‹ Des maladies nerveuses en général, de l'épilepsie en particulier, et des moyens de les combattre avantageusement; recherches précédées d'un court examen physique et moral du système nerveux, et mêlées de réflexions sur quelques changemens à faire subir à notre législationChapitre 7 sur 33 · Du Cervelet · texte numérisé non relu

Du Cervelet

Le cervelet occupe les forces occipitales inlérieures et postérieures , au-dessous de la tente,et le cerveau, placé immédiatement au-dessus, remplit le reste de la capacité du crâne : l’un et l’autre sont partagés en deux hémisphères. Le dernier est encore subdivisé en quatre lobes. Le grand renflement occipital (moelle allongée) leur donne naissance.

Deux faisceaux fibreux ( processus cerebelli ad medullam ) sortent de scs parties latérales,

s’enfoncent dans chaque moitié du cervelet , et pénètrent au milieu d’un ganglion (le corps ciliaire).'Des branches nombreuses partent de ce noyau central et se ramifient de tous cotés; leur section, par une coupe verticale, donne une figure semblable aux prolongemens delà substanceblanche du cervelet dans la substance cendrée, auxquels les anatomistes ont donné le nom d’arbre de vie. Une de ces branches se dirige vers la ligne médiane, se joint à celle du côté opposé, et concourt à la formation de la partie fondamentale de l’organe.

D’autres cordons primitifs (les éminences olivaires et pyramidales) naissent aussi de la moelle allongée, montent en s’entrecroisant jusqu’à la protubérance annulaire , se plongent dans son intérieur, sortent de là considérablement grossis, s’avancent, sous le nom de pédoncules du cerveau, jusque dans les couches opticpies , et passent ensuite dans les corps striés.

Apres avoir traversé ces trois ordres de f?anglions , ils s’élargissent en faisceaux de grau-

(leur variée; et sc prolongeant conséquemment à des distances inégales , se terminent, sous une couche mince de substance grise, aux différens points de périphérie du cerveau. Les circonvolutions de ce viscère sc trouvent formées par ce simple mécanisme ; et chacune d’elles est partagée en deux couches égales réunies au moyen d’un névrilème muqueux ou d’un tissu cellulaire délié, si l’on en croit G a 11,. qui, sur ce mode de structure, fonde la possibilité de leur déplissement : mais si l’on s’en rapporte à M. Cuvier, ces couches sont liées par la substance nerveuse elle-même, seulement un peu ramollie.

L’opinion de Gall doit être ici d’un grand poids - plus heureux en anatomie qu’en crano logie, il nous a fait rencontrer des découvertes qu’il ignorait et que ne cherchaient pas les anatomistes les plus habiles. Nous lui devons d’avoir continué la dissection du cerveau par sa base, qu’avait commencée Bartholin, anatomiste célèbre du Dancmarck. Cette méthode est bien plus facile pour suivre les développe-

mens et la formation des nerfs dans la pulpe cérébrale ainsi renversée.

Les fibres de l’appareil de formation du cervelet et du cerveau ont été appelées divergentes mais il en est de convergentes , et leur ensemble constitue un appareil de réunion. Ces dernières naissent toutes de la circonférence et se dirigent vers le centre de la masse encéphalique. Celles d’un côté se continuent avec celles de l’autre. Toutes les parties situées sur la ligne médiane du viscère cérébral , sont le résultat de leur jonction j et portent le nom général de commissure. Ce terme n’est donc plus , comme auparavant, restreint à trois petites bandelettes nerveuses.

Les commissures du cervelet sont principalement le pont devarole, et les valvules comprises entre les prolongemens qui s’étendent de cet organe aux éminences pyramidales postérieures et aux tubercules quadrijumeaux ; et celles du cerveau sont la voûte à trois piliers , les corps franges ? plusieurs cordons médullaires, enfin le

corps calleux , auquel on peut rattacher les pieds d ippocampe et les tubercules appelés ergots ou éperons.

