ET DE L’ÉPILEPSIE
NOTE COMMUNIQUÉE A L'ACADÉMIE DE MÉDECINE AU COURS DE LA DISCUSSION SOULEVÉE PAR LA COMMUNICATION DE TROUSSEAU SUR CET OBJET.
Séance du 30 janvier 1861.
L’observation suivie et attentive d’un grand nombre d’épileptiques m’ayant conduit à une théorie qui me semble concilier les deux opinions contradictoires qui vont se trouver en présence dans la discussion soulevée par l’importante communication de M. le professeur Trousseau sur la congestion cérébrale apoplectiforme dans ses rapports avec l’épilepsie, j’ai l’honneur d’en soumettre l’exposé au jugement de l’Académie. |
Cette théorie reposant tout entière sur une distinc- j tion de la congestion cérébrale en primitive ou con- j sécutive à l’épilepsie, il importe, avant tout, d envi- ' sager la congestion cérébrale sous ce double point j
de vue. ‘
Nous pouvons d’abord établir, comme un fait hors de toute contestation, que, dans tout accès d épilepsie,
le cerveau se congestionne sous l’influence des modifications apportées par l’état convulsif des muscles respirateurs dans les systèmes circulatoire et respiratoire de l’épileptique en accès.
C’est cette congestion du cerveau, congestion successive et comparable à celle que l’on observe dans l’aspbyxie, qui nous a paru expliquer, par sa persistance après l’accès, la période comateuse qui succède souvent à la période convulsive, et c’est elle qui constitue finalement la principale cause de mort chez les épileptiques pendant leurs attaques ou à leur suite, dans les cas surtout où ces attaques, se succédant avec rapidité et en grand nombre, ajoutent incessamment à l’intensité de cette cause. Car il est rationnel de penser que, dans ce cas, la congestion cérébrale, après avoir été un effet de la convulsion, devient cause elle-même, ou s’ajoute, tout au moins, à la cause des attaques subséquentes, ce qui a fait dire à M.- Girard que, en pareille circonstance, les accès s'appellent.
Après avoir établi que l’accès d’épilepsie est une cause de congestion cérébrale, démontrons qu’il en est quelquefois un effet, de telle sorte que l’on peut dire de l’épilepsie ce que Sarcone a dit de la douleur par rapport à l’inflammation : qu’elle est tout à la fois fille et mère de la congestion cérébrale.
A l’appui de cette proposition que la congestion cérébrale est souvent une cause d’épilepsie, nous pourrions d’abord citer les attaques épileptiformes qui s’observent si souvent dans le cours de la paralysie générale, et qui se distinguent si peu, suivant nous, des attaques d’épilepsie véritable, que nous avons