour contrarié 5
Frayeurs 7
Secousses politiques. .' 8
Ambition trompée 3
Misère 5
Chagrins domestiques 12
Causes inconnues 14
Total 235
Comme toutes les vésanies, la clémence reconnaît un ^rand nombre de causes : les unes sont physiques, les autres morales ; ces deux ordres de causes se compliquent quelquefois; un chagrin violent éclate quelques jours après l'accouchement, les lochies se suppriment, la démence se déclare. Une. frayeur fait disparaître les menstrues, supprime une maladie cutanée, déplace la goutte : la démence se manifeste. Les causes morales produisent la démence plus souvent chez les femmes que chez les hommes, plus facilement chez les individus déjà atteints d'aliénation mentale, que chez ceux qui jouissent de la plénitude de leur intelligence ; elles sont d'ailleurs si peu nombreuses que je n'en liens compte que pour montrer combien leur proportion est faible relativement aux autres variétés de forie. Elles agissent avec plus d'énergie dans la classe élevée de la société que dans la classe pauvre. Les désordres et la cessation de la menstruation, les fièvres cérébrales, les inflammations chroniques du cerveau et des méninges, les congestions, sont les causes les plus fréquentes de la démence, toutefois après les progrès de l'Age. L'abus du mercure, les écarts du régime, l'onanisme, l'épilepsie, la syphilis, les coups sur la téte, viennent ensuite.
DE LA DÉMENCE
J'ai vu la démence causée par l'habitalion dans une maison nouvellement bâtie, chez un rhumatisant (1); par les lotions d'eau froide sur la téle, chez un homme qui suait beaucoup et habituellement de la téte; par la suppression d'un abcès, suite de la petite-vérole; par la suppression d'un coryza ; par la rétrocession de la goutte; par la répercussion des dartres. L'épilepsie cause souvent la démence; aussi dans l'hospice de la Salpétrière, sur deux cent quatre-vingt-neuf cpiieptiques, plus de trente sont dans un état habituel de démence.
La lypémanie, et surtout la monomanie, la manie, soit aiguës , soit chroniques , dégénèrent très-s~ouvent en démence : sur deux cent trente-cinq individus en démence, j'en trouve trente-trois qui avaient été maniaques ou monomaniaques.
La démence est souvent produite par un traitement trop actif et débilitant, par des saignées prodiguées souvent au début de la manie et de la monomanie ; elle se termine alors quelquefois par le retour des forces qui provoque un accès de manie.
A la suite de la manie très-aiguë, des fièvres ataxiques cérébrales (phlegmasies des méninges), les convalescents restent dans un délire tranquille, taciturne, triste ; leurs idées sont incohérentes, sans force, sans énergie. Cet état est le passage de la manie ou de la phlegmasie cérébrale à la convalescence, et ne doit pas être confondu avec la démence proprement dite.
Dans une maladie qui est souvent la terminaison d'un grand nombre d'autres, qui est, pour ainsi dire, l'état constitutionnel de l'âge avancé, il n'est pas aisé de déterminer le tempérament des individus qui en sont atteints. Cependant on peut assurer que le tempérament lymphatique, la constitution hémorrhoïdaire , apoplectique, prédisposent à la démence; les individus tombés dans une faiblesse radicale, soit par des excès d'étude, soit par des écarts de régime , soit par des passions trop longtemps exaltées ; ceux qui ont un caractère timide, craintif, irrésolu, qui ont été longtemps comprimés ; ceux dont les facultés intellectuelles n'ont jamais pu atteindre un certain degré d'énergie et d'activité, qui les mit en harmonie parfaite avec leurs pareils; ces individus-là, dis-je, sont dans des circonstances favorables au développement de la démence.
(1) Des habitations et de l'influence de leurs dispositions sur l'homme on santé et en maladie j par P. À. Piorry; Paris, 1838, in-8o.
DE LA DÉMENCE
§ III. Des variétés et des complications de la démence.