Il existe d’autres objets dont la place n’est pas déterminée dans les appareils convergent et rentrant; tels sont la bandelette demi-circulaire et tous les entrelacemens transversaux des centres de renforcement.

Tels sont de petits corps composés de substances grise et blanche., très semblables aux ganglions, parmi lesquels on compte les tubercules quadrijumeaux (source présumée des nerfs optiques), les éminences mamillaires, et les glandes pinéale et pituitaire.

Telle est, enfin, la cloison transparente.

Les ventricules, tapissés par une membrane exhalante, prolongement de la pie-mère, paraissent le résultat de l’écartement des dilférens ordres de fibres cérébrales. Les deux latéraux et celui du septum- lucidum vont s’ouvrir dans le troisième, entre les couches optiques; et ce dernier se continue avec le quatrième, au moyen de

Vaqueduc de Sylvius . Tous ne forment ainsi qu’une seule cavité.

Douze paires de nerfs sortent du crâne , pour se rendre aux appareils des sens et à plusieurs autres encore. Elles viennent presque toutes de la moelle allongée , ou de la moelle épinière; car, à l’exception de la première, nulle ne paraît naître directement du cerveau. Il est présumable que chacune tire son origine d’un noyau de substance grise, et que chacune a sa commissure. Ces deux faits sont démontrés, au moins pour plusieurs d’entr’ellcs. Le deuxième semblerait, d’après M. Cuvier, aider à expliquer l’unité d’action des organes doubles.

Cette nouvelle méthode pour décrire les parties cérébrales, présente sans doute un but très physiologique; elle tend à faire connaître leurs connexions réciproques , et peut vraisemblablement conduire à des vues nouvelles sur leurs

usages.

M. Laurencet s’y prend d’une autre manière pour disséquer le cerveau. Il pose ce viscère sur

sa face convexe, sa petite pointe regardant celui qui l’examine; il détaclie le lobe moyen du pédoncule cérébral, en passant entre deux le scalpel,* il prolonge cette incision tout le long du sillon externe de Sylvius , jusque dans la cavité digitale, située au fond du lobe postérieur; il ouvre ainsi le sinus, où se trouvent logées la partie inférieure du ventricule latéral et l’extrémité postérieure de la partie supérieure du meme ventricule.

Cela fait, M. Laurencet renverse l'un sur l’autre et en arrière les deux lobes moyens , en évitant de trop les tirailler, ce qui ferait rompre les piliers postérieurs de la voûte.

Toujours en soulevant le cervelet, cet anatomiste fait une autre incision dans la partie latérale du lobe antérieur , en commençant en arrière et en dessous de la couche optique , jusques en avant à la pointe de ce lobe, sans néanmoins le séparer entièrement ; puis il renverse en avant tout ce qui faisait la base du cerveau et occupait les trois fosses de la base

du crâne. La membrane cérébrale qui était pliée en cinq, ne se trouve plus qu’en deux doubles ; mais il n’est pas nécessaire de dé/aire ce dernier pli pour s’en rendre compte. On peut cependant y parvenir quand le cerveau est un peu ferme; il ne s’agit pour cela que de détacher, en coupant le septum lucidum et les piliers antérieurs, la voûte qui est fixée au corps calleux , puis la corne d’Ammon , et de rejeter le tout en arrière; alors toute la surface du cerveau regarde la table sur laquelle on opère , et l’intérieur de i’organe, que l’on peut parcourir successivement, est entièrement développé sous les yeux de l’observateur.

Voilà ce que M. Laurencet nous dit de sa méthode, que nous, trouvons préférable à celles qui l’ont précédée, en ce que l’on peut, par elle, déployer entièrement le cerveau et le replier ensuite sans entamer sa substance, ce qui est très essentiel pour examiner isolément les parties innombrables de ce viscère, auxquelles on a donné les noms les plus bizarres.

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