FEMMES
Buanderie 36
Travaux de couture 42
Cuisine 18
Œuvres domestiques 27
Total 123
Si l’on compare ce chiffre à celui de la population qui était dans le même moment de :
Hommes : H® classe 17
Total 247
Femmes ; D® classe 11
Total 276
Total général 523
On voit que la proportion des travailleurs est considérable à l’asile de Rosmalen. Pour apprécier l’importance de ce chiffre, il convient encore de défalquer de la population générale les aliénés de la 'pe et
VlSITlî A DES ASILES D’ALIÉNÉS
de la classe qui ne fournissent aucun contingent au travail.
J’ai constaté à l’asile de Rosmalen une bonne installation des services généraux et en particulier de la boulangerie, où on fabrique toutes les sortes de pain usitées en Hollande, depuis le pain de froment ordinaire jusqu’au pain de seigle et au pain dit : pain aux corinthes.
Ce qui distingue encore cet établissement des autres asiles de la Hollande, c’est qu’il est le produit de l’action individuelle. C’est, en effet, par des donations et souscriptions particulières, et sans aucun concours de l’État, que l’on a réuni les fonds nécessaires à sa création.
On s’imagine la somme d’efforts et de dévouement qu’a dû coûter à ses fondateurs une telle œuvre pour être exécutée et menée à bonne fin dans de telles conditions.
Malgré tous les mérites qui le distinguent, l’asile de Rosmalen n’a coûté que 460,000 florins, soit : 4,026,520 fr., savoir :
Acquisition 57,600 florins, soit : 126,720 fr.
Construction 360,000 — 792,000
Mobilier 49,000 — 107,800
Par l’effet d’une confiance qui ne saurait être mieux placée, M. Van den Bogaërt n’est pas seulement le directeur et le médecin en chef de l’asile de Rosmalen, il en est aussi l’administrateur, et sous ce rapport, on peut dire que sa position se distingue de celle de ses collègues des autres établissements, en ce qu’elle est moins dépendante et qu’elle lui laisse plus de latitude pour faire tout le bien qu’il conçoit.
DE LA HOLLANDE
Le D*" Van den Bogaërt est, je le sais et il est le premier à le proclamer, parfaitement secondé par ses deux médecins adjoints et, en particulier, par le Dr Pompe.
L’irtstitution des élèves internes est inconnue dans l’asile de Rosmalen, comme dans tous les asiles de la Hollande. Le relevé des prescriptions médicales est fait par le surveillant, sous le contrôle des médecins adjoints.
Je note comme dernier détail que l’asile est desservi par des religieux des deux sexes, sans que, ce qui ne laisse pas que de me surprendre, cette promiscuité, ou plutôt ce voisinage de deux congrégations dans un même établissement, ait présenté jusqu’ici aucun inconvénient. Gela résulte, du moins, des déclarations du Dr Van den Bogaërt.
11 n’y avait, au moment de ma visite, aucun malade revêtu de la camisole. Il est vrai que, comme à l’asile de Meeremberg, il n’y avait pas d’agités; seule, une jeune fille hystérique, au pensionnat, présentait les signes d’une excitation qui la rendait très difficile à contenir.
Je dois déclarer à cette occasion que le Van den Bogaërt n’est pas aussi absolu que la plupart de ses collègues et en particulier que le Dr Persijn, de Meeremberg, dans la proscription des moyens coercitifs. (( Si je n ai pas, » m’a-t-il dit, « en ce moment de malade avec la camisole, j’ai tout au moins des camisoles dans 1 établissement et je n’hésite pas à y recourir dans certains cas, très rares, il est vrai. »
Je termine ce compte rendu de ma visite à l’asile de Rosmalen par la relation du fait suivant, qui
VISITE A DES ASILES D’ALIÉNÉS
montre la différence qui existe sous certains rapports entre la législation française et la législation néerlandaise.
M. Van den Bogaërt m’a montré, parmi ses pensionnaires, un jeune homme qui, ayant été attaqué dans son domicile alors qu’il était couché auprès de sa femme, s’est défendu contre ses agresseurs et qui, en les poursuivant hors de chez lui, a tué l’un d’eux. Pour ce fait, il a été condamné à cinq ans de prison. Il paraît qu’il n’eût pas été condamné s’il avait tué son agresseur alors qu’il était dans son domicile ; mais que l’ayant tué hors de là, il était passible de la condamnation qu’il subit. J’ai lieu de croire qu’en France, on l’eût considéré comme étant en état de légitime défense lorsqu’il a commis son meurtre, et qu’on ne l’eût pas, par suite, condamné.
Cet individu étant devenu aliéné à la suite de ces divers incidents, a été placé à l’asile de Rosmalen; il est aujourd’hui dans un état voisin de la convalescence, et on a formé un recours en grâce en sa faveur.