‹ Des maladies mentales et nerveusesChapitre 19 sur 50 · OBSERVATION DEUXIÈME · texte numérisé non relu

OBSERVATION DEUXIÈME

On Ht dans Esquirol : « Quelques lypémaniaques n'ont plus de volonté; s'ils veulent^, ils sont impuissants pour exécuter : après avoir lutté, combattu contre un désir qui les presse, ils restent sans action. » Esquirol fait suivre cette remarque du fait suivant, qui a les plus grands rapports avec l'observation qui précède : « Un ancien magistrat très distingué par son savoir et la puissance de sa parole, à la suite de chagrins est atteint de monomanie avec agitation et même violence. Après quelques mois le délire cesse, mais le malade conserve d'injustes préventions; enfin il recouvre l'usage de la raison, mais il ne veut pas rentrer dans le monde, quoiqu'il reconnaisse qu'il a tort; il ne veut pas s'occuper, ni soigner ses affaires, quoiqu'il sache très bien qu'elles souffrent de ce

' L'expression de sHls veulent n'est pas correcte, c'est s'ils désirent qu'il faut entendre. Lii phrase qui suit rectifie d'ailleurs l'expression d'Esquirol.

DES LÉSIONS DE LA. VOLONTÉ

travers. Sa conversation est aussi raisonnable que spirituelle. Lui parle-t-on de voyager, de soigner ses affaires, il répond : « Je sais que je le devrais et que je peux le faire, vos conseils sont très bons, je voudrais suivre vos avis, je suis convaincu; mais faites que je puisse vouloir de ce vouloir qui détermine et exécute. Il est certain, me disait-il, que je n'ai de volonté que pour ne pas vouloir, car j'ai toute ma raison; je sais ce que je dois faire, mais la force m'abandonne quand je devrais agir. »

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