TABLEAU DES PROFESSIONS
ncXDVK DE LA SAr-PETRIEEE. KBLEVE UE MON ET,VBLtSSEMEHT.
Travaillant aux champs. . 3o CnlIivateuEs. ............ 2
Domestiques 2(1 Né;;ocians i4
Ouvrières en linge 83 Milttah-es 16
Cuisinières . 9 Étadiaus i5
lîlancliisseuses 11 Administrateurs et employés. n
Marchands sédfntaLnes. . . t5 Chimistes , verriers 3
Marchands forains 7 Médecins i
Vernisseuses 5 Artistes , hommes de lettres ,
Filles publiques. ...... . 44, gens de cabinet , etc. ... . 5
Vivant dans leur ménage. 4^ Education mal dirigée 10
Incoiiduite. ..ï 3
Vivant dans leur ménage.. . . 63
* TasTAïu. • . . s>j^5 T011A11.. • • ■ t3g
l40 DE LA MAiSIE.
Les causes de la manie, que l'on peut appeler € quelque sorte causes individuelles, ou mieux causes sp' cifiques, sont physiques ou morales.
Le tableau des causes que je joins ici nous présen l'hérédité comme une cause éloignée sans doute, ma comme la plus fréquente. Chez les femmes de toutes 1 classes, la. menstruation , soit quelle ait eu de la peii à s'établir, soit qu'elle se supprime, soit enfin qu'el cesse au temps critique, est une des causes de manie plus ordinaire. Il est vrai de dire que cette cause étei son influence sur toute la période de la vie, penda laquelle les femmes sont dans les conditions les pl' favorables au développement de la manie. La cause plus à redouter, après l'état de la menstruation, ( l'accouchement, la lactation, soit qu'après la couche lait ne monte point dans les seins, soit qu'il se supprii dans le cours de l'allaitement, soit enfin qu'à l'époq du sevrage la femme ait négligé les précautions co venables. L'insolation , l'exposition au feu , causent so I Vent la manie, circonstance qui offre un rapport fra pant avec l'influence de la saison chaude relativeme à la fréquence de celte maladie; en effet, nous disio plus haut que les climats chauds, que Télé sont fa^ rables au développement de cette espèce de vésanie.
Les darlres, ou répercutées, ou long-temps statio naires, déterminent quelquefois la manie. Celte cai agit plus ordinairement vers l'âge de trente-cinq à qi rante-cinq ans, et chez les femmes, pendant les ani < malies delà dernière menstruation, ou quelque tem après la cessation des menstrues. Aussi , n'est-il [
DE LA MANIE. l4l
ès rare de retirer alors de très bons effets des exu- )ires, qui, excitant la peau, y déterminent un point irritation, ou un foyer d'évacuation salutaire. J'ai vu uelquefois l'application d'un simple vésicatoire au ras produire un érysipèle darlreux, qui a mis fin à :s manies invétérées.
L'épllepsie, qui si souvent est la cause de l'idiotisme de la démence, produit aussi la manie, c'est-à-dire, ii'après l'accès d'épilepsie , les épileptiques restent dans a état de manie, souvent avec fureur. Sur quatre cents )ileptiques que nous avons à la Salpêtrière, cinquante 1 moins sont maniaques après l'accès. La fureur, chez s épileptiques, est plus aveugle, plus terrible, plus ingereuse : c'est celle qui est le plus à redouter dans î asiles d'aliénés. La manie des épileptiques n'est point i longue durée; elle se termine, tantôt après quelques ^ures, tantôt après trois, quatre et huit jours. Il est ès rare que l'accès éclate avant l'attaque épileptique. La mélancolie et l'hypocondrie ont, de tous les temps, I signalées comme causes prédisposantes de la manie : lusieurs grands maîtres, Alexandre de Tralles, Boeraave lui-même ont pensé que la mélancolie (lypémaie) n'était que le premier degré de la manie; cela est fai dans quelques cas. Il est, en effet, des individus ui, avant de devenir maniaques, sont tristes, moroses, iquiets, défians, soupçonneux; quelques-uns ont un ^'lirc partiel avec excitation; il en est d'autres qui se "tent malades, ont delà céphalalgie, les membres "•iés, le pressentiment d'une maladie grave dont ils JQt menacés, et même la crainte de devenir fous;
I^a DE LA MANIE.
ils sont iuquiiets, tourmentés, demaadent des remèdi et en font beaucoup. Dans ces deux cas, les symptoBO* mélancoliques ou hypocondriaques sont les prodromi de la manie; c'est le temps d'incubation : ces symp.t( mes pour l'homme exercé ne peuvent faire illusion; i sont l'indice d'un accès de manie près d'éclater.
Le nombre des causes morales de la manie est bk plus élevé que celui des causes physiques. Ce nomb est plus considérable chez les femmes que chez 1 hommes, et bien plus encore en comparant les caus de la manie avec celles de la démence. Oii conçc facilement la raison de ces différences, quand on a égpJ au tempérament, à l'âge, au caractère des individi plus ordinairement atteints de manie. Les femmei pour qui l'amour est l'affaire la plus importante de vie, se soustraient plus difficilement que les hommes; l'influence d^ l'amour contrarié.
Il n'est pas non plus sans intérêt de comparer nombre des causes morales dans la classe inférieure > dans la classe élevée de la société. Chez l'homme rid le cerveau est plus exercé, plus actif; les facultés it tellectuelles sont plus développées ; les passions socr les sont plus souvent excitées et plus énergiques. Pi! dépendans des caprices de la fortune et des hoiTinj!e|ïj les grands, les riches restent plus exposés que les g« pauvres aux effets funestes de l'amour-propre blesst de l'ambition, du bouleversement de la fortune.
Les causes physiques et morales prédisposantes i prochaines, agissent rarement isolément les unes d autres, elles se combinent, se compliquent pour pr*^
DE L*. MANm. 1^3
duire la manie. Une frayeur ca.us«e la suppression des menstrues, cette suppression devient cause de la mauie, <|iii cesse avec le retour des évacuations menstruelles. JJne femme -en cowche éprouve tm chagrin violent, les |i lochies se supprimant, la manie éclate, etc. Il est vrai de dire que la manie a rarement lieu sans le concours des causes physiques et des causes morales. Quelquefois oette maladie se manifeste sans autre cause appréciable que quelques écarts de régime ; mais il faut être prévenu que ces écarts sont, dans quelques cas, les premières nuances de la maladie qui cammence. On a vu la manie , survenir après des fièvres graves, des fièvres intermittentes, particulièrement après la fièvre quarte, ! suivant Sydenham , qui le premier a fait <3ette obser- »vation. On l'a vue se manifester après la disparition i subite d'un rhumatisme, delà goutte, des hémorrhoïcdes, d'un érjsipèle', d'une évacuation habituelle, des s affections cutanées, de la leucorrhée, de la blennorm rhagie , etc.
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