‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 38 sur 58 · DES EFFETS · texte numérisé non relu

DES EFFETS

pas voisines de l’utérus sont cependant ralenties dans leur marche : ainsi, on voit des engorgemens aux seins , qui auraient pu se convertir en squirrhes et en cancers , se dissiper entièrement. Les éruptions cutanées , les taches , et cette coloration de la face , connue sous le nom de masque > les douleurs rhumatismales , etc. , deviennent moins intenses , quand elles ne disparaissent pas entièrement. Si la grossesse détermine des affections nerveuses , il en est souvent qu’elle fait cesser. Combien de fois n’a-t-elle pas produit la guérison temporaire et même radicale de l’épilepsie , de la manie, de diverses surdités, et des affections hystériques !

L’expérience a appris qu’il en résulte momentanément de bons effets dans la phthisie , à raison de l’espèce de dérivation que la grossesse occasionne^ : on voit les crachats devenir plus abondans, perdre leur caractère de purulence, devenir blancs et comme laiteux ; les progrès de la maladie sont ainsi suspendus. Mais après l’accouchement, si l’on n’a pas recours à des puissans révulsifs, la malade contracte un nouveau rhume , qui attire les fluides aux poumons , et elle succombe en peu de temps.

On a vu plusieurs hydropisies des cavités disparaître par l’effet de la grossesse , tandis qu’elle augmente ou détermine l’anasarque et les hydropisies cutanées des parties inférieures.

Si l’on en excepte les spasmes et la descente ,

DE EA GROSSESSE , etc. ÔÇ)."»

elle ne produit que de mauvais effets dans les maladies chroniques derulérus , à raison de l’abord det liquides qu’elle y détermine.

Les maladies n’influent pas moins sur la grossesse que cette dernière n’agit sur les maladies. D’abord il en est plusieurs qui la simulent , et dont il est difficile de la distinguer : tels sont, dans leur principe , les spasmes , les polypes utérins , la plupart des maladies chroniques ou organiques de l’utérus , la tympanite , les engorgemens des viscères de l’abdomen , la présence d’un tænia dans le conduit intestinal , les accidens du retour d’âge , et généralement les affections qui déterminent la suppression des règles. On ne peut déterminer avec certitude le véritable état de la femme que lorsque le corps de l’utérus fait saillie dans l’abdomen , et qu’on reconnaît les mouvemens de l’enfant ou son ballottement.

' En exaltant la sensibilité générale et en augmentant l’état pléthorique , la plupart des maladies inflammatoires nuisent au développement de l’enfant , et occasionnent l’avortement.

X * Les maladies chroniques dont le siège est éloigné de l’utérus produisent moins d’effet. Suivant quelques auteurs , la débilité générale qu’elles déterminent , prolonge le terme de la grossesse , accroît le volume du ventre , et l’enfant acquiert plus de développement. Au rapport de Rœderer , les femmes phthisiques ont des enfans énormes.

Il^est cependant de ces maladies qui , a rai-

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sonde quelques-uns de leurs symptômes, peu*^ vent avoir des résultats fâcheux. De ce nombre sont les catarrhes pulmonaires chroniques et les engorgemens du pylore , par rapport aux accès de toux et aux vomissemens qu’ils déterminent. Les maladies dont le siège est dans l’utérus j lorsqu’elles ont une certaine intensité, produisent pour la plupart l’avortement.

On ne saurait mettre trop de circonspection dans le traitement des maladies , quand on a quelque raison çle soupçonner la présence de la grossesse. Combien de fois, pour l’avoir méconnue , n’a-t-on pas compromis l’existence de la femme ou celle de son enfant ! et lors même qu’elle n’est plus incertaine , il faut avoir égard à l’accroissement ou à la diminution qu’elle occasionne sur la - maladie , et au danger qui peut résulter de la prolongation de cette dernière sur l’état de la femme.

La malade est-elle affectée , pendant la grossesse, d’un engorgement aux seins, d’uncidisposition à la phthisie , il est bon de favoriser la tendance des liquides à se porter vers l’utérus , au moyen de frictions sèches sur le bassin et sur les cuisses, de purgatifs doux et aloétiques ; en prescrivant l’habitation de la campa-» gne, l’exercice modéré, les bains de siège ou de fauteuil, les lavemens émolliens ou légèrement irritons , etc.

Après l’accouchement , on favorise l’écoulement

DE LA GUOSSESSE, olc. 69,’)

des liquides dont réconomic de la femme est surchargée ; et fon prévient leur retour vers les parties supérieures , en msistant sur les moyens précédemment indiqués , sur les sinapismes: aux jfeUTtbes et aux pieds , et sur un' vésicatoire ou! un cautère vers ces» mêmes parties.

Si la malade est atteinte, avant sa grossesse, d’un engorgement deTutérus ou de quelque autre alFeetiion susceptible' d’accroisseiiicnt par Tafllux des liquide^ vers cet organe , on s’efforce de. retarder cet afflux , aw moyen de frictions: surles bras et sur tes extrémités supérieures. On; fait une ôu' deux saignées pendant" le coUrs de; la grosseï/se;i et fon s’attache aprèsd’accouchelneM à ee que ks liquides soient promptement ex piilsési et ne restent pas. en stagnation dans l’ utérus. Il est indispensable que la femme allaite ;; qu.’elle lassé usage de: vomitifs après le sevrage , et qu’elk' porte habituellement un vésicatoire ou un eaulère au* bras,, ou sur quelque' autre partie des régions supérieures; ^

Il est des maladies qui! exigent un' tmitemenl particulier : dans d’autres , on est forcé de rejeter oU d’employer avec modération des moyens qui seraient employés utilement, mais qui ])ourraicnt nuire à la grossesse. Ainsi, dans les fièvres inflammatoires, dans les phlegmasies , on doit être modéré sur la saignée ; if en est de. même de l’emploi (les vomitifs pour les irritations de l'estomac et du système biliaire , comme dé celui de

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l’électricité, du moxa, dans les cas de paralysie. On ne peut pratiquer aucune opération grave , à moins d’une très-grande urgence; on s’abstient, dans le dernier temps de la grossesse, d’arracher les dents, quoiqu’elles soient affectées de carie et souvent très-douloureuses ; on évite l’usage des cautères, des vésicatoires , des purgatifs violens. Il est rare qu’on fasse suivre à cette époque un traitement antisiphylitique complet, surtout quand il n’y a pas de symptômes alarmans. Enfin, on s’abstient de tout ce qui pourrait exciter une action trop vive , et produire un ébranlement dans la constitution , tant au moral qu’au physique.

11 est au contraire des symptômes dont la continuité est plus à craindre que la maladie principale ; tels sont les accès de toux , le vomissement , la constipation opiniâtre , la diarrhée, lescoliques» et généralement tous les accidens qui , en excitant des mouvemens trop forts ou trop continuels , pourraient déterminer une fausse couche. On doit les modérer, ou en obtenir la cessation, par des moyens appropriés à chacun d’eux.

Des maladies et de la mort du fœtus dans le sein de la mère.

Indépendamment des vices de conformation et des lésions physiques dont il a été fait mention ( 1 ) , le fœtus est exposé , dans le sein de sa mère, à des lésions vitales nombreuses.

(i) Voy. Des Vices de conformation du fœtus , p. j5.

